15/12/2011

Luc 20:27 Contestations et actes de confiance (2/2)


 

Question sur la résurrection – 20:27-40
Mat.22:23-33, Marc 12:18-27.

Des sadducéens s’approchent à leur tour. Ce courant religieux se distinguait par son attachement exclusif à la Torah, les cinq livres de Moïse, ne recevant pas les autres écrits bibliques comme exprimant la Parole de Dieu. Un des points sur lequel ils étaient en débat avec les pharisiens et autres, c’est leur refus de croire qu’il y ait une résurrection des morts. Forts de leurs convictions, ils s’approchent du Seigneur avec l’idée de lui soumettre un de leurs arguments favoris par lequel ils pensaient convaincre qu’il n’y a pas de résurrection.
 
Cet argumentation prend en compte une disposition de la loi de Moïse touchant les veuves sans enfant: "Quand des frères habiteront ensemble, et que l'un d'entre eux mourra, et qu'il n'aura pas de fils, la femme du mort n'ira pas s'allier dehors à un homme étranger ; son lévir viendra vers elle, et la prendra pour femme et s'acquittera envers elle de son devoir de lévir." (Deutéronome 25:5). Nous comprenons bien qu’il y a quelques différences entre cette disposition et la présentation des sadducéens, mais celle-ci s’en inspire manifestement. Ceci étant, la question n’a trait ici qu’à la réfutation de la résurrection…

27 Et quelques-uns des sadducéens, qui nient qu'il y ait une résurrection, s'approchèrent, et l'interrogèrent, 28 disant : Maître, Moïse nous a écrit, que si le frère de quelqu'un meurt, ayant une femme, et qu'il meure sans enfants, son frère prenne la femme et suscite de la postérité à son frère. 29 Il y avait donc sept frères ; et le premier, ayant pris une femme, mourut sans enfants ; 30 et le second prit la femme, et celui-ci aussi mourut sans enfants ; 31 et le troisième la prit, et de même aussi les sept : ils ne laissèrent pas d'enfants et moururent ; 32 et après eux tous la femme aussi mourut. 33 Dans la résurrection donc, duquel d'entre eux sera-t-elle la femme, car les sept l'ont eue pour femme ?
 
34 Et Jésus leur dit : Les fils de ce siècle se marient et sont donnés en mariage ; 35 mais ceux qui seront estimés dignes d'avoir part à ce siècle-là et à la résurrection d'entre les morts, ne se marient ni ne sont donnés en mariage, 36 car aussi ils ne peuvent plus mourir ; car ils sont semblables aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. 37 Or que les morts ressuscitent, Moïse même l'a montré, au titre : «Du buisson», quand il appelle le Seigneur : le Dieu d'Abraham, et le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob. 38 Or il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous vivent. 39 Et quelques-uns des scribes, répondant, dirent : Maître, tu as bien dit. 40 Et ils n'osèrent plus l'interroger sur rien.

  • Que nous apporte cet enseignement du Seigneur touchant le mariage, lisant "car aussi ils ne peuvent plus mourir" ?
  • Comment le Seigneur établit-il le fait de la résurrection par la simple lecture du texte de l’Exode ? Une occasion de souligner l’importance de lire l’Ecriture attentivement.
Il est remarquable de voir le Seigneur ne faire référence qu’à un Livre de Moïse, seule référence pour les sadducéens. Et la réponse qu’il fit semble laisser sans voix ces hommes venus l’interroger, fort de leurs certitudes. Bien évidemment, il se peut qu’ils aient manifesté quelque désapprobation, mais il est dit que nul n’osa plus interroger le Seigneur. Le texte s’achève sur la parole d’un homme sage, et ceci mérite d’être mis en exergue car nous y voyons que si des chefs montrent leur vanité et leurs ambitions, il se trouve aussi à Jérusalem des hommes sages, même parmi les notables.

 
Mise en garde du peuple – 20:41-47
Mat.22:41-46, 23:1,5-7, Marc 12:35-40.

"Ils n’osèrent plus l’interroger sur rien !" C’est maintenant au Seigneur d’interpeller la foule par une question. Nul n’a pu y répondre, manifestement, car c’est un réel paradoxe qui leur est rappelé, un verset de psaume qui ne peut qu’étonner, et que pourtant les Israélites connaissaient bien, à force qu’il soit chanté lors des célébrations.

41 Et il leur dit : Comment dit-on que le Christ est fils de David ? 42 Et David lui-même dit, dans le livre des Psaumes : «Le Seigneur a dit à mon seigneur : 43 Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je mette tes ennemis pour marchepied de tes pieds» [Psaume 110:1]. 44 David donc l'appelle seigneur ; et comment est-il son fils ?

  • Relisons le psaume cité et ses citations dans le Nouveau Testament (Psaume 110, Mat.22:44, Marc 12:36, Luc 20:42-43, Actes 2:34-35, 1 Cor.15:25, Hébr.1:13, 5:6, 7:17,21, 10:13).
Les docteurs de la loi sont mis au pied du mur. Que pensaient-ils du Messie annoncé et des paroles de foi chantées depuis si longtemps dans le temple ? Avaient-ils mesuré la profonde signification de ces paroles ? Chacun avait à y répondre pour soi-même. Et pourtant, de ceux qui n’auraient pu résoudre ce paradoxe, nombre se drapaient d’importance, étaient salués, reçus dans les maisons, invités à entourer des âmes en peine…

45 Et comme tout le peuple écoutait, il dit à ses disciples : 46 Soyez en garde contre les scribes, qui se plaisent à se promener en longues robes, et qui aiment les salutations dans les places publiques, et les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les repas ; 47 qui dévorent les maisons des veuves, et pour prétexte font de longues prières ; - ceux-ci recevront une sentence plus sévère.

  • Arrêtons-nous sur les comportements de ces hommes de religion, leurs gestes pleins de compassion, leurs paroles de consolations exercées à des fins plus que douteuses.
  • Pouvons-nous imaginer que le Seigneur parlait de tous les scribes, ou seulement de ceux dont le comportement est ici dépeint ?
C’est sur cette mise en garde que Luc achève son rapport des dernières paroles publiques de Jésus avant la Passion. Nous voyons ici la rupture consommée, la fin de toute attente d’une ouverture des principaux responsables religieux ; tous ceux qui étaient venus écouter Jésus en étaient témoins. Celui qui avait voulu le bien de Jérusalem est allé au plus loin qu’il pouvait, mais rien n’y a fait. "Il vint chez soi ; et les siens ne l'ont pas reçu", mais Jean poursuit en parlant de "ceux qui l’ont reçu" (Jean 1:11-12), et à ceux-là, le Seigneur a encore beaucoup à enseigner.

 
L’offrande de la veuve – 21:1-4
Marc 12:41-44.

Et en fin de ces débats, nous sommes placés devant une scène bien simple, mais riche en enseignements. Jésus est assis face au tronc dans lequel les fidèles viennent donner leur obole pour les frais du culte. Et nous aurions pu nous laisser aller à des pensées touchant l’opportunité de tels gestes de piété, en raison de la vanité de plusieurs représentants du culte, des querelles théologiques entre courants religieux et d’autres dysfonctionnements tandis qu’une pauvre veuve s’approchait du tronc pour y mettre son obole. Nous aurions pu décider qu’il ne fallait plus faire un tel geste, vu l’état des choses… Mais Jésus ne regarde pas à cela, ne prononce touchant le geste de cette femme qu’une parole d’approbation.

21  1 Et comme il regardait, il vit des riches qui jetaient leurs dons au trésor. 2 Et il vit aussi une pauvre veuve qui y jetait deux pites. 3 Et il dit : En vérité, je vous dis que cette pauvre veuve a jeté plus que tous les autres ; 4 car tous ceux-ci ont jeté aux offrandes de Dieu de leur superflu, mais celle-ci y a jeté de sa pénurie, tout ce qu'elle avait pour vivre.

  • Quel regard porte le Seigneur sur les dons apportés au temple, leur importance ou l’intention de celui qui apporte son obole ?
  • Qu’à démontré cette femme, au regard de Dieu ?
  • Pourquoi le Seigneur communique-t-il sa réflexion à ceux qui l’entourent ?
Donner de son nécessaire, une marque sans ambiguïté de sa confiance en Dieu. Avait-elle des richesses ? Non, elle vivait dans la pénurie. Son acte exprime ainsi la foi réelle et l’affirmation qu’elle ressent au plus profond de son cœur que sa seule ressource est le Seigneur Dieu. Et cela, le Seigneur l’a discerné, lui qui "ne regarde pas ce à quoi l'homme regarde… mais qui regarde au cœur" (1 Samuel 16:7).

 

 
 
 
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Luc 21:5 Sur les temps à venir (1/2)


 

Discours sur les temps à venir
Luc 21:5-36

La beauté du temple, l’éclat de ses murs rayonnant les chaudes couleurs du couchant… Le temple était magnifique, un sujet de fierté pour tous les Juifs, quoique cet édifice impressionnant développé autour du modeste second temple construit lors du retour d’exil cinq siècles plus tôt, une œuvre de foi, soit pour issu des fantasmes d’Hérode-le-Grand, roi mégalomane et cruel plus soucieux de pouvoir que de religion et bien étranger à la piété. Une réflexion admirative suscite une réponse qui a du plonger les disciples dans la stupeur.

5 Et comme quelques-uns parlaient du temple et disaient qu'il était orné de belles pierres et de dons, il dit : 6 Quant à ces choses que vous regardez, les jours viendront où il ne sera laissé pierre sur pierre qui ne soit jetée à bas. 7 Et ils l'interrogèrent, disant : Maître, quand donc ces choses auront-elles lieu, et quel sera le signe quand ces choses devront arriver ?

  • Les disciples paraissent-ils avoir douté un instant de cette annonce qui les surprend ? Comparons avec d’autres annonces, et voyons comment elles sont reçues aujourd’hui. Luc 21:33, 2 Pierre 3:4 ,11, Jean 14:3, 1 Cor.15:51, 1 Thes.4 :15-17
De la stupeur produite vient immédiatement une question : "Quand cette destruction aura-t-elle lieu ?" Et le Seigneur répond alors, simplement, confirmant sa parole touchant le temple, et parlant du "temps des nations" ce temps où les nations se dirigent elles-mêmes, s’allient ou s’opposent, voire se font la guerre, autrement dit ce qui est sur la terre depuis des millénaires et que nous connaissons encore jusqu’au temps de jugement et à l’avènement du règne de paix, "le salut et la puissance et le royaume de notre Dieu et le pouvoir de son Christ" (Apocalypse 12:10).

 
Introduction – 21:8-19
Mat.24:1-7, Marc 13:1-8.

La question est posée : "quand le temple sera-t-il détruit ?" Comme à l’accoutumé, le Seigneur répond bien aux question des disciples, mais il leur parle avant tout d’eux mêmes, les préparant à des événements et des situations auxquels ils doivent être préparés, les mettant en garde contre les dangers qu’ils rencontreront et les exhortant à la patience, la "patience de la foi" (1 Thes.1:3-4, Hébreux 6:12, Apoc.3:12).

8 Et il dit : Prenez garde que vous ne soyez séduits ; car plusieurs viendront en mon nom, disant : C'est moi, et le temps est proche ; n'allez point après eux. 9 Et quand vous entendrez parler de guerres et de séditions, ne vous épouvantez pas ; car il faut que ces choses arrivent premièrement ; mais la fin ne sera pas tout aussitôt. 10 Alors il leur dit : Nation s'élèvera contre nation, et royaume contre royaume ; 11 et il y aura de grands tremblements de terre en divers lieux, et des famines, et des pestes ; et il y aura des sujets d'épouvantement et de grands signes du ciel.

  • De quelle fin le Seigneur parle-t-il en disant qu’elle ne viendra pas dans un avenir proche pour eux ? Luc 21:24, Apocalypse 12:10.
  • Que penser des faux prophètes qui s’insinuent parmi les hommes, et même parmi les croyants, pour leur annoncer une date ou une autre relative au retour du Christ pour entrer dans son règne ? Marc 13:32, Luc 12:46.
C’est ici, manifestement, le cadre le plus vaste de l’histoire des hommes ; des guerres entre les nations, et cela en dépit des espoirs de tous et des efforts de quelques uns pour que puisse être oubliée la tristesse de ce tableau. Les désolations provoquées par les hommes ajoutées aux désastres naturels et l’épouvante qu’ils suscitent, sont autant d’opportunités pour de faux prophètes annoncer la fin afin de s’attirer des disciples et les asservir selon leur convoitise, "et ils montreront des signes et des prodiges, pour séduire, si possible, même les élus" (Marc 13:22).
 
Mais, bien avant la "fin du temps des nations" (Luc 21:24), et dès le Seigneur parti, les disciples connaîtront eux-mêmes la haine dont il a été lui-même l’objet, souffrant de la part de leurs frères Juifs une opposition implacable et même des persécutions, comme nous pouvons le lire : "Or en ce temps-là, il y eut une grande persécution contre l'assemblée qui était à Jérusalem ; et tous furent dispersés dans les contrées de la Judée et de la Samarie, excepté les apôtres" (Actes 8:1). Et le Seigneur leur montre le chemin à suivre, jour après jour, jusqu’au moment où le temple sera menacé par des armées.

12 Mais, avant toutes ces choses, ils mettront les mains sur vous, et vous persécuteront, vous livrant aux synagogues et vous mettant en prison ; et vous serez menés devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom. 13 Et cela se tournera pour vous en témoignage. 14 Mettez donc dans vos cœurs de ne pas vous préoccuper à l'avance de votre défense, 15 car moi je vous donnerai une bouche et une sagesse, à laquelle tous vos adversaires ne pourront répondre ou résister. 16 Et vous serez aussi livrés par des parents et par des frères, et par des proches et par des amis, et on fera mourir quelques-uns d'entre vous ; 17 et vous serez haïs de tous, à cause de mon nom. 18 Et pas un cheveu de votre tête ne périra. 19 Possédez vos âmes par votre patience.

  • Des persécutions il y en a tous les jours, mais durant quelle période celles-ci fut-elle le fait de responsables d’entre les Juifs ? Voir le verset 20.
  • Connaissant le martyre d’Etienne, comment comprendre l’affirmation que "nul cheveu de votre tête ne périra" ? Comparer les versets 16 et 18, et examiner le sens du verset 19 et de Luc 12:7 ; voir aussi Marc 8:36.
  • Devaient-ils être spécialement préparés pour assurer leur défense ? Voyons le remarquable discours prononcé par Etienne, le premier martyr chrétien (Actes 7).
Après la croix, les chefs religieux ne purent être satisfaits, car après la mort et la résurrection du Seigneur, dès la fête de Pentecôte, ce seront des milliers de Juifs qui se tournent vers le Messie (Actes 2:1,41). Leur colère devint telle que des hommes furent même dépêchés à l’étranger pour tenter de casser ce mouvement en emprisonnant des chrétiens (Actes 9:2). Mais le Seigneur veillera sur ses brebis, et rien ne pourra leur arriver sans qu’il l’ait permis ; et les martyrs furent un réel ensemencement, la parole de Dieu se répandant toujours davantage. Et lorsqu’ils eurent à fuir, la parole se répandit par leur moyen dans le monde romain, d’abord parmi les Juifs de la diaspora ; "Ceux donc qui avaient été dispersés par la tribulation qui arriva à l'occasion d'Étienne, passèrent jusqu'en Phénicie, et à Chypre, et à Antioche, n'annonçant la parole à personne, si ce n'est à des Juifs seulement." (Actes 11:19).

 

 
 
 
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12:00 Publié dans EVANGILE SELON LUC, Luc 21 à 24 | Commentaires (0) | Eric

Luc 21:20 Sur les temps à venir (2/2)


 

La destruction du temple – 21:20-24
Mat.24:8-22, Marc 13:9-20.

Tandis que les assemblées croîtront en nombre, la vie, en Palestine, continuera comme par le passé, les uns supportant l’occupant, d’autres se rebellant. Et c’est une révolte particulièrement bien organisée qui conduira à l’événement dont parle alors le Seigneur à ses disciples en réponse à la question touchant la destruction du temple, lorsqu’il leur dit : "les jours viendront où il ne sera laissé pierre sur pierre qui ne soit jetée à bas" (Luc 21:6).

20 Et quand vous verrez Jérusalem environnée d'armées, sachez alors que sa désolation est proche. 21 Alors, que ceux qui sont en Judée s'enfuient dans les montagnes ; et que ceux qui sont au milieu de Jérusalem s'en retirent ; et que ceux qui sont dans les campagnes n'entrent pas en elle. 22 Car ce sont là des jours de vengeance ; afin que toutes les choses qui sont écrites soient accomplies. 23 Mais quel malheur pour celles qui sont enceintes et à celles qui allaitent en ces jours-là ! car il y aura une grande détresse sur le pays, et de la colère contre ce peuple. 24 Et ils tomberont sous le tranchant de l'épée, et seront menés captifs parmi toutes les nations ; et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis.

  • A quel signe devaient être particulièrement attentifs les croyants dans ce temps des commencements ? Pourquoi un tel désastre pour la nation juive ?
  • Après la destruction du temple, que devait-il en être de la ville de Jérusalem ? Et jusqu’à quand ? Que signifie cette expression : "le temps des nations" ?
Comme nous le lisons, le temple devait être détruit, anéanti. Les disciples devront comprendre le désastre à la vue des armées qui entoureront la ville et fuir sans espoir de retour. Luc écrit ici pour un homme des nations, il parle alors des armées qui se prépareront à investir Jérusalem ; Matthieu et Marc, évoquant les mêmes faits parlent de "l’abomination qui apporte la désolation" (Matthieu 24:15 et Marc 13:14), mettant en évidence le caractère profanateur de la destruction du temple par les armées romaines, car la présence d’étrangers au temple était une réelle profanation (Actes 21:28), et que dire de la désolation lorsque le temple allait partir en fumées ! C’est le pire désastre que devait connaître Israël. A l’approche des armées, comment les disciples devront-ils réagir ? Nous pouvons bien penser que plusieurs seraient enclins à croire en une délivrance miraculeuse, vu le caractère sacré de la ville à leurs yeux. Mais ils sont ainsi avertis, et devront être prêts à quitter la ville, ou ne point y retourner ; et cette fuite précipitée sera une embûche pour les futures mères comme pour celles qui auront des nourrissons, car leur fuite n’en sera que plus difficile.
C’est la révolte de l’an 66 à Jérusalem qui conduisit à cet événement tragique. Poussés par le fils du grand-prêtre et malgré une intervention en vue de la paix menée par Agrippa II et Bérénice (Actes 25:13), les révoltés s’emparèrent de la forteresse de Massada sur la Mer Morte pour en faire une base d’opérations armées. Le mouvement s’étendit rapidement à toute la Palestine et, menée par les Zélotes, prit rapidement une allure insurrectionnelle. Une armée romaine dirigée par Vespasien fut alors menée en Palestine. En août 70, la ville de Jérusalem fut investie et le temple entièrement brûlé. L’année suivante, Titus monte triomphant à Rome laissant au nouveau gouverneur le soin de réduire les poches de résistance. En 73 la forteresse de Massada est assiégée et prise en avril 74 après que les Sicaires, les plus absolus des Zélotes, s’y suicidèrent plutôt que de se rendre. Sept années, une "semaine d’années" de durs combats, et au milieu de la période le temple brulé, et avec cela "la cessation du sacrifice et de l'offrande" (Daniel 9:27).
Le Seigneur déclare à ses disciples qu’il n’y aura, après cette destruction, plus de véritable rétablissement de Jérusalem comme ville exclusivement juive, précisant qu’elle sera "foulée aux pieds par les nations" jusqu’à la fin du "temps des nations."

 
Lorsque les temps des nations seront accomplis – 21:25-36
Mat.24:29-35, Marc 13:24-31.

"Jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis" (Luc 21:24). Cette fin du temps des nations n’est pas encore, mais qu’arrivera-t-il alors, quelles en seront les prémices ? Nous avons lu plus haut : "Quand vous entendrez parler de guerres et de séditions, ne vous épouvantez pas ; car il faut que ces choses arrivent premièrement ; mais la fin ne sera pas tout aussitôt" (verset 9). Et le Seigneur poursuivit en parlant de la fin, annonçant "des sujets d’épouvantement et de grands signes du ciel" (versets 10-11). Il y revient maintenant.

25 Et il y aura des signes dans le soleil et la lune et les étoiles, et sur la terre une angoisse des nations en perplexité devant le grand bruit de la mer et des flots, 26 les hommes rendant l'âme de peur et à cause de l'attente des choses qui viennent sur la terre habitée, car les puissances des cieux seront ébranlées. 27 Et alors on verra le fils de l'homme venant sur une nuée avec puissance et une grande gloire. 28 Et quand ces choses commenceront à arriver, regardez en haut, et levez vos têtes, parce que votre rédemption approche.
 
29 Et il leur dit une parabole : Voyez le figuier et tous les arbres : 30 quand ils ont déjà commencé à pousser, vous connaissez par vous-mêmes, en les voyant, que l'été est déjà proche. 31 De même aussi vous, quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le royaume de Dieu est proche. 32 En vérité, je vous dis que cette génération ne passera point que tout ne soit arrivé. 33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
 
34 Et prenez garde à vous-mêmes, de peur que vos cœurs ne soient appesantis par la gourmandise et l'ivrognerie, et par les soucis de la vie, et que ce jour-là ne vous surprenne inopinément ; 35 car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre. 36 Veillez donc, priant en tout temps, afin que vous soyez estimés dignes d'échapper à toutes ces choses qui doivent arriver, et de vous tenir devant le fils de l'homme.

  • Pensons-nous que la vie puisse se poursuivre sur la terre indéfiniment, sans un arrêt, un certain jour, pour que vienne, après le "temps des nations" dans lequel nous sommes, "le salut et la puissance et le royaume de notre Dieu et le pouvoir de son Christ" (Apocalypse 12:10) ?
  • Que représentent ici le soleil, la lune et les étoiles ? Voyons l’oracle touchant Babylone, son chef tel un astre tombant des cieux (Ésaïe 13:1-16 et encore 14:12). Voyons aussi Joël 2:10 et 3:15, Aggée 2:6-7, Apocalypse 6:12-17.
  • Quelle attitude devrait manifester le croyant face à cette perspective sérieuse et grave, mais heureuse pour lui ?
La fin du "temps des nations" sera aussi la fin des abus de leurs dirigeants ; les puissants, les gouvernants, ceux qui ont autorité, tout ce qui brille sur la terre comme le soleil, la lune, les étoiles, seront ébranlés comme nous pouvons le voir tant dans les pages des prophètes qu’au livre de l’Apocalypse. . La Parole de Dieu doit être accomplie, pour que brille la grâce et l’autorité de Dieu après que les hommes aient été mis à l’épreuve, "car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds ; le dernier ennemi qui sera aboli, c'est la mort" (1 Corinthiens 15:25-26).
 
Une question reste en suspens. Les croyants sont appelés à discerner les temps, mais traverseront-ils sur la terre ce temps de jugement annoncé ? L’écriture y répond par la plume de l’apôtre Paul (2 Thes.4:15-17, 1 Cor.15:51-52). Des hommes annoncent des dates, ce sont de faux prophètes, car il n’est donné aucune indication de jour ou d’heure (Marc 13:32), tandis que d’autres disent que les jours tardent et mettent en doute la possibilité même d’une fin au cours du temps (Luc 12:45, 2 Pierre 3:9). Lorsque nous voyons que le don de la promesse touchant "toutes les familles de la terre" (Genèse 12:3), nous comprenons que le temps n’est rien pour le Créateur ! Seul compte son propos, remplir le ciel de rachetés, ainsi qu’il est écrit : "il est patient envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance" (2 Pierre 3:9).
 
Alors, en conclusion, le Seigneur enjoint aux siens, ceux d’alors et tous ceux qui suivraient, à être de ceux qui veillent, qui ne se laissent pas étouffer par "la gourmandise et l’ivrognerie", la faim et la soif de ce que ce monde peut leur offrir et qui leur ferait perdre de vue les perspectives radieuses qu’il a ouvertes pour tout homme. Car qu’en sera-t-il pour un homme lorsqu’il se trouvera devant Celui qui a tout donné pour qu’il puisse entrer dans la sphère de paix préparée pour lui ? Soulignons cette exhortation finale : "Veillez donc, priant en tout temps, afin que vous soyez estimés dignes d’échapper à toutes ces choses qui doivent arriver, et de vous tenir devant le fils de l’homme."

 

 
 
 
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11:00 Publié dans EVANGILE SELON LUC, Luc 21 à 24 | Commentaires (0) | Eric

Luc 21:37 Complots et trahison


 

Du complot à l'arrestation
Luc 21:37-2238

La "fête des pains sans levain" apporchaint, et celle-ci commence, dans chaque maison des Israélites, par le repas pascal, évocation de la sortie d’Égypte, au cours duquel était consommé un agneau avec des pains sans levain et des herbes amères. Dès ce repas, et pendant sept jours, les Israélites ne consomment que des pains sans levain, dans le souvenir de la délivrance (Lévitique 23:5-8).
 
Le rapas pascal se célèbre au soir du quatorzième jour du mois de Nissan, premier mois de l’année religieuse. Cette année-là, ce jour était le cinquième de la semaine, une journée que le Seigneur passa au temple, parlant aux Juifs venus pour l’entendre. Jean relate cette journée au temple, montrant que bien les Juifs présents s’étonnèrent des paroles de Jésus lorsqu’il dit des paroles étranges, si bouleversantes que beaucoup ne voulurent pas les recevoir. Jésus parlait ouvertement de sa mort, et pour bien des Juifs, il était difficile d’entendre que le Messie puisse mourir, car ils ne voyaient que le Roi, successeur de David, ne discernant pas les paroles des prophètes qui parlaient de l’œuvre de la rédemption (Ésaïe 53…), mais plusieurs reçurent cette parole, et même parmi les chefs religieux (Jean 12:27-50, Ésaïe 6:9-10).

 
Complot et trahison – 21:37-22:6
Mat.26:1-5, Marc 14:1-2, 10-11.

Luc rappelle seulement cette première moitié de la semaine, mettant en contraste les journées du Seigneur au temple avec la terrible détermination de Judas après legeste étonnant de Marie de Béthanie, un geste de reconnaissance exceptionnel qui fit dire au Seigneur "Permets-lui d'avoir gardé ceci pour le jour de ma sépulture" (Jean 12:7).

37 Et il passait les jours dans le temple à enseigner ; et les nuits il sortait et demeurait dans la montagne qui est appelée des Oliviers. 38 Et tout le peuple, dès le point du jour, venait à lui dans le temple, pour l'entendre.

Cinq jours durant, depuis l’entrée glorieuse de Jésus jusqu’à la préparation de la Pâque, au cinquième jour, Jésus était là dès l’aube, et tout un peuple pour le voir et boire ses paroles… Nous pouvons comprendre la colère grandissante de ceux qui ne voulaient pas entendre … Ils tenaient conseil pour faire mourir Jésus.

22  1 Or la fête des pains sans levain, qui est appelée la Pâque, approchait. 2 Et les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient comment ils pourraient le faire mourir ; car ils craignaient le peuple.
 
3 Et Satan entra dans Judas, surnommé Iscariote, qui était du nombre des douze ; 4 et il s'en alla et parla avec les principaux sacrificateurs et les capitaines sur la manière dont il le leur livrerait. 5 Et ils se réjouirent, et convinrent de lui donner de l'argent. 6 Et il s'engagea ; et il cherchait une bonne occasion pour le leur livrer sans que la foule y fût.

  • A quelle occasion Judas commença-t-il à envisager une telle trahison ? Jean 12:1-6.
  • En quoi Judas, présentant la manière dont il envisageait de leur livrer Jésus, leur apporte-t-il une grande aide ?
L’engagement du Judas eût lieu au cours de la semaine, le troisième ou le quatrième jour, pendant que des foules allaient à Jésus pour l’entendre, pour goûter ses paroles de grâce et de vérité. Un acte odieux dont il assume véritablement la responsabilité, mais qui ne fait qu’entrer dans l’accomplissement annoncé par les prophètes. Luc ne donne pas ces précisions au destinataire de son écrit, mais nous lisons par ailleurs le prix convenu, lequel nous conduit directement à l’annonce prophétique : "Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel j'ai été estimé par eux. Et je pris les trente pièces d'argent, et je les jetai au potier, dans la maison de l'Éternel" (Zacharie 11:13, Matthieu 27:9).

 

 
 
 
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10:00 Publié dans EVANGILE SELON LUC, Luc 21 à 24 | Commentaires (0) | Eric

Luc 22:7 Le repas pascal


 

Le repas pascal et l'institution de la Cène – 21:7-20
Mat.26:17-19.

Suivent alors ces dernières heures du Seigneur avec ses disciples, le soir avant la Passion. Le repas de la pâque fut le dernier que prirent les disciples avec Jésus avant la Passion, une scène solennellle entre toutes, marquée de gestes saisissants comme le lavage des pieds des disciples par Jésus, Judas étant présent (Jean 13:5), l’envoi de celui-ci qu’il accomplisse ce qu’il s’était proposé (Jean 13:27) et l’institution du repas de mémorial célébrant la mort de Jésus. Le Seigneur prépare ses disciples à ce qu’ils vont vivre et assumer dès son départ.
 
Comme il en était de l’ânon prêt pour l’entrée de Jésus à Jérusalem, une grande chambre était prête, à Jérusalem, pour que le Seigneur puisse y célébrer le repas pascal avec ses disciples. Le Seigneur se trouve hors de la ville et envoie Pierre et Jean. Une grande chambre garnie est mise à la disposition du Seigneur et des disciples, et alors commença cette "nuit que le Seigneur fut livré" (1 Cor.11:23), le commencement du sixième jour, celui de la Passion.

7 Et le jour des pains sans levain, dans lequel il fallait sacrifier la pâque, arriva. 8 Et il envoya Pierre et Jean, disant : Allez, et apprêtez-nous la pâque, afin que nous la mangions. 9 Et ils lui dirent : Où veux-tu que nous l'apprêtions ? 10 Et il leur dit : Voici, quand vous entrerez dans la ville, un homme portant une cruche d'eau viendra à votre rencontre ; suivez-le dans la maison où il entrera. 11 Et vous direz au maître de la maison : Le maître te dit : Où est le logis où je mangerai la pâque avec mes disciples ? 12 Et lui vous montrera une grande chambre garnie ; apprêtez là la pâque. 13 Et s'en étant allés, ils trouvèrent tout comme il leur avait dit ; et ils apprêtèrent la pâque.

  • Pourquoi fallait-il que les disciples soient dirigés de telle façon pour se rendre dans cette maison ? Pas un nom n’est donné, pas même la mention d’une rue.
Qui pourrait répondre avec assurance à une telle question ? Ce que la scène met en évidence est que Jésus conduit toutes choses, et même il donne un signe particulier aux disciples, un homme portant une cruche d’eau, tâche d’ordinaire réservée aux femmes. Nous voyons aussi la confiance des disciples en la parole de Jésus, et ce fait remarquable qu’un homme dont le nom n’est pas même cité tenait pour le Seigneur cette chambre garnie.
 
Contrairement à Jean, Luc ne relate pas le déroulement du repas, et de fait il n’était présent, mais tourne nos regards sur l’importance qu’il revêt pour le Seigneur, lorqu’il déclare : "J’ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre". Mais il prend soin de distinguer le repas lui-même, qui se termine par la coupe bue par tous autour de la table, avant d’instituer un autre repas, fait d’un seul pain partagé entre tous et d’une coupe qui passe aussi de main en main, un geste simple de mémorial.

14 Et quand l'heure fut venue, il se mit à table, et les douze apôtres avec lui. 15 Et il leur dit : J'ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre ; 16 car je vous dis que je n'en mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. 17 Et ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : Prenez ceci et le distribuez entre vous, 18 car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu. 19 Puis il prit du pain; après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. 20 Il fit de même avec la coupe, après le souper, en disant : Cette coupe est la alliance nouvelle en mon sang, qui est répandu pour vous.

  • Nous pouvons nous arrêter sur cette parole du Seigneur disant combien il a désiré ardemment prendre ce repas avec ses disciples. Que représentait-il pour Lui ?
  • Remarquons la coupe à laquelle chacun participe, signalant la fin du repas pascal, avant l’institution de la cène.
  • Quel est le caractère essentiel de la cène ? Un sacrifice, une offrande ou simplement un "signe" exprimant le souvenir de l’œuvre de l’œuvre de la rédemption ?
  • Les disciples pratiquèrent-ils ce repas de mémorial ? Quel nom lui donnèrent-ils ? Et en quelle journée le pratiquèrent-ils ? 1 Cor.11:16,20-26, Act.20:7.
Lorsqu’une première coupe est présentée au Seigneur, il n’y a pas d’étonnement ce qui dénote une coutume bien établie, la dernière coupe exprimant un signe de communion et d’espérance. Le Seigneur, en les invitant à se la passer l’un à l’autre, évoque le royaume à venir, non pas celui qui est appelé "royaume des cieux" par Matthieu (Mat.3:2), le rétablissement du royaume d’Israël par le "Fils de David", le "royaume de notre Dieu et au pouvoir de son Christ" (Apoc.12:10) dont le Seigneur avait parlé la veille, lorsqu’il paraîtra en gloire, mettant ainsi fin au "temps des nations" (Luc 21:24).
 
Ce geste étant posé, il n’y a plus de coupe présentée à Jésus, car c’est le Seigneur qui prend l’initiavive, prenant un pain, et invitant les disciples à en prendre une part, avant de leur présenter la coupe. Il institue ainsi le repas du mémorial, la Cène. Et il leur dit "Ceci est mon corps" et ensuite "Ceci est mon sang". Il est bon de remarquer la simplicité du geste. Paul ayant été dans la nécessité d’en écrire aux Corinthiens (1 Cor.11:16,20-26) confirme cette sobriété du geste et des paroles, montrant ainsi comment était reçu et mis en pratique le repas du mémorial de la mort de Jésus, ce dont les Actes des apôtres rendent aussi témoignage, lorsqu’il est écrit : "Et le premier jour de la semaine, lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain…" (Actes 20:7). Et Paul atteste que prendre part à la Cène, c’est bien prendre une portion du pain qui passe de l’un à l’autre, excluant toute idée particulière, lorsqu’il affirme : "Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne" (1 Cor.11:26). Lorsque le Seigneur est au milieu de ses disciples, et qu’il dit "Ceci est mon corps, mon sang", nul ne pouvait se méprendre, il y avait là, devant eux, d’un côté Jésus en personne et de l’autre ce qui allait être le symbole de son corps dans lequel il allait souffrir, et le symbole de sa vie donnée pour prix de notre rédemtion, le prix de l’alliance nouvelle, car "le sang c’est la vie" (Genèse 9:4). "Christ étant venu… est entré une fois pour toutes dans les lieux saints avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle" (Hébreux 9:11-12).

 

 
 
 
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Luc 22:21 Enseignements lors du repas pascal


 

Enseignements lors du repas – 22:21-38
Mat.26:21-35, Marc 14:18-31, Jean 13:37-38.

Luc rassemble ici quelques unes des paroles communiquée par le Seigneur au cours du repas et par la suite, tant dans la chambre à Jérusalem qu’en chemin, alors que le petit groupe se rendait au Jardin des Oliviers. Au cours du repas, sans doute assez tôt dans la soirée, le Seigneur parle de celui qui se prépare à le livrer et qui était à table (Mat.26:21-25, Marc 14:18-21, Jean 13:25-30).

21 Pourtant, celui qui me livre est à cette table, avec moi. 22 Et le fils de l'homme s'en va bien, selon ce qui est déterminé ; mais quel malheur pour cet homme par qui il est livré ! 23 Et ils se mirent à s'entre-demander l'un à l'autre, qui donc serait celui d'entre eux qui allait faire cela.

  • Arrêtons-nous sur le malaise produit par cette parole. Mat.26:20-22, Marc 14:18-21.
Judas étant parti, la conversation se poursuit, ponctuée d’une question qui pourtant avait déjà trouvé sa réponse, signe d’une difficulté de comprendre l’enseignement touchant le royaume.

24 Et il arriva aussi une contestation entre eux pour savoir lequel d'entre eux serait estimé le plus grand. 25 Et il leur dit : Les rois des nations les dominent, et ceux qui exercent l'autorité sur elles sont appelés bienfaiteurs ; 26 mais il n'en sera pas ainsi de vous ; mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui conduit comme celui qui sert. 27 Car lequel est le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N'est-ce pas celui qui est à table ? Or moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.
 
28 Mais vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations. 29 Et moi, je vous confère un royaume comme mon Père m'en a conféré un, 30 afin que vous mangiez et que vous buviez à ma table dans mon royaume ; et que vous soyez assis sur des trônes, jugeant les douze tribus d'Israël.

  • Que penser de cette préoccupation des disciples touchant leur place respective dans le royaume ? Luc 9:46, Mat.18:1, 20:20-28, Marc 9:35, 10:35-45.
  • Qui s’occupe de l’avenir des croyants, de leur réception dans la présence de Dieu ? Matthieu 19:28, Luc 12:37.
Nous sommes devant un contraste extrême, d’une part les apôtres en soucis de quelque honneur, et remis à leur place dès la scène du lavage des pieds que le Seigneur assuma lui-même, et d’autre part la perspective des honneurs insignes dont il parle à leur intention. L’homme est remis à sa juste place, ayant pour modèle celui qui est venu pour servir, pour prendre une position d’humilité en ce monde, avant d’être élevé dans la gloire. Nous lisons ici la vanité des hommes mise à sa juste place, pour que le croyant se concentre sur sa propre vie, son service, sans se préoccuper de l’avenir, lequel est entre les mains de Celui qui apporte la bénédiction.
 
Luc poursuit ce que nous pourrions appeler son choix de textes parmi les paroles du Seigneur en cette soirée, avant qu’il fut livré, pour souligner encore plus combien les apôtres, et par là tous les hommes, ont à se préoccuper de leur propre vie, de leurs gestes et de leurs paroles, laissant l’avenir à Dieu. Il dit à Simon Pierre ce qui va lui arriver, la faiblesse qu’il va manifester.

31 Et le Seigneur dit : Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé ; 32 mais moi, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères. 33 Et il lui dit : Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort. 34 Et il dit : Pierre, je te dis : le coq ne chantera point aujourd'hui, que premièrement tu n'aies nié trois fois de me connaître.

  • Quelle sera la consolation de Pierre lorsqu’il réalisera avoir nié connaître le Seigneur ?
  • Quels actes posera le Seigneur pour restaurer pleinement la confiance de Pierre, lui donner la force de poursuivre le chemin, et lui-même fortifier ses frères alors qu’il a lui-même manqué de force ? 1 Cor.15:5, Jean 21:15-19.
L’affection de Pierre pour le Seigneur n’est pas peu de chose. Même lorsqu’il se trouvera en défaut dans la maison du grand prêtre, niant connaître Jésus, un seul de ses regards le plongera dans une immense désolation. Après la résurrection, il sera prompt à aller au sépulcre. Mais déjà, il aura retenu que le Seigneur a prié pour lui. Et cette parole n’est pas sans parler à tout croyant. Si Pierre a eu un rôle si important et l’a assumé, c’est après qu’a été manifestée sa grande faiblesse ; ainsi ce qu’il a traversé doit donner de la force à quiconque désire marcher dans le chemin du Seigneur, avec foi et malgré ses propres limites et ses propres échecs.
 
Pierre entend cette injonction qui lui est adressée personnellement : "quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères". Et de fait nous pouvons voir la continuation de cet encouragement lorsque, après la résurrection, le Seigneur lui dira par trois fois  "Pais mes brebis" (Jean 21:17). Et de fait, ils auront besoin de forces, car sans sa présence auprès d’eux, la vie sera bien plus rude et parsemée de dangers, d’opposition, de persécutions.

35 Et il leur dit : Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac et sans sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? Et ils dirent : De rien. 36 Il leur dit donc : Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, et de même celui qui a un sac, et que celui qui n'a pas d'épée vende son vêtement et achète une épée. 37 Car je vous dis, qu'il faut encore que ceci qui est écrit, soit accompli en moi : «Et il a été compté parmi les iniques» [Ésaïe 53:12]. Car aussi les choses qui me concernent vont avoir leur fin. 38 Et ils dirent : Seigneur, voici ici deux épées. Et il leur dit : C'est assez.

  • Rappelons-nous des conditions dans lesquelles ils accomplirent leurs premières missions pour le Seigneur. Luc 9:3, 10:4.
  • Pourquoi le Seigneur parle-t-il de ce qu’il allait lui-même subir pour les engager à se munir d’argent, d’un sac et d’une épée ?
  • Que signifie ici le Seigneur en disant "C’est assez" ?
Il paraît bien clair que les disciples connaîtraient des temps difficiles, et d’ailleurs il leur en avait déjà parlé, leur disant : "Mais, avant toutes ces choses, ils mettront les mains sur vous, et vous persécuteront, vous livrant aux synagogues et vous mettant en prison ; et vous serez menés devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom" (Luc 21:12). Aussi faudra-t-il qu’ils soient armés de toute leur force morale pour tenir ferme dans l’adversité. Un manteau, une couverture, ne leur suffira pas. Proclamer son attachement ne les gardera pas s’ils n’ont pas la foi active, positive, nourrie par l’Esprit de Dieu, ce que l’apôtre explicitera en disant : "Prenez aussi le casque du salut, et l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu" (Éph.6:17).
 
C’est ce cette épée que parlait le Seigneur, soulignant une heure plus tard à Pierre : "Remets ton épée en son lieu ; car tous ceux qui auront pris l'épée périront par l'épée" (Matthieu 26:52). Mais les disciples sont enclins à prendre les choses au pied de la lettre, ayant eu un instant cette idée que le Seigneur parlait d’outils comme ceux qu’ils portaient à la ceinture. Alors Jésus coupe la conversation par cette parole : "C’est assez !"

 

 
 
 
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Luc 22:39 Le jardin de Gethsémané


 

LA PASSION DU CHRIST
Luc 22:39 - 23:56

La Passion du Christ ! Un chemin de souffrance qui dura une vingtaine d’heures, depuis l’acceptation, au Jardin de Gethsémané, jusqu’à l’entrée de Jésus dans la mort, cette mort dont il est écrit "qu’il est venu pour l’accomplir" (Luc 9:31).
 
Le Seigneur venait de commémorer ce jour mémorable où le sang de l’agneau de la pâque fût porté par les Israélites sur le linteau et les poteaux de la porte de leur habitation en Égypte, et où ils mangèrent l’agneau rôti à la hâte, prêts à quitter pour toujours la terre de leur esclavage. Un jour de délivrance. Et ce sang là, expression d’une vie donnée en substitution de leur propre vie, était bien l’annonce du sacrifice plus grand et plus précieux (Hébreux 13:12, 1 Pierre 1:19-20). Dieu s’est pourvu de l’agneau pour l’holocauste (Genèse 22:8) dès avant la fondation du monde. Et ceci a été manifesté au temps assigné par Dieu lui-même.

 
Arrestation et nuit d’humiliation
Luc 22:39-65

Une nuit profondément affligeante où brille, seul, Celui qui connaît l’humiliation la plus profonde ! Il reçoit la coupe de jugement des mains de Dieu avant de se laisser saisir par les envoyés du grand prêtre, et dès ce moment, jusqu’à la croix, il sera traité comme un malfaiteur. Durant cette nuit, le Seigneur est face au mépris profond des chefs religieux présents et au traitement abject de leurs subalternes ; ils préparent sa condamnation par le sanhédrin ; les membres de ce tribunal religieux sont déjà présents, mais selon leur loi, la condamnation ne pourra être prononcée avant que le jour ne soit levé (Marc 15:1).

 
Au jardin de Gethsémané – 22:39-46
Mat.26:36-46, Marc 14:32-42.

Deux thèmes nous interpellent. Le premier, essentiel, est la présentation par le Père de la coupe de souffrance, selon que nous pouvons lire : "Mais il plut à l'Éternel de le meurtrir ; il l'a soumis à la souffrance. S'il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une semence…" (Ésaïe 53:10). C’est ici l’engagement absolu du Fils de Dieu dans l’œuvre pour laquelle Il est venu sur cette terre. Le second point concerne les disciples qui, avertis qu’ils allaient se trouver séparés de Lui, ne pouvaient accepter qu’il en soit ainsi, ne pouvant le comprendre. Pourtant cela était près d’arriver…

39 Et sortant, il s'en alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. 40 Et quand il fut en ce lieu-là, il leur dit : Priez que vous n'entriez pas en tentation. 41 Et il s'éloigna d'eux lui-même environ d'un jet de pierre, et s'étant mis à genoux, il priait, 42 disant : Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite. 43 Et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant. 44 Et étant dans l'angoisse du combat, il priait plus instamment ; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre. 45 Et s'étant levé de sa prière, il vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse ; 46 et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous, et priez afin que vous n'entriez pas en tentation.

  • Dans sa prière trois fois exprimée, que dit le Seigneur ? Comment comprendre la volonté du Père, et aussi la soumission de Jésus à cette volonté ? Genèse 22:8, Ésaïe 53:10, Hébr.2:10, Psaume 40:8.
  • Que représente cette coupe dont le Seigneur parle dans sa supplication ?
  • Qu’indique Luc, le médecin, touchant les signes de la douleur intense de Jésus, et concernant la difficulté des disciples de rester éveillé ? Luc 2:44-45.
  • Pouvons-nous être étonnés de ce que le Seigneur exprime ici l’approche imminente de Judas et de ceux qui l’accompagnaient ? Luc 9:32.
Ainsi l’heure, cette heure connue du Seigneur, est venue. Un mystère est près d’être révélé, à savoir comment Dieu, saint et juste, pourra résoudre l’énigme prononcée par les prophètes : c’est dans le respect de sa sainteté et de sa justice qui les fautes des hommes peuvent être effacées (Ésaïe 1:18, Michée 7:9). Celui dont Dieu s’est pourvu avant que l’homme ait été créé (1 Pier.1:19-20), celui qui est annoncé par Abraham (Genèse 22:8) et évoqué par tous les sacrifices offerts (Hébr.10:4,8), a reçu la coupe du jugement (Ésaïe 53:5).
 
"Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite." Le Seigneur est seul face à son Père. La vue du jugement pour nos péchés est seule devant Lui ! Ces heures où, ayant pris sur Lui nos fautes, il connaît le jugement, comme nous pouvons le lire au livre des psaumes : "Car des maux sans nombre m’ont entouré ; mes iniquités m’ont atteint, et je ne puis les regarder ; elles sont plus nombreuses que les cheveux de ma tête…" (Psaume 40:12).

 
L’arrestation de Jésus – 22:47-53
Mat.26:47-56, Marc 14:43-49, Jean 18:3-11.

Qui, pensons-nous détermina le moment pour Judas de passer à l’acte, d’accomplir ce qu’il s’était proposé ? Jésus l’envoie, peu de temps après lui avoir lavé les pieds, lors de la veillée pascale (Jean 13:27). Et Judas connaissait le lieu où le Seigneur s’était retiré ces derniers jours pour passer la nuit, aussi put-il conduire sans hésitation les gens qui l’accompagnaient pour se saisir de Jésus. Voyons le processus proposé par Judas, le "baiser de Judas". Judas s’est approché du Seigneur et l’a baisé pour le faire reconnaître des gens qui l’accompagnaient, et Jésus lui a parlé (Matt.26:50 et Luc 22:48). Ensuite vint la scène touchant le serviteur blessé à l’oreille.

47 Comme il parlait encore, voici une foule, et celui qui avait nom Judas, l'un des douze, les précédait ; et il s'approcha de Jésus, pour le baiser. 48 Et Jésus lui dit : Judas, tu livres le fils de l'homme par un baiser ? 49 Et ceux qui étaient autour de lui, voyant ce qui allait arriver, lui dirent : Seigneur, frapperons-nous de l'épée ? 50 Et l'un d'entre eux frappa l'esclave du souverain sacrificateur et lui emporta l'oreille droite. 51 Mais Jésus, répondant, dit : Laissez faire jusqu'ici ; et lui ayant touché l'oreille, il le guérit.
 
52 Et Jésus dit aux principaux sacrificateurs et aux capitaines du temple et aux anciens qui étaient venus contre lui : Êtes-vous sortis comme contre un brigand avec des épées et des bâtons ? 53 Lorsque j'étais tous les jours avec vous, dans le temple, vous n'avez pas étendu vos mains contre moi ; mais c'est ici votre heure, et le pouvoir des ténèbres.

  • Arrêtons-nous sur les paroles que le Seigneur dit à Jésus. Que durent être les sentiments de Judas ?
  • Comment pouvons-nous comprendre le geste de Pierre ? Mettons ceci en relation avec son attachement au Seigneur, mais aussi la difficulté de comprendre ce qui allait arriver – ce qui devait arriver. Mat.16:21-23, Jean 13:36-38.
  • Que dit le Seigneur à son disciple ? Mat.26:54, Luc 22:51, Jean 18:11.
  • Jésus s’adresse ensuite à ces gens venus le prendre. Que leur dit-il qu’il vient de dire également à Pierre ? Vers.49, Matt.26:54,56.
La fin de cette scène : Jésus est laissé seul avec ces gens. Ils l’avaient entre leurs mains et vont le mener à leurs commanditaires, les principaux chefs religieux. Seul ! Parce que Jésus avait demandé expressément que ceux qui étaient avec lui ne fussent pas inquiétés (Jean 18:8-9), et ceux-ci l’ont laissé seul.

 

 
 
 
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06:00 Publié dans EVANGILE SELON LUC, Luc 21 à 24 | Commentaires (0) | Eric

Luc 22:54 Nuit d'humiliation et jugement inique


 

La nuit au palais du grand prêtre – 22:54-65
Mat.26:57-27:1, Marc 14:53-15:1, Jean 18:13-27.

Avant d’être conduit au grand prêtre du moment, Jésus se trouva devant Hanna, beau-père de Caïphe (Jean 18:13), celui qui avait le réel pouvoir religieux à Jérusalem, mais c’est au grand prêtre d’instruire l’affaire en vue de faire prononcer la condamnation de Jésus. C’est lui, d’ailleurs, qui avait emporté la décision de faire condamner (Jean 11:47-51). Pendant ce temps, Pierre, mû par l’ardeur de son attachement au Seigneur, s’était rendu au palais du Grand Prêtre où, par l’entremise d’un disciple connu en ces lieux, il pût entrer (Jean 18:15-16). Il y fut témoin d’une scène ténébreuse qu’il n’a pu supporter. Le voilà plongé dans une situation pour laquelle les forces ne pouvaient que lui manquer !

54 Et se saisissant de lui, ils l'emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Or Pierre suivait de loin. 55 Et lorsqu'ils eurent allumé un feu au milieu de la cour et qu'ils se furent assis ensemble, Pierre s'assit au milieu d'eux. 56 Et une servante, le voyant assis auprès de la lumière, et l'ayant regardé fixement, dit : Celui-ci aussi était avec lui. 57 Mais il le renia, disant : Femme, je ne le connais pas. 58 Et peu après, un autre le voyant, dit : Et toi, tu es de ces gens-là. Mais Pierre dit : Ô homme, je n'en suis point. 59 Et environ une heure après, un autre affirma, disant : En vérité, celui-ci aussi était avec lui ; car aussi il est Galiléen. 60 Et Pierre dit : Ô homme, je ne sais ce que tu dis. Et à l'instant, comme il parlait encore, le coq chanta. 61 Et le Seigneur, se tournant, regarda Pierre ; et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, comme il lui avait dit : Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. 62 Et Pierre, étant sorti dehors, pleura amèrement.
 
63 Et les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui et le frappaient ; 64 et lui couvrant les yeux, ils l'interrogeaient, disant : Prophétise ; qui est celui qui t'a frappé ? 65 Et ils disaient plusieurs autres choses contre lui, en l'outrageant.

  • Qu’avait dit Caïphe pour emporter l’adhésion de ses collaborateurs à son projet touchant Jésus ? Jean 11:47-51.
  • La solitude du Seigneur devant ses accusateurs était-elle inéluctable ? Jean 16:32, 18:11, Psaume 102
  • Pensons aux diverses circonstances où Pierre va de l’avant, et où le Seigneur, sans reproches, lui a fait comprendre ses limites. Matt.14:28-31, 16:21-23, et Jean 13:37-38.
  • Comment Pierre se trouvera-t-il réconforté, tandis que dès ce moment, jusqu’après la résurrection du Seigneur, il aura du porter cette terrible défaite, cette grande souffrance morale du fait d’avoir ainsi déclaré ne pas connaître le Seigneur ? Luc 24:34 et 1 Cor.15:5.
Nous pouvons mesurer ici combien Pierre était attaché au Seigneur, et aussi combien sa vivacité, son empressement à parler et agir reflètent cet attachement. Mais aussi, il faut s’arrêter sur ce regard du Seigneur vers Pierre (Luc 22:61), et sur les pleurs qui suivirent. Mais pour lui-même, le Seigneur endure tout, ne rendant à personne les outrages qu’il en reçoit. La nuit devait ainsi se passer, Jésus étant entre leurs mains ; car si les membres du Sanhédrin étaient déjà présents, ils ne pouvaient siéger valablement avant le lever du soleil.

 
Comparutions et condamnation
Luc 22:66-23:25

Le procès, si l’on peut utiliser ici ce terme, est ainsi instruit, avec la contribution de faux témoins, le prononcé de paroles arrogantes, la déformation des paroles de celui que l’on voulait faire condamner. Encore que les principaux membres du tribunal religieux soient présents tout au long de la nuit, il fallait encore, dans un scrupule légaliste affirmé, que le jugement, si sommaire qu’il fut, se fit selon les règles. Un décret devait être établi par le Sanhédrin, afin que les chefs du peuple puissent présenter à Pilate un titre d’accusation recevable.

 
Le décret du Sanhédrin – 22:66-71

Dès que le soleil se fût levé, le Sanhédrin se réunit officiellement pour décréter un acte d’accusation. Mais lorsqu’ils siégèrent, après cette attente, les circonstances vont se précipiter ! Au plus tôt il devait être environ six heures du matin, mais trois heures plus tard, le Seigneur sera crucifié…

66 Et quand le jour fut venu, le corps des anciens du peuple, principaux sacrificateurs et scribes, s'assembla ; et ils l'amenèrent dans leur sanhédrin, 67 disant : Si toi, tu es le Christ, dis-le-nous. Et il leur dit : Si je vous le disais, vous ne le croiriez point ; 68 et si je vous interroge, vous ne me répondrez point ou ne me laisserez point aller. 69 Mais désormais le fils de l'homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. 70 Et ils dirent tous : Toi, tu es donc le Fils de Dieu ? Et il leur dit : Vous dites vous-mêmes que je le suis. 71 Et ils dirent : Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes nous l'avons entendu de sa bouche.

  • Comment pouvons-nous apprécier cette attention aux formes et la précipitation à prononcer un jugement sommaire ?
  • Et que fut la suite concernant Judas ? Mat.27:3-10.
  • Quel fut le motif d’accusation retenu par le Sanhédrin, et que fut celui présenté à Pilate ? Luc 22:70, 23:1.
A la réponse du Seigneur, ne niant pas être le fils de l’homme, les principaux ont immédiatement conclus qu’il se disait fils de Dieu. C’était ce qu’ils attendaient, afin de l’accuser de blasphème et justifier ainsi leur jugement. Mais cela pouvait-il émouvoir Pilate ? Alors ils devront aller à lui en altérant le prononcé du jugement pour le travestir en un acte de rébellion à l’autorité romaine. L’esprit des hommes n’est jamais à court de ressources…

 

 
 
 
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05:00 Publié dans EVANGILE SELON LUC, Luc 21 à 24 | Commentaires (0) | Eric

Luc 23:1 De Pilate à Hérode, la condamnation à mort


 

Première comparution devant Pilate – 23:1-7
Mat.27:2,11-14, Marc 15:1-5, Jean 18:28,33-38.

C’est donc avec une forte détermination d’en finir que les chefs du peuple se rendirent chez Pilate. Il leur fallait convaincre le gouverneur de prononcer la peine de mort. Nous pouvons observer le silence de Jésus, la violence des chefs du peuple et la gêne de Pilate qui essaie de diverses manières d’éviter les responsabilités…

23  1 Et se levant tous ensemble, ils le menèrent à Pilate. 2 Et ils se mirent à l'accuser, disant : Nous avons trouvé cet homme pervertissant notre nation et défendant de donner le tribut à César, se disant lui-même être le Christ, un roi. 3 Et Pilate l'interrogea, disant : Toi, tu es le roi des Juifs ? Et répondant, il lui dit : Tu le dis. 4 Et Pilate dit aux principaux sacrificateurs et aux foules : Je ne trouve aucun crime en cet homme. 5 Mais ils insistaient, disant : Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, ayant commencé depuis la Galilée jusqu'ici. 6 Et Pilate, ayant entendu parler de la Galilée, demanda si l'homme était Galiléen. 7 Et ayant appris qu'il était de la juridiction d'Hérode, il le renvoya à Hérode qui, en ces jours-là, était lui-même aussi à Jérusalem.

  • L’accusation portée par les Juifs est-elle la cause de sa comparution devant Pilate ? Comparons avec les scènes précédentes, soit devant Caïphe, durant la nuit, ou au tribunal religieux, le Sanhédrin, au matin ?
  • Pilate est-il sensible à l’accusation portée contre Jésus ?
  • Pourquoi se précipite-t-il à faire conduire Jésus à Hérode ?
Au cœur de ce passage, nous voyons la réponse simple, sobre et forte que fit Jésus à la question de Pilate. Oui, Il est roi, mais aujourd’hui son royaume n’est pas de ce monde (Jean 18:36, Apoc.11:15).

 
Jésus devant Hérode – 23:8-12

Le sinistre cortège se remet en route ! Des gardes de Pilate entourent Jésus et sont suivis des principaux prêtres et de scribes. Que pense à ce moment le petit peuple qui voit ces choses ? Nous n’en savons rien, mais un homme voit une de ses envies satisfaites…

8 Et Hérode, voyant Jésus, se réjouit fort ; car il y avait longtemps qu'il désirait de le voir, parce qu'il avait entendu dire plusieurs choses de lui ; et il espérait voir quelque miracle opéré par lui. 9 Et il l'interrogea longuement ; mais il ne lui répondit rien. 10 Et les principaux sacrificateurs et les scribes se tinrent là, l'accusant avec véhémence. 11 Et Hérode, avec ses troupes, l'ayant traité avec mépris et s'étant moqué de lui, le revêtit d'un vêtement éclatant et le renvoya à Pilate. 12 Et Pilate et Hérode devinrent amis entre eux ce même jour ; car auparavant ils étaient en inimitié l'un avec l'autre.

  • Comment pourrions-nous qualifier l’attitude d’Hérode ? Son vague espoir de voir se produire quelque miracle n’est pas rencontré ! A-t-il quelque désir d’entendre le message de Jésus ?
  • Comment pouvons-nous comprendre la subite amitié qui s’est ainsi nouée entre des deux dirigeants ?
Un long interrogatoire ? Sans aucun doute de nombreuses questions, et une réelle pression tandis que les prêtres et les scribes présents parlaient avec véhémence. Si Hérode pût interpréter le silence de Jésus comme une faiblesse, il agit ici en véritable potentat sans foi ni loi qui méprise le pauvre, l’affligé (Psaume 40:17).

 
Condamnation à mort – 23:13-25
Mat.27:11-26, Marc 15,1-15, Jean 18:39-19:16.

Nouveau déplacement, le Seigneur vêtu de pourpre est reconduit à Pilate. Alors, celui-ci fait d’autres tentatives pour que s’arrête cette vindicte à l’encontre de celui qui n’a rien fait qui justifia une condamnation. Et même la femme de Pilate intervint pour le mettre en garde (Matt.27:19).

13 Et Pilate, ayant assemblé les principaux sacrificateurs, et les chefs, et le peuple, 14 leur dit : Vous m'avez amené cet homme comme détournant le peuple, et voici, l'ayant examiné devant vous, moi je n'ai trouvé aucun crime dans cet homme quant aux choses dont vous l'accusez, 15 ni Hérode non plus, car je vous ai renvoyés à lui ; et voici, rien n'a été fait par lui qui soit digne de mort. 16 L'ayant donc châtié, je le relâcherai. 17 Or il était obligé de leur relâcher quelqu'un à la fête. 18 Et toute la multitude s'écria ensemble, disant : Ôte celui-ci, et relâche-nous Barabbas
 
19 (qui avait été jeté en prison pour une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et pour meurtre). 20 Pilate donc s'adressa de nouveau à eux, désirant relâcher Jésus. 21 Mais ils s'écriaient, disant : Crucifie, crucifie-le ! 22 Et il leur dit pour la troisième fois : Mais quel mal celui-ci a-t-il fait ? Je n'ai rien trouvé en lui qui soit digne de mort ; l'ayant donc châtié, je le relâcherai. 23 Mais ils insistaient à grands cris, demandant qu'il fût crucifié. Et leurs cris et ceux des principaux sacrificateurs eurent le dessus.
 
24 Et Pilate prononça que ce qu'ils demandaient fût fait. 25 Et il relâcha celui qui, pour sédition et pour meurtre, avait été jeté en prison, lequel ils demandaient ; et il livra Jésus à leur volonté.

  • Quelle est la première concession que Pilate fait aux chefs du peuple ? Mais au fond, que veut faire Pilate ?
  • Combien de fois Pilate proposa-t-il de relâcher Jésus ?
  • Pourquoi finit-il par céder à la volonté des représentants du sanhédrin ?
  • Pilate est-il justifié par ce fait, et par le geste qui accompagna sa décision ? Mat.27:24.
  • Les chefs sont-ils représentants du peuple tout entier pour que repose sur quiconque l’opprobre de leur parole audacieuse ? Mat.27:25.
La véhémence s’est amplifiée à un point que Pilate pensait ne pas pouvoir la contrôler ! Et ceux des Juifs qui assistent à la scène crient : "Que son sang soit sur nous et sur nos enfants !" La parole est forte, violente, mais quelle fut la réponse du premier intéressé dans cette scène terrible ? "Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. Et ayant fait le partage de ses vêtements, ils tirèrent au sort" (Luc 23:34).
 
Pilate en a fini, la parole du jugement est prononcée et suit alors la procédure appropriée… Les soldats font leur travail sans aucune compassion, et y ajoutent même le mépris et toutes formes d’audace, d’autant plus qu’ils avaient entendu ces accusations de "roi des Juifs" (Marc 15:2) !

 
Le chemin de Golotha – 23:26-32
Mat.27:27-38, Marc 15:16-23, Jean 19:16-17.

Le grand prêtre est arrivé à ses fins, et en ce jour de fête des Juifs, l’occupant romain conduit un triste un sinistre cortège. Il est encore tôt lorsque le condamné entouré de soldats, "est amené comme un agneau à la boucherie" (Ésaïe 53:7). Au bord du chemin qui mène à Golgotha, se trouvent des habitants de Jérusalem qui voient, médusés, le prophète qu’ils écoutaient encore hier et avant-hier, suivi par Simon de Cyrène qui portait la croix, et encore par deux malfaiteurs condamnés. Une grande multitude était là au bord de la route.

26 Et comme ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon, Cyrénéen, qui venait des champs, et le chargèrent de la croix, pour la porter après Jésus.
 
27 Et une grande multitude du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et le pleuraient, le suivait. 28 Mais Jésus, se tournant vers elles, dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ; 29 car voici, des jours viennent, dans lesquels on dira : Bienheureuses les stériles, et les ventres qui n'ont pas enfanté, et les mamelles qui n'ont pas nourri. 30 Alors ils se mettront à dire aux montagnes : Tombez sur nous ; et aux coteaux : Couvrez-nous ; 31 car s'ils font ces choses au bois vert, que sera-t-il fait au bois sec ?

  • Entendons-nous ici une parole prononcée par le Seigneur ? Pourquoi donc ? Et que savons-nous des pensées du Seigneur à ce moment ? Luc 23:34.
  • Quels sont les sentiments des gens de la ville, considérant le sort infligé à ce prophète grand en paroles et en actes, celui qu’ils allaient écouter au temple ? Luc 23:27.
Le comportement des soldats ne peut en rien nous étonner. S’il y eût des soldats qui se tournèrent vers le Messie (Matt.8:5-13), et s’il y en aura encore (Act.10), le comportement qui nous est décrit est commun, jusqu’à aujourd’hui. Pourrait-il en être autrement ? Mais aux foules qui pleuraient voyant passer ce sinistre cortège, il leur parle d’un avenir que les chefs d’entre les Juifs allaient provoquer eux-mêmes. Non pas une destruction qui fut un jugement explicite du Seigneur, mais une rébellion de quelques uns qui provoquera la destruction de Jérusalem en l’an soixante-dix. Le Seigneur prononce des paroles de compassion envers ceux qui connaîtront de bien grandes souffrances ! Nous sommes bien loin, à cette lecture, des mensonges répétés faisant état d’une foule remplie de haine contre Jésus…

 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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04:00 Publié dans EVANGILE SELON LUC, Luc 21 à 24 | Commentaires (0) | Eric

Luc 23:26 La mort de Jésus


 

Mort et ensevelissement
Luc 23:26-56

Trois croix sont dressées, deux hommes coupables de sédition et de meurtre entourent le Seigneur Jésus. Lui, le Juste, a été mis au rang des malfaiteurs, ce qu’un prophète avait annoncé auparavant, disant : "Il s’est livré lui-même à la mort et a été compté parmi les transgresseurs" (Ésaïe 53:12, Marc 15:28 et Luc 22:37).
 
Trois heures vont s’écouler, au cours desquelles l’humain se manifeste dans ce qu’il peut manifester de plus horrible. Nous avons vu la compassion d’hommes et de femmes exprimées sur le chemin qui menait à Golgotha, nous voyons ici le mépris des uns, la hargne affirmée des responsables, et la douleur ressentie par quelques uns… Et au cœur de cette scène brille la gloire morale du Seigneur ! Trois heures suivront où l’homme n’aura plus de place, et l’Homme Christ Jésus sera celui dont le prophète avait annoncé : "Le châtiment de notre paix est tombé sur lui", lui-même ayant compris qu’il était dans le plan divin de "soumettre à la souffrance" celui qui est "l’Agneau préconnu avant la fondation du monde" (Ésaïe 53:5,10, 1 Pierre 1:19-20 et Genèse 22:8).

 
La crucifixion – 23:33-43
Mat.27:33-44, Marc 15:24-32, Jean 19:18-27.

La croix est dressée. A ce moment le condamné, le Fils de Dieu, dès qu’il fut crucifié prononce cette parole: "Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font." (Luc 23:34). C’est ici la première des sept paroles prononcées à la croix. Elle retentit alors et aujourd’hui encore, étant l’affirmation absolue de la grâce à l’égard de tout homme, quelle que soit sa culpabilité ! Celui qui a été rejeté sans cause, qui a connu la haine pour son amour et la réjection pour ses paroles de bonté, demande qu’il soit ainsi pardonné à tous ceux qui sans cause se sont unis contre lui.

32 Et deux autres aussi, qui étaient des malfaiteurs, furent menés avec lui, pour être mis à mort.
 
33 Et quand ils furent venus au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, et les malfaiteurs, l'un à la droite, l'autre à la gauche. 34 Et Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. Et ayant fait le partage de ses vêtements, ils tirèrent au sort. 35 Et le peuple se tenait là, regardant ; et les gouverneurs aussi se raillaient de lui avec eux, disant : Il a sauvé les autres ; qu'il se sauve lui-même, si lui est le Christ, l'élu de Dieu. 36 Et les soldats aussi se moquaient de lui, s'approchant, et lui présentant du vinaigre, 37 et disant : Si toi, tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. 38 Et il y avait aussi au-dessus de lui un écriteau en lettres grecques, romaines, et hébraïques : Celui-ci est le roi des Juifs.
 
39 Et l'un des malfaiteurs qui étaient pendus l'injuriait, disant : N'es-tu pas le Christ, toi ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. 40 Mais l'autre, répondant, le reprit, disant : Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement ? 41 Et pour nous, nous y sommes justement ; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises : mais celui-ci n'a rien fait qui ne se dût faire. 42 Et il disait à Jésus : Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume. 43 Et Jésus lui dit : En vérité, je te dis : Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis.

  • Comment les chefs du peuple réagirent-t-ils à la mention du titre d’accusation de Jésus ? Jean 19:21.
  • Les chefs du peuple étaient-ils tous d’accord avec ce qui se passait ?
La dureté de cœur de plusieurs est patente. Ils avaient passé des bornes et, étant solidaires, nul ne paraît ici pouvoir se dégager ; ils étaient comme enchaînés les uns aux autres dans une forme de solidarité de la haine. Ceci est commun, et se passe tous les jours ; il se trouve tous les jours des victimes mises dans l’impossibilité de se défendre… Mais ici, nous avons face à de tels personnages l’homme Christ Jésus qui s’est donné lui-même. Les liens, les clous, la cohorte autour de Lui, il pouvait en annihiler la puissance et descendre de la croix. Il aurait eu la capacité de faire taire ceux qui se moquaient disant "Sauve-toi toi-même !".
 
Les deux brigands sont encore pleins de morgue, ils se moquent de Celui qui est au milieu d’eux ! Dernière manifestation de ceux qui vont connaître la mort, mais qui veulent la braver… Mais l’un d’eux s’arrête sur ce chemin, il réalise où il en est et qui est celui qui est là, à côté de lui ! Et le Seigneur répond immédiatement à sa parole de foi : "En vérité je te le dis : aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis". Un encouragement pour tous les hommes écrasés par le poids de leur culpabilité ! Face à la méchanceté sans borne, les gestes d’amour du Seigneur font briller d’un éclat insurpassable "la gloire de la grâce" de Dieu (Eph.1:6).
 
Une telle scène pose pour tout homme une question essentielle : "Pourquoi Jésus demeura-t-il sur la croix ?" Et la réponse que nous donnons nous engage de façon déterminante dans la voie que nous poursuivons dans notre vie…

 
La mort de Jésus – 23:44-49
Mat.27:45-56, Marc 15:33-41, Jean 19:28-30.

Survint ensuite, à midi, lorsque le soleil est au zénith, une nuée telle que le ciel s’obscurcit complètement. Alors, plus en mot, plus un signe, Jésus sur la croix est dans la solitude la plus absolue pendant trois heures. Marc et Matthieu relèvent une parole essentielle prononcée à la croix, le cri de la douleur absolue ! (Matthieu 27:46, Marc 15:34). Pas un mot, pas un souffle d’homme autour de lui durant ces trois heures, mais ce cri prononcé, mais lorsque l’ombre se dissipe, des assistants se sont remis à l’action suivant leurs sentiments peu amènes, mais le temps est court, le fin est bien près de venir. Les uns évoquent Élie, d’un haussement d’épaule, tandis qu’un autre a entendu cette parole prononcée par le Seigneur, disant : "J’ai soif" (Jean 19:28-29) et s’empressa de répondre à l’appel, accomplissant ainsi, sans le savoir lui-même, la parole : "Dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vin aigre" (Psaume 69:21). Suivi alors cette parole : "C’est accompli" (Jean 19.30), avant la dernière parole dans laquelle le Seigneur entre dans la mort, cette mort qui n’avait aucun pouvoir sur lui.

44 Or il était environ la sixième heure ; et il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu'à la neuvième heure ; 45 et le soleil fut obscurci, et le voile du temple se déchira par le milieu. 46 Et Jésus, criant à haute voix, dit : Père ! entre tes mains je remets mon esprit. Et ayant dit cela, il expira.
 
47 Et le centurion, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, disant : En vérité, cet homme était juste. 48 Et toutes les foules qui s'étaient assemblées à ce spectacle, ayant vu les choses qui étaient arrivées, s'en retournaient, frappant leurs poitrines.
 
49 Et tous ceux de sa connaissance, et des femmes qui l'avaient accompagné depuis la Galilée, se tenaient loin, regardant ces choses.

  • Pourquoi ces heures où le fils de l’homme est ainsi isolé des hommes qui l’entourent, et seul devant Dieu ?
  • Quelle réponse pouvons-nous donner à ce cri de l’abandon, de la douleur absolue ? ! Matthieu 27:46, Marc 15:34.
  • Dès que fut prononcé ce cri douloureux, des hommes agissent ! Que penser de leur réaction ?
  • Comment réagirent les personnes qui assistaient à cette terrible scène, et en particulier à la mort si étrange de Jésus ? Il y a le centurion, quelques disciples, mais Luc cite aussi les gens du peuple. Luc 23:48.
Par ces ténèbres, Dieu a séparé son Fils des outrages et des insultes des hommes pour qu’il fût seul, et tout entier à son œuvre. Et ainsi Il était seul devant le "Juge de toute la terre" (Genèse 18:25), portant les péchés du monde et étant traité selon cette charge, sans rien pour détourner le cours de la justice divine – afin que celle-ci soit détournée des hommes. L’horreur de la malédiction pèse sur son âme de toute sa rigueur, dans la conscience de la sainteté divine, ce qu’il anticipa au Jardin de Gethsémané. Les heures de l’abandon, la solitude absolue de Celui qui a connu le châtiment de nos propres fautes fait briller la sainteté de Dieu d’un éclat insoutenable.
 
Les assistants purent entendre encore deux paroles dont le sens profond ne pût que leur échapper, et ils constatèrent ensuite l’entrée de Jésus dans la mort, volontairement, et non vaincu par elle. Les dernières paroles prononcées font état de l’accomplissement d’une œuvre qui s’achève par l’entrée volontaire de Jésus dans la mort. Les évangélistes ont rapporté le grand respect qu’imposa cette scène, relevant la parole du centurion, homme aguerri à ces actes de jugement, mais saisi ici par ce qu’il n’avait jamais vu. Des condamnés exprimant leur douleur, cela il connaissait, et d’aucuns se montrant dignes dans la souffrance, sans doute aussi, mais un tel condamné conduisant manifestement lui-même les circonstances jusqu’à entrer dans la mort après une telle parole, cela est unique !
 
La mort n’avait pas de pouvoir sur l’Homme Christ Jésus, mais il y est entré de lui-même afin d’attester de la victoire sur la mort par sa résurrection.
 
Et le centurion, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, disant : En vérité, cet homme était juste. Les soldats se sont moqués, ont outragé le Seigneur, mais la grandeur de sa mort a marqué le centurion… Et toutes les foules qui s’étaient assemblées à ce spectacle, ayant vu les choses qui étaient arrivées, s’en retournaient, frappant leurs poitrines.

 
L'ensevelissement – 23:50-56
Mat.27:57-61, Marc 15:42-47, Jean 19:38-42.

En cette fin de la journée, la veille du shabbat, vient une scène de toute beauté. Un vrai Israélite, ainsi que le Seigneur avait dit d’un autre (Jean 1:48), un homme sort de l’ombre, qui attendait le royaume de Dieu dont ont abondamment parlé les prophètes. Ce notable se dévoile pour honorer celui qui vient de mourir, accomplissant ce qui avait été annoncé par un prophète : "On lui donna son sépulcre avec les méchants ; mais il a été avec le riche dans sa mort, parce qu'il n'avait fait aucune violence, et qu'il n'y avait pas de fraude dans sa bouche" (Ésaïe 53:9).

50 Et voici un homme nommé Joseph, qui était conseiller, homme de bien et juste 51 qui ne s'était pas joint à leur conseil et à leur action, qui était d'Arimathée, ville des Juifs, et qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu... ; 52 celui-ci, étant venu à Pilate, lui demanda le corps de Jésus. 53 Et l'ayant descendu, il l'enveloppa d'un linceul, et le mit dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait jamais été déposé. 54 Et c'était le jour de la Préparation et le crépuscule du shabbat. 55 Et des femmes qui l'avaient accompagné depuis la Galilée, ayant suivi, regardèrent le sépulcre et comment son corps y avait été déposé. 56 Et s'en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et, le shabbat, elles se tinrent en repos, selon le commandement.

  • Joseph d’Arimathée sort de l’ombre. Ce notable, membre du conseil, s’était-il fait connaître comme disciple avant la crucifixion ? Comment expliquer qu’il se dévoile maintenant ? Fut-il seul à s’avancer ainsi ? Jean 19:38-39.
  • Que savons-nous du sépulcre dans lequel le corps de Jésus fut posé ? Matt.27:60, Marc 15:46, Luc 23:53.
  • Qu’en dirent les prophètes ? Ésaïe 53:9.
  • Au lendemain de l’inhumation, le jour du shabbat, que demandèrent à Pilate les chefs religieux ? Que craignaient-ils ? Matt.27:62-66.
  • Et que firent les femmes au jour du shabbat, ces femmes qui ne prirent nul repos, étant là de la crucifixion et à l’inhumation du corps de Jésus ? Luc 23:56.
Nous ne pouvons manquer d’être saisi en considérant que Celui qui était en butte à l’ignominie et conduit dans la plus profonde humiliation, était de fait le vrai maître des circonstances qu’il traversait. Tout arriva pour que fut accomplie la parole des prophètes, depuis la chambre préparée pour la célébration de la scène jusqu’au sépulcre creusé où nul corps ne fut jamais déposé.
 
Joseph, conseiller, homme de bien et juste et qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu...  Un homme de paix qui attendait le royaume, quel beau caractère que celui de cet homme qui avait préparé même son sépulcre ! Il ne s’est pas joint aux méchants, il n’a sans doute pas même su que les principaux étaient arrivés au bout de leur dessein jusqu’à ce matin où Jésus était devant le Sanhédrin ou même seulement devant Pilate… Croyant en secret, comme Nicodème, mais ce soir là, il s’avance pour une œuvre particulière préparée pour lui (Éph.2:10).
 
Quant aux femmes, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et, le shabbat, elles se tinrent en repos, selon le commandement. Rien n’altère leur fidélité à la loi, mais elles n’ont qu’une pensée : honorer leur Sauveur, leur Seigneur, ne pensant pas, à ce moment, aux obstacles – la pierre roulée – mais se laissent conduire simplement par le cœur.

 

 
 
 
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03:00 Publié dans EVANGILE SELON LUC, Luc 21 à 24 | Commentaires (0) | Eric