19/06/2013

Marc 1:1-13 Le Fils de Dieu, le Serviteur parfait


 

Évangile selon Marc
Allez dans le monde entier et
proclamez la bonne nouvelle

Marc 16:15

 
Une bonne nouvelle ! Voilà des années, des siècles même que le peuple d’Israël, dépositaire des promesses, attendait. Déjà dans le Pentateuque, il est parlé d’un prophète qui devait venir (Deutéronome 18:18), et dans les pires moments de l’histoire d’Israël, les prophètes n’ont eu cesse de l’affirmer : Dieu va intervenir lui-même afin que vienne le temps du rétablissement (Ésaie 33:20, 55:1-5, Jérémie 31, Osée 2:14-16, Joël 2:23-29, ...). Et voici, Celui qui apporte la grâce était là. La Judée et la Galilée de l’époque furent bousculées, des milliers de Juifs se sont tournés vers Jésus, la nouvelle se répand dans le monde gréco-romain et dans tout le Moyen Orient. Il devenait urgent qu’un écrit assure la mémoire de ce bouleversement, le souvenir de la vie de Jésus, le fils promis, Emmanuel (Ésaïe 7:14), Dieu se trouvant au milieu des hommes pour leur apporter le message de la paix et leur témoigner son amour. Alors « plusieurs ont entrepris de rédiger un récit des choses qui sont reçues parmi nous avec une pleine certitude » (Luc 1:1).
 
L'auteur
 
Qui est ce Marc auquel la tradition reconnaît la rédaction de cet évangile ? Un jeune homme plein de zèle, fils d’une Marie, de Jérusalem, chez laquelle Pierre trouva les disciples rassemblés lorsqu’il sortit miraculeusement de la prison (Actes 12:12), et neveu de Barnabas, Juif de Chypre, qui fut si attaché à l’apôtre Paul. Un tout jeune homme au temps de la crucifixion ! Nous pouvons bien le penser du fait qu’il est le seul à mentionner un certain jeune homme qui s’enfuit lors de l’arrestation du Seigneur (Marc 14:51-52). Quinze années plus tard, Barnabas, son oncle, le prit avec lui lorsqu’il entreprit avec Paul le premier voyage missionnaire (Actes 12:25). Jean surnommé Marc etait un homme de bonne volonté, zélé pour le Seigneur, mais n’atteignant pas la force et l’endurance de l’apôtre ! Arrivé à Perge de Pamphylie, il se retira (Actes 13:13). Mais il voulut repartir, cinq ou six ans plus tard, et s’en alla alors avec Barnabas à Chypre (Actes 15:39).
 
Mis à l’épreuve, fortifié, il retrouvera l’apôtre Paul. Nous le voyons à Rome, lorsque Paul y est en résidence surveillée (Colossiens 4:10, Philémon 24). Marc s’apprête alors à partir vers l’Asie Mineure, à moins qu’il ne soit déjà en route, et il se pourrait qu’il passe par Colosses. Nous pouvons penser que son voyage se poursuivit plus loin encore, car nous le voyons avec Pierre à Babylone (1 Pierre 5:13). La dernière mention de Marc est tout à fait remarquable ; elle est de Paul, prisonnier une nouvelle fois, sans doute près de son martyre. Ce dernier s’adresse ainsi à Timothée : "Luc seul est avec moi. Prends Marc et amène-le avec toi, car il m'est utile pour le service." (2 Timothée 4:11).
 
Utile, Marc le fut bien, si tant est que le lien retenu par la tradition entre l’auteur de l’évangile et cet homme qui, sans être un réel battant n’en manifesta pas moins un zèle fervent et un grand désir de servir le Seigneur.
 
L'évangile
 
L’évangile selon Marc est un texte particulièrement court. Seuls les faits essentiels sont relatés, sans développements doctrinaux, sans présentation de discours tels que le fera Matthieu. Les faits se succèdent les uns aux autres ; le mot clé est aussitôt, car le ministère du Seigneur est conduit avec promptitude : lorsqu’en appel se fait entendre, lorsqu’une guérison est demandée, le fruit est immédiat.
 
Ce texte si court couvre une période de plus de deux années au cours desquelles tant d’évènements se sont produits qu’il n’est pas possible de les consigner tous en un livre (Jean 21:25). Marc a donc fait un choix afin de relater des faits significatifs et des enseignements fondamentaux tels que le Seigneur les communiquait dans ses diverses rencontres avec les foules, dans les différentes bourgades où il s’est trouvé, ainsi qu’à ses disciples en particulier.
 
Ce texte dépouillé a pu fournir une base essentielle pour la composition d’autres livres relatant la vie de Jésus. Luc évoque en tête de son évangile l’existence de tels textes écrits avant qu’il n’entreprenne son propre travail (Luc 1:1-2), et il est raisonnable de penser que ce livre le Marc lui soit connu ; en effet, Luc et Marc se sont trouvés ensemble à Rome auprès de Paul. Par ailleurs, il est assez clair que Matthieu pris en compte également ce livre de Marc pour sa propre composition.
 
La date de rédaction de cet évangile, pas plus que des autres, ne peut être déterminée avec certitude, toutefois nous pouvons la situer dans les années cinquante. Cela se situerait alors entre son voyage à Chypre avec Barnabas, et sa présence auprès de Paul à Rome.

 

 
1:1-13  Le Fils de Dieu

Une longue attente, exercice de patience pour les uns, occasion pour certains de penser qu’il faut que les hommes prennent tout en main, sans attendre de Dieu le rétablissement d’Israël, et pour d’autres encore le temps de jouir du pouvoir sur les hommes que donne la religion. Le peuple d’Israël, ou plutôt les descendants des réchappés de Babylone qui reconstruirent le Temple sont dans le pays de leurs pères. Ce peuple vit, les uns dans l’oppulence, les autres dans la modestie ou même la pauvreté. Parmi eux il se trouve divers courants de pensées : des religieux, des ultra-religieux, des Juifs épris de culture grecque et plusieurs attachés au pouvoir séculier, d'autant plus qu'un demi siècles auparavant les Romains avaient placé sur le trône de Jérusalem Hérode le Grand, lequel fit aggrandir le Second Temple, bâti cinq siècles plus tôt, lors du retour de Babylone, pour en faire un édifice impressionnant tant par sa grandeur que sa beauté, un joyaux qui faisait la fierté de la nation.
 
Lorsque Jésus paraît au baptême de Jean, Hérode Antipas, fils d’Hérode le Grand, règne sur la Galilée, la partie nord de la terre d’Israël, et la Pérée, à l’est du Jourdain, tandis qu’un gouverneur romain est établi sur la Judée.

 
1:1-8  Annonce de Jean le baptiseur
Matthieu 3:1-12 et Luc 3:1-6,15-18

Une voix s’élève, apportant l’appel déjà entendu à Babylone, à la fin de l’exil, et mentionné au Livre d’Ésaïe : "Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur…" (Ésaïe 40:3). En ce temps là, il s’agissait d’éveiller les exilés afin qu’ils soient prêts à répondre à l’invitation au retour pour rebâtir Jérusalem (Ésaïe 48:20), tandis qu’au jour où nous sommes parvenus, peu de temps avant l’apparition du Messie, Jean, à son tour, prononce cet appel au réveil, témoignant d’un événement attendu, fondamental : la venue prochaine du Messie.
 
Jean le baptiseur est bien le messager annoncé par Malachie qui devait prononcer à nouveau l’appel écrit au Livre d’Ésaïe, "préparez le chemin !" pour que fût reçu le Messie d’Israël. Il fait réellement œuvre de prophète, parlant aux âmes, clamant haut et fort cet appel au repentir. Le temps était venu de recevoir Celui qui allait introduire l’Alliance nouvelle annoncée par les prophètes lors du désastre de la première alliance, lors de la destruction du premier Temple (Jérémie 31:31-33, Ézéchiel 16:60-62). C’était bien là l’enseignement du prophète Malachie prononcé aux abords du Second Temple un siècle plus tard, lorsque le zèle pour le Seigneur s’était fort affaibli.

1  1 Commencement de l'évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu : 2 comme il est écrit dans Ésaïe le prophète. "Voici, moi j'envoie mon messager devant ta face, lequel préparera ton chemin" [Malachie 3:1] : 3 "Voix de celui qui crie : Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur, faites droits ses sentiers" [Esaïe 40:3].
 
4 Jean vint, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance en rémission de péchés. 5 Et tout le pays de Judée et tous ceux de Jérusalem sortaient vers lui ; et ils étaient baptisés par lui dans le fleuve du Jourdain, confessant leurs péchés. 6 Or Jean était vêtu de poil de chameau et d'une ceinture de cuir autour des reins, et il mangeait des sauterelles et du miel sauvage. 7 Et il prêchait, disant : Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, duquel je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie des sandales. 8 Moi, je vous ai baptisés d'eau ; lui, vous baptisera de l'Esprit Saint.
  • L’appel prononcé initialement à Babylone parle du désert, et en cela c’est Babylone même qui est appelée “désert”. Qu’est-ce que le désert aujourd’hui ? Osée 2:14
  • Pourquoi Jean est-il ainsi vêtu et se comporte-t-il ainsi qu’il le fait ? 2 Rois 1:8, Malachie 4:5
  • Que prêchait Jean le baptiseur ? Quel était la quête de ceux qui l’écoutaient et, entrant dans les eaux pour être baptisés, rendaient un témoignage public de leur attente du Messie ? Est-ce l’eau qui a quelque valeur, ou le mouvement de l’âme ?
  • Les Juifs pouvaient-ils comprendre a parole de Jean touchant le baptême de l’Esprit-Saint ? Ésaïe 44:3, Ézéchiel 36:27, 37:14, 39:29, Joël 2:28-29.
Le prophète Osée, plus d’un siècle avant l’exil à Babylone, déclarait : "Voici, moi, je l'attirerai, et je la mènerai au désert, et je lui parlerai au cœur…" (Osée 2:14-15). Jérémie, à la veille de l’exil, parlait de la part de Dieu, disant : "J'ai regardé la terre, et voici, elle était désolation et vide, et vers les cieux, et leur lumière n'était pas" (Jérémie 4:23, Genèse 1:2).
 
Jean le baptiseur clame la grande vérité de la grâce, à savoir que les péchés sont remis à ceux qui se repentent. Et le repentir est attaché à cette image d’une fuite en vue de se mettre à l’abri de la colère qui vient (Matthieu 3.7 et Luc 3.7). Celui qui exprime le repentir réalise son état et comprend qu’il y a une rétribution… Et il reçoit l’appel, l’invitation à se mettre à l’abri du jugement. La conscience de la grâce induit alors naturellement le désir de marcher dans la crainte de Dieu.

 
1:9-13  La manifestation du Fils de Dieu
Matthieu 3:13-4:11 et Luc 3:21-22,4:1-13

La réalité de l’incarnation est un mystère profond que nous devons regarder, méditer, et nous l’apprécierons alors de plus en plus. Un fait merveilleux auquel nous ne pouvons pas nous habituer, tellement est précieuse cette réalité de Dieu qui se fait homme, celui que le prophète nomme Emmanël, "Dieu avec nous" !
 
Pour les Juifs, en ce temps là, avertis déjà par les prophètes, un témoignage majeur fut rendu lorsque Jésus fut auprès de Jean pour être baptisé.

9 Et il arriva, en ces jours-là, que Jésus vint de Nazareth de Galilée, et fut baptisé par Jean au Jourdain. 10 Et s'éloignant aussitôt de l'eau, il monta, et vit les cieux se fendre, et l'Esprit comme une colombe descendre sur lui. 11 Et il y eut une voix qui venait des cieux : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai trouvé mon plaisir.
 
12 Et aussitôt l'Esprit le pousse dans le désert. 13 Et il fut dans le désert quarante jours, tenté par Satan ; et il était avec les bêtes sauvages ; et les anges le servaient.
  • Pourquoi Jésus va-t-il au Jourdain pour être baptisé ? Est-il dans la nécessité de se repentir ? Matthieu 3:14-15.
  • L’annonce des prophètes évoque-t-elle le fait que Jésus est Dieu venu au milieu des hommes ? Ésaïe 7:14, 9:7, 35:4, Zacharie 2:10, Psaumes 45:6-7-8, 110:1.
  • Quel est le sens symbolique des quarante jours ? Genèse 7:4, Exode 24:18, 34:28, Deutéronome 29:5.
  • Pour qui est-il écrit que Jésus fût tenté ? Lire Hébreux 4:14-15. Et s’il s’agit d’un temps d’épreuve véritablement traversé, pouvait-il être enclin à désobéir à Dieu ? 2 Corinthiens 5:21, 1 Pierre 2:22 et 1 Jean 3:5.
Jésus vint dans ce monde pour y paraître comme homme, traversant les épreuves des hommes, mais sans jamais être porté à désobéir. Il est l’homme obéissant, dans la perfection, comme les apôtres en rendront compte plus tard ; il vient pour faire la volonté du Père, comme nous le lisons au livre des Psaumes (Psaume 40:6-8, Hébreux 10:7,9), et ainsi la voix s’est fait entendre, établissant la perfection de l’homme christ Jésus (1 Timothée 2:5) tandis qu’il s’approchait des hommes qui, auprès de Jean, exprimaient leur repentir. La voix du Père se fera entendre en deux occasions subséquentes : à la montagne de la transfiguration (Matthieu 17:5), et ensuite à Jérusalem, lors du dernier message adressé par Jésus à la foule.
 
Ceci est mystérieux. Et aussi merveilleux. En Palestine, en ce temps là, Dieu, "étant trouvé en figure comme un homme" (Philippiens 2:8), était présent au milieu de son peuple, prêchant et apportant la consolation à un peuple abaissé, pauvre pour la plupart, et attendant une délivrance (Zacharie 11:7-11).

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:43 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 01 à 04 | Commentaires (0) | Eric

Marc 1:14-39 Commencement du ministère public


 

1:14-543  Les signes du Royaume

 
Le ministère commencé discrètement autour de la ville de Capharnaüm au nord-ouest de la mer de Galilée génère bien vite une renommée croissante du Seigneur. Pensons ! Un homme du peuple, il est charpentier de son état, fils de charpentier, qui parle avec autorité, qui fait entendre des paroles de grâce, qui guérit des malades, donne la vue à des aveugles de naissance, fait marcher des paralytiques… Cela bouscule ! Et on en parle dans les maisons, sur les places et à la synagogue, le jour du shabbat. Une opposition naît, inévitablement, et la crainte de troubles atteint même la famille de Jésus… L’annonce de la paix est près de générer une tempête, mais ceux qui sont dans le besoin, dans la peine, passent outre ces rumeurs, ces bruits, ces courants, pour aller à Jésus !

 
1:14-39  Commencement du ministère public

 
Quelques semaines ou quelques mois se sont passés depuis le baptême de Jésus et sa reconnaissance par un petit nombre de disciples. Jean le baptiseur poursuivait son œuvre appelant les âmes à la repentance, jusqu’au moment où il fût arrêté dans son service (Luc 3:19-20). Alors commence véritablement le ministère public de Jésus.

 
1:14-15  Le temps est accompli
Matthieu 4:12-17, Luc 3:19-20,4:14-15
et Jean 4:1-6,43-45

Ce qui était annoncé quelque cinq siècles auparavant est maintenant survenu, Celui qui devait apporter la consolation à Israël, et pour lequel des Israélites étaient sortis de Babylone pour rebâtir Jérusalem, est là, en Galilée. Et l’étonnement suscité évoque bien la parole prophétique : "Qui a cru à ce que nous avons fait entendre, et à qui le bras de l'Éternel a-t-il été révélé ? Il montera devant lui comme un rejeton, et comme une racine sortant d'une terre aride. Il n'a ni forme, ni éclat ; quand nous le voyons, il n'y a point d'apparence en lui pour nous le faire désirer. Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs, et sachant ce que c'est que la langueur, et comme quelqu'un de qui on cache sa face ; il est méprisé, et nous n'avons eu pour lui aucune estime. Certainement, lui, a porté nos langueurs, et s'est chargé de nos douleurs…" (Ésaïe 53:1-4). Il est venu, l’Envoyé de Dieu qui, dans l’humilité (Philippiens 2:5-7), se charge des peines des hommes et apporte la grâce en manifestant les "signes du royaume" (Matthieu 11:5).

14 Mais après que Jean eut été livré, Jésus vint en Galilée, prêchant l'évangile du royaume de Dieu, 15 et disant : Le temps est accompli, et le royaume de Dieu s'est approché : repentez-vous et croyez à l'évangile.
  • D’abord se repentir, et ensuite recevoir la bonne nouvelle (vers.15). L’ordre de ces propositions n’est pas accidentel. Comment le comprendre ? Autrement dit, qui peut comprendre que le message de Jésus est une "bonne nouvelle" ?
Le temps est accompli ! C’est la bonne nouvelle attendue par tant d’Israélites fidèles qui "attendaient la consolation d'Israël", tels Zacharie et Elisabeth, Siméon, Anne la veuve qui ne quittait pas le Temple (Luc 1:5, 2:25, 2:36), et encore Philippe, ou Nathanaël sous son figuier et tant d’autres. "Le fils de Dieu, le roi d’Israël", comme l’exprime Nathanaël (Jean 1:46-50), est présent au milieu d’eux.
 
Sans s’arrêter aux diverses rencontres du Seigneur en Judée, Marc met en évidence le contraste entre l’état moral d’Israël, concrétisé par l’emprisonnement de Jean, et l’accomplissement du temps d’attente dont parlent les Ecritures. Et s’accomplit alors la parole du prophète : "Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre de la mort,... la lumière a resplendi sur eux !" (Ésaïe 9:2).
 
Dans ces lignes, nous pouvons voir tout un cheminement. Tout d’abord devenir un disciple ! L’ordre des choses est donné, une évidence sans doute, car proclamer une doctrine, affirmer des versets de l’Ecriture n’est pas le point de départ. Le chemin est ainsi : commencer par se repentir, c’est-à-dire prendre conscience de sa culpabilité devant Dieu et alors seulement saisir la Bonne Nouvelle ! Sinon, en quoi serait-elle considérée comme bonne, cette nouvelle ? Peut-on se réjouir d’une guérison si l’on n’a pas conscience d’être malade ? (Marc 2:17).

 
1:16-20  Choix des premiers apôtres
Matthieu 4:18-22 et Luc 5:8-11

Avant d’être appelés à une charge particulière, André, Jean, Pierre, Jacques avaient déjà rencontré Jésus, et cru en lui. Jean en rend témoignage dans son évangile. Et la rencontre avec Pierre n’est pas passé inaperçue, lorsque Jésus lui dit : "Tu es Simon, le fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (qui est interprété Pierre)" (Jean 1:43). Après avoir reconnu le Messie, nous les voyons l’accompagnant en plusieurs occasions, mais ils ont poursuivi leurs activités, comme il se devait, travaillant comme tout homme.

16 Et comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André le frère de Simon, qui jetaient un filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs. 17 Et Jésus leur dit : Venez après moi, et je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes. 18 Et aussitôt, ayant quitté leurs filets, ils le suivirent. 19 Et passant de là un peu plus avant, il vit Jacques le fils de Zébédée et Jean son frère ; et eux étaient dans la nacelle, raccommodant les filets. 20 Et aussitôt il les appela ; et laissant leur père Zébédée dans la nacelle avec les gens à gages, ils s'en allèrent après lui.
  • Sur quelle base les disciples de Jésus peuvent-ils abandonner leur tâche primordiale, le soutien de leur famille ? Genèse 3:17, 2 Thessaloniciens 3:10.
  • Quelle mission essentielle des apôtres est ici mise en exergue ?
Jésus avait pour ces quelques-uns une tâche particulière, aussi appelle-t-il ces quatre à le suivre. La scène se passe à Bethsaïda (Jean 1:45, Luc 5:10), sur la rive nord de la mer de Galilée, à une bonne heure de marche de la ville de Capharnaüm où le Seigneur demeurait depuis qu’il avait quitté Nazareth (Matthieu 4:13).

 
1:21-34  Miracle dans la synagogue de Capharnaüm
Matthieu 8:14-17 et Luc 4:31-41

Ainsi, un petit groupe se forme ainsi autour de Jésus, il s’étoffera par la suite. Ensemble ils vont de Bethsaïda à la synagogue de la ville voisine de Capharnaüm. Il arrivait à Jésus d’y enseigner, et son enseignement suscitait l’étonnement… Mais ce jour là, un homme entre, qui n’est maître ni de ses actes ni de ses paroles. Et ce malheureux prononce des paroles terribles…

21 Et ils entrent dans Capharnaüm ; et étant entré aussitôt le jour du sabbat dans la synagogue, il enseignait. 22 Et ils s'étonnaient de sa doctrine ; car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes. 23 Et il y avait dans leur synagogue un homme possédé d'un esprit immonde ; et il s'écria, 24 disant : Ha ! qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus Nazarénien ? Es-tu venu pour nous détruire ? Je te connais, qui tu es : le Saint de Dieu. 25 Et Jésus le tança, disant : Tais-toi, et sors de lui. 26 Et l'esprit immonde, l'ayant déchiré et ayant crié à haute voix, sortit de lui. 27 Et ils furent tous saisis d'étonnement, de sorte qu'ils s'enquéraient entre eux, disant : Qu'est ceci ? Quelle doctrine nouvelle est celle-ci ? Car il commande avec autorité, même aux esprits immondes, et ils lui obéissent. 28 Et sa renommée se répandit aussitôt tout à l'entour dans la Galilée.
 
29 Et aussitôt, sortant de la synagogue, ils allèrent avec Jacques et Jean dans la maison de Simon et d'André. 30 Or la belle-mère de Simon était là couchée, ayant la fièvre ; et aussitôt ils lui parlent d'elle. 31 Et s'approchant, il la fit lever en la prenant par la main ; et aussitôt la fièvre la quitta ; et elle les servit. 32 Et, le soir étant venu, comme le soleil se couchait, on lui apporta tous ceux qui se portaient mal, et les démoniaques ; 33 et la ville tout entière était rassemblée à la porte : 34 et il en guérit plusieurs qui souffraient de diverses maladies, et chassa plusieurs démons, et ne permit pas aux démons de parler parce qu'ils le connaissaient.
  • Nous sommes placés ici devant une grande délivrance. Cet homme à qui il arrivait de ne plus pouvoir se contrôler retrouve un état normal. Quelles réactions divergentes ce miracle suscite-ilparmi l’assistance ?
  • Au vu de ce qui suit, quelle est la conséquence ? Nous voyons bien l’étonnement de l’assistance, mais ces hommes sont-ils frappés dans leur conscience ?
  • Quelle est ici la seule conséquence de la renommée croissante du Seigneur ?
  • Pourquoi le Seigneur empêche-t-il qu’un témoignage soit rendu par des puissances démoniaques ? Actes 16:16-18.
Jusque là, il semble que le rayonnement de Jésus soir relativement restreint. Quelques personnes l’entourent, ayant reconnu en Lui le Messie, et, par ailleurs, son enseignement paraît être apprécié par les fidèles de la synagogue de Capharnaüm. Mais dès ce miracle opéré, la délivrance de ce pauvre homme dans la synagogue, l’étonnement va croissant… Et sa renommée s’étendra alors bien au-delà des limites de la ville.

 
1:35-39  Jésus parcourt la Galilée
Matthieu 4:23-25 et Luc 4:42-44

Fallait-il demeurer en un lieu où la renommée était établie, ou aller apporter la bonne nouvelle aux autres brebis d’Israël ?

35 Et s'étant levé sur le matin, longtemps avant le jour, il sortit et s'en alla dans un lieu désert ; et il priait là. 36 Et Simon et ceux qui étaient avec lui, le suivirent. 37 Et l'ayant trouvé, ils lui dirent : Tous te cherchent. 38 Et il leur dit : Allons ailleurs dans les bourgades voisines, afin que j'y prêche aussi ; car c'est pour cela que je suis venu. 39 Et il prêchait dans leurs synagogues par toute la Galilée, et chassait les démons.
  • Que signifie pour nous ce fait que Jésus priait ? Et pourquoi priait-il avant le lever du jour ? Psaume 5:3, 143:8.
Le Seigneur a pris volontairement cette position d’homme devant Dieu, et ainsi avons-nous un modèle. Nous pourrions observer cette disposition de Jésus, comme homme, en parcourant les passages de l’évangile selon Luc qui évoquent différents temps de prière au cours du ministère public du Seigneur (Luc 5:15-16,6:12-13, 9:18-22).
 
Ce ministère est ainsi commencé. Un petit groupe est formé qui accompagne Jésus dans son parcours des localités de Galilée, et nous y voyons en particulier les premiers apôtres invités par Jésus à tout quitter pour le suivre.

 

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08:41 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 01 à 04 | Commentaires (0) | Eric

Marc 1:40-2:13 Qui a besoin du médecin ?


 

1:40-3:6  Renommée et opposition

 
De ce ministère itinérant, Marc retiendra un certain nombre de faits marquants. Et ces pages établissent clairement que le Seigneur n’est pas venu renverser ce qui fut établi par Dieu ; le respect de la Loi s’impose. Mais déjà l’opposition se fait jour…

 
1:40-45  Guérison du lépreux
Matthieu 8:1-4 et Luc 5:12-16

La lèpre, une maladie impressionnante dont à l’époque peu guérissaient, était dans l’Écriture, l’image même du péché qui pénètre l’homme jusqu’à l’envahir tout entier s’il n’y prend garde. Ainsi, la Loi comporte des rituels particuliers concernant les personnes atteintes de cette maladie (Lévitique 13 et 14). Non que le lépreux soit plus pécheur qu’un autre homme, mais par ces signes et symboles, la pensée de Dieu était communiquée aux hommes.
 
Lorsqu’un lépreux vint à Jésus, un certain jour, ce fut l’occasion de faire savoir que le Seigneur n’est pas venu pour abolir la Loi, mais pour l’accomplir (Matthieu 5:17).

40 Et un lépreux vient à lui, le suppliant et se jetant à genoux devant lui, et lui disant : Si tu veux, tu peux me rendre net. 41 Et Jésus, ému de compassion, étendant la main, le toucha, et lui dit : Je veux, sois net. 42 Et comme il parlait, aussitôt la lèpre se retira de lui ; et il fut net. 43 Et usant de paroles sévères, il le renvoya aussitôt, 44 et lui dit : Prends garde de n'en rien dire à personne ; mais va, montre-toi au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a ordonné, pour que cela leur serve de témoignage. 45 Mais lui, étant sorti, commença à beaucoup publier et à divulguer ce qui était arrivé, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans la ville ; mais il se tenait dehors dans des lieux déserts ; et on venait à lui de toutes parts.
  • Qu’exprime le lépreux en disant : "Si tu veux.." ? Et qu’affirme le Seigneur en disant "Je veux !" ? Et qu’en conclure pour nous ?
  • Pourquoi le Seigneur enjoint-il sévèrement le lépreux de ne rien dire, mais d’aller auprès du sacrificateur, du prêtre ?
  • Par ailleurs, le lépreux pouvait-il se taire après une telle délivrance ? Rappelons-nous de la vie des lépreux, tenus à l’écart du monde, de leurs proches… 2 Chroniques 26:20-21.
La compassion du Seigneur pour la peine dans le monde, a-t-elle cessé ? Il y avait aussi des pauvres, et des victimes de diverses oppressions lorsque Jésus était sur la terre, mais le travail de Dieu n’avait pas pour finalité immédiate de transformer le monde, mais que les hommes connaissent la grâce et la réconciliation (1 Timothée 2:4).

 
2:1-12  Guérison du paralytique à Capharnaüm
Matthieu 9:1-8 et Luc 5:17-26

Quelques jours après la guérison du lépreux, Jésus et le petit groupe des disciples se retrouvent à Capharnaüm, "à la maison" est-il ajouté, on peut pensser à cette maison où Jésus demeura après avoir quitté Nazareth. Un lieu où trouver du repos, ou prendre un repas (Marc 3:20-21). Et voilà quatre hommes venant avec foi auprès de Jésus, transportant une de leurs connaissances, paralysée. Ils ne ménagent pas leurs efforts, et même usent d’audace en ôtant une plaque de couverture du toit. Mais déjà des observateurs peu amènes s’interrogent sur ce qu’ils voient et entendent.

2  1 Et il entra de nouveau dans Capharnaüm, quelques jours après, et on ouït dire qu'il était à la maison. 2 Et aussitôt beaucoup de gens s'y assemblèrent, de sorte qu'il ne se trouva plus de place, même auprès de la porte ; et il leur annonçait la parole. 3 Et des gens viennent à lui, amenant un paralytique porté par quatre personnes. 4 Et ne pouvant s'approcher de lui, à cause de la foule, ils découvrirent le toit du lieu où il était ; et l'ayant percé, ils descendirent le petit lit sur lequel le paralytique était couché. 5 Et Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. 6 Et il y avait là quelques-uns des scribes, assis et raisonnant dans leurs cœurs : 7 Pourquoi celui-ci parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, sinon un seul, Dieu ? 8 Et aussitôt Jésus, connaissant dans son esprit qu'ils raisonnaient ainsi en eux-mêmes, leur dit : Pourquoi faites-vous ces raisonnements dans vos cœurs ? 9 Lequel est le plus facile, de dire au paralytique : Tes péchés te sont pardonnés ; ou de dire : Lève-toi, prends ton petit lit, et marche ? 10 Or, afin que vous sachiez que le fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés (il dit au paralytique) : 11 Je te dis, lève-toi, prends ton petit lit, et va dans ta maison. 12 Et il se leva aussitôt, et ayant pris son petit lit, il sortit en la présence de tous ; de sorte qu'ils en furent tous étonnés et qu'ils glorifiaient Dieu, disant : Nous ne vîmes jamais pareille chose.
  • Pourquoi le Seigneur parle-t-il du pardon des péchés ? Est-ce cela que les quatre hommes portant le paralytique attendaient ?
  • Les scribes, des hommes connaissant et enseignant les Écritures, ont-ils dit un seul mot ? Mais qu’a discerné Jésus pour qu’il les apostrophe ainsi qu’Il l’a fait ?
  • Le paralytique est guéri d’une seule parole du Seigneru. Comparons le silence des scribes avec la joie de l’assistance et la louange qui s’élève spontanément.
Aussi, ces scribes ont la réponse à leurs raisonnements et sont confrontés à une question difficile pour eux, tandis que Jésus a répondu à l’attente des quatre hommes. Dans le monde dans lequel nous vivons, nous trouvons, autant dans la famille de la foi que partout ailleurs, des malades, des infirmes, des hommes, des femmes, des enfants dans la détresse. Le temps n’est pas encore venu d’établir le Royaume de Dieu sur cette terre, mais c’est déjà le temps de constater la puissance et la grâce, et de rendre gloire à Dieu. (Comparer Jean 18:36 et Apocalypse 11:15).

 
2:13-17  Qui a besoin d’un médecin ?
Matthieu 9:9-13 et Luc 5:27-32

Jésus poursuit son chemin, et le groupe de ceux qui le suivent s’étoffe. Ici nous le voyons près de la mer de Galilée, appelant Lévi à le suivre. Et ils se retrouvent dans sa maison avec ses disciples. La foule est attentive et le suit le long de la mer, puis se groupe devant la porte de la maison où il se trouve. Et on buvait ses paroles ! En effet, un prophète était manifesté au peuple qui attendait depuis si longtemps la délivrance, le rétablissement du bonheur ancien qu’ils avaient perdu depuis plusieurs siècles ! (Deutéronome 18:15-18).
 
Mais cela ne plaît pas à tous. Ceux qui avaient de l’ascendant sur les foules, ceux qui enseignaient le peuple, entendent un nouveau message, voient des prodiges et constatent l’attention de la population. Et il leur paraît qu’une ombre est portée sur leur autorité… Et ces scribes raisonneurs ne peuvent plus se tenir dans le silence ; ils ouvrent la bouche, mais toutefois ils manquent encore d’audace pour s’opposer ouvertement au Seigneur.

13 Et il sortit encore et longea la mer ; et toute la foule venait à lui, et il les enseignait. 14 Et en passant, il vit Lévi le fils d'Alphée assis au bureau de recette, et il lui dit : Suis-moi. Et se levant, il le suivit. 15 Et il arriva, comme il était à table dans sa maison, que beaucoup de publicains et de pécheurs aussi se trouvèrent à table avec Jésus et ses disciples ; car ils étaient nombreux, et ils le suivaient. 16 Et les scribes et les pharisiens, le voyant manger avec les publicains et les pécheurs, dirent à ses disciples : Pourquoi mange-t-il et boit-il avec les publicains et les pécheurs ? 17 Et Jésus, l'ayant entendu, leur dit : Ceux qui sont en bonne santé n'ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal ; je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.
  • Quelle est la réponse de Lévi à Jésus ? Pensons à ce que peut signifier de quitter son travail de cette manière. Et qu’organise-t-il dès sa décision prise ?
  • De quoi donc est rempli l’esprit des scribes et pharisiens présents ? Notons qu’il ne s’agit ni de "tous" les scribes, ni de "tous" les pharisiens. Marc 12:28-32, Jean 3:1.
  • En parlant de ceux qui sont en bonne santé, le Seigneur évoque-t-il véritablement l’état moral de personnes, ou le sentiment que des personnes ont de leur propre état ? Romains 3:23 
Un médecin ! En effet, Jésus peut être considéré comme le "divin médecin", celui qui est venu pour "ôter le péché du monde" (Jean 1:29), comme nous pouvons aussi considérer les paroles touchant les brebis malades, blessées, perdues (Ézéchiel 34:4,16). Mais cette parole sera entendue et méchamment utilisées, cela le Seigneur le sait quant il adresse cette parole à Nazareth : "Assurément vous me direz cette parabole : Médecin, guéris-toi toi-même ; fais ici aussi dans ton pays toutes les choses que nous avons ouï dire qui ont été faites à Capharnaüm." (Luc 4:23).

 

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08:40 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 01 à 04 | Commentaires (0) | Eric

Marc 2:18-3:6 Le vieil habit et le vin nouveau


 

2:18-22  Le vieil habit et le vin nouveau
Matthieu 9:14-17 et Luc 5:33-39

Au sein du peuple, des courants de pensées divers se manifestaient, dans notre langage il s’agirait plutôt d’écoles, de manières de vivre la religion ancestrale ; ce sont les sadducéens, les hérodiens, les pharisiens et d’autres encore. Les pharisiens sont reconnus comme étant les plus respectueux de la Loi de Moïse (Actes 26:5), et, particulièrement pratiquants, ils observent des périodes de jeûne. Il en est de même des disciples de Jean le baptiseur, pratiquant le jeûne en signe de repentance et de retour à l’observance de la Loi ; le jeûne étant un temps de retraite pour repenser à ce que l’homme est devant Dieu, une pratique reconnue dans la Bible (Esdras 8:21, Néhémie 9:1, Zacharie 8:19). La question se pose…

18 Et les disciples de Jean et les pharisiens jeûnaient ; et ils viennent et lui disent : Pourquoi les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent-ils, mais tes disciples ne jeûnent pas ? 19 Et Jésus leur dit : Les fils de la chambre nuptiale peuvent-ils jeûner pendant que l'époux est avec eux ? Aussi longtemps qu'ils ont l'époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. 20 Mais des jours viendront, lorsque l'époux leur aura été ôté ; et alors ils jeûneront en ce jour-là. 21 Personne ne coud un morceau de drap neuf à un vieil habit ; autrement la pièce neuve emporte une partie du vieil habit, et la déchirure en devient plus mauvaise. 22 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement le vin rompt les outres, et le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais le vin nouveau doit être mis dans des outres neuves.
  • Pourquoi les disciples de Jésus ne jeûnent-ils pas ? Et pourquoi jeûneront-ils plus tard ?
  • Que comprenons-nous de cette image de la "pièce neuve", de celle du "vin nouveau" ? Sans doute verrons-nous bien vite, dans notre lecture, ce que sont le vieil habit et la vieille outre…
La leçon est importante. Quoique la foi soit de tous temps depuis qu’il y a des hommes sur la terre, les Israélites attachés à la Loi, donnée de Dieu, ont naturellement difficile à tirer toutes les leçons de leur propre histoire. L’attachement à sa propre pratique de la Loi, le regard fixé sur l’observances des prescriptions sur l’alimentation et le jeûne, peuvent masquer les avertissements des prophètes, lesquels étaient là pour redonner un véritable sens à la vie des fidèles. Et maintenant, Celui qu’annonçaient les prophètes était là. Le moment qu’ils vivaient était exceptionnel, et le chemin de la vie leur était présenté. "Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ" (Jean 1:17). Le repentir trouve sa place, dans une vie, mais non pour demeurer dans la contrition et la prostration, mais plutôt reconnaître le pardon de Dieu et vivre, marcher avec Dieu ! Car le Seigneur dit : "Moi, je suis venu afin qu'elles aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance" (Jean 10:10).

 
2:23-28  La question du shabbat
Matthieu 12:1-8 et Luc 6:1-5

Ce n’est pas encore la confrontation avec les pharisiens ! Mais déjà une question directe, et l’insinuation de commettre un acte interdit… Ce n’est certes pas d’arracher des épis chemin faisant qui constitue le sujet de contestation, car cela est explicitement autorisé par la Loi – et cette prescription légale est d’une grande beauté, car elle développe des pensées élevées, conduisant à la reconnaissance des bienfaits de Dieu et au développement dans l’âme d’une attitude altruiste (Deutéronome 23:24-25, voir aussi 24:19-22). La question posée est celle du shabbat, une disposition essentielle de l’Alliance de Dieu avec Israël, mais qui a fait l’objet de déformations légalistes qui en dénaturent le sens. Les pharisiens, dans leur zèle pour la Loi, ce qu’il faut reconnaître comme positif, avaient été au-delà de l’enseignement de Moïse en ajoutant précisions sur précisions au point que le sens même du shabbat est perdu derrière ces règles complexes. Et de prendre du blé en chemin, avec la main, était assimilé par les pharisiens au travail des récoltes…

23 Et il arriva qu'il passait par les blés en un jour de sabbat ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Et les pharisiens lui dirent : 24 Voici, pourquoi font-ils, le jour de sabbat, ce qui n'est pas permis ? 25 Et lui leur dit : N'avez-vous jamais lu ce que fit David quand il fut dans le besoin et qu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui, 26 comment, au titre «Abiathar, souverain sacrificateur», il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu'il n'est pas permis de manger, sinon aux sacrificateurs, et en donna aussi à ceux qui étaient avec lui ? 27 Et il leur dit : Le sabbat a été fait pour l'homme, non pas l'homme pour le sabbat ; 28 de sorte que le fils de l'homme est seigneur aussi du sabbat.
  • La scène touchant David recevant du grand prêtre les pains de propositions disposés sur la Table dans le Tabernacle (1 Samuel 21:6) n’avait pas rapport au shabbat. Pourquoi le Seigneur l’évoque-t-il ?
  • Pourquoi le Seigneur leur dit-il que le shabbat est pour l’homme et non l’inverse ? Genèse 2:3, Psaume 95:11, Hébreux 4:11
Entrer dans le repos de Dieu ! Telle est en fait la finalité de l’homme, l’achèvement de l’œuvre de Dieu. "Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos" (Matthieu 11:28). Dès son institution, le shabbat a été connu d’Israël comme un privilège, un don de Dieu (Exode 16:29). Et faire du shabbat un thème de contraintes et de règles diverses pouvait conduire à l’opposé de l’institution elle-même. Recevoir de Dieu ses bienfaits et en jouir, c’est là la joie de la foi.

 
3:1-6  L’homme à la main desséchée
Matthieu 12:9-13 et Luc 6:6-11

Les raisonnements, les insinuations, les reproches… et maintenant la confrontation ! La question du shabbat est à nouveau au centre du débat. Mais, le shabbat est-il un don de Dieu pour le bien des hommes, et annonçant le repos à venir… Ou bien est-il un jour d’examen légal où la rigueur de règles sourcilleuses et contraignantes distinguent les fidèles ? La scène se passe dans la synagogue. Nous devons penser que bien des Israélites de bonne volonté se trouvaient là…

3  1 Et il entra encore dans la synagogue ; et il y avait là un homme qui avait la main desséchée. 2 Et ils l'observaient pour voir s'il le guérirait le jour de sabbat, afin de l'accuser. 3 Et il dit à l'homme qui avait la main desséchée : Lève-toi là devant tous. 4 Et il leur dit : Est-il permis de faire du bien le jour de sabbat, ou de faire du mal ? de sauver la vie, ou de tuer ? Mais ils gardaient le silence. 5 Et les ayant regardés à l'entour avec colère, étant attristé de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : Étends ta main. Et il l'étendit, et sa main fut rétablie. 6 Et les pharisiens, sortant aussitôt avec les hérodiens, tinrent conseil contre lui pour le faire périr.
  • Pourquoi, pensons-nous, les pharisiens et les hérodiens sortirent-ils sans dire un mot ? Qu’auraient-ils pu répondre au Seigneur ?
A partir de ce jour, rien ne sera plus comme avant. Quelques semaines ou quelques mois s’étaient passés, et la renommée de Jésus s’étant répandue en Galilée (Marc 1:28), l’étonnement bienveillant des humbles a engendré la jalousie de ceux qui se trouvaient importants…
 
Ainsi, en quelques versets nous a été présenté le développement de l’opposition au Seigneur : raisonnements (Marc 2:7), questions (2:18), accusations (2:24), confrontation (3:2) et enfin des hommes se retirent pour tenir conseil en vue de le faire mourir (3:6).

 

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08:38 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 01 à 04 | Commentaires (0) | Eric

Marc 3:7-35 La population est troublée


 

3:7-35  La population est troublée

 
La tension ne fera que croître. En effet, les choses sont établies : des hommes ont décidé de se débarrasser du Seigneur, et par contre une population de plus en plus nombreuse s’attache à lui. On vient de loin pour le voir et l’entendre… Non que tous reconnaissent en lui le Messie promis, mais comment résister à la bonté qui émanait de Maître ? Des paroles de grâce, des actes de délivrance, des guérisons…
 
Cette situation n’est pas sans poser des questions aux proches de Jésus. Qu’il soit plein de bonté, un modèle d’homme, personne ne pourrait y trouver à redire, mais qu’une situation conflictuelle se manifeste, et voilà que des personnes bien intentionnées sont troublées…

 
3:7-12  Une multitude recherche Jésus
Matthieu 12:14-21

La renommée du Seigneur s’est étendue, et l’on vient pour le voir et l’entendre de toute la contrée, et même des régions voisines. Pour que tous l’entendent, le cadre naturel fut employé comme un amphithéâtre, Jésus sur une petite barque proche du bord de la mer, et l’assistance aux pieds des collines qui la bordent.

7 Et Jésus se retira avec ses disciples vers la mer ; et une grande multitude le suivit de la Galilée, et de la Judée, 8 et de Jérusalem, et de l'Idumée, et de par delà le Jourdain. Et ceux des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, ayant entendu les choses qu'il faisait, vinrent vers lui. 9 Et il dit à ses disciples qu'une petite nacelle fût là à sa disposition, à cause de la foule, afin qu'elle ne le pressât pas ; 10 car il en guérit beaucoup, de sorte que tous ceux qui étaient affligés de quelque fléau se jetaient sur lui afin de le toucher. 11 Et les esprits immondes, quand ils le voyaient, se jetaient devant lui et s'écriaient, disant : Tu es le Fils de Dieu. 12 Et il leur défendait très-expressément de le faire connaître.
  • Pourquoi Jésus quitta-t-il un temps la ville pour s’en aller à l’écart ? Matthieu 12:14-15.
  • Le Royaume n’est pas encore, mais le roi est présent. Quel en est le signe ici ? Philippiens 2:10, Jacques 2:19.
  • Pourquoi donc Jésus s’oppose-t-il au témoignage des "esprits immondes" ? Matthieu 12:16-21.
Nous voyons que Jésus se retire. Les opposants sont confondus, nous l’avons vu dans la scène de la synagogue (Marc 3:4), mais les combats, même en parole, ne font pas l’œuvre de Dieu dans les cœurs ! La question est-elle de se soumettre à une doctrine contre une autre ? Non, ce que le Seigneur recherche, c’est du fruit produit dans l’âme. Ainsi, même les paroles fortes sortant de la bouche d’hommes possédés ne peuvent être exprimées. Le fruit recherché est la réalité de la foi dans un homme…

 
3:13-19  Désignation des Douze
Matthieu 10:1-4 et Luc 6:12-19

L’œuvre s’étend, et Jésus s’entoure alors de façon explicite de douze hommes qui vont être avec lui, parler en son nom et même disposer de son autorité.

13 Et il monte sur une montagne, et il appelle ceux qu'il voulait ; et ils vinrent à lui ; 14 et il en établit douze pour être avec lui, et pour les envoyer prêcher, 15 et pour avoir autorité de guérir les maladies et de chasser les démons ; 16 et il surnomma Simon, Pierre ; 17 et Jacques le fils de Zébédée et Jean le frère de Jacques, et il les surnomma Boanergès, ce qui est : fils de tonnerre ; 18 et André, et Philippe, et Barthélemy, et Matthieu, et Thomas, et Jacques le fils d'Alphée, et Thaddée, et Simon le Cananéen, 19 et Judas Iscariote, qui aussi le livra.
  • Que fait-il que c’est dans cette période de son ministère que les douze sont formellement choisis par le Seigneur ?
Du fait de l’opposition qui s’organise contre Jésus, un clivage s’installe dans la population, quant aux sentiments à son égard. Le rejet du Messie, annoncé déjà par les prophètes (Ésaïe 53:3, Psaume 69:9) commence à se manifester.

 
3:20-21  Les proches de Jésus

Le retour à Capharnaüm pouvait-il passer inaperçu ? Assurément pas ! Les passages de Jésus dans cette petite ville ont marqué les esprits. Aussi les manifestations de la population commencent à prendre des proportions. Ce mouvement, et on pourrait dire cette agitation suscite une inévitable opposition et aussi la crainte que des troubles ne surgissent…

20 Et ils viennent à la maison ; et la foule s'assemble de nouveau, en sorte qu'ils ne pouvaient pas même manger leur pain. 21 Et ses proches, ayant entendu cela, sortirent pour se saisir de lui ; car ils disaient : Il est hors de sens.
  • Pourquoi cette réaction des proches de Jésus ? N’est-ce pas une réaction commune dans la société, lorsqu’une personne, même malgré elle, tend à troubler l’ordre établi ?
Qui ne se sentirait gêné par la trouble provoqué par un proche ? L’opposition des scribes et des pharisiens est patente, une rupture semble inévitable. Il est difficile de voir cet homme jeune encore, un simple charpentier par surcroi, attirant des foules toutes prêtes à l’entendre ! Et l’on venait de loin !

 
3:22-30  Opposition ouverte des scribes
Matthieu 12:22-37 et Luc 11:14-28

Contrairement à Matthieu et Luc, Marc ne relate pas l’occasion qui fut donnée aux scribes de s’opposer ainsi violemment à Jésus. Il s’agit de la délivrance d’un homme aveugle et muet qui, à la parole de Jésus, fut trouvé parlant et voyant. Ceux qui virent ce prodige se demandaient s’ils n’étaient pas face au Fils de David (Ésaïe 11:1-5, Jérémie 23:5, 33:15).
 
Des scribes descendent spécialement de Jérusalem, comme pour mettre de l’ordre, en raison de ce qui se passait à Capharnaüm.

22 Et les scribes qui étaient descendus de Jérusalem, dirent : Il a Béelzébul ; et : Par le chef des démons, il chasse les démons. 23 Et les ayant appelés, il leur dit par des paraboles : Comment Satan peut-il chasser Satan ? 24 Et si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume-là ne peut pas subsister. 25 Et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison-là ne peut pas subsister. 26 Et si Satan s'élève contre lui-même et est divisé, il ne peut pas subsister, mais il vient à sa fin. 27 Nul ne peut entrer dans la maison de l'homme fort, et piller ses biens, si premièrement il n'a lié l'homme fort ; et alors il pillera sa maison. 28 En vérité, je vous dis que tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les paroles injurieuses, quelles qu'elles soient, par lesquelles ils blasphèment ; 29 mais quiconque proférera des paroles injurieuses contre l'Esprit Saint n'aura jamais de pardon ; mais il est passible du jugement éternel. 30 C'était parce qu'ils disaient : Il a un esprit immonde.
  • A qui les scribes s’adressèrent avant d’être appelés par Jésus ?
  • Quelles étaient les paroles injurieuses contre l’Esprit Saint qui conduisent au jugement ?
Comment un homme pourrait, en effet, déclarer à propos des paroles de Dieu qu’elles viennent de l’ennemi, et cependant recevoir cette grâce ainsi méprisée ? Nous pouvons lire ailleurs : "Comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut", et encore : "Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, et qui ont goûté du don céleste, et qui sont devenus participants de l'Esprit Saint, et qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les miracles du siècle à venir, et qui sont tombés, soient renouvelés encore à la repentance, crucifiant pour eux-mêmes le Fils de Dieu et l'exposant à l'opprobre." (Hébreux 2:3, 6:4-6).
 
Que voyaient les scribes, tandis qu’ils manifestaient une opposition aussi forte ? Et cela sans même examiner avec attention et bienveillance ce dont ils étaient témoins  (Actes 17:11). Poser la question, n’est-ce pas aussi y répondre ? Mais leur influence est grande, et la joie de la ville de Capharnaüm se mue en troubles…

 
3:31-35  Qui sont ma mère et mes frères ?
Matthieu 12:46-50 et Luc 8:19-21

Les proches de Jésus étaint émus de la situation ! Aussi, n’est-il pas le temps d’intervenir ? Ainsi, nous voyons les frères et la mère de Jésus en soucis, allant auprès de Jésus.

31 Ses frères et sa mère donc viennent ; et se tenant dehors, ils l'envoyèrent appeler ; 32 et la foule était assise autour de lui. Et on lui dit : Voici, ta mère et tes frères, là dehors, te cherchent. 33 Et il leur répondit, disant : Qui est ma mère, ou qui sont mes frères ? 34 Et regardant tout à l'entour ceux qui étaient assis autour de lui, il dit : Voici ma mère et mes frères ; 35 car quiconque fera la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère.
  • Que pouvons-nous penser de cette parole du Seigneur avant même que Marie et ses frères ne fussent devant lui?
  • Qu’avons-nous à penser pour nous mêmes?
Les scribes s’opposent, des proches de Jésus sont troublés par le mouvement qui s’est produit à Capharnaüm du fait de l’engouement de la population pour Jésus… La réponse du Seigneur ne nous fait-elle pas entendre ce qu’il est dit ailleurs : "Je voudrais que tu fusses ou froid ou bouillant !" (Apocalypse 3:15). Nul ne peut rester entre les deux… Et pourtant, combien nombreux sont ceux qui s’y tiennent, disant "Qu'est-ce que la vérité ?" (Jean 18:38).

 

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08:37 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 01 à 04 | Commentaires (0) | Eric

Marc 4:1-34 Enseignements en paraboles


 

4:1-34  Enseignement en paraboles

 
Quoique rentrant régulièrement à Capharnaüm où était sa maison, Jésus enseigne plus volontiers hors de la ville, près de la mer, lui-même se tenant dans une nacelle (Marc 3:9). L’assistance est nombreuse, et forcément mélangée. Plusieurs croient, d’autres hésitent, et il s’y trouve aussi de simples curieux… Jésus ne peut tout révéler, la question n’est pas de connaître, de proclamer une doctrine, fut-elle remplie de vérité, mais d’avoir le cœur convaincu, se tourner vers Dieu en vérité avec le désir réel de s’attacher à lui plaire. Alors le Seigneur leur parle en paraboles, comme il était d’ailleurs annoncé (Psaume 78:2).

 
4:1-9  La parabole du semeur
Matthieu 13:1-9 et Luc 8:4-8

Le commencement de la sagesse est de se connaître soi-même, sans doute. Et cette parabole du semeur pouvait bien faire réfléchir chacun pour qu’il comprenne de quelle terre il est fait, comment la parole de la grâce est reçue…

4  1 Et il se mit encore à enseigner près de la mer. Et une grande foule se rassembla auprès de lui ; de sorte que, montant dans une nacelle, il s'assit sur la mer ; et toute la foule était à terre sur le bord de la mer. 2 Et il leur enseignait beaucoup de choses par des paraboles ; et il leur disait dans son enseignement : 3 Écoutez : Voici, un semeur sortit pour semer. 4 Et il arriva qu'en semant, quelques grains tombèrent le long du chemin ; et les oiseaux vinrent et les dévorèrent. 5 Et d'autres tombèrent sur les endroits rocailleux où ils n'avaient pas beaucoup de terre ; et aussitôt ils levèrent, parce qu'ils n'avaient pas une terre profonde ; 6 et quand le soleil se leva, ils furent brûlés, et, parce qu'ils n'avaient pas de racine, ils furent séchés. 7 Et d'autres tombèrent dans les épines ; et les épines montèrent et les étouffèrent, et ils ne donnèrent pas de fruit. 8 Et d'autres tombèrent dans la bonne terre, et donnèrent du fruit, montant et croissant, et rapportèrent, l'un trente, et l'un soixante, et l'un cent. 9 Et il dit : Qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende.
  • Qu’est la semence répandue, telle qu’elle le fut en ce jour là au bord de la mer de Galilée ?
  • Que sont les quatre terrains ? Quelles questions pouvaient se poser les auditeurs ?
  • Quel est le but du Seigneur en leur disant cette parabole sans l’expliquer ?
Aujourd’hui, chaque lecteur de l’évangile dispose de l’entièreté du passage : la parabole et l’explication que le Seigneur en donna lui-même. Et un lecteur pourrait se tenir ainsi à la connaissance intellectuelle du thème. Mais pour ces personnes au bord du lac qui ne reçurent pas l’explication – elle fut réservée aux disciples – l’attention dût être particulièrement aiguisée : Pourquoi le Maître dit-il cela ? Que signifient ces paroles… Jusqu’à comprendre les vraies questions induites par la parabole : Sur quel terrain suis-je ? Les mots prononcés ont-ils laissé une empreinte en mon esprit ? Vais-je rentrer chez moi pour m’occuper en priorité de mes affaires, oubliant cette parole ?

 
4:10-20  Explications données aux disciples
Matthieu 13:10-52 et Luc 8:9-18

L’exposé de la parabole aux disciples commence de façon bien étrange, lorsque le Seigneur leur dit : "de peur qu’ils ne se convertissent"… Mais la parabole elle-même se terminait par cette parole : "Qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende.". C’était un avertissement sérieux, mais surtout un appel à porter attention à cette parabole dont le but, manifestement, était d’amener l’auditoire à un retour sur soi-même, examinant chacun ce qu’il ferait de cette parole annoncée, cette semence répandue.
 
L’exposé nous montre que la parabole présente chacune des situations qui se rencontrent en ce monde lorsque la parole de Dieu est présentée.

10 Et quand il fut en particulier, ceux qui étaient autour de lui, avec les douze, l'interrogèrent touchant la parabole. 11 Et il leur dit : À vous il est donné de connaître le mystère du royaume de Dieu ; mais pour ceux qui sont dehors, toutes choses se traitent par des paraboles, 12 afin qu'en voyant ils voient et n'aperçoivent pas, et qu'en entendant ils entendent et ne comprennent pas : de peur qu'ils ne se convertissent et que leurs péchés ne leur soient pardonnés.
 
13 Et il leur dit : Ne connaissez-vous pas cette parabole ? et comment connaîtrez-vous toutes les paraboles ? 14 Le semeur sème la parole. 15 Et ce sont ici ceux qui sont le long du chemin, là où la parole est semée ; et quand ils ont entendu, Satan vient aussitôt et ravit la parole semée en eux. 16 Et pareillement, ceux qui sont semés sur les endroits rocailleux, ce sont ceux qui, quand ils ont entendu la parole, la reçoivent aussitôt avec joie ; 17 et ils n'ont pas de racine en eux-mêmes, mais ne sont que pour un temps ; puis, quand la tribulation ou la persécution survient à cause de la parole, ils sont aussitôt scandalisés. 18 Et d'autres sont ceux qui sont semés dans les épines : ce sont ceux qui ont entendu la parole ; 19 et les soucis du siècle, et la tromperie des richesses, et les convoitises à l'égard des autres choses, entrant, étouffent la parole, et elle est sans fruit. 20 Et ceux qui sont semés sur la bonne terre, ce sont ceux qui entendent la parole, et la reçoivent, et portent du fruit : l'un trente, et l'un soixante, et l'un cent.
  • Que peut entrer dans la connaissance des mystères du royaume de Dieu ? Colossiens.1:26.
  • Quelle est la finalité de la parole de Dieu, telle que nous pouvons le lire ici ? Vers.20, Matthieu 25:14-30, Jean 15:1-5.
Le fruit porté, la vie de Dieu manifestée, c’est l’entrée effective dans l’Alliance avec Lui. Telle est la réponse véritable à la bonne nouvelle de la grâce. Nous voyons ici combien la foi est présentée non par la doctrine professée, mais par la pratique de la vie. Ce point rejoint la parole du prophète Michée et sera souligné par Jaques dans son épître (Michée 6:8, Jacques 2:18). N’est-ce pas l’enseignement donné par le Seigneur aux disciples, la nuit qu’il fut livré (Jean 15:1-5) ?

 
4:21-25  Exhortations adressées aux disciples
Matthieu 5:14-16 et Luc 8:16-18

Le Seigneur poursuit avec ses disciples, évoquant la responsabilité de celui qui a entendu ; "à vous qui entendez", dit-il. Ici encore, c’est de pratique qu’il est question… Et sans doute y verrons-nous le contraste entre la vie de Dieu manifestée et une profession religieuse affirmée…

21 Et il leur dit : La lampe vient-elle pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour être mise sur le pied de lampe ? 22 Car il n'y a rien de secret qui ne soit manifesté, et rien de caché n'arrive, si ce n'est afin de venir en évidence. 23 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende. 24 Et il leur dit : Prenez garde à ce que vous entendez : de la mesure dont vous mesurerez il vous sera mesuré ; et à vous qui entendez, il sera ajouté ; 25 car à quiconque a, il sera donné ; et à celui qui n'a pas, cela même qu'il a sera ôté.
  • Quel contraste peut-on discerner entre d’une part la lumière qui est vue Matthieu 5:14-16, et de l’autre les choses “possédées” dont quelqu’un pourrait être dépossédé ?
  • Que peut-il être ôté à celui qui n’a rien ? Comparer la parabole des talents :  Matthieu 25:28, Luc 19:24.
Quelqu’un pourrait dire être croyant, mais ce sont les fruits produits qui en sont le témoignage (Matthieu 7:17-19, Jacques 2:17,18). Ainsi, il se trouve aussi en ce monde des autorités détenant un pouvoir d’ordre religieux, mais si un tel pouvoir se révèle ne pas marcher dans la foi, que peut-il arriver, au moins lorsque tout paraîtra à la lumière ? (Luc 8:17, 2 Corinthiens 5:9-10). Ce sont les manifestations de vie qui démontrent la vie, non les proclamations de foi ou la seule participation à des réunions chrétiennes.

 
4:26-34  Autres paraboles adressées à la foule
Matthieu 13:31-32 et Luc 13:18-19

Ainsi, ces paraboles et bien d’autres encore (Marc 4:33) sont adressées à tous les auditeurs ; les allégories qu’elles proposent doivent les faire réfléchir et amener les âmes à un retour sur soi afin qu’elles se tournent vers Dieu.

26 Il dit aussi : Ainsi est le royaume de Dieu : c'est comme si un homme jetait de la semence sur la terre, 27 et dormait et se levait de nuit et de jour, et que la semence germât et crût sans qu'il sache comment. 28 La terre produit spontanément du fruit, premièrement l'herbe, ensuite l'épi, et puis le plein froment dans l'épi ; 29 et quand le fruit est produit, on y met aussitôt la faucille, parce que la moisson est arrivée.
 
30 Il disait aussi : Comment comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous ? 31 Il est semblable à un grain de moutarde, qui, lorsqu'il est semé sur la terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre ; 32 et après qu'il est semé, il monte et devient plus grand que toutes les herbes, et jette de grandes branches, de sorte que les oiseaux du ciel peuvent demeurer sous son ombre.
 
33 Et par plusieurs paraboles de cette sorte, il leur annonçait la parole, selon qu'ils pouvaient l'entendre ; 34 mais il ne leur parlait pas sans parabole ; et en particulier il interprétait tout à ses disciples.
  • Qu’apporte la parabole des semailles en complément de celle du semeur et des quatre terrains ? Le temps de la moisson est un temps de bonheur, comme il sera à la fin Psaume 126:6.
  • De quoi parle la parabole du grain de moutarde ? Y est-il question de fruits ?
  • Comment pouvons-nous considérer l’allégorie de "toutes sortes d’oiseaux du ciel" ? Cette expression reflète-t-elle un aspect positif ? Jérémie 5:27.
Les deux paraboles que nous voyons ici présentent la réalité du temps selon deux angles pour ainsi dire opposés, l’une tournant la réflexion vers la moisson et le fruit produit, et l’autre vers l’apparence que prendront les choses sur la terre. L’une évoque le fruit produit, et l’autre l’apparence de l’arbre seulement…

 

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08:35 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 01 à 04 | Commentaires (0) | Eric

Marc 4:35-5:43 La tempête et la foi


 

4:35-5:43  La tempête et la foi

 
Il était inévitable que dans le trouble fomenté par les hommes religieux en raison de ce qui se passait à Capharnaüm, les disciples soient secoués par un sentiment de tempête. Nous avons vu que même la mère et les frères de Jésus s’inquiétaient grandement, commençant à penser que les choses allaient trop loin… Aussi, les douze ont besoin d’être fortifiés, ou plus précisément ici, de connaître leurs limites et d’apprendre sur qui s’appuyer pour les dépasser. Et comprendre aussi que les oppositions ne font pas un frein à la mission du Seigneur. Ils vont mesurer le fruit produit par les paroles de Jésus, tant en pays étranger qu’en terre d’Israël.

 
4:35-41  La tempête apaisée
Matthieu 8:23-27 et Luc 8:22-25

L’enseignement des réalités spirituelles par un apprentissage pratique ! Une barque s’avance dans la nuit pour une traversée assez longue, et le vent se lève, violent, qui produit des vagues en pagaille. La peur s’installe.

35 Et en ce jour-là, le soir étant venu, il leur dit : Passons à l'autre rive. 36 Et ayant renvoyé la foule, ils le prennent dans une nacelle, comme il était ; et d'autres nacelles aussi étaient avec lui. 37 Et il se lève un grand tourbillon de vent, et les vagues se jetaient dans la nacelle, de sorte qu'elle s'emplissait déjà. 38 Et il était, lui, à la poupe, dormant sur un oreiller ; et ils le réveillent et lui disent : Maître, ne te mets-tu pas en peine que nous périssions ? 39 Et s'étant réveillé, il reprit le vent, et dit à la mer : Fais silence, tais-toi ! Et le vent tomba, et il se fit un grand calme. 40 Et il leur dit : Pourquoi êtes-vous ainsi craintifs ? Comment n'avez-vous pas de foi ? 41 Et ils furent saisis d'une grande peur, et ils dirent entre eux : Qui donc est celui-ci, que le vent même et la mer lui obéissent ?
  • Le Seigneur dormant... Les disciples laissées à eux-mêmes! Que peut nous dire aujourd’hui une telle circonstance ?
  • Pourquoi leur crainte exprime-t-elle un manque de foi ? Qui avait dit de monter dans la nacelle en indiquant le lieu où ils se rendaient ?
  • Comment se fait-il que les disciples se demandent qui est Jésus ?
Ainsi, les disciples sont assurés d’entourer le Messie d’Israël, mais ils ont encore à apprendre à son sujet. Cette connaissance est progressive, comme pour chacun, mais elle aboutira à des convictions profondes, au fur et à mesure des expériences de foi qu’ils feront (Voyons notamment Jean 6:68 et 20:28).
 
Et ils doivent être préparé à poursuivre la route sans que le Seigneur ne soit visible à leurs yeux, comme il en est pour les croyants en tous temps, hormis cette parenthèse de la présence de Jésus sur la terre…

 
5:1-20  Au pays des Gadaréniens, hors de la terre d’Israël
Matthieu 8:28-34 et Luc 8:26-39

Ce pouvait être une traversée de la mer de Galilée dans sa longueur. Venant du nord, les disciples avec Jésus abordent une contrée étrangère, la région de Gadara, localité au sud-est de la mer, à quelques kilomètres du rivage… Cette localité est une des dix villes de Décapole, à l’est du Jourdain. Située dans le pays des Ammonites, cette région a été colonisée par des Grecs et des Macédoniens sous le règne d’Antiochus III (223-180). Il s’agit donc d’une population non juive, de culture grecque, ce qui explique la présence d’un troupeau de porcs proche du lieu où Jésus est ses disciples ont abordé.
 
Et là, un homme complètement subjugué par des forces qui le détruisent se trouve devant Jésus. Et la voix de cet homme se fait entendre…

5 1 Et ils arrivèrent à l'autre rive de la mer, dans le pays des Gadaréniens. 2 Et aussitôt, comme il sortait de la nacelle, un homme possédé d'un esprit immonde, 3 et qui avait sa demeure dans les sépulcres, sortant des sépulcres, le rencontra ; et personne ne pouvait le lier, pas même avec des chaînes ; 4 car souvent, quand il avait été lié de fers aux pieds et de chaînes, il avait rompu les chaînes et mis les fers en pièces, et personne ne pouvait le dompter. 5 Et il était continuellement, de nuit et de jour, dans les sépulcres et dans les montagnes, criant et se meurtrissant avec des pierres.
 
6 Et voyant Jésus de loin, il courut et se prosterna devant lui ; 7 et, criant avec une voix forte, il dit : Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-haut ? Je t'adjure par Dieu, ne me tourmente pas. 8 Car il lui disait : Sors de cet homme, esprit immonde ! 9 Et il lui demanda : Quel est ton nom ? Et il lui dit : J'ai nom Légion, car nous sommes plusieurs. 10 Et il le priait instamment pour qu'il ne les envoyât pas hors du pays.
 
11 Et il y avait là, vers la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui paissait. 12 Et ils le prièrent, disant : Envoie-nous dans les pourceaux, afin que nous entrions en eux. 13 Et aussitôt Jésus le leur permit. Et les esprits immondes, sortant, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se rua du haut de la côte dans la mer ; or ils étaient environ deux mille ; et ils furent étouffés dans la mer.
 
14 Et ceux qui les paissaient s'enfuirent, et portèrent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Et ils sortirent pour voir ce qui était arrivé ; 15 et ils viennent vers Jésus, et voient le démoniaque, assis, vêtu, et dans son bon sens, celui qui avait Légion ; et ils eurent peur. 16 Et ceux qui avaient vu ce qui s'était passé, leur racontèrent ce qui était arrivé au démoniaque et ce qui concernait les pourceaux ; 17 et ils se mirent à le prier de s'en aller de leur territoire.
 
18 Et comme il montait dans la nacelle, celui qui avait été démoniaque le pria de permettre qu'il fût avec lui. 19 Et il ne le lui permit pas, mais lui dit : Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t'a fait, et comment il a usé de miséricorde envers toi. 20 Et il s'en alla, et se mit à publier en Décapolis tout ce que Jésus lui avait fait ; et tous s'en étonnaient.
  • Que nous indique l’état extrême de cet homme qui n’était plus maître de lui-même ? Dans quel état d’assujettissement, bien différents sans doute, se trouvent bien des hommes aujourd’hui ?
  • Quelle est la fin de celui qui est dominé par les puissances démoniaques ? Cette fin, celle de l’homme assujetti et asservi par des passions diverses, est illustrée dans la mort des pourceaux.
  • Que pouvons-nous penser de la peur des gardiens, habitués qu’ils étaient à l’état de l’homme possédé ?
  • Que choisissent les hommes, face à la puissance de délivrance manifestée par Jésus ? Jean 3:19.
  • Quel enseignement tirer de la mission donnée à l’homme ainsi délivré ?
Au travers de ce phénomène extrême, il apparaît que les auteurs des évangiles synoptiques ont jugé important de relever cette scène pour que nous en tirions l’enseignement au travers des tableaux qu’elle nous présente : la condition extrême de l’homme, les pourceaux précipités dans la mer, et la demande expresse que Jésus se retire et ne les perturbe pas d’avantage.
 
Arrêtons-nous maintenant sur le désir profond de cet homme délivré. Où pourrait-il être mieux qu’auprès de Jésus ? Et sans doute serions-nous tentés de penser qu’il avait beaucoup de choses à apprendre, mais sa connaissance ne vient pas de l’étude ou de la réflexion, il sait une chose, et elle est essentielle : autrefois il était dans la plus profonde désolation, et maintenant il est délivré. Nous pouvons voir un certain parallèle avec l’aveugle-né guéri par le Seigneur. Il ne peut pas prononcer de discours, mais ce qu’il pouvait dire, et il l’a dit : "J’étais perdu, et maintenant je vis !" (Jean 9:25).

 
5:21-43  La fille de Jaïrus et la femme infirme...
Matthieu 9:18-26 et Luc 8:40-56

A Capharnaüm, on ne peut avoir oublié la scène de la synagogue quelques semaines auparavant sans doute (Marc 1:21-28). Et nous voyons un des responsables de la synagogue poussé à se tourner vers Jésus, et manifestant une réelle foi tandis qu’il traversait une douloureuse épreuve. Et en même temps, une femme du peuple, infirme, entreprend une démarche connue d’elle seule et manifeste une foi qui réjouit le Seigneur.

21 Et Jésus, ayant encore repassé à l'autre rive, dans la nacelle, une grande foule se rassembla auprès de lui ; et il était au bord de la mer. 22 Et un des chefs de synagogue, nommé Jaïrus, vient ; et le voyant, il se jette à ses pieds ; 23 et il le suppliait instamment, disant : Ma fille est à l'extrémité ; je te prie de venir et de lui imposer les mains, afin qu'elle soit sauvée, et qu'elle vive. 24 Et il s'en alla avec lui ; et une grande foule le suivit, et elle le pressait.
 
25 Et une femme qui avait une perte de sang depuis douze ans, 26 et qui avait beaucoup souffert d'un grand nombre de médecins, et avait dépensé tout son bien, et n'en avait retiré aucun profit, mais plutôt allait en empirant, 27 ayant ouï parler de Jésus, vint dans la foule par derrière, et toucha son vêtement ; 28 car elle disait : Si je touche, ne fût-ce que ses vêtements, je serai guérie. 29 Et aussitôt son flux de sang tarit ; et elle connut en son corps qu'elle était guérie du fléau. 30 Et aussitôt Jésus, connaissant en lui-même la puissance qui était sortie de lui, se retournant dans la foule, dit : Qui a touché mes vêtements ? 31 Et ses disciples lui dirent : Tu vois la foule qui te presse, et tu dis : Qui m'a touché ? 32 Et il regardait tout à l'entour pour voir celle qui avait fait cela. 33 Et la femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint et se jeta devant lui, et lui déclara toute la vérité. 34 Et il lui dit : Ma fille, ta foi t'a guérie ; va en paix, et sois guérie de ton fléau.
 
35 Comme il parlait encore, il vient des gens de chez le chef de synagogue, disant : Ta fille est morte ; pourquoi tourmentes-tu encore le maître ? 36 Et Jésus, ayant entendu la parole qui avait été dite, dit aussitôt au chef de synagogue : Ne crains pas, crois seulement. 37 Et il ne permit à personne de le suivre, sinon à Pierre et à Jacques et à Jean le frère de Jacques. 38 Et il vient à la maison du chef de synagogue ; et il voit le tumulte, et ceux qui pleuraient et jetaient de grands cris. 39 Et étant entré, il leur dit : Pourquoi faites-vous ce tumulte, et pourquoi pleurez-vous ? L'enfant n'est pas morte, mais elle dort. 40 Et ils se riaient de lui. Mais les ayant tous mis dehors, il prend le père de l'enfant et la mère, et ceux qui étaient avec lui, et entre là où l'enfant était couchée. 41 Et ayant pris la main de l'enfant, il lui dit : Talitha coumi ; ce qui, interprété, est : Jeune fille, je te dis, lève-toi. 42 Et aussitôt la jeune fille se leva et marcha, car elle avait douze ans ; et ils furent transportés d'une grande admiration. 43 Et il leur enjoignit fort que personne ne le sût ; et il dit qu'on lui donnât à manger.
  • Que dire de Jaïrus, allant à Jésus alors que des notables venus de Jérusalem s’opposaient ouvertement ? Marc 3:6, 3:22-30.
  • Jésus est retardé sur la route ! Observons le comportement de cette femme infirme, “au bout du rouleau” dirions-nous et allant à Jésus. Pensons à cette démarche tout à fait personnelle, secrète... Et qui a au fond d’elle-même une telle conviction !
  • C’est assurément le Seigneur qui l’a guérie ! Pourquoi dit-il “Ta foi t’a guérie” ? Hébreux 10:38, Habacuc 2:4.
  • Revenant à Jaïrus, nous voyons la dureté de l’épreuve s’abattre davantage encore. Que dire de la parole du Seigneur : “Ne crains pas, crois seulement” ? Ezéchiel 34:11-16.
Une vie paraissait s’éteindre après douze années, et une autre vie était une douleur continuelle depuis autant d’années ! Ainsi un tableau est déployé devant nous, dans la superposition de ces deux vies et la coïncidence des événements, jusqu’à ce que le Seigneur donne la vie, la santé de l’âme. N’avait-il pas dit que ce sont les malades qui ont besoin de médecin (Marc 2:17). Et Il est là celui qui a dit : "Je suis venu afin qu'elles aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance" (Jean 10:10).
 
Qui pourrait douter, après cela, que l’opposition au Seigneur, les complots contre lui, les troubles provoqués par quelques personnes importantes puissent être des freins à la naissance de la foi dans les âmes ? Ces scènes se passaient à Capharnaüm où des notables étaient venus de Jérusalem pour casser cet engouement du peuple tourné vers Jésus, en disant que celui-ci était lié à des puissances sataniques (Marc 3:22).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Marc 6:1-44 La Bonne nouvelle se répand


 

6:1-8:26  Le Messie rejeté

 
La renommée de Jésus s’étend malgré les mises en gardes de personnes importantes venus de Jérusalem. Certes, ce n’est pas un mouvement qui s’organise, mais des âmes sont touchées. Et un trouble s'installe bien naturellement dans la population passant de l'émerveillement à l'étonnement, car si l'on aime écouter Jésus, et si l'on est émerveillé des miracles qu'il accomplissait, il se fait que des hommes religieux habituellement écoutés s'opposent à ce prophète auprès duquel la foule se pressait...

 
6:1-44  La bonne nouvelle se répand

 
Il faut bien comprendre cependant que la question pouvait être difficile pour plusieurs, car on avait vu Jésus grandir à Nazareth, et ce même homme maintenant exerçait un si grand ascendant sur les foules. Pour certains, l’inquiétude vient de leur mauvaise vie, comme Hérode. Et les conducteurs religieux pouvaient éprouver de la jalousie. Mais, quoiqu’il en soit, la bonne nouvelle est proclamée, et l’on vient nombreux pour entendre les paroles de la grâce et espérer voir quelque miracle.

 
6:1-6  Le Messie rejeté de Nazareth
Matthieu 13:53-58

Le charpentier de Nazareth pourrait-il être le Messie d’Israël ? Telle est la question qui se posait à la synagogue… On peut bien comprendre la réaction des gens de Nazareth, car la surprise est de taille : un artisan, travailleur consciencieux dont tout le monde était satisfait (Luc 2:52), qui n’a pas appris les lettres auprès des grands théologiens, quoique, jeune encore, il pouvait étonner des docteurs de la loi par ses questions (Luc 2.47)… Et ses paroles étaient soutenues par des miracles dont la réalité ne pouvait être mise en doute, des miracles qui attestaient de la venue du Royaume de Dieu ! Pensons à une telle scène…

6  1 Et il sortit de là, et vint dans son pays ; et ses disciples le suivent. 2 Et le sabbat étant venu, il se mit à enseigner dans la synagogue ; et plusieurs, l'ayant entendu, étaient dans l'étonnement, disant : D'où viennent ces choses à celui-ci ? Et quelle est cette sagesse qui lui est donnée, et d'où vient que de tels miracles s'opèrent par ses mains ? 3 Celui-ci n'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques et de Joses et de Jude et de Simon ; et ses sœurs ne sont-elles pas ici auprès de nous ? Et ils étaient scandalisés en lui. 4 Et Jésus leur dit : Un prophète n'est pas sans honneur, si ce n'est dans son pays et parmi ses parents et dans sa maison. 5 Et il ne put faire là aucun miracle, sinon qu'il imposa les mains à un petit nombre d'infirmes, et les guérit. 6 Et il s'étonnait de leur incrédulité ; et il visitait l'un après l'autre les villages à la ronde, en enseignant.
  • Que produit ce contraste entre le charpentier consciencieux et le prophète grand en paroles et en puissance ? Vers.2.
  • Quelles sont les conséquences de cette incrédulité?
Gardons-nous de passer rapidement sur un tel passage, et ne soyons pas étonnées à notre tour ! Pensons-nous que l’homme ait changé ? Aujourd’hui, pour être entendu, il faut d’abord la reconnaissance de quelques notables, un diplôme aussi est fort utile… Et tout homme est naturellement catalogué, ce qui fait qu’il y a souvent une certaine retenue à recevoir d’une personne ce qui n’est pas dans son statut de donner… Et il en est ainsi pour Jésus qui avait grandi à Nazareth, fils du charpentier, et charpentier lui-même…

 
6:7-13  Envoi des douze apôtres
Matthieu 10:5-11:1 et Luc 9:1-6

Rien ne peut toutefois arrêter l’annonce de la bonne nouvelle. Si la réception de Jésus dans sa contrée est mitigée, cela n’empêchait pas d’aller plus loin, de ratisser plus large. Aussi les douze sont-ils envoyés, deux à deux, avec des consignes précises.

7 Et il appelle les douze ; et il se mit à les envoyer deux à deux, et leur donna autorité sur les esprits immondes. 8 Et il leur commanda de ne rien prendre pour le chemin, si ce n'est un bâton seulement, ni sac, ni pain, ni monnaie dans leur ceinture, 9 mais d'être chaussés de sandales ; et ne portez pas deux tuniques. 10 Et il leur dit : Partout où vous entrerez dans une maison, demeurez-y jusqu'à ce que vous partiez de là ; 11 et tous ceux qui ne vous recevront pas et ne vous écouteront pas, quand vous partirez de là, secouez la poussière de dessous vos pieds, pour leur servir de témoignage. 12 Et étant partis, ils prêchèrent qu'on se repentît, 13 et chassèrent beaucoup de démons, et oignirent d'huile beaucoup d'infirmes et les guérirent.
  • Pourquoi le Seigneur leur dit-il d’aller deux à deux ? Et de ne prendre aucune provision ? Deutéronome 17:6, 25:4, 1 Timothée 5:18. Quel est l’état d’esprit attendu des envoyés du Seigneur, relevé par cette mention de ne pas aller de maison en maison dans une même ville ?
  • Les envoyés pouvaient-il s’établir à demeurre dans une localité particulière ?
  • Et que dire des pieds chaussés de sandales? Exode 12:11, Amos 2:6 et 8:6.
Assurément, la sandale n’est pas la chaussure de celui qui va à la guerre (Marc 9:5), ni la chausse de cuir fin du notable (Ézéchiel 16:10). Les envoyés vont aller modestement, comme des pélerins, annonçant la bonne nouvelle et rendant témoignage à Jésus. Ce n’est pas par leur apparence qu’ils seront reconnus. Des signes, des miracles, confirmeront leurs dires auprès des populations visitées. Cet enseignement mérite d’être retenu…

 
6:14-29  Questions d’Hérode
Matthieu 14:1-12, Luc 9:7-9 et 3:19-20

Qui donc est ce Jésus dont tout le monde parlait, tellement son passage en Galilée remuait les populations ? Est-il Élie qui devait venir (Malachie 4:5) ? Ce serait alors l’aube des temps messianiques. Ou bien Jésus est-il un prophète comme les autres qui s’étaient succédés ? Ces questions se posaient, et elles sont bien opportunes, encore qu’il eût mieux valu écouter et comprendre ! Mais quand la conscience n’est pas à l’aise, alors la même question prend un tour bien personnel ; c’est la situation d’Hérode. Et Marc expose pourquoi ce roi est ainsi secoué…

14 Et le roi Hérode ouït parler de lui, car son nom était devenu public ; et il dit : Jean le baptiseur est ressuscité d'entre les morts ; et c'est pourquoi les miracles s'opèrent par lui. 15 Et d'autres disaient : C'est Élie ; et d'autres disaient : C'est un prophète, comme un des prophètes. 16 Mais Hérode, ayant appris ce qu'il faisait, dit : C'est Jean que j'ai fait décapiter ; il est ressuscité d'entre les morts. 17 Car Hérode lui-même avait envoyé prendre Jean, et l'avait fait lier dans une prison, à cause d'Hérodias, la femme de Philippe son frère ; car il l'avait épousée. 18 Car Jean disait à Hérode : Il ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton frère. 19 Et Hérodias lui en voulait, et aurait désiré le faire mourir ; et elle ne pouvait pas, 20 car Hérode craignait Jean, le sachant homme juste et saint, et il le gardait soigneusement ; et lorsqu'il l'avait entendu, il faisait beaucoup de choses, et il l'écoutait volontiers. 21 Et un jour favorable étant venu, lorsque Hérode, le jour anniversaire de sa naissance, donnait un repas à ses grands seigneurs, et aux chiliarques, et aux principaux de la Galilée ; 22 et la fille de cette même Hérodias, étant entrée et ayant dansé, plut à Hérode et à ceux qui étaient à table avec lui. Et le roi dit à la jeune fille : Demande-moi tout ce que tu voudras, et je te le donnerai. 23 Et il lui jura : Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, jusqu'à la moitié de mon royaume. 24 Et elle sortit et dit à sa mère : Que dois-je demander ? Et celle-ci dit : La tête de Jean le baptiseur. 25 Et aussitôt elle entra avec empressement vers le roi, et fit sa demande, disant : Je veux que sur-le-champ tu me donnes dans un plat la tête de Jean le baptiseur. 26 Et le roi en fut très-attristé, mais, à cause des serments et de ceux qui étaient à table avec lui, il ne voulut pas lui manquer de parole. 27 Et le roi aussitôt envoya un de ses satellites, et lui commanda d'apporter la tête de Jean. Et celui-ci, s'en étant allé, le décapita dans la prison, 28 et apporta sa tête dans un plat, et la donna à la jeune fille ; et la jeune fille la donna à sa mère. 29 Et ses disciples, l'ayant appris, vinrent et enlevèrent son corps et le mirent dans un sépulcre.
  • Voyons l’histoire des hommes, et réfléchissons à cette scène cruelle pour nous pénétrer qu’elle pourrait se représenter aujourd’hui ! En effet, ne dit-on pas que le dernier siècle fut un des plus sanglants de l’histoire ? Et ce siècle où nous vivons a vraiment mal commencé...
  • Pourquoi l’idée de la venue d’Élie émerge-t-elle parmi le peuple ? Et quelle est la réalité de l’époque ? Malachie 4:5, Marc 9:13.
Jean le baptiseur était venu dans la puissance d’Élie ; le texte de l’évangile illustre ce fait en signalant qu’ils portaient le même vêtement (2 Rois 1:8, Marc 1:6). Marc reviendra sur la question d’Élie, car le service de Jean le baptiseur ne couvre pas tout ce qui est dit par les prophètes touchant Élie qui viendra avant que le Messie paraisse en gloire (Marc 9:11-13). Il évoquera aussi la responsabilité des hommes qui n’ont pas discerné la venue de celui qui annonçait la venue du Messie.

 
6:30-44  Première multiplication des pains
Matthieu 14:13-21, Luc 9:10-17 et Jean 6:1-13

Les apôtres envoyés sont vraiment heureux de raconter ce qu’ils ont vécu , et le Seigneur les conduit en un lieu à l’écart, afin qu’ils puissent se reposer un peu. Mais est-il possible de trouver du repos quand tant de choses se passent et qu’un tel nombre de personnes désirent voir Jésus et l’entendre ?

30 Et les apôtres se rassemblent auprès de Jésus ; et ils lui racontèrent tout : et tout ce qu'ils avaient fait, et tout ce qu'ils avaient enseigné. 31 Et il leur dit : Venez à l'écart vous-mêmes dans un lieu désert, et reposez-vous un peu ; car il y avait beaucoup de gens qui allaient et qui venaient, et ils n'avaient pas même le loisir de manger. 32 Et ils s'en allèrent dans une nacelle en un lieu désert, à l'écart. 33 Et plusieurs les virent qui s'en allaient, et les reconnurent, et accoururent là, à pied, de toutes les villes, et arrivèrent avant eux, et se rassemblèrent auprès de lui.
 
34 Et Jésus, étant sorti, vit une grande foule ; et il fut ému de compassion envers eux, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger ; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. 35 Et comme l'heure était déjà fort avancée, ses disciples venant à lui, disent : Le lieu est désert et l'heure est déjà fort avancée, 36 renvoie-les, afin qu'ils s'en aillent dans les campagnes et les villages d'alentour, et qu'ils s'achètent du pain ; car ils n'ont rien à manger. 37 Et lui, répondant, leur dit : Vous, donnez-leur à manger. Et ils lui disent : Irons-nous acheter pour deux cents deniers de pain, et leur donnerons-nous à manger ? 38 Mais il leur dit : Combien de pains avez-vous ? Allez et regardez. Et quand ils le surent, ils disent : Cinq, et deux poissons. 39 Et il leur commanda de les faire tous asseoir par troupes sur l'herbe verte. 40 Et ils s'assirent en rangs, les uns de cent, et les autres de cinquante. 41 Et ayant pris les cinq pains et les deux poissons, et regardant vers le ciel, il bénit, et rompit les pains et les donna à ses disciples, afin qu'ils les missent devant eux ; et il partagea les deux poissons entre tous. 42 Et ils mangèrent tous, et furent rassasiés. 43 Et ils ramassèrent des morceaux douze paniers pleins, et des restes des poissons. 44 Et ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes.
  • Que penser de ces personnes si empressées d’aller auprès de Jésus, de l’écouter ? N’avaient-ils pas les scribes pour les enseigner ? Vers.34, Ezéchiel 34:1-9, Ésaïe 40:11.
  • A leur remarque bien compréhensible, que répond le Seigneur ? Et qu’ont-ils, eux, à apporter à cette foule ? Un nouvel enseignement pour les apôtres !
"Des brebis qui n’ont pas de berger !" Il faut s’arrêter sur les passages qui montrent l’état des mentalités aux jours où le Seigneur parcourait la terre d’Israël. Nous pouvons y trouver du zèle pour Dieu, comme Paul lui-même en rendra compte (Actes 26:7), mais aussi un grand formalisme, l’élaboration de règles qui, se fondant sur la Loi, en détournent l’esprit (Marc 7:5-9), et aussi des disputes théologiques entre les différents courants du judaïsme de l’époque (Matthieu 22:34, Actes 23:6-8).
 
L’importance du geste à l’adresse de ces nombreuses personnes qui étaient auprès de Jésus n’en rejaillit que davantage ! Il faut revenir à la parole que Jacob prononça : "le Dieu qui a été mon berger depuis que je suis jusqu'à ce jour" (Genèse 48:15), et voir ce qu’il en est au temps du Seigneur : un peuple sans guide, ayant perdu ses repères. Mais ceux qui se tournent vers Jésus disent alors, comme aujourd’hui : "Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin" (Esaïe 53:6). D’une côté, l’homme reconnaît son indépendance personnelle, confesse s’être éloigné du berger, et de l’autre, le Seigneur constate, avec compassion, qu’ils n’ont pas de berger … Et s’accomplit ainsi la parole du prophète Zacharie : "et je me mis à paître le troupeau… voire même les pauvres du troupeau" (Zacharie 11:7-11).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:32 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 05 à 08 | Commentaires (0) | Eric

Marc 6:45-7:23 Confrontations avec les pharisiens


 

6:45-7:23  Confrontation avec les pharisiens

 
Jamais le Seigneur ne saisit une situation pour établir par ses paroles et ses oeuves une quelconque autorité dans le pays, mais sa renommée ne pouvait que croître. Et malgré le fait qu’il se retire, s’en va en un lieu désert, chaque fois que la foule manifeste un grand empressement, l’inévitable devait se produire, à savoir de nouvelles confrontations... La tension ne cesse de monter.

 
6:45-52  Jésus se retire seul pour prier, puis marche sur la mer
Matthieu 14:22-33 et Jean 6:14-21

Les cinq mille hommes qui avaient pris part au repas miraculeux ne pouvaient qu’être saisis d’étonnement, et sans doute aussi d’une grande admiration. Mais une telle situation ne pouvait se prolonger, car le Seigneur n’était pas en recherche de renomée. Ce qu’il cherche à produire est un travail dans les consciences et les cœurs. Alors il congédie la foule et s’en va lui-même à l’écart. Il se retire seul avant une nouvelle confrontation avec les pharisiens, une nouvelle tempête… Et les disciples apprennent, dans une autre tempête, vers qui regarder pour garder confiance lorsque viennent les tourments.

45 Et aussitôt il contraignit ses disciples de monter dans la nacelle, et d'aller devant lui à l'autre rive, vers Bethsaïda, tandis qu'il renvoyait la foule. 46 Et leur ayant donné congé, il s'en alla sur une montagne pour prier.
 
47 Et le soir étant venu, la nacelle était au milieu de la mer, et lui, seul à terre. 48 Et les voyant se tourmenter à ramer, car le vent leur était contraire, vers la quatrième veille de la nuit, il vient vers eux, marchant sur la mer ; et il voulait passer à côté d'eux. 49 Mais eux, le voyant marcher sur la mer, crurent que c'était un fantôme, et ils poussèrent des cris ; 50 car ils le virent tous, et ils furent troublés. Et aussitôt il parla avec eux, et leur dit : Ayez bon courage ; c'est moi ; n'ayez point de peur. 51 Et il monta vers eux dans la nacelle, et le vent tomba. Et ils furent excessivement frappés et étonnés en eux-mêmes ; 52 car ils n'avaient pas été rendus intelligents par les pains, car leur cœur était endurci.
  • Que nous apprend la situation des discples ? Ils accomplissaient bien ce que le Seigneur leur avait demandé, et pourtant les vents sont contraires !
  • En permettant ce tourment, qu’est-ce que le Seigneur désirait produire en eux ? Vers.52.
Le Seigneur ne veut manifestement pas adapter les circonstances pour les disciples ; ils doivent aller contre le vent alors même qu’ils ne faisaient pas autre chose que de répondre à sa demande. Ils luttent pour tenir le cap, et la fatigue fait remonter en eux un réflexe de superstition lorsqu’ils voient comme un humain marchant sur la mer… Mais le Seigneur leur parle : "Ayez bon courage !" Un enseignement bien utile, car il en faudra du courage lorsqu’ils rameront dans ce monde dès la pentecôte, le Seigneur n’étant plus visible, et chargés qu’ils seront du message de bonne nouvelle, alors qu’ils seront plus que jamais face à des vents contraires…

 
6:53-56  Guérisons près de Génésareth
Matthieu 14:34-36

A Genésareth, bourgade proche de Capharnaüm, Jésus était connu ! Et dès qu’on le vit aborder, c’est avec précipitation que l’on conduisit à lui des malades et des infirmes, comme cela se passe désormais partout ou le Seigneur se rend…

53 Et ayant passé à l'autre rive, ils vinrent dans la contrée de Génésareth, et ils abordèrent. 54 Et comme ils sortaient de la nacelle, ils le reconnurent aussitôt ; 55 et ils coururent par tout le pays d'alentour, et se mirent à apporter de tous côtés dans de petits lits ceux qui se portaient mal, là où ils entendaient dire qu'il était. 56 Et où que ce fût qu'il entrât, dans les villages, ou dans les villes, ou dans les campagnes, ils plaçaient les infirmes dans les marchés et le priaient de les laisser toucher ne fût-ce que le bord de son vêtement ; et tous ceux qui le touchaient étaient guéris.
  • Quelle image donnent ces villes et villages où il semble qu’il y ait tant de malades, tant d’infirmes. Qu’évoque pour nous leur situation d’une part, et que penser de la lumière qui est allée jusqu’à eux ?
Les habitants de la région, et plus particulièrement ceux qui connaissaient la détresse sont manifestement émus. Il est clair que plusieurs connaissent une réponse immédiate à leur détresse. Jésus était pour eux la ressource providentielle qu’ils n’espéraient plus, ce qui est bien différent des disputes de mots et autres débats théologiques toujours actuels…

 
7:1-13  Jésus parle de la tradition des pharisiens
Matthieu 15:1-9

Toute la Galilée semble être en effervescence ! Il paraîtrait bien qu’il ne soit plus question que de guérisons, de nourriture dispensée miraculeusement et de paroles de grâces… Jésus serait-il un prophète ? Ou serait-ce Élie, selon qu’ils pouvaient comprendre la parole de Malachie (Malachie 4:5) ou encore le Messie, le Serviteur de Dieu qui devait rétablir Israël (Ésaïe 42:1) ? La situation était devenur telle que les autorités se devaient d’examiner la question et de fournir une réponse officielle afin que nul ne se détourne (Marc 3:22). Aussi des pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem vont à Jésus pour examiner ce qu’il en est…

7  1 Et les pharisiens et quelques-uns des scribes, qui étaient venus de Jérusalem, s'assemblent auprès de lui. 2 Et voyant quelques-uns de ses disciples mangeant du pain avec des mains souillées, c'est-à-dire non lavées... ; 3 car les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas qu'ils ne lavent soigneusement leurs mains, retenant la tradition des anciens ; 4 et étant de retour du marché, ils ne mangent pas qu'ils ne soient lavés. Et il y a beaucoup d'autres choses qu'ils ont reçues traditionnellement pour les observer, comme de laver les coupes, les pots, les vases d'airain, et les lits. 5 - Sur cela, les pharisiens et les scribes l'interrogent, disant : Pourquoi tes disciples ne marchent-ils pas selon la tradition des anciens, mais mangent-ils du pain avec des mains souillées ?
 
6 Mais lui, répondant, leur dit : Ésaïe a bien prophétisé de vous, hypocrites ; comme il est écrit : «Ce peuple-ci m'honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi ; 7 mais ils m'honorent en vain, enseignant, comme doctrines, des commandements d'hommes» [Esaïe 29:13]. 8 Car, laissant le commandement de Dieu, vous observez la tradition des hommes, de laver les pots et les coupes ; et vous faites beaucoup d'autres choses semblables. 9 Et il leur dit : Vous annulez bien le commandement de Dieu, afin de garder votre tradition. 10 Car Moïse a dit : «Honore ton père et ta mère» [Exode 20:12] ; et : «que celui qui médira de père ou de mère, meure de mort» [Exode 21:17] ; 11 mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Tout ce dont tu pourrais tirer profit de ma part est corban, c'est-à-dire don... 12 Et vous ne lui permettez plus de rien faire pour son père ou pour sa mère, 13 annulant la parole de Dieu par votre tradition que vous vous êtes transmise les uns aux autres ; et vous faites beaucoup de choses semblables.
  • Les disciples enfreingnaient-ils la Loi d’Israël ?
  • Pourquoi l’exemple du “corban” est-il évoqué ici, apparemment hors de propos ?
  • Allant au delà de la Loi, qu’en est-il de la tradition religieuse établie dans ces derniers siècles avant le croix ?
Ainsi que nous pouvons le lire, la tradition ajoutant règles sur règles n’était pas un fait nouveau. Ce fait avait déjà conduit à un sévère avertissement du prophète Ésaïe, bien avant l’exil à Babylone (Ésaïe 29:13), et, deux siècles plus tard, nous retrouvons une situation similaire parmi la descendance directe des réchappés qui revinrent à Jérusalem pour rebâtir le Temple (Malachie 1). Il semble que dans une large mesure, l’attachement à la Loi devint petit à petit une fin en soi, et apportait une expression forte de l’identité nationale, mais est-ce pour cela que la Loi avait été donnée ? L’identité nationale peut bien se satisfaire de l’oubli de Dieu lui-même. Et aux principes de la Loi de Moïse succédèrent des règles de plus en plus sophistiquées, hors de l’esprit de la Loi, et finalement en contradiction avec cet esprit. Ceci conduit à jugement sévère, car cette évolution soi-disant au nom de la Loi en arrive à l’annuler…

 
7:14-23  Ce qui souille l'homme
Matthieu 15:10-20

Marc poursuit son récit en résumant ce qui a été dit par Jésus, pour que les gens comprennent. Car ils entendent les principes des pharisiens, et ceux-ci sont réputés pour leur connaissance de la Bible… Qu’en est-il de cette coutume à laquelle ils tiennent tant ? Le Seigneur parle à la foule, selon qu’ils peuvent entendre, avant de s’adresser en particulier aux disciples, étant entrés dans la maison…

14 Et ayant de nouveau appelé la foule, il leur dit : Écoutez-moi, vous tous, et comprenez : 15 Il n'y a rien en dehors de l'homme, qui, entrant au dedans de lui, puisse le souiller ; mais les choses qui sortent de lui, ce sont celles qui souillent l'homme. 16 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende.
 
17 Et quand il fut entré dans la maison, s'étant retiré d'avec la foule, ses disciples l'interrogèrent touchant cette parabole. 18 Et il leur dit : Vous aussi, êtes-vous ainsi sans intelligence ? N'entendez-vous pas que tout ce qui est de dehors, entrant dans l'homme, ne peut pas le souiller, 19 parce que cela n'entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, et s'en va dans le lieu secret, purifiant toutes les viandes ? 20 Et il dit : Ce qui sort de l'homme, c'est là ce qui souille l'homme ; 21 car du dedans, du cœur des hommes, sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les meurtres, 22 les vols, la cupidité, les méchancetés, la fraude, l'impudicité, l'œil méchant, les injures, l'orgueil, la folie. 23 Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l'homme.
  • Que fait le Seigneur en disant aux gens qui l’écoutent : “Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende” ? Marc 4:9, 23, 7:16, 8:18, Actes 28:27, Zacharie 7:11.
  • Qu’est-ce qui souille l’homme ? Jacques revient sur cette question. Jacques 3:6.
Ces lignes sont une réelle mise en garde à l’égard de dérives léglistes, un chemin qui enferme l’homme dans des règles au lieu de lui apporter la liberté que donne la conscience de l’amour de Dieu. Et dans la clarté du texte, nous discernons le peu de valeur des rites inventés par les hommes et qui masquent en réalité ce qui est réellement dû à Dieu ! La réalité, ce que Dieu apprécie, c’est tout autre chose. Les prophètes, défenseurs de la Loi, en parlèrent si souvent, et nous lisons notamment : "Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ?" (Michée 6:8). Nous pourrions après cette lecture ajouter ces mots de notre lecture : "Que celui qui a des oreilles…".
 
Face aux outres vieillies, le Seigneur doit rendre plus évidents les fondements de la foi, et ainsi Marc, poursuivant son récit, nous place devant des scènes nouvelles, pleines de fraîcheur, qui se sont passées hors de la terre d’Israël (Marc 7:24-8:9).

 

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08:31 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 05 à 08 | Commentaires (0) | Eric

Marc 7:24-8:10 Parcours hors de la terre d'Israël


 

7:24-8:10  Parcours hors de la terre d’Israël

 
Les contradictions rencontrées en Galilée conduisent le Seigneur à aller plus loin, à la lisière des pays voisins. Ce n’est pas la première fois, car déjà nous avions vu le Seigneur en Décapole, à l’est du Jourdain. Mais ici, nous le trouvons au nord-ouest, aux confins de Tyr et de Sidon avant de se rendre à nouveau en Décapole.
 
Et ces scènes qui sont vue hors de la terre d’Israël sont un réel tableau donné en écho aux débats avec les pharisiens. A l’occasion de ces contradictions, le Seigneur a du revenir aux fondements de la relation avec Dieu, et maintenant nous voyons la foi agissante, des oreilles ouvertes et enfin une assistance nombreuse nourrie par le Seigneur dans cette terre étrangère.

 
7:24-30  La femme syrophénicienne
Matthieu 15:21-28

Ici encore, nous voyons que Jésus ne cherche pas la popularité, il passe dans la contrée de Tyr et Sidon, en Phénicie, tout en veillant à ne pas y être annoncé. Mais sa renomée l’a précédé. Une mère souffrant de voir les crises répétées de sa fille a conscience du pouvoir de ce Maître qui enseigne en Galilée. Sa fille est considérée comme possédée, car à l’époque on ne pouvait expliquer la maladie, et on ne pouvait la guérir ! Pensons au désarroi de cette mère. Mais elle a foi en Jésus… Et que fera-t-elle quand le Seigneur paraîtra lui refuser son aide, quand par ces paroles de Jésus elle pourrait être blessée ?

24 Et se levant, il s'en alla de là vers les frontières de Tyr et de Sidon ; et étant entré dans une maison, il ne voulait pas que personne le sût : et il ne put être caché ; 25 car une femme dont la fille avait un esprit immonde, ayant ouï parler de lui, vint et se jeta à ses pieds, 26 or la femme était grecque, syrophénicienne de race, et elle le pria qu'il chassât le démon hors de sa fille. 27 Et Jésus lui dit : Laisse premièrement rassasier les enfants ; car il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. 28 Et elle répondit et lui dit : Oui, Seigneur ; car même les chiens, sous la table, mangent des miettes des enfants. 29 Et il lui dit : À cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. 30 Et s'en allant en sa maison, elle trouva le démon sorti, et sa fille couchée sur le lit.
  • Cette mère est-elle blessée par les paroles de Jésus ? Pourquoi, pensons-nous, cette mère ainsi moralement bousculée ne s’effondre pas mais insiste ?
  • Et qu’est-ce qui ressort de sa réponse ? La réponse de la grâce à une étrangère est-elle unique dans l’histoire d’Israël ? Josué 6:25, Ruth 4:13.
La souffrance que cette mère connaît au regard de sa fille est trop forte, et sa foi en Jésus trop grande pour qu’elle puisse se résoudre à laisser prise, à s’asseoir dans la pensée que la grâce n’est pas pour elle. Sa douleur lui donne une audace remarquable et la conduit à une réponse pleine d’intelligence. Nous lisions dans un tout autre contexte cette parole : "que celui qui a des oreilles…". Ici, nous voyons une personne qui a compris l’essentiel, une personne qui a des oreilles, et un cœur, et la conscience forte de sa douleur ! Et sa foi est un modèle du fruit recherché par le Seigneur, cette mère syro-phénicienne exprime une véritable confiance en Dieu. Elle n’est pas instruite dans les doctrines, mais nous savons que si les doctrines sont ‘connaissance’, la foi est ‘vie’.

 
7:31-37  Guérison du sourd-muet en Décapole
Matthieu 15:29-31

Un autre miracle à l’étranger, en Décapole, là ou cet homme autrefois asservi à divers tourments, a fait connaître la puissance de Jésus (Marc 5:20). Les hommes de cette contrée avaient demandé à Jésus de s’en aller, mais au moment où il s’y retrouve, voici qu’on conduit jusqu’à lui un homme sourd. Le Seigneur mène cet homme à l’écart et opère de façon bien étrange. Qui donc est enseigné par ce geste ? D’autant plus que le Seigneur demande à cet homme de ne pas parler de sa guérison…

31 Et étant de nouveau parti des confins de Tyr et de Sidon, il vint vers la mer de Galilée, à travers le pays de Décapolis. 32 Et on lui amène un sourd qui parlait avec peine, et on le prie pour qu'il lui impose la main. 33 Et l'ayant tiré à l'écart, hors de la foule, il lui mit les doigts dans les oreilles ; et ayant craché, il lui toucha la langue ; 34 et regardant vers le ciel, il soupira, et lui dit : Ephphatha, c'est-à-dire, ouvre-toi. 35 Et aussitôt ses oreilles s'ouvrirent, et le lien de sa langue se délia, et il parlait distinctement. 36 Et Jésus leur enjoignit de ne le dire à personne ; mais plus il le leur défendait, d'autant plus ils le publiaient. 37 Et ils étaient extrêmement étonnés, disant : il fait toutes choses bien ; il fait entendre les sourds et parler les muets.
  • Jésus crache et, en accompagnant la guérison de ce symbole, donne vie à l’organe desséché, ce que nous voyons aussi pour deux aveugles, l’un à Bethsaïda (Marc 8:23) et l’autre à Jérusalem (Jean 9:6). Ne pouvait-il pas guérir cet homme d’une simple parole? Matthieu 8:8.
  • Qu’est-ce que les disciples peuvent apprendre par ce geste étrange accompagné d’un soupir ? Marc 4:9, 23, 7:16.
  • Que demande Jésus à ces gens de Décapole, témoins du miracle ? Comparons avec l’homme de Décapole libéré de son assuétude (Marc 5:19-20).
Il est vrai, une parole de Jésus et cet homme sourd qui parlait à peine eût pu être délivré de son infirmité. Mais ce geste du Seigneur semble bien faire écho à cette difficulté d’entendre la parole, ce qu’il constate dans son pays, en Galilée voisine notamment. Souvenons-nous de cette parole : "que celui qui a des oreilles pour entendre" (Marc 7:16). C’était en fait la grande question qui se posait parmi les fils d’Israël, et ici, dans ce geste à l’égard d’un étranger, une sorte d’illustration est donnée aux disciples, pour qu’ils comprennent les difficultés rencontrées dans leur propre contrée. Le soupir du Seigneur (vers.34) nous paraît se réfèrer davantage au fait que tant de personnes ont des oreilles pour ne pas entendre… comme Il soupirera encore quand un signe probant lui sera demandé, après tous ces miracles (Marc 8:12).

 
8:1-10  Seconde multiplication des pains
Matthieu 15:32-39

Est-ce le témoignage des témoins de la guérison du sourd-muet, est-ce le fruit du message de l’homme délivré de tant d’assuétudes (Marc 5:19-20) ? Toujours est-il que dans cette terre étrangère un auditoire important se trouve là depuis trois jours, sans n’avoir plus rien à manger…

8  1 En ces jours-là, comme il y avait là une fort grande foule, et qu'ils n'avaient rien à manger, Jésus, ayant appelé à lui ses disciples, leur dit : 2 Je suis ému de compassion envers la foule, car voici trois jours déjà qu'ils demeurent auprès de moi, et ils n'ont rien à manger ; 3 et si je les renvoie à jeun dans leurs maisons, ils tomberont en défaillance par le chemin ; car quelques-uns d'entre eux sont venus de loin. 4 Et ses disciples lui répondirent : D'où les pourra-t-on rassasier de pain, ici, dans le désert ? 5 Et il leur demanda : Combien avez-vous de pains ? Et ils dirent : Sept. 6 Et il commanda à la foule de s'asseoir sur la terre. Et ayant pris les sept pains, il rendit grâces et les rompit et les donna à ses disciples pour les mettre devant la foule : et ils les mirent devant elle. 7 Ils avaient aussi quelques petits poissons ; et ayant béni, il dit qu'ils les missent aussi devant la foule. 8 Et ils mangèrent et furent rassasiés ; et ils ramassèrent, des morceaux qui étaient de reste, sept corbeilles. 9 Or ceux qui avaient mangé étaient environ quatre mille. Et il les renvoya.
 
10 Et aussitôt, montant dans une nacelle avec ses disciples, il vint aux quartiers de Dalmanutha.
  • Soulignons l’attention et la prévention du Seigneur quant à son assistance. Vers.2.
  • Pourquoi Marc relate-t-il deux multiplications des pains, une en Galilée, et l’autre en Décapole ?
Deux multiplications des pains ! Gardons-nous de penser qu’il s’agisse d’une redite ! Avant tout, n’oublions pas que, des deux années de ministère public, seuls quelques faits sont mentionnés, et des scènes telles que celle-ci peuvent avoir eu lieu bien d’autres fois encore. C’est, à l’évidence, à dessein que Marc a présenté ces deux multiplications des pains. La première a lieu en terre d’Israël, et les corbeilles de restes sont au nombre de douze, une par tribu, car aucune n’est oubliée de Dieu. Ces corbeilles peuvent nous faire penser à la bénédiction promise dans une parole prophétique adressée aux exilés de Babylone et qui n’est pas acomplie, jusqu’à aujourd’hui (Ezéchiel 47:13). La seconde a lieu hors du pays, l’auditoire est essentiellement fait de non-juifs. Alors Marc indique qu’il y a de restes sept corbeilles, ce nombre évoquant la complétude selon Dieu – comme les sept esprits de Dieu et les sept lampes du chandelier – et l’achèvement de son œuvre comme il y a les sept jours de la création.
 
Le message et l’œuvre du Seigneur sont le pivot, pour Israël, passant du regard sur un peuple choisi à la vision prophétique du plan de Dieu pour l’humanité, cette vision qu’Abraham porta dès son appel (Genèse 12:3) et que les prophètes n’ont eu de cesse de le rappeler (Ézéchiel 38:23, Ésaïe 66:18, Zacharie 14:16, Psaumes 2:8, 47:8, 126:2…)
 
Le repas si étrange qui s’achève ne peut être prolongé, car quelles seraient les motivations de ceux qui se tiendraient là encore et encore ? Dès les restes mis dans les corbeilles, aussitôt, le Seigneur remonte sur le bâteau et retourne en Galilée, à Dalmanutha, ville proche de Magdala, sur la rive ouest de la mer de Galilée.

 

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08:28 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 05 à 08 | Commentaires (0) | Eric