01/03/2013

Mat.25:1 Les jeunes filles avisées et les insensées


 

Parabole des jeunes filles, les avisées et les insensées – 25:1-13

La question des "temps de la fin" est toujours en vue ; le Seigneur apporte ici une nouvelle et dernière "similitude du royaume", la seule qui soit mentionnée au futur, soulignant ainsi, par le "alors" qui l’introduit, ce qu’il en sera lorsque le "présent siècle" sera près de prendre fin.
 
Il est une tradition en Orient pour les cérémonies de mariage. Au jour des noces, le futur époux se rend en soirée chez sa fiancée et, la prenant avec lui, la conduit en sa propre maison où doit avoir lieu la cérémonie de noce et le banquet. Il était alors de coutume que des jeunes filles se tiennent prêtes pour aller à la rencontre de l’époux, à l’approche de la maison, et l’accompagner alors en cortège, jusqu’au lieu de la fête. Cette coutume fournit au Seigneur l’image appropriée à son enseignement.

25  1 Alors le royaume des cieux sera semblable à ces dix jeunes filles qui avaient pris leurs lampes pour aller au-devant de l’époux. 2 Cinq d’entre elles étaient avisées, et cinq insensées. 3 Celles qui étaient insensées, en prenant leurs lampes, n’avaient pas pris d’huile avec elles ; 4 mais celles qui étaient avisées avaient pris, avec leurs lampes, de l’huile dans un récipient.
 
5 Comme l’époux tardait, toutes s’assoupirent et s’endormirent. 6 Au milieu de la nuit, il y eût un cri : "Voici l’époux, sortez à sa rencontre !" 7 Alors toutes ces jeunes filles se levèrent et préparèrent leurs lampes. 8 Les insensées dirent à celles qui étaient avisées : "Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent !" 9 Celles qui étaient avisées répondirent : "Il n’y en aurait jamais assez pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en acheter chez ceux qui en vendent !" 10 Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle de noces, et la porte fut fermée. 11 Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent aussi et dirent : "Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !" 12 Mais il répondit : "En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas.»
 
13 Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure.

  • Pourquoi est-ce ici la seule similitude du royaume des cieux qui soit exprimée au futur ?
  • Il faut tirer de la parabole la leçon qu’elle nous donne, et voyant ce que représente l’huile, nous comprendrons que cela ne peut être acquis que pour soi-même. Marc 1:8, Actes 1:5, 2:38, 1 Cor.12:13.
  • Que représentent les jeunes filles insensées qui n’avaient pas d’huile ? Héb.4:1.
  • Que penser du sommeil qui gagne toutes ces jeunes filles ? Mettons ceci en relation avec l’exhortation à veiller. 1 Thes.5:6.
Les jeunes filles se sont toutes endormies, et nous pouvons ici penser combien, dans la chrétienté, l’annonce du retour du Seigneur occupe peu les esprits. L’exhortation à veiller "car nous ne savons ni le jour ni l’heure" montre combien le Seigneur connaissait les hommes, et ses disciples. Mais il est un autre fait qui doit être retenu : bien des personnes fréquentent des services religieux, et n’ont pas la foi ! La réalité sociologique du "royaume des cieux" rassemblant des personnes qui ont la foi, et d’autres qui ne l’ont pas, conduit Matthieu à revenir aux enseignements touchant les personnes, et la responsabilité personnelle devant Dieu.

 

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20:37 Publié dans Matthieu 25 à 28 | Commentaires (0) | Eric

Mat.25:14 Parabole des talents


 

Parabole des talents – 25:14-30
Luc 19:12-27

La parabole des talents, des mines dans l’évangile de Luc, aurait été prononcée quelques jours plus tôt, à Jéricho ou Béthanie, avant l’entrée glorieuse de Jésus à Jérusalem. Elle trouve sa place dans cette "somme" des discours sur les temps de la fin. Nous y voyons de façon significative comment les disciples étaient ramenés à l’essentiel, à savoir la manière dont ils allaient mener leur propre vie. Nous saisissons bien, à la lecture de ces circonstances, combien de fois le Seigneur ramène les esprits sur cet aspect de la responsabilité personnelle, alors que les disciples – et nous pouvons certes le comprendre – étaient préoccupés de l’avenir proche, et lointain, qui était devant eux, tandis que le Seigneur parlait de façon si précise de sa mort à Jérusalem, mais aussi de sa résurrection.
 
Le Seigneur allait s’en aller – nous voyons cet homme de la parabole sur le point de partir en voyage – et les disciples auraient à faire fructifier les dons qu’ils avaient reçus en vue de son retour…

14 Il en sera comme un homme qui, sur le point de partir en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. 15 Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon ses capacités ; et aussitôt il partit en voyage. 16 Celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla les faire valoir et en gagna cinq autres. 17 De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres. 18 Mais celui qui en avait reçu qu’un alla faire un trou dans la terre et cacha l’argent de son maître.
 
19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revient et leur fait rendre compte. 20 Celui qui avait reçu les cinq talents vint apporter cinq autres talents et dit : "Maître, tu m’avais confié cinq talents ; en voici cinq autres que j’ai gagné." 21 Son maître lui dit : "C’est bien ! Tu es un bon serviteur, digne de confiance ! Tu as été digne de confiance pour une petite affaire, je te confierai de grandes responsabilités. Entre dans la joie de ton maître." 22 Celui qui avait reçu les deux talents vint aussi et dit : "Maître, tu m’avais confié deux talents, en voici deux autres que j’ai gagnés." 23 Son maître lui dit : "C’est bien ! Tu es un bon serviteur, digne de confiance ! Tu as été digne de confiance pour une petite affaire, je te confierai de grandes responsabilités. Entre dans la joie de ton maître." 24 Celui qui n’avait reçu qu’un talent vint ensuite et dit : "Maître, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes où tu n’as pas semé et récoltes où tu n’as pas répandu ; 25 j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre : le voici ; prends ce qui est à toi." 26 Son maître lui répondit : "Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé et que je récolte où je n’ai pas répandu ? 27 Alors tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers et, à mon retour, j’aurais récupéré ce qui est à moi avec un intérêt. 28 Enlevez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents."
 
29 "Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on enlèvera même ce qu’il a. 30 Et le serviteur inutile, chassez-le dans les ténèbres de dehors, là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents."

  • Se trouve-t-il un croyant qui puisse penser n’avoir par reçu l’un ou l’autre talent à mettre en œuvre ? 1 Cor.12:7, Éph.4:7.
  • Se peut-il qu’il se trouve un prétexte à ne rien faire si l’on estime avoir moins de talent qu’un autre ? Que penser des prétextes pour ne rien faire dans le chemin de la foi ? 1 Cor.12:21-22.
  • Que pouvons-nous déduire de cette assertion touchant le maître dans la parabole : "Entre dans la joie de ton maître" ?
  • Le Seigneur est-il tel que le "mauvais serviteur" le déclare, lorsqu’il dit du maître de la parabole qu’il est "un homme dur" ?
La conclusion de la parabole est forte ! Celui qui "ne brise pas le roseau froissé et n’éteint pas le lumignon qui fume" (Mat.12:20) chasse le serviteur qui, de son talent, n’a rien produit. Rapprochons cette parabole d’un autre enseignement, savoir : "Il n'y a pas de bon arbre qui produise de mauvais fruit, ni d'arbre mauvais qui produise de bon fruit" (Luc 6:43), et interrogeons-nous sur ce qui se trouve en celui qui ne porte pas de fruit ? Quelle sève coule en ses canaux ? Manifestement, il n’a pas la vie… Par contre, en lisant "Entre dans la joie de ton maître", nous voyons la joie du maître, celle de celui qui revient chez lui pour jouir de ce qui est à lui, les rachetés. Il y a là une fenêtre sur ce qui sera durant l’éternité, la joie du Seigneur, celui qui a "méprisé la honte" de la croix (Héb.12:2), qui a répandu la semence "en pleurant", mais qui "revient avec chant de joie, portant ses gerbes." (Psaume 126:6) ; "Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait" (Ésaïe 53:11).

 

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20:36 Publié dans Matthieu 25 à 28 | Commentaires (0) | Eric

Mat.25:31 La fin du présent siècle


 

La fin du présent siècle – 25:31-46

Quelques jours avant la croix, le Seigneur présente aux disciples une scène de jugement. Ils sont ainsi transportés en pensée à la fin du présent siècle ! Plus précisément, le présent siècle sera alors terminé ; toutes les nations auront entendu l’Évangile (Mat.24:14), et, au jour connu du Père, le Fils de l’homme paraît dans sa gloire et préside une scène de jugement qui concerne tous les hommes. Le Seigneur parle d’un royaume "préparé pour eux" dès la fondation du monde ! Ils y étaient destinés, comme en était assuré l’apôtre ; n’écrit-il pas "notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité" (1 Tim.2:3-4). Une question : qui se privera lui-même de cet avenir radieux ?

31 Lorsque le fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s’assiéra sur le trône de sa gloire. 32 Toutes les nations seront rassemblées devant lui. Il séparera les uns d’avec les autres, comme un berger sépare les brebis d’avec les chèvres ; 33 il mettra les brebis à sa droite et les chèvres à sa gauche.
 
34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : "Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; héritez du royaume qui a été préparé pour vous dès la fondation du monde. 35 Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et vous m’avez recueilli ; 36 j’étais nu et vous m’avez vêtu ; j’étais malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison et vous êtes venus me voir." 37 Alors les justes lui répondront : "Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim et t’avons-nous nourri, ou avoir soif et t’avons-nous donné à boire ? 38 Quand t’avons-nous vu étranger et t’avons-nous recueilli, ou nu et t’avons-nous vêtu ? 39 Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous venus te voir ?" 40 Et le roi leur répondit : "En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous avez fait cela à l’un de ces plus petits, l’un de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait."
 
41 Ensuite il dira aussi à ceux qui seront à sa gauche : "Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. 42 Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire. 43 J’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli, nu, et vous ne m’avez pas vêtu, malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité." 44 Alors ils répondront, eux aussi : "Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim ou soif, ou être étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et que nous ne t’avons pas servi ?" 45 Alors il leur répondra : "En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous n’avez pas fait cela pour l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait."
 
46 Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes, à la vie éternelle.

  • Hériter du royaume ! Qu’est ce royaume préparé dès la fondation du monde ? Remarquons qu’il ne peut s’agir du "royaume des cieux" dont il est parlé, car il s’agit dans ce cas d’une situation présente sur la terre. 1 Cor.6:9-10, 15:50, Gal.5:21, Éph.5:5, 2 Thes.2:12, 2 Tim.4:18, 2 Pier.1:11.
  • Ceux-ci seront-ils "jugés" sur leurs services cultuels ? Le seront-ils sur leur appartenance à telle ou telle église ou dénomination ? Le seront-ils sur base de leurs connaissances doctrinales et même bibliques ? Qu’est-ce donc qui fait la différence entre un homme et son prochain ?
  • De qui le Seigneur parle-t-il en évoquant des "petits" qui sont à ce point liés à lui-même ?
La scène hautement symbolique qui nous est présentée évoque un tribunal, et le jugement sur fond de l’attitude des justiciables relativement à leurs semblables dans la difficulté ou l’épreuve : faim ou soif, exil, dénuement, maladie, emprisonnement (Jac.1:27).
 
"Le royaume préparé pour vous dès la fondation du monde !" Cette mention souligne, semble-t-il, l’étendue du "présent siècle", commençant lors de la fondation du monde et parcourant l’histoire de l’humanité jusqu’à ce que soit établie la paix, le repos, fruit de la grâce de Dieu. Au cours de cette large période, l’homme, créé pourtant à l’image de Dieu, a manifesté de tant de manières son insoumission à la pensée du Créateur (Luc 11:5, Rom.1:20, Héb.4:3). Mais, encore à propos de la fondation du monde, et donc dans le plan de Dieu, dès l’origine, nous apprenons aussi que le don de Jésus était déjà établi (1 Pier.1:20), lequel devait paraître en son temps sur la terre (Psaume 40:7-8, Héb.10:5-7).
 
Le royaume est "préparé pour les hommes". Ceci n’est autre que là se trouve la "prédestination" selon l’Ecriture (Romains 8:29-30, Éph.1:5,11, 1 Thes.5:9, 1 Pier.1:10). Il ne s’agit aucunement d’une prédestination personnelle, étrangère au principe même de la grâce, mais l’expression du projet de Dieu, du projet créateur : l’homme placé sur la terre, libre et responsable, appelé à choisir son chemin. A tous la grâce est présentée, et quelques-uns la rejettent et se disqualifient eux-mêmes. Mais quiconque ne rejette pas la grâce est accueilli dans la bénédiction annoncée.
 
*
*    *

Ici s’achève le discours sur la fin du présent siècle, compilation par Matthieu de diverses paroles du Seigneur, qu’il prononça sur le chemin qui le conduisait de la montagne de la transfiguration à Jérusalem et au Mont des Oliviers, la semaine qu’il fut livré.
 

 

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18:36 Publié dans Matthieu 25 à 28 | Commentaires (0) | Eric

Mat.26:1 Les heures avant la Passion


 

PASSION, MORT ET RESURRECTION
Matthieu 26 à 28

Ce fut un bien sinistre mercredi, cette semaine là, lorsque le conseil des anciens s’assembla dans le palais du grand prêtre et décida qu’il fallait en finir avec ce Jésus, ce Galiléen, que des foules entouraient sur l’esplanade même du temple. Et ils obtinrent une aide bien inattendue, Judas ayant la pensée de leur livrer le Maître, après le geste de Marie de Béthanie répandant le nard pur, le soir du shabbat précédent ; un geste si choquant à ses yeux.
 
Les anciens, ulcérés de la renommée de Jésus, avaient tout en main, sauf le pouvoir de condamner à mort, une prérogative de la puissance romaine, et la crainte du peuple touché par les paroles de Jésus et son pouvoir sur les maladies, les infirmités, et même sur la mort… Et ils étaient si nombreux à Jérusalem à l’occasion de la pâque. Mais Jésus était là, à Jérusalem, pour accomplir sa mort. Et, quoiqu’il y paraisse, tout était entre ses mains ; et le temps était venu… Les quatre évangélistes ici se rejoignent dans l’exposé des faits. Chacun avait son propre objectif en traçant la vie du Seigneur ; Marc présente essentiellement le service du Seigneur, les actions ; Luc écrit pour un non-Juif, présentant le sauveur du monde, et Matthieu, quant à lui, a structuré son texte en regroupant les paroles du Seigneur en cinq grands discours. Jean écrit bien plus tard pour fortifier les chrétiens. Mais ici, le plan général est commun, ne présentant que quelques nuances de présentation, à l’exception de Jean, lequel s’étend sur les paroles du Seigneur lors du repas pascal.
 
A la lecture de ces quatre relations de la Passion du Christ, nous pouvons en établir la chronologie.
 
Mercredi. Les principaux prêtres et les anciens tiennent conseil pour faire mourir Jésus. Cela eût lieu deux jours avant la pâque et les pains sans levain (Mat.12:1-2, Marc 14:1-2), laquelle avait lieu le vendredi cette année là. Ce conseil a donc eu lieu dans la soirée de mardi (début du jour suivant, selon le compte des jours en vigueur alors) ou la journée du mercredi.
 
Mercredi ou Jeudi. Judas se rend auprès du conseil des anciens et leur propose de livrer Jésus, se faisant offrir trente pièces d’argent (Zacharie 11:12-13). Cette occasion inattendue est saisie par le conseil le même mercredi ou le jour suivant, avant le coucher du soleil et le repas pascal. Matthieu et Marc insèrent ici la motivation, revenant sur la scène de Béthanie qui eût lieu quelques jours plus tôt, laquelle est clairement datée par Jean juste avant l’entrée glorieuse de Jésus à Jérusalem, donc au soir, après le shabbat (Matthieu 26:6-13, Marc 14:3-9 et Jean 12:1-8). Le repas pascal avait lieu au quatorzième jour du premier mois de l’année selon le calendrier biblique. Il commence une période de sept jours durant lesquels les Israélites se gardaient de levain comme de pain levé, en souvenir de la sortie d’Égypte (Lévitique 23:5-8).
 
Jeudi soir. De fait, déjà la journée du vendredi pour les Juifs. Le repas pascal est pris par Jésus et ses disciples à Jérusalem. Ensuite ils se trouvent au jardin de Gethsémané. Judas mène une petite troupe pour prendre Jésus dans la nuit. Le reste de la nuit, Jésus est traité avec mépris chez Caïphe, après avoir été conduit chez le beau-père du grand prêtre, Hanna.
 
Vendredi, au lever du soleil. Sitôt donc que le Sanhédrin peut statutairement se réunir, les anciens qui se trouvaient sans doute déjà chez Caïphe, se réunissent en tant qu’organe judiciaire. Le jugement est immédiatement prononcé, et le condamné conduit à Pilate. Vendredi, d’environ six heures à neuf heures. Le Seigneur est conduit du Sanhédrin à Pilate, de Pilate à Hérode, et à nouveau à Pilate ; à neuf heures, le Seigneur est crucifié à Golgotha.
 
Vendredi, de neuf heures à trois heures de l’après-midi. Jésus est sur la croix. Trois heures face à ses bourreaux, et trois heures dans les ténèbres qui envahirent le lieu. Ensuite, Jésus entre dans la mort.
 
Vendredi, fin d’après-midi. Avant que le soleil ne se couche, Joseph d’Arimathée et Nicodème ensevelissent le corps de Jésus.
 
De vendredi au soir jusqu’au samedi soir. Tout le temps du shabbat, le corps de Jésus est dans le tombeau.
 
Au premier jour de la semaine. De fort grand matin, le tombeau est ouvert, Jésus est ressuscité. C’est sur ce fait que le premier jour de la semaine a été appelé "le jour du Seigneur" (Actes 20:7) et qu’il fut désigné pour célébrer le mémorial de la mort de Jésus (1 Cor.11:20). Au soir de ce jour, le Seigneur apparût aux disciples rassemblés.
 
Ce "lendemain du shabbat", au cours de la semaine des "pains sans levain", les Israélites célébraient la "fête des prémices" ; une gerbe des prémices de la moisson était présentée au temple (Lév.23:9-14, 1 Cor.15:23).
 

 

 
LA PASSION DU CHRIST
Matthieu 26:1-27:66

Les temps sont comptés ; les anciens veulent en finir et ne savent comment s’y prendre sans générer de révolte de la foule, et, de l’autre côté, Judas est profondément heurté depuis la scène de Béthanie, le nard pur répandu. Mais ce ne sont pas les hommes qui déterminent le cours des événements.
 
La pâque, célébration de la sortie d’Égypte est un signe majeur de la miséricorde de Dieu, et annonce l’œuvre qui est au-delà des signes, à savoir le fondement en justice de la miséricorde. L’heure du sacrifice est proche, ce seul véritable sacrifice, duquel les sacrifices rituels offerts pendant des siècles ne sont qu’autant de signes annonciateurs. Nous nous trouvons ici à la charnière de l’histoire de l’humanité ; avant, il y avait foi dans la gratuité de la grâce – la nécessité de cette gratuité – et après, il y a connaissance du prix de cette gratuité, du fondement en justice de la grâce de Dieu, de telle manière qu’il soit montré à tous que Dieu est "juste, déclarant juste celui qui est de la foi de Jésus" (Rom.3:26).
 

 
Les heures avant la Passion
Matthieu 26:1-46

Mercredi et jeudi. Les anciens complotent encore, et auront donc l’aide inattendue pour finaliser leur dessein, tandis que le Seigneur paraît encore au temple. Au soir du jeudi, dans toutes les familles israélites, se célèbre la pâque, un agneau est consommé avec des pains azymes. Le Seigneur mangera la pâque avec ses disciples, à Jérusalem. C’était le moment de parler de sa mort et de ce qu’il adviendra d’eux par la suite. Pendant ce temps, les chefs religieux préparent l’arrestation de Jésus, attendant seulement l’arrivée de Judas pour les conduire de nuit au jardin de Gethsémané.

 
Le conseil des principaux prêtres et des anciens – 26:1-16
Marc 14:1-11 ; Luc 22:1-6 ; Jean 11:47-53

L’aveuglement des anciens s’était manifesté depuis plusieurs mois déjà, et l’idée de faire mourir Jésus les tenaillaient (Mat.14:5, Jean 5:16-18, 7:1) ; les disciples d’ailleurs s’en rendaient compte (Jean 11:16). La résurrection de Lazare a exacerbé cette pression coupable (Jean 11:53), mais il leur manquait l’occasion, car la foule tenait Jésus pour un prophète (Mat.21:46). Il semble qu’aucune journée ne se passât sans qu’ils se réunissent en vue de mettre en œuvre leur projet (Jean 11:47-53, 12:10-11) ; mais le moment de la fête de la pâque où tant de gens venaient à Jérusalem, était peu propice à l’accomplissement de leur projet, tant ils craignaient une révolte.
 
Une nouvelle fois, les principaux prêtres et les anciens tiennent conseil… Et voilà Judas, l’un des douze, qui vient leur proposer de les conduire de nuit à Jésus, de telle manière qu’ils pourraient se saisir de lui sans risque d’ameuter la foule. Matthieu nous donne à comprendre le cheminement de pensée de Judas, revenant sur une circonstance qui s’était produite à Béthanie quatre jours auparavant, le soir précédant l’entrée glorieuse de Jésus à Jérusalem (Jean 12:1).

26  1 Et il arriva, lorsque Jésus eut achevé tous ces discours, qu’il dit à ses disciples : 2 Vous savez que la Pâque est dans deux jours, et le fils de l’homme est livré pour être crucifié.
 
3 Alors les principaux prêtres et les anciens du peuple s’assemblèrent dans le palais du grand prêtre, appelé Caïphe, 4 et tinrent conseil ensemble pour se saisir de Jésus par ruse et le faire mourir. 5 Toutefois ils disaient : Non pas pendant la fête, afin qu’il n’y ait pas de tumulte parmi le peuple.
 
6 Et comme Jésus était à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux, 7 une femme vint à lui, ayant un vase d’albâtre plein d’un parfum de grand prix, et, pendant qu’il était à table, le répandit sur sa tête. 8 Et voyant cela, les disciples en furent s’indignèrent : À quoi bon ce gaspillage ? 9 On aurait pu vendre ce parfum pour une forte somme, et la donner aux pauvres. 10 Jésus, le sachant, leur dit : Pourquoi donnez-vous du déplaisir à cette femme ? Elle a fait une bonne œuvre envers moi ; 11 les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’avez pas toujours. 12 En répandant ce parfum sur mon corps, elle l’a fait pour ma sépulture. 13 En vérité, je vous dis : Partout où cet évangile sera proclamé, dans le monde entier, on racontera aussi, en mémoire de cette femme, ce qu’elle a fait.
 
14 Alors l’un des douze, appelé Judas Iscariote, s’en alla vers les principaux prêtres, 15 et dit : Que voulez-vous me donner pour qui moi je vous le livre ? Et ils lui payèrent trente pièces d’argent. 16 Et dès ce moment, il cherchait une bonne occasion pour le livrer.

  • Pourquoi Matthieu, comme Marc, évoque-t-il à cet endroit du récit le geste de piété de Marie de Béthanie, ce geste que les disciples eurent eux-mêmes si difficile à comprendre ? Mat.26:8-9, Marc 14:4-5, Jean 12:4-6.
  • Quel sens a un tel geste pour le Seigneur ? Remarquons que Marie de Béthanie ne se trouve pas mentionnée parmi les femmes qui allèrent avec des aromates au sépulcre.
  • La rançon proposée (Zacharie 11:11-12, Mat.27:7-10). La trahison était donc annoncée, mais Judas y était-il prédestiné ?
Dans leur aveuglement, les anciens, si heureux de l’occasion qui leur est donnée, ne font qu’accomplir la parole du prophète. Dans ce fait comme dans d’autres se confirme la parole relatant l’entretien de Jésus lors de la transfiguration : ils "parlaient de sa mort qu'il allait accomplir à Jérusalem" (Luc 9:31). Judas a accompli une action inqualifiable, et il sera appelé "le fils de perdition" (Jean 17:12), et nous pourrions penser qu’il y était prédestiné, mais nous ne pouvons pas penser ainsi ; ce fut un homme qui s’engagea dans le chemin, qui reconnût le Seigneur au moins comme prophète, et qui fut mis à part pour être parmi les douze, allant annoncer la venue du Messie… Mais manifestement il s’était engagé sans réellement de repentir. Ainsi, tout homme peut penser un jour bien faire en reconnaissant quel est le chemin, et ne pas réaliser sa position devant Dieu et la nécessité d’un réel changement de vie.
 
A l’opposé nous voyons Marie de Béthanie, témoin de la résurrection de Lazare, son frère, et ayant reçu pleinement le message de Jésus. Elle anticipe la mort de Jésus, connaissant que cela devait arriver, ayant aussi pleinement reconnu Celui qui a la vie en lui-même. Aussi attend-elle l’accomplissement de ce qui devait arriver, demeurant à Béthanie tandis que d’autres femmes, d’autres disciples suivaient dans l’angoisse et les larmes les événements tragiques qui conduisirent Jésus à la crucifixion et la mort. Marie de Béthanie, par sa foi, est un modèle, et Marie de Magdala, par son attachement à Jésus en est un autre.

 

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17:36 Publié dans Matthieu 25 à 28 | Commentaires (0) | Eric

Mat.26:17 Le repas pascal


 

Le repas pascal – 26:17-25
*Marc 14:12-21 ; Luc 22:7-18 ; Jean 13:21-30

Jeudi. La journée s’écoule, marquée par la préparation du repas pascal qui sera consommé dans chaque maison des Israélites. Et Jésus aussi va célébrer la sortie d’Égypte, avec ses disciples. Il le fera non à Béthanie où il avait coutume de se retirer, mais à Jérusalem, chez un homme dont le nom n’est pas cité, mais qui a déjà prévu de mettre une pièce à la disposition de Jésus. Les disciples vont apprêter le repas, et lorsque le moment sera là, après le coucher du soleil, ils se rassembleront là. Un signe étonnant est donné, en ce que le Seigneur se met aux pieds des disciples pour leur laver les pieds (Jean 13:1-20). Et puis ce sera l’annonce de la trahison d’un d’entre eux. Matthieu, à la suite de Marc, ne reprend des paroles prononcées au cours du repas que cette annonce troublante...

17 Le premier jour des pains sans levain, les disciples vinrent à Jésus, disant : Où veux-tu que nous te préparions le repas de la pâque ? 18 Il répondit : Allez à la ville auprès d’un tel, et dites-lui : Le maître dit : Mon temps est proche, et c’est chez toi que je célébrerai la pâque avec mes disciples. 19 Et les disciples firent ainsi que Jésus leur avait ordonné, et ils apprêtèrent la pâque.
 
20 Et le soir étant venu, il se mit à table avec les douze.
 
21 Pendant qu’ils mangeaient, il dit : En vérité, je vous le dis : l’un d’entre vous me livrera. 22 Ils furent profondément attristés, et chacun d’eux se mit à lui dire : Seigneur, est-ce moi ? 23 Il répondit : Celui qui a mis avec moi la main dans le plat, c’est celui-là qui me livrera [Psaume 41:9]. 24 Le fils de l’homme s’en va, selon qu’il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme par qui le fils de l’homme est livré ! Il aurait mieux valu pour cet homme qu’il ne fût pas né. 25 Et Judas qui le livrait, demanda : Est-ce moi, Rabbi ? Il lui répondit : Tu l’as dit.

  • Dans la brièveté de sa relation du repas pascal, en quoi Matthieu se tient-il à son objectif, démontrer que Jésus est bien le Messie annoncé par les prophètes ?
  • Comment voyons-nous, ici, que le Seigneur dirige en fait les circonstances qui conduiront à sa mort sur la croix ?
Les choses se mettent en place. Le contrat de la trahison est établi, un homme était prêt à recevoir le Seigneur et ses disciples pour le repas de la pâque… Et c’est Jésus lui-même qui, au cours du repas, envoya celui qui l’avait trahi et, quoique Jean ait compris de qui il s’agissait (Jean 13:26), les disciples, après le départ de Judas, se demandaient encore lequel d’entre eux pourrait commettre un tel acte.
 
Ce qui fut dit au cours du repas, seul Jean en dit quelques mots, des paroles importantes. Et nous pouvons comprendre que si Matthieu parle à des Juifs en vue de les convaincre que Jésus est le Messie, et si Luc expose les faits pour un non-Juif, Jean, lui, écrit pour des chrétiens, afin de leur rappeler les enseignements destinés à des disciples. Le repas se termine lorsque, dans le respect de la tradition juive, un des convives donne une coupe de vin à celui qui préside, lequel, après quelques paroles la présente à tous, afin que chacun la portât à ses lèvres en signe de communion. Ce n’est pas là l’institution de la Cène. Elle marque, ici, la fin d’une époque, et le fait que l’alliance avec Israël connaît dès ce moment une éclipse, jusqu’à la restauration du royaume promise à Israël, "les grâces assurées de David" (Ésaïe 55:3, 1 Rois 8:25).

 

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Mat.26:26 L'institution de la Cène


 

L’institution de la Cène – 26:26-29
Marc 14:22-25 ; Luc 22:19-23

Sitôt après le repas, le Seigneur prend un pain, et ensuite une coupe, pour indiquer un signe simple par lequel les disciples exprimeraient la mémoire de ce qu’Il allait accomplir. Il s’agit ici d’un "signe", le seul qu’ait institué le Seigneur outre le signe du baptême. Nous ne pouvons manquer d’être saisi de la simplicité du geste, laquelle met en évidence, par sa sobriété, l’infinie grandeur du sacrifice de Jésus à la croix.
La question se pose de savoir si Judas était encore présent lors de l’institution de la cène. Matthieu et Marc ne permettent pas de le déterminer, sauf que l’annonce de la trahison est présentée avant le repas pascal, et donc bien avant l’institution de la Cène. Luc relate le geste de Judas après qu’il ait rapporté l’institution de la Cène, mais à la lecture, il semble que le Seigneur évoque le geste de Judas alors qu’il était déjà absent. Jean, enfin, nous montre que Judas a quitté la salle assez tôt dans la soirée. Ces éléments mis ensemble, il nous paraît que Judas a quitté la salle peu après que le repas ait commencé, les disciples pensant qu’il avait une commission à faire, au cours du repas, et donc avant l’institution de la Cène, laquelle eût lieu explicitement après le repas. Mat.26:21-25, Marc 14:18-21, Luc 22:21-23, Jean 13:21-30.

26 Et comme ils mangeaient, Jésus ayant pris le pain et ayant béni, le rompit et le donna aux disciples, et dit : Prenez, mangez ; ceci est mon corps. 27 Et, ayant pris la coupe et ayant rendu grâces, il la leur donna, disant : Buvez-en tous. 28 Car ceci est mon sang, celui de la nouvelle alliance, qui est répandu en faveur d’une multitude, en rémission de péchés. 29 Mais je vous dis que désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je le boirai nouveau avec vous dans le royaume de mon Père.

  • Quel est le caractère essentiel de ce repas ? Un sacrifice, une offrande ou simplement un "signe" exprimant le souvenir de l’œuvre de la rédemption ?
  • Les disciples pratiquèrent-ils ce repas de mémorial ? Quel nom lui donnèrent-ils ? Et en quelle journée le pratiquèrent-ils ? 1 Cor.11:20, Act.20:7.
Ce mémorial exprimé après le repas pascal traditionnel, et bien distinct de lui, comme nous le lisons en Luc (Luc 22:17-20), est un signe tout à fait nouveau pour les disciples ; il est le signe de l’entrée dans une nouvelle ère, pourrions-nous dire, distincte de l’attente des Israélites en l’accomplissement des promesses, sans les annuler pour autant. Aux temps des apôtres, ce signe sera célébré dans la simplicité de son institution ; Paul, parlera ainsi simplement, disant : "De même il prit la coupe aussi, après le souper, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang : faites ceci, toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne. (1 Corinthiens 11:25-26).

 

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Mat.26:30 En chemin vers Gethsémané


 

En chemin vers le Mont des Oliviers – 26:30-35
Marc 14:26-31 ; Luc 22:16-34 ; Jean 13:36-38

Jean nous donne à connaître ces paroles que le Seigneur prononça encore dans la maison à Jérusalem, et ensuite, en chemin vers le Mont des Oliviers, lorsqu’ils s’arrêteront au jardin de Gethsémané (Jean 14 à 17). Matthieu se tient ici essentiellement aux faits, son évangile étant destiné non à des disciples de Jésus – quoique tous puissent être édifiés à cette lecture – mais à des Juifs n’ayant pas encore reconnu que Jésus est le Messie qu’ils attendaient. Une fois encore, il "lit" les prophètes pour montrer la réalité dans laquelle ils se trouvaient en ce jour.

30 Et ayant chanté une hymne, ils sortirent vers le mont des Oliviers.
 
31 Alors Jésus leur dit : Vous serez tous heurtés en moi cette nuit ; car il est écrit ; "Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées" [Zacharie 13:7] ; 32 mais, après que j’aurai été ressuscité, je vous précéderai en Galilée. 33 Pierre, répondant, lui dit : Quand tu serais pour tous une cause de chute, tu ne le seras jamais pour moi. 34 Jésus lui répondit : En vérité, je te le dis, cette nuit même, avant que le coq ait chanté, tu m’auras renié trois fois. 35 Pierre lui dit : Quand même il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas ! Et tous les disciples dirent la même chose.

  • Qui pourrait nier que des prophètes ont annoncé que le Messie serait rejeté par Israël ? Zacharie 13:5-7, mais aussi Ésaïe 53:7, Michée 4:14, Daniel 9:26, Actes 3:18.
  • Qui aurait pu accompagner Jésus devant ses bourreaux pour qu’il ne s’y trouvât pas seul ?
La pression était immense, et si, de loin, tous auraient accompagné le Seigneur jusqu’au bout, la détermination méchante, haineuse, dans le palais du grand prêtre, ne pouvait que briser le courage de ceux qui en seraient témoins. Ainsi, Matthieu met en évidence les élans de cœur des disciples, et de Pierre en particulier, le bouillant disciple dont l’attachement à Jésus est si fort, en faisant remarquer la réalité de ses propres limites.

 

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Mat.26:36 Au jardin de Gethsémané


 

Au jardin de Gethsémané – 26:36-46
Marc 14:32-42 ; Luc 22:39-46 ; Luc 22:39-46

Arrivés au lieu dit Gethsémané, une oliveraie sur le chemin du Mont des Oliviers dont le nom signifie "pressoir à huile", les disciples s’arrêtent pour passer la nuit comme ils avaient coutume de le faire, ce que Judas connaissait bien. Le Seigneur s’avance de quelques pas, accompagné des trois qui montèrent avec lui lorsqu’il leur parût en gloire (Mat.17:1). Ce qu’ils virent là les marqua pour la vie, et nous donne à comprendre l’essence même du message de l’évangile.

36 La dessus, Jésus arrive avec eux au lieu appelé Gethsémané, et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, jusqu’à ce que, m’en étant allé, j’aie prié là. 37 Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée. Il commença alors à être attristé et fort angoissé, 38 et il leur dit alors : Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort ; demeurez ici et veillez avec moi. 39 Et s’en allant un peu plus avant, il tomba sur sa face, priant et disant : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Toutefois, non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux. 40 Il vient vers les disciples, et il les trouve dormant ; alors il dit à Pierre : Ainsi, vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi ? 41 Veillez et priez, afin que vous n’entriez pas en tentation ; l’esprit est prompt, mais la chair est faible. 42 Il s’en alla de nouveau, une seconde fois, et il pria, disant : Mon Père, s’il n’est pas possible que ceci passe loin de moi, sans que je le boive, que ta volonté soit faite. 43 Et étant venu, il les trouva de nouveau dormant ; car leurs yeux étaient appesantis. 44 Et les laissant, il s’en alla de nouveau, et pria une troisième fois, disant les mêmes paroles. 45 Puis il vient vers les disciples et leur dit : Vous dormez encore, vous vous reposez ! Voici, l’heure s’est approchée, et le fils de l’homme est livré entre les mains des pécheurs. 46 Levez-vous, allons ; voici, celui qui me livre s’est approché.

  • Que représente cette coupe présentée au Seigneur ? Le traitement cruel que préparaient des hommes, la crucifixion donc, ou bien les heures d’abandon sur la croix, la solitude absolue de Jésus ? Matthieu 27:46, Psaume 22:1.
  • Pourquoi cette coupe ne pouvait-elle pas lui être épargnée ? Jean 1:29, 1 Pier.1:19-20, Éph.5:2, Héb.2:10, Ésaïe 53:10.
Les disciples, envahis par une immense tristesse, ne peuvent demeurer éveillés (Luc 22:45) ; et que pouvaient-ils faire dans ces circonstances qui les dépassaient ? Ils sont témoins. Comme ils ont vu la gloire, ils se trouvent maintenant devant la réalité du prix de leur rédemption, le seul chemin qui pouvait permettre l’accomplissement du plan de la miséricorde, à savoir que le jugement soit exercé sur celui qui s’est substitué à eux, comme à tous, face à Dieu, le Juste. Certes, nous ne pouvons pas penser de cette scène, comme les dernières paroles de Jésus, qu’ils eussent pu les comprendre dès ce temps ; mais ils comprendront un peu plus tard, et en parleront avec émotion dès le jour de la Pentecôte qui allait venir, et par la suite, jusqu’à la fin de leur vie.

 

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Mat.26:47 L'arrestation de Jésus


 

L'arrestation de Jésus
Matthieu 26:47-75

La nuit s’avance, les prêtres attendent le moment convenu avec Judas, ayant à leur disposition des hommes en arme, la police du temple. Lorsque l’heure sera là, ils vont sortir de Jérusalem et arrêter Jésus. Le prisonnier sera présenté à Hanna, beau-père de Caïphe, un homme très influent (Jean 18:13), avant d’être conduit au palais du grand prêtre. Là, il faudra bien que la nuit se passe et que le soleil se lève, attendant que le sanhédrin, le tribunal religieux, puisse se réunisse pour établir le motif de condamnation. Sans doute les membres du tribunal était présent auprès de Caïphe, mais ils veillent à ce que les formes soient respectées, et un décret établissait que le sanhédrin ne pouvait se réunir qu’après le lever du soleil (Marc 15:1). Et cette nuit, dans l’attente, sera témoin d’actes de mépris odieux à l’encontre de l’homme débonnaire, juste et miséricordieux…

 
L’arrestation – 26:47-56
Marc 14:43-52 ; Luc 22:47-53 ; Jean 18:2-11

Un baiser et une question à Judas ; un coup d’épée, et une question posée à Pierre ; et enfin quelques mots à la troupe qui venait le prendre. Les faits ont été bien rapides, et Judas a ainsi justifié ces trente pièces d’argent. Dans son malaise il a proposé à ceux qui l’accompagnent un signe simple et sans faille pour se décharger au plus vite. Mais il ne pouvait éviter une question incisive du Seigneur.

47 Il parlait encore quand Judas, l’un des douze, vint, et avec lui une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyés par les principaux prêtres des anciens du peuple. 48 Celui qui le livrait leur donna un signe, disant : Celui que je baiserai, c’est lui ; saisissez-le. 49 Aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit : Je te salue, Rabbi ; et il le baisa avec empressement. 50 Et Jésus lui dit : Ami, pourquoi es-tu venu ? Alors, s’étant approchés, ils mirent les mains sur Jésus et se saisirent de lui.
 
57 Et voici, l’un de ceux qui étaient avec Jésus, étendant la main, tira son épée, et frappant l’esclave du grand prêtre, lui emporta l’oreille. 58 Alors Jésus lui dit : Remets ton épée en son lieu ; car tous ceux qui auront pris l’épée périront par l’épée. 59 Penses-tu que je ne puisse pas maintenant prier mon Père, et il me fournira plus de douze légions d’anges ? 54 Comment donc seraient accomplies les écritures qui disent qu’il faut qu’il en arrive ainsi ?
 
55 A ce moment, Jésus dit aux foules : Vous êtes sortis pour vous emparer de moi avec des épées et des bâtons, comme si j’étais un brigand. Et tous les jours, j’étais assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne vous êtes pas saisis de moi. 56 Mais tout ceci est arrivé, afin que soient accomplies les écritures des prophètes.
 
Alors tous les disciples le laissèrent et s’enfuirent.

  • Que penser de ce fait que le Seigneur a permis que ce soit un de ses proches qui le livra ? Psaume 41:9, 55:13.
  • Nous pouvons nous arrêter sur cette question posée à l’apôtre, lorsque le Seigneur lui demande ce qu’il serait advenu s’il ne s’était pas laissé prendre.
  • Que pouvaient penser les personnes accompagnant Judas, ayant entendu la parole que le Seigneur leur adressa ?
Un des apôtres dispose d’une épée, et sans doute s’agit-il d’un instrument nécessaire dans des situations courantes de la vie, comme notamment dans la pratique du métier de pécheur. Mais Pierre s’en est saisi de façon inappropriée. Et la parole du Seigneur est lourde de sens, en particulier en regardant à l’histoire. Jésus s’avance pour prendre tout sur lui, il s’avance pour connaître la solitude devant les hommes, avant de la connaître dans l’absolu des heures de ténèbres. Jean rend témoignage de cette parole : "Je vous ai dit que c'est moi ; si donc vous me cherchez, laissez aller ceux-ci" (Jean 18:8).

 

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Mat.26:57 Au palais du grand-prêtre


 

Au palais du grand-prêtre – 26:57-68
Marc 14:53-65 ; Luc 22:54-55,63-71 ; Jean 18:12-24

Une bien peu fière équipée. Un prisonnier digne, des hommes munis d’armes et de bâtons, un jeune homme qui s’enfuit en courant (Marc 14:50) et Pierre qui suit de loin… Un autre disciple, un homme ayant ses entrées chez le grand prêtre, se trouvait au palais (Jean 18:15). Le prisonnier est conduit à Hanna, un homme respecté (Jean 18:13), et enfin à Caïphe, le grand prêtre, lequel attendait en son palais, entouré de notables, considérant avec satisfaction que le moment était venu, enfin, de mettre un terme à cette aventure outrageuse d’un homme qui se disait le Messie. Et nous pouvons lire combien la dignité de celui-ci, face à leur haine, conduisit à des débordements indignes. Certes, ils avaient prévu des difficultés, et ils avaient convoqué, en pleine nuit, après cette soirée de célébration du repas pascal dans leurs familles, de faux témoins qui pourraient, le pensaient-ils, justifier de leurs actions et donner l’impression d’une affaire judiciaire correctement instruite.

57 Ceux qui avaient arrêtés Jésus l’amenèrent à Caïphe, le grand prêtre, chez qui les scribes et les anciens étaient assemblés. 58 Pierre le suivait de loin, jusqu’au palais du grand prêtre ; et étant entré, il s’assit avec les gardes pour voir la fin.
 
58 Or les principaux prêtres et les anciens et tout le sanhédrin cherchaient un faux témoignage contre Jésus, de manière à le faire mourir ; 60 mais ils n’en trouvèrent point, bien que plusieurs faux témoins fussent venus. 61 Enfin il en vint deux qui dirent : Celui-ci a dit : Je puis détruire le temple de Dieu, et en trois jours le bâtir. 62 Le grand prêtre, se levant, lui dit : Ne réponds-tu rien ? Que dis-tu des témoignages que ceux-ci portent-ils contre toi ? 63 Mais Jésus garda le silence. Le grand prêtre lui dit : Je t’adjure, par le Dieu vivant de nous dire si toi tu es le Christ, le Fils de Dieu. 64 Jésus lui répondit : Tu l’as dit. De plus, je vous le dis, dorénavant vous verrez le fils de l’homme assis à la droite de la puissance, et venant sur les nuées du ciel. 65 Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, disant : Il a blasphémé ; qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Voici, vous avez entendu maintenant son blasphème ! 66 Que vous en semble ? Et répondant, ils dirent : Il mérite la mort.
 
67 La dessus, ils lui crachèrent au visage et lui donnèrent des soufflets ; et quelques-uns le frappèrent, 68 disant : Prophétise-nous, Christ ! Dis-nous qui t’a frappé !

  • Certes, il est vrai que Jésus parla du "temple de Dieu", mais que dit-il en vérité ? Et de que voulait dire le Seigneur, en réalité ? Comme toute calomnie, cette parole des faux témoins demeura dans les esprits. Jean 2:19-21, Mat.27:40, Act.6:14.
  • Le grand prêtre en vient au fait essentiel, et il le fait en exploitant une de ses prérogatives, la parole d’adjuration Pourquoi le Seigneur répond-il ? Lévitique 5:1.
  • Relisons cette réponse, voyons les forces en présence, celle du prisonnier face à celle du dignitaire religieux. Comment celui-ci emporte-t-il l’adhésion à ses propos ?
La loi prescrit qu’à la demande expresse du grand prêtre, un homme est tenu de répondre, aussi le Seigneur répond-il à la parole d’adjuration (Lévitique 5:1). Et cette réponse donna libre cours à l’accusation de blasphème. Il tenait dès lors les choses bien en main, ceux qui l’entourent l’approuvent, et il restait donc à attendre le lever du soleil pour que les mêmes puissent se réunir en "tribunal" pour prononcer la condamnation. Et jusque là, forts de la conclusion, ils se laissent aller à tous les débordements : mépris, violence, provocation… Sans encourir la moindre réaction du méprisé dont la grandeur morale brille d’autant plus.

 

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