20/06/2013

Jacques 1:1-18 - La foi mise à l'épreuve


 

L'épître de Jacques

Montre-moi ta foi sans œuvres,
et moi, par mes œuvres, je te montrerai ma foi.
Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien :
les démons aussi croient, et ils frissonnent.

Jacques 2:18-19


Jacques, le frère du Seigneur (Gal.1:19, Mat.13:55 et Marc 6:3) avait une charge importante parmi les chrétiens à Jérusalem. Nous le voyons intervenir avec autorité dans la grande question de la Loi concernant les croyants non Juifs (Actes 15:13) et cité par Paul comme étant une colonne dans l’assemblée (Gal.2:9). Il s’adresse ici aux Juifs de la diaspora ayant reçu le Messie.
 
La préoccupation de Jacques est avant tout pastorale. Il n’est pas question pour lui de poser à nouveau les fondements de la foi, mais de rappeler ce qui plait au Seigneur dans la marche pratique, autrement dit comment la foi s’exprime en vérité. Et il nous fait bien comprendre que « croire » n’est pas caractérisée par l’adhésion intellectuelle à une doctrine, fût-elle juste, mais par l’adhésion effective à l’enseignement reçu et l’engagement dans une marche pratique répondant à l’attente du Créateur, manifestant ainsi la réception effective de la vérité révélée. La foi s’exprime ainsi par l’entrée volontaire d’un homme dans la mission assignée à l’humanité par son Créateur, confirmée d’une manière particulière au peuple qu’Il a choisi pour être porteur du message de Dieu, et annoncée aujourd’hui à tous les hommes.
 
En d’autres mots, « croire ou ne pas croire » pouvait être un sujet de débat entre les Juifs, ou plus généralement entre les hommes, mais la foi est autre, elle est adhérence à la parole de Dieu, et engagement à la mettre en pratique, parce que l’on sait que tel est « le » chemin.
 
Jacques entre ainsi dans la ligne directe des prophètes, insistant sur la vie pratique qu’induit la reconnaissance de la parole de Dieu, selon ce qu’a exprimé par exemple le prophète Michée, disant : « Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ? » (Michée 6:8).
 
Dans son objectif exhortatif, Jacques aborde la question des œuvres non pour altérer cette réalité que l’homme ne peut être sauvé par ses œuvres, par ses mérites, mais pour souligner ce qu’est la véritable foi, celle qui plaît à Dieu, laquelle n’est pas du domaine des croyances ou des débats d’idées, mais de l’adhésion effective à la parole de Dieu dans un engagement à vivre pour Lui plaire.
 
Les recommandations pratiques se trouvent dans ces pages sous un triple éclairage :
à commencer comme manifestation de la foi (1:16-2:26),
ensuite sous l’angle de la sagesse (3:1-4:17),
et enfin dans la perspective du retour du Seigneur (5:1-20).

 
1:1  Adresse

L’épître est adressée à ceux de la dispersion. Nous pouvons dès lors comprendre qu’il s’agit d’un message aux juifs de la diaspora qui se sont tournés vers le Messie.

1    1  Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ, aux douze tribus dans la dispersion, salut!

Jacques adresse à « ses frères bien-aimés », en termes à la fois affectueux et sévères, une série de mises en garde, et fait un appel à leur réflexion personnelle… Et c’est bien ainsi qu’il faut lire l’épître, car chaque croyant est impliqué ; nous avons à nous demander en quelle mesure ces exhortations nous concernent… Et en tirer des conclusions pratiques.

 
1:2-18  La foi mise à l’épreuve

1:2-8  Le chemin du croyant

Dans cette épître, pas de doctrine, pas de mention du nouvel homme opposé au vieil homme – cet enseignement n’est pas nié, mais ce qui occupe Jacques, c’est l’existence de marques pratiques d’une vie de foi ! Et, en effet, si j’ai besoin pour moi-même des enseignements montrant combien je suis libre – il faut trouver là les encouragements, la réponse à des inquiétudes personnelles peut-être (Rom.7:24) – je ne peux me monter la tête par la réalité doctrinale ! Ce n’est pas là la profession chrétienne ! Ce qui compte, c’est la vie pratique ! Et pour cela Jacques entre directement dans le sujet, et il le fait comme un homme averti, avec autorité, sans concession à la faiblesse pourrions-nous dire…

2 Estimez-le comme une parfaite joie, mes frères, quand vous serez en butte à diverses épreuves, 3 sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. 4 Mais que la patience ait son œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, ne manquant de rien. 5 Et si quelqu’un de vous manque de sagesse, qu’il demande à Dieu qui donne à tous libéralement et qui ne fait pas de reproches, et il lui sera donné ; 6 mais qu’il demande avec foi, ne doutant nullement ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et jeté çà et là ; 7 or que cet homme-là ne pense pas qu’il recevra quoi que ce soit du Seigneur : 8 il est un homme incertain dans ses pensées, inconstant dans toutes ses voies.

  • La foi est-elle un chemin de facilité ? Parmi la multitude d’illustrations, nous pouvons lire 2 Cor.8:1-2 et 1 Pier.4:12.
  • Pensons-nous que les épreuves soient particulièrement envoyées sur les chrétiens ? (Rom.8:20-25).
  • Que produit l’épreuve sur le croyant, qu’elle soit une difficulté commune aux hommes, ou une peine endurée à cause de la foi? (2 Tim.3:17, Hébr.6:1, 1 Pier.5:9-10).
  • « Ne manquant de rien ! » écrit Jacques. Que veut-il dire par cette assertion ?
  • Un croyant peut-il s’appuyer seulement sur la sagesse d’autrui, s’en référer à un autre homme qui le dirigerait pas à pas ? (Rom.14:12).
Ainsi, Jacques entre directement dans le vif du sujet. Le croyant est pour ainsi dire mis au pied du mur pour passer, s’il y avait tendance, des proclamations de foi à l’examen de lui-même, regardant s’il est en mesure de montrer sa foi dans les faits. Dans les circonstances communes aux hommes, ou dans l’opprobre pour le nom de Christ, sa confiance doit se manifester dans la pratique de la vie ! Ce qui est autre chose, une autre vie, que de poursuivre son chemin tranquillement, fort de certitudes factices et d’assurances non étayées… C’est pourquoi Jacques écrit plus loin : « Bienheureux l’homme qui endure l’épreuve » (Jacq.1:12).
 
« Ne manquant de rien ! » Il s’agit ici, manifestement, des vertus spécifiquement chrétiennes, et nous voyons ici les trois thèmes de l’épître :
Patience : « Que la patience ait son œuvre parfaite ! »
Sagesse : « Si quelqu’un manque de sagesse… »
Foi : « Qu’il demande avec foi… »
« Demander la sagesse. » Nous trouvons au Livre d’Ésaïe ce que représente la sagesse pour un homme juif nourri de la Parole de Dieu. Évoquant le Messie qui devait venir, Ésaïe le présente tel qu’il devait paraître, rempli de sagesse : « L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel. » (Ésaïe 11:2). Ceci nous permet d’approcher ce que sagesse veut dire dans le cadre de la foi :
Sagesse et intelligence : la marche chrétienne. Job 38:36, Prov.2:6, Psaume 111:10, Éph.1:8, Col.1:9, Jacq.3:13, Apoc.13:18.
Conseil et force : le discernement et la force pour agir : 2 Tim.1:7.
Connaissance et crainte de Dieu : la connaissance de Dieu et la volonté de chercher à Lui plaire. Éph.1:17, 3:19, 4:13, Phil.3:8, Col.1:10, 2 Pier.1:2-3, 3:18, 1 Jean 5:20.

1:9-12  Endurer dans la patience

Nous voici placés devant une source très commune de difficultés que le croyant est appelé à vivre dans la foi ; il s’agit des inégalités sociales ! Voilà bien une réalité du monde qu’aucun courant social ne peut gommer, quoique, dans bien des civilisations, ces écarts de classe se soient atténués. Si nous devons le considérer dans la situation de l’époque, nous avons aussi à regarder au monde d’aujourd’hui où la misère ravage les deux tiers de l’humanité… Jacques jugeait nécessaire d’y faire allusion car ces écarts sociaux doivent se vivre, parmi les chrétiens, en des cercles de foi où il est parlé de l’égalité des hommes. Devant Dieu il n’y a pas de différence, et pourtant il faut les accepter ici-bas… Dès les premiers jours de l’assemblée chrétienne, à Jérusalem, des questions sociales s’étaient manifestées, souvenons-nous de l’importance que prit la désignation des serviteurs chargés de l’assistance aux démunis (Actes 6:1-6). Jacques aborde ces questions tout en élevant les pensées.

9 Que le frère de basse condition se glorifie dans son élévation, 10 et le riche dans son abaissement, car il passera comme la fleur de l’herbe. 11 Car le soleil s’est levé avec sa brûlante chaleur et a séché l’herbe, et sa fleur est tombée, et la grâce de sa forme a péri : ainsi aussi le riche se flétrira dans ses voies.
  • En quoi pouvons-nous comprendre que le frère de basse condition soit élevé ?
  • Et comment le croyant doit-il considérer l’homme qui l’emploie à son service ? Et si le maître est croyant ? 1 Tim.6:1-2.
  • Et le riche dans les choses de ce monde, qu’en est-il de lui, de ses richesses ? Voir la source de l’expression de Jacques au Livre d’Ésaïe 40:6-8 et le passage parallèle de Pierre 1 Pier.1:24-25). Lire aussi Ecclésiaste 6.
Voici donc une allusion claire au fait que la situation sociale constitue une épreuve pour la foi permettant aux uns et aux autres de se positionner face aux « biens meilleurs et permanents » (Hébr.10:34). Ceci est un réel test pour le croyant ! Lisons également Hébr.13:16 et 1 Jean 3:17 et surtout l’enseignement de Paul à cet égard en 1 Tim.6:6-12.
 
Et, revenant au thème général de l’épreuve, ou du test de la foi comme nous pouvons le lire, Jacques conclut par une sentence forte, lourde de sens :

12 Bienheureux est l’homme qui endure l’épreuve ; car, quand il aura été manifesté fidèle par l’épreuve, il recevra la couronne de vie, qu’Il a promise à ceux qui l’aiment.

  • Que veut dire Jacques en évoquant une couronne ? Lire 1 Cor.9:24 et 2 Tim.2:5, et encore Phil.3:14 et les lettres aux sept assemblées en Apocalypse 2 et 3, en particulier Apoc.2:10.
  • Qu’évoque pour nous cette expression « ceux qui l’aiment » ? Quelle est la relation entretenue avec Dieu par l’homme qui « aime Dieu » ? Pourquoi peut-il en être ainsi ? Voir notamment Rom.8:28, 1 Cor.2:9, Éph.6:24, 2 Tim.4:8, Jacq.1:12 et 2:5, Apoc.3:19 et Jean 15:2.
Ces questions sont simples, mais ouvrent un champ de réflexion si large pour lequel nous pouvons examiner les Écritures. Celles-ci nous présentent des modèles remarquables, depuis le début, avec Abraham quittant son pays et sa famille (Genèse 12:1) et appelé « ami de Dieu » (Jac.2:23) jusqu’à ces croyants dont Dieu fit « son trésor particulier » (Malachie 3:16-17) en passant par des hommes de Dieu comme Jérémie le prophète, pour aboutir aux paroles de Pierre (2 Pierre 1:11) et celles adressées, au Livre de l’Apocalypse, à l’assemblée à Philadelphie (Apoc.3:10-12).
 
« Promise à ceux qui l’aiment ! »  Rappelons-nous la parabole des talents, et le contre-exemple de celui qui ne fit rien de son talent car il avait une certaine idée de Dieu, disant : « Maître, je te connaissais, que tu es un homme dur, moissonnant où tu n'as pas semé et recueillant où tu n'as pas répandu » (Matt.25:24). Voici qui est tout à l’opposé de la foi, autrement dit l’antithèse de l’adhésion au plan rédempteur de Dieu, et cela de la part de quelqu’un qui croit que Dieu est, comme Jacques explique plus loin (Jacq.2:19) ! Un tel homme refuse l’entrée dans la vie, la véritable vie. Voyons par contre ce qui est dit de « ceux qui l’aiment », outre Jacq.1:12 et 2:5, Rom.8:28, 1 Cor.2:9, Éph.6:24, 2 Tim.4:8, 1 Jean 5:1, Apoc.9:19 et Jean 15:2.
 
La question n’est pas ici celle d’un débat théologique sur la rédemption, mais d’une démarche tout à fait pratique touchant le choix de vie qui est profitable, comme il était déjà écrit : « j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives… » (Deut.30:19).

1:13-15  Mis à l’épreuve

Lorsque Jacques met en avant, comme épreuve, la condition sociale, nous avons compris que la simple vie de tout homme est « mise à l’épreuve de la foi ». Bien évidemment elle le sera particulièrement lorsque de grandes souffrances surviennent, mais déjà les simples actes de la vie d’un homme rendent compte du chemin qu’il a pris. Et Jacques ajoute à cela une autre réalité, très importante en fait, à savoir la compréhension des difficultés qui surviennent, car la mise en cause de Dieu par l’homme est fréquente, et il faut couper cours à un processus mental déresponsabilisant pour celui qui s’y livre.

13 Que nul, quand il est éprouvé, ne dise : Je suis tenté par Dieu ; — car Dieu ne peut être tenté par le mal, et lui ne tente personne. 14 Mais chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ; 15 puis la convoitise, ayant conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort.
  • Les « tentations », l’envie de faire ce que l’on sait devoir ne pas faire… Quand un choix doit être fait, qu’est-ce qui peut altérer le jugement et écarter quelqu’un du meilleur chemin ? Lire aussi Genèse 3:6 et 1 Jean 2:15-17. Voir 1 Cor.10:12-13, 1 Tim.6:9, 1 Pier.1:6 et 2 Pier.2:9.
Ainsi, dire « Je suis tenté par Dieu » est le fruit de l’affabulation d’un esprit exalté, faussement mystique ! Cette parole concerne, de fait, toute exaltation hors de propos. Cette mise en garde est bien nécessaire pour que le croyant demeure sobre dans sa réflexion. Lisons 1 Thes.5:8, Tite 2:1-8, 1 Pier.1:13, 5:8. Ainsi comprenons-nous que le chrétien doit manifester le calme bon sens d’un esprit réfléchi, nourri de la Parole de Dieu… Il y a des combats, cela ne peut être nié, voyons Romains 6 et 7 ; mais il y a aussi des ressources, comme nous le lisons notamment en Éph.6:10-18.

1:16-18  Un homme nouveau !

Nous voyons ainsi la préoccupation de Jacques quant à la vie pratique des chrétiens. Il y reviendra plus largement dans la suite de sa lettre. Mais achevant l’introduction de sa lettre, il lui fallait élever le regard du lecteur au niveau du plan divin sans lequel rien ne pourrait tenir de ce qu’il venait d’exprimer.

16 Ne vous égarez pas, mes frères bien-aimés : 17 tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières, en qui il n’y a pas de variation ou d’ombre de changement. 18 De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité, pour que nous soyons une sorte de prémices de ses créatures.
  • Le chemin présenté à l’homme est-il le fruit de sa propre réflexion, de quelque développement philosophique sur la manière de vivre ?
  • Qu’est-ce qui pourrait conduire le croyant dans l’égarement ? Col.2:4,8,16…, Éph.4:14, 1 Jean 2:26, Apoc.2:20.
  • Quel est le but de Dieu tandis qu’il fit connaître sa parole, « la parole de vérité » ? Lire Rom.6:4, 2 Cor.5:17, Gal.6:15, Éph.2:15, 4:24 et Jean 3:5-8.
Encore sur la terre, dans ses circonstances d’homme, le croyant est donc un signe d’une réalité transcendante, une nouvelle humanité où tout sera paix et bonheur ! Pierre parle de régénérations (1 Pier.1.23), et c’est de fait la même chose ! Cela est aussi soulignée par Paul : « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor.5.17, voir aussi Gal.6.15). Ce n’est pas une théorie : si je suis chrétien, j’ai une nouvelle vie, de nouvelles aspirations et cela devrait se manifester… voilà la question engagée par Jacques. Mais suis-je véritablement entré dans cette nouvelle vie ? Voilà ce que seule la pratique pourra démontrer.
 
L’apôtre entre maintenant dans le vif du sujet, développant ces pensées ramassées dans l’introduction qui s’achève. Il le fait en présentant les grands principes de la vie de foi et leur manifestation dans la vie.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Jacques 1:19-2:26 - La marche de la foi


 

1:19-2:26  La Marche de la Foi

Ayant souligné que les croyants sont comme des prémices d’une nouvelle humanité, des « prémices de ses créatures », Jacques poursuit en une description de cette nouvelle manière de vivre. Et dans son exposé nous trouvons des choses anciennes, la sagesse transmise depuis nombre de générations, et des choses nouvelles (Matt.13:52), parlant notamment de « la loi de la liberté », écho aux enseignements apostoliques établissant le bonheur qu’apporte le pardon acquis, en justice, par Christ à la Croix. (Rom.8:31, Gal.5:1, 2 Cor.3:17, 1 Pier.2:16).
 
Il y a dans cette « loi de la liberté » beaucoup de choses à dire. Et nous pouvons commencer par la Croix afin de comprendre ce que cela signifie. Pensons ! Beaucoup apprennent qu’ils doivent se rendre agréables à Dieu en vue d’être aimé de Lui ! Et que nous dit la première parole de la Croix, « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23:34), et nous y apprenons que l’amour de Dieu est là pour tous, et pour le méchant… Et ce n’est qu’un début de méditation. Il faut poursuivre cette réflexion personnellement et comprendre que le croyant, dès la Croix, sait qu’il est libéré de toutes ses entraves pour marcher avec Dieu. Ceci pouvait toutefois était déjà pressenti en quelque mesure par les Israélites.
 
En effet, ne pouvait-il pas comprendre cet appel lorsqu’ils considéraient l’appel d’Abraham : « Va pour toi, hors de ton pays, de ta parenté, de la maison de ton père » (Genèse 12:1). Le croyant prend alors la mesure de son appel à vivre : « Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta semence » (Deut.30:19), comprenant qu’il est libre de prendre sa vie en main, et qu’il est d’ailleurs invité à le faire… Et cela pour répondre à cette injonction à porter du fruit, le fruit du sarment attaché au Cep (Jean 15:1). Et s’il se sent retenu, limité, s’il s’écrie : « Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? », il en saisit immédiatement la réponse de grâce et exprime cette délivrance : « Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur… Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus ; car la loi de l'Esprit de vie dans le christ Jésus, m'a affranchi de la loi du péché et de la mort » (Rom.7:24-8:2).


 
1:19-27  Principe : Ecouter et mettre en pratique

Et nous ne sommes pas ici, par la plume de Jacques, devant des charges missionnaires, des œuvres dont on parle, mais devant la vie, tout simplement, la vie d’hommes et de femmes dans leur modeste simplicité… Et pourtant liée étroitement à la transcendance de Dieu, inscrite en profondeur dans le projet de Dieu pour l’humanité. Accomplir dans le quotidien ce qui est juste devant Dieu, tel est le propos ! Jacques reviendra au cours de sa lettre sur ce qu’est accomplir la « justice de Dieu » (vers.20), comme nous le trouvons aussi dans divers textes des commencements (Rom.6:22, Gal.5:22, Éph.5:9, Phil.1:11, Col.1:10, Hébr.12:11).

19 Ainsi, mes frères bien-aimés, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère ; 20 car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. 21 C’est pourquoi, rejetant toute saleté et tout débordement de malice, recevez avec douceur la parole implantée, qui a la puissance de sauver vos âmes. 22 Mais mettez la parole en pratique, et ne l’écoutez pas seulement, vous séduisant vous-mêmes. 23 Car si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui considère sa face naturelle dans un miroir ; 24 car il s’est considéré lui-même et s’en est allé, et aussitôt il a oublié quel il était. 25 Mais celui qui aura regardé de près dans la loi parfaite, celle de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais un faiseur d’œuvre, celui-là sera bienheureux dans son faire. 26 Si quelqu’un pense être religieux et qu’il ne tienne pas sa langue en bride, mais séduise son cœur, le service religieux de cet homme est vain. 27 Le service religieux pur et sans tache devant Dieu le Père, est celui-ci : de visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, de se conserver pur du monde.

  • Quelle paraît être la première chose à faire pour le croyant ? Lisons 1 Samuel 3:10, Job 42:4, Jérémie 13:15…
  • Et pourquoi écouter ? Matt.7:24-27, Jean 13:17. Voyons aussi dans la Loi, les Psaumes et les Prophètes… Deut.30:14, Psaume 37:3, Ésaïe 56:1.
  • Que dit Jacques de ceux qui s’arrêtent aux discours, qui se contentent de paroles, de débats ? Lire aussi 2 Pier.2:18, 1 Tim.6:20, 2 Tim.2:16.
  • Que veut donc dire Jacques, lorsqu’il parle de « regarder de près dans la loi parfaite » ? Matt.5:17.
« Mais mettez la parole en pratique, et ne l’écoutez pas seulement, vous séduisant vous-mêmes » Ceci met à terre toute prétention ! La connaissance du chemin n’est pas la marche… Que de doctrines élevées, de figures et de types sur lesquels on peut disserter, alors que simplement il nous faut nous aimer les uns les autres … « Considérer sa face naturelle dans un miroir »… L’ironie de cette expression devrait nous empêcher d’oublier la leçon…
 
« Mais celui qui aura regardé de près dans la loi parfaite… » « Parfaite », c’est-à-dire « accomplie »… Ne serait-ce pas de cela que parlait le Seigneur en disant : « Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (Matt.5:17) ? La Loi a été donnée par l’intermédiaire de Moïse (Jean 1:17, Rom.10:5) et par la suite, les prophètes ont compris et annoncé la rédemption (Michée 7:19), montrant ainsi que la Loi ne pouvait amener une âme à « mériter » l’avenir promis, non que la Loi soit faible en elle-même (Ésaïe 45:21), mais l’homme est marqué par son incapacité à répondre parfaitement à ses exigences (Rom.8:3). Et à la fin de ces temps, Jésus a parlé, et la vérité a été pleinement déployée, et en particulier « comment » Dieu répond avec justice au paradoxe énoncé si longtemps auparavant : « Éternel, l'Éternel ! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité, gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l'iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent… » (Exode 34:6-7)
 
A la croix, la révélation est achevée, complète, et le croyant est placé devant une loi parfaite, complètement révélée. Ceci étant, il n’est pas conduit à raisonner, mais à vivre dans cette liberté dont il a maintenant conscience, et cela dans les actes de tous les jours, avec sagesse… Jacques présente alors des principes de vie, et en particulier l’attention aux petits et aux faibles.

 
2:1-26  La pratique de la foi

En ce monde, le statut social détermine les comportements, et Jacques l’a évoqué déjà en introduction comme un fait pouvant mettre la foi à l’épreuve (Jacq.1:9-11). Et il partira d’attitudes bien communes à l’égard des disparités sociales pour apporter un autre enseignement, touchant la considération particulière que le monde manifeste envers les grands, les riches, les puissants… Rien de cela ne devrait se trouver parmi les chrétiens… Rien n’a changé ! De telles exhortations se trouvent déjà dans la Loi et les Prophètes (Deut.1:17,10:17, Psaume 82:2, Prov.28:21, Malachie 2:9). Ces considérations pratiques nous amènent à ce que Jacques appelle « la loi royale »

2:1-13  Aimer son prochain comme soi-même

Jacques part donc d’une scène fort commune, telle qu’elle peut se passer en tout lieu où des croyants se rassemblent – car tel est le seul sens, à l’époque, du terme « synagogue » ou, en hébreu, Beth Knesset ou « maison de l’assemblée ». A la suite de quoi il conduit le lecteur à réfléchir sur les rapports communs entre les hommes (vers.5) pour apporter la conclusion qui s’impose (vers.8-9) et aborder alors une réflexion plus générale (vers.10-12).

2    1 Mes frères, n’ayez pas la foi de notre seigneur Jésus Christ, seigneur de gloire, en faisant acception de personnes. 2 Car s’il entre dans votre synagogue un homme portant une bague d’or, en vêtements éclatants, et qu’il entre aussi un pauvre en vêtements sales, 3 et que vous regardiez vers celui qui porte les vêtements éclatants, et que vous disiez : Toi, assieds-toi ici à ton aise; et que vous disiez au pauvre : Toi, tiens-toi là debout ; ou : Assieds toi ici au bas de mon marchepied ; 4 n’avez-vous pas fait une distinction en vous-mêmes, et n’êtes-vous pas devenus des juges ayant de mauvaises pensées ?
 
5 Ecoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres quant au monde, riches en foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? 6 Mais vous, vous avez méprisé le pauvre. Les riches ne vous oppriment-ils pas, et ne sont-ce pas eux qui vous tirent devant les tribunaux ? 7 Ne sont-ce pas eux qui blasphèment le beau nom qui a été invoqué sur vous ? 8 Si en effet vous accomplissez la loi royale, selon l’écriture : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » [Lévitique 19:18], vous faites bien ; 9 mais si vous faites acception de personnes, vous commettez le péché, et vous êtes convaincus par la loi comme transgresseurs.
 
10 Car quiconque gardera toute la loi et faillira en un seul point, est coupable sur tous. 11 11 Car celui qui a dit : « Tu ne commettras pas adultère », a dit aussi : « Tu ne tueras pas ». Or si tu ne commets pas adultère, mais que tu tues, tu es devenu transgresseur de la loi. 12 12 Ainsi parlez, et ainsi agissez comme devant être jugés par la loi de la liberté ; 13 13 car le jugement est sans miséricorde pour celui qui n’a pas usé de miséricorde. La miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement.

  • Un homme riche, un homme pauvre ! Quelle est la différence devant Dieu ? Rom.2:11, Éph.6:9, Col.3:25, 1 Pier.1:17.
  • Pourquoi la loi citée, lue en Lévitique 19:18, est-elle appelée « royale » ? Considérons ce qu’en dit un scribe d’entre les Juifs (Matt.12:28-34) et les autres écrits néo-testamentaires (Rom.13:9, Gal.5:14).
  • Que dire des riches ? Il s’agit ici, à l’évidence, des choses du monde, comme nous pouvons le voir par exemple en Démétrius à Éphèse (Act.19:23-41).
  • Dans quelle catégorie se place l’homme, le croyant, qui fait acception de personnes ? Ceci à partir d’une circonstance que l’on qualifierait généralement de mineure (vers.1-4,9)…
  • Que comprendre du jugement évoqué ? Lire la parabole du serviteur sans pitié, Matt.18:21-35, et aussi 2 Cor.5:10.
Dieu connaît ce qui est dans l’homme, dans tout homme. Et Il est miséricordieux… Ceci étant, il y a un chemin pour l’homme, une voie qui plaise à Dieu, un manière de vivre qui exprime ce qui est attendu d’un homme… La parabole du serviteur impitoyable (Matt. 18:21-35) est sévère, comme l’est la pensée exprimée par Jacques, l’un et l’autre sont bien loin de « gommer » la responsabilité de l’homme devant Dieu ! Et pour nous, pouvons-nous penser qu’un homme saisi de la grâce de Dieu, pénétré de la miséricorde qu’il goûte pour lui-même, puisse lui-même manquer de miséricorde, être impitoyable avec ses proches, alors qu’il saurait de quoi il est lui-même pardonné, et goûterait la bénédiction qui repose sur lui par la grâce ? Cette question est posée, forte et claire, par Jacques. Certes,les apparences peuvent nous tromper dira Paul à Timothée, en ajoutant : « Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens » (2 Tim.2:19) et déjà au cours du ministère de Jésus, des hommes le suivirent un temps mais se retirèrent (Jean 6:66). Ils suivirent le Seigneur en gardant à l’esprit leurs propres pensées, leurs propres désirs, sans être saisis par le message de la grâce…

214-26  Faire des œuvres de foi

Reprenant encore la question des disparités sociales, Jacques avance dans la réflexion touchant la mise à l’épreuve de la foi, de l’adhésion à Dieu. Que sert de « dire, proclamer, affirmer » ? Est-ce cela qui emporte l’approbation de Dieu ? Est-ce cela qui sauve ? Les disputes de mots semblaient déjà bien fréquentes dans les rassemblements chrétiens du commencement. Et il faut bien réaliser qu’une vie occupée de discussions doctrinales est une vie de vanité, une vie stérile. Il faut lire les exhortations à Timothée à ce sujet (1 Tim.1:5-7 et 2 Tim.2:14). Aussi Jacques prend les lecteurs à témoin, et continue à les faire réfléchir…

14 Mes frères, quel profit y a-t-il si quelqu’un dit qu’il a la foi, et qu’il n’ait pas d’œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? 15 Et si un frère ou une sœur sont nus et manquent de leur nourriture de tous les jours, 16 et que quelqu’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et rassasiez-vous, — et que vous ne leur donniez pas les choses nécessaires pour le corps, quel profit y a-t-il ? 17 De même aussi la foi, si elle n’a pas d’œuvres, est morte par elle-même. 18 Mais quelqu’un dira : Tu as la foi, et moi j’ai des œuvres. Montre-moi ta foi sans œuvres, et moi, par mes œuvres, je te montrerai ma foi. 19 Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien : les démons aussi croient, et ils frissonnent. 20 Mais veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est morte ? 21 Abraham, notre père, n’a-t-il pas été justifié par des œuvres, ayant offert son fils Isaac sur l’autel ? 22 Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres ; et par les œuvres la foi fut rendue parfaite. 23 Et l’écriture a été accomplie qui dit : « Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice » [Genèse 15:6] ; et il a été appelé ami de Dieu. 24 Vous voyez qu’un homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement. 25 Et pareillement Rahab aussi, la prostituée, n’a-t-elle pas été justifiée par les œuvres, ayant reçu les messagers et les ayant mis dehors par un autre chemin ? 26 Car comme le corps sans esprit est mort, ainsi aussi la foi sans les œuvres est morte.

  • Lisons bien la question en tête de ce passage. L’opposition se trouve-t-elle entre la foi et les œuvres ? Ou plutôt entre « dire qu’on a la foi » et « manifester des œuvres » ? Vers.17,20,26.
  • La foi affirmée sans qu’elle ne se manifeste ! Comment est-elle appréciée ? Lire Jean 15:1-6 et Ézéchiel 15:1-8. Nous pouvons lire encore la parabole des talents (Matt.25:14-30, Luc 19:12-27).
  • La foi se situe-t-elle au niveau de l’intellect, croire ou ne pas croire que Dieu est ? Lire les deux exemples cités où la foi est illustrée par des actions qui la manifestent (Genèse 22 et Josué 2). Lire Hébreux 11:17-19 et 31.
Une proclamation de foi sans manifestation, sans que la vie pratique ne le montre, est une foi morte, comme il en est du figuier qui ne portait pas de fruit (Luc 13:6-9). La doctrine est là pour soutenir la foi, mais elle n’est pas une fin en soi : « Enfants, que personne ne vous égare : celui qui pratique la justice est juste, comme lui est juste ». (1 Jean 3:7).
 
Ainsi donc, nous pouvons conclure, comme le faisait Habacuc déjà, cinq siècles avant la Lettre de Jacques, que « le juste vivra par sa foi » (Habacuc 2:4, repris en Rom.1:17, Gal.3:11 et Hébr.10:38), en soulignant, afin de ne pas nous égarer, qu’il s’agit de « vie » et donc d’une foi qui est manifeste par la réalité des actes posés ! Et nous pouvons rappeler encore cette parole incontournable : « l'homme n'est pas justifié sur le principe des œuvres de loi… sur le principe des œuvres de loi nulle chair ne sera justifiée. » (Gal.2:16).
 
Bénissons notre Dieu pour sa miséricorde et la clarté du message qu’Il nous adresse par les Écritures ! Adhérer au message de Dieu, et à son projet pour l’homme, pour y marcher, comme Abraham « s’en alla pour lui-même… » Voilà la démarche du racheté de Dieu.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Jacques 3:1-4:17 - La Sagesse de la Foi


 

3:1-4:17  La Sagesse de la Foi

Un nouveau sujet est maintenant amené, du fait de la mise en contraste entre l’affirmation de la foi, et la réalité de la foi démontrée par des actes… Ce ne sont pas les développements doctrinaux, utiles certes, qui comptent, mais la pratique qu’ils soutiennent.
 
La sagesse ! Voilà la préoccupation centrale de Jacques, à savoir « que les croyants marchent avec sagesse ! » Et pour introduire ces exhortations, il met en évidence le danger de discuter sur des questions de mots, de doctrine, chacun pouvant être tenté d’y aller de son opinion personnelle… Et certes, cela peut un peu se comprendre, vu le temps, vu les inévitables questions relatives à la Loi de Moïse et, à l’accueil de croyants d’entre les nations comme nous le voyons à propos de Corneille (Actes 11:1-18) et dans cette page si importante de la grande réunion de Jérusalem (Actes 15:6-29). Mais si cela paraît difficile à éviter, il n’en demeure pas moins vrai que cette préoccupation peut conduire le croyant à passer à côté de la vraie vie… C’est aussi ce dont parle Paul à Timothée (2 Tim.4:3).

 
3:1-12  Avertissement : Contrôler ses paroles

Premier élément concernant les « docteurs », ceux même qui ont reçu un don à cet égard, comme il en est de Jacques. Remarquons qu'il écrit « nous » en parlant des docteurs (Jacq.3:1), et d'ailleurs nous le voyons à l’œuvre avec bonheur dans une décision importante en Actes 15:13-21. Il y a assurément des croyants ayant reçu un discernement tel qu’ils sont reconnus comme « docteurs » ou « maîtres », ou « enseignants », mais il ne s’agit pas de titre ou de fonction que l’on peut s’arroger… Celui qui enseigne n’est-il pas d'autant plus responsable quant à la mise en pratique de son enseignement ?

3    1 Ne soyez pas beaucoup de docteurs, mes frères, sachant que nous en recevrons un jugement plus sévère ; 2 car nous faillissons tous à plusieurs égards. Si quelqu’un ne faillit pas en paroles, celui-là est un homme parfait, capable de tenir aussi tout le corps en bride. 3 Voici, nous mettons les mors des chevaux dans leurs bouches, pour qu’ils nous obéissent, et nous dirigeons çà et là leur corps tout entier. 4 Voici, les navires aussi, qui sont si grands et qui sont poussés par des vents violents, sont dirigés çà et là par un très petit gouvernail, où que ce soit que le veuille l’impulsion de celui qui les gouverne. 5 Ainsi aussi la langue est un petit membre et elle se vante de grandes choses. Voici, un petit feu, quelle grande forêt allume-t-il ! 6 Et la langue est un feu. La langue, un monde d’iniquité, est établie parmi nos membres ; c’est elle qui souille tout le corps, et enflamme tout le cours de la nature, et est enflammée par la géhenne. 7 Car toute espèce de bêtes sauvages et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins, se dompte et a été domptée par l’espèce humaine ; 8 mais pour la langue, aucun des hommes ne peut la dompter : c’est un mal désordonné, plein d’un venin mortel. 9 Par elle nous bénissons le Seigneur et Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à la ressemblance de Dieu ; 10 de la même bouche procède la bénédiction et la malédiction. Mes frères, il ne devrait pas en être ainsi. 11 Une fontaine fait-elle jaillir par une même ouverture le doux et l’amer ? 12 Mes frères, un figuier peut-il produire des olives, ou une vigne, des figues ? De l’eau salée ne peut pas non plus faire de l’eau douce.

  • Qu’est la langue, la parole, relativement à l’homme tout entier ? Sur quoi Jacques porte-t-il l attention de ses lecteurs ?
  • Deux images sont choisies par Jacques, l’une positive, l’autre négative : le gouvernail et le feu. Que dit Jacques au croyant touchant la « langue » ? Qui seul peut la contrôler – pour se contrôler tout entier ?
  • Chacun n’est-il pas placé devant sa propre responsabilité quant aux paroles qu’il prononce ? Vers.9. Lire aussi Éph.4:29,5:4, Col.4:6.
  • Sur quoi Jacques revient-il à la fin du passage ? Pourquoi ? Matt.7:17-18, Luc 6:43-44, Jacq.2:14 et suiv.
L’enseignement de Jacques était bien présent à l’esprit de ses lecteurs. Nous trouvons des passages fort sérieux dans les Évangiles (Matt.15:10-11), et des exhortations sont aussi adressées par Paul (Éph.4:29). Ceci est une mise en garde majeure, assurément, et qui concerne le comportement général d’un homme, d’un croyant. Elle introduit un exposé bref et magistral de ce qu’est la sagesse selon Dieu. « L'homme sage de cœur sera appelé intelligent, et la douceur des lèvres accroît la science » (Prov.16:21).

 
3:13-18  Principe : La douceur de la sagesse

Un paragraphe fort important s’ouvre maintenant, exposé d’un principe général qu’il convient de considérer avec attention pour comprendre ce que douceur veut dire, « la douceur de la sagesse ». L’apôtre Paul en a parlé (Phil.4:5), et nous voyons, dans sa vie et ses écrits, que douceur n’est pas mollesse, et d’ailleurs nous le voyons dans l’exemple des prophètes d’Israël, à commencer par Moïse dont il est écrit qu’il était « très doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre » (Nombres 12:3). Et que dire du Seigneur lorsqu’il chassât les marchands du temple ? Ce geste très fort n’est-il pas produit par sa douceur envers les pauvres qui venaient adorer à Jérusalem et dont profitaient des marchands peu scrupuleux ?

13 Qui est sage et intelligent parmi vous ? Que par une bonne conduite il montre ses œuvres avec la douceur de la sagesse. 14 Mais si vous avez une jalousie amère et un esprit de querelle dans vos cœurs, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. 15 Ce n’est pas là la sagesse qui descend d’en haut, mais une sagesse terrestre, animale, diabolique. 16 Car où il y a de la jalousie et un esprit de querelle, là il y a du désordre et toute espèce de mauvaises actions. 17 Mais la sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite paisible, modérée, traitable, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie. 18 Or le fruit de la justice, dans la paix, se sème pour ceux qui procurent la paix.

  • Des hommes sages et intelligents ! Deut.1:13, Psaume 111:10, Prov.1:5, 18:15
  • La douceur est-elle dans les paroles ou dans les actes ? Envisageons la scène des marchands du temple (Marc.11:15-16, Jean 2:14-16), la fermeté de Moïse (Exode 32:19), ou encore les paroles fortes prononcées par Paul (Gal.3:1).
  • La vraie sagesse vient d’En-Haut ! Que penser de cette affirmation ? Jacq.1:5, et aussi Prov.8:12,22-36.
  • Il vaut la peine de s’arrêter sur chacun des huit caractères cités de la sagesse, car ils permettent de comprendre ce que sagesse selon Dieu veut dire…
  • Ne peut-on pas trouver à la fin de ce passage la réponse à la question posée au début : « Qui est sage et intelligent parmi vous ? » et trouver la synthèse de tout cet enseignement ? Lire aussi Matt.5:9.
Cette conclusion nous interpelle, car elle lie directement la vie du croyant à la pensée de Dieu, et à son plan de grâce. Entre nombre passages, nous lisons : « Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement… » (1 Thes.5:23) et nous nous souvenons que tel est le vœu prononcé si souvent dans les épîtres. Ceux qui procurent la paix sont reconnus comme marchant avec Dieu – appelés Fils de Dieu – et jouissent ainsi des fruits de leur propre justice…

 
4:1-5:6  Des écueils dans la vie du chrétien

Les propos que nous dirions « idylliques » qui précèdent ne reflètent pas l’état général des rassemblements chrétiens, car très vite le nombre de chrétiens s’accroissant, il se sont trouvés des hommes dont les motifs n’étaient pas purs, certains suivant le mouvement sans profond engagement. Bref, le premier amour s’était refroidi (Apoc.2:4). Aussi, loin de s’arrêter à présenter des principes, Jacques, esprit réaliste et pratique, évoque en termes extrêmement forts les écueils rencontrés. Cette violence de l’expression le rapproche de prophètes d’Israël, tels Osée ou Jérémie.
 
Les mots que nous qualifierions sans doute d’excessifs font paraître la grande crainte de débordements que les comportements constatés peuvent induire… Et qui pourrait nier aujourd’hui la pertinence de ces propos au vu de l’histoire de la chrétienté au cours des siècles qui suivirent ? Mais aussi, qui pourrait évoquer un échec, alors que les apôtres ont communiqué les paroles de Jésus disant à l’avance que l’ivraie se mêlerait au bon grain ? (Matt.13:25-30).

4:1-12  Parler l’un contre l’autre

Remarquons que, comme au paragraphe précédent, Jacques pose une question et termes forts pour n’apporter la réponse qu’en finale. Et ici, nous voyons au regard de ce petit commencement dans le manque de sagesse, les termes forts avec lesquels Jacques en parle. Certes, le style est imagé, car nous aurions difficile à penser que Jacques ait pu anticiper ce qui se passa dans la chrétienté quelques siècles plus tard, mais nous voyons se profiler une réalité bien commune, une double vie en quelque sorte, la piété extérieure et un mode de vie qui n’est pas transformé par la foi ! C’était déjà la situation rencontrée par le prophète Osée (Osée 6:4-6).

4    1 D’où viennent les guerres, et d’où les batailles parmi vous ? N’est-ce pas de cela, de vos voluptés qui combattent dans vos membres ? 2 Vous convoitez, et vous n’avez pas ; vous tuez et vous avez d’ardents désirs, et vous ne pouvez obtenir ; vous contestez et vous faites la guerre ; vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas ; 3 vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de le dépenser pour vos voluptés.
 
4 Adultères, ne savez-vous pas que l’amitié du monde est inimitié contre Dieu ? Quiconque donc voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu. 5 Ou pensez-vous que l’écriture parle en vain ? L’Esprit qui demeure en nous, désire-t-il avec envie ? 6 Mais il donne une plus grande grâce. C’est pourquoi il dit : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » [Prov.3:34]
 
7 Soumettez-vous donc à Dieu. Résistez au diable, et il s’enfuira de vous. 8 Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs, et purifiez vos cœurs, vous qui êtes doubles de cœur. 9 Sentez vos misères, et menez deuil et pleurez. Que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. 10 Soyez humbles devant le Seigneur, et il vous élèvera.
 
11 Ne parlez pas l’un contre l’autre, frères. Celui qui parle contre son frère ou qui juge son frère, parle contre la loi et juge la loi. Or si tu juges la loi, tu n’es pas un observateur de la loi, mais un juge. 12 Un seul est législateur et juge, celui qui peut sauver et détruire ; mais toi, qui es-tu qui juges ton prochain ?

  • Que voyons-nous dans les premiers versets de ce passage touchant une certaine double vie ? Et quel sens a la prière ?
  • Pourquoi Jacques parle-t-il d’adultères ? Comp. Osée 2:1-7 et lire 2 Cor.11:2, Éph.5:25-30, Apoc.19:7.
  • Le chrétien peut-il vaincre et marcher avec Dieu ? Rom.7:24-8:10, 16:12, Éph.6:13-18.
  • Quelle est la réponse à la question posée au commencement du passage ? Et, inversement, à quoi peut conduire le fait de « parler l’un contre l’autre » ?
  • Et que dire de l'humilité requise devant Dieu, suite de l'exhortation du verset 6 ? Lire Psaume 149:4, Ezéchiel 17:24, Matt.18:4,23:12.
« Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. » Voici un chemin toujours accessible, mais l’empruntons-nous ? Quel bonheur lorsque nous pouvons goûter que Dieu est avec nous, selon sa promesses… et selon son plus grand désir ! « Jésus répondit et lui dit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14:23).

4:13-17  Marcher sans Dieu dans la vie

Oui, un croyant peut vivre dans une certaine piété, fréquenter des services religieux, tout en marchant de fait sans Dieu. Qui pourrait nier que la référence à Dieu est souvent oubliée dans bien des décisions dans la vie… Aussi Jacques se doit d’en parler !

13 À vous maintenant, qui dites : Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ou telle ville, et nous y passerons une année, et nous trafiquerons et nous gagnerons, 14 vous qui ne savez pas ce qui arrivera le jour de demain ? car qu’est-ce que votre vie ? car elle n’est qu’une vapeur paraissant pour un peu de temps et puis disparaissant – 15 au lieu de dire : Si le Seigneur le veut et si nous vivons, nous ferons aussi ceci ou cela. 16 Mais maintenant vous vous glorifiez dans vos vanteries. Toute jactance pareille est mauvaise. 17 Pour celui donc qui sait faire le bien et qui ne le fait pas, pour lui c’est pécher.

  • Un homme maîtrise-t-il complètement son avenir ? Lire les Psaumes 90 et 144.
  • En évoquant la précarité de la vie, les incertitudes, Jacques veut-il conduire le croyant sur un chemin de fatalisme ?
  • Et à ceux qui ont des projets, que leur dit-il en conclusion de ce court paragraphe ?
Loin de penser à un quelconque fatalisme, Jacques indique qu’il faut demeurer modeste en avançant, en accomplissant ce que nous pensons bien d’accomplir. Cette dynamique de la vie répond à l’acte créateur de Dieu (Genèse 1:28,9:1) et ne change pas face aux perspectives de l’éternité. Mais c’est dans la manière d’appréhender les choses de la vie que la foi en Dieu, la confiance devrions-nous dire ici, se manifeste.

 

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Jacques 5:1-18 - La Patience de la Foi


 

5:1-18  La Patience de la foi

Ces pensées touchant les projets d’un homme à propos des nécessités de la vie en ce monde, telles que nous venons de le lire, ramènent Jacques sa préoccupation à l’égard de ses « bien-aimés frères ». Le croyant doit vivre au sein d’un monde qui connaît une réelle cause de désastre qui contribue largement à la souffrance des hommes, « la création a été assujettie à la vanité, non de sa volonté, mais à cause de celui qui l'a assujettie » (Romains 8:20).

 
5:1-6  Situation : L’injustice du monde

Assurément l’exploitation des plus faibles dans la société est une chose abominable devant Dieu. Les prophètes en ont témoigné bien souvent, avant comme après l’exil à Babylone Jérémie 22:13, Ézéchiel 22:29, Néhémie 5.1-5). Jacques en parle en des termes extrêmes, sans doute, mais l’histoire et l’actualité nous montrent que ces mots, dans leur violence même, ont toute leur place ; non pas comme une expression emphatique, mais un constat bien réaliste hélas !

5     1 À vous maintenant, riches ! Pleurez en poussant des cris, à cause des misères qui vont venir sur vous. 2 Vos richesses sont pourries et vos vêtements sont rongés par les vers ; 3 votre or et votre argent sont rouillés, et leur rouille sera en témoignage contre vous et dévorera votre chair comme le feu : vous avez amassé un trésor dans les derniers jours. 4 Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs et duquel ils ont été frustrés par vous, crie, et les cris de ceux qui ont moissonné sont parvenus aux oreilles du Seigneur Sabaoth. 5 Vous avez vécu dans les délices sur la terre, et vous vous êtes livrés aux voluptés ; vous avez rassasié vos cœurs comme en un jour de sacrifice ; 6 vous avez condamné, vous avez mis à mort le juste : il ne vous résiste pas.

  • Que valent les richesses de ce monde au regard de l’avenir attendu par le croyant ? Lisons les enseignements du Seigneur (Luc 12:13-34, 16:19-31), voyons ce qui est dit de Jésus lui-même (2 Cor.8:9) et considérons des enseignements pratiques (1 Tim.6).
  • Le Seigneur est-il insensible aux souffrances des pauvres ? Psaumes 9:18 et 72:12-13, Ésaïe 3:14-15, Zacharie 11:7-11.
  • Jusqu’où peut aller l’abus du pouvoir de l’argent, même dans l’enceinte de la chrétienté ? Apoc.2:13. Et quelle en est la fin ? Apoc.18.
Ce passage présente bien une certaine difficulté, car Jacques parlant à des chrétiens, jette cette invective à l’égard de riches, comme il s’en trouve, qui possèdent le monde et font ce qu’ils veulent des hommes qui subissent leur loi. Cette forme de discours est fréquente parmi les prophètes, lesquels, dans des invectives violentes, prononcent des paroles de malédiction à l’égard de personnes qui ne peuvent les entendre, pour que leur auditoire, des croyants, reçoivent un encouragement, une consolation. Nous lisons de telles paroles aux moments paroxystiques du désastre d’Israël. Ésaïe comme Jérémie ont ainsi prononcé des paroles à l’égard des envahisseurs et de tous les ennemis, voyons notamment Ésaïe 15 à 23 et Jérémie 46 à 51.
 
L’invective de Jacques est écrite en vue de conforter les croyants. Au regard de ses richesses inaliénables (Matt.6:19-21), ne souscrit-il pas à cette parole de Paul : « Or la piété avec le contentement est un grand gain » (1 Tim.6:6). Ainsi, après avoir parlé de la vie dans la confiance en Dieu (Jacq.4:13-17), l’auteur est conduit à dire à ces mêmes personnes ce qui arrivera à ceux qui s’appuient sur leurs richesses (au sens propre ou figuré) pour encourager les disciples qui éprouvent les difficultés dans leur chemin au sein d’un monde marqué par l’injustice.
 
Asaph, le Psalmiste, médita de cette injustice qui ravage le monde. Il éprouva une grande peine dans cette observation de la société qui l’entourait, mais au bout de sa méditation, il a considéré la fin… l’heure où chacun doit rendre des comptes (Psaume 73:2-3 et 16-19, Jérémie 17:10, Rom.14:12). Pour clôturer son épître, Jacques indique la voie : marcher avec patience !

 
5:7-8  Principe : Regarder à la venue du Seigneur

« Regarder la fin », tel fut le réflexe salutaire d’Asaph dans sa douloureuse méditation… (Psaume 73). Et telle est la conclusion de Jacques concernant l’injustice qui règne en ce monde, et la vie qu’il convient d’y manifester. Paul enjoint à la même démarche les croyants de Thessalonique soumis à l’opprobre, voire la persécution (2 Thess.2).
 
La première venue du Messie d’Israël ne pouvait apporter la paix en ce monde, le Seigneur l’a dit lui-même (Matt.10:34-36), car celle-ci ne viendra qu’en un jour de jugement dont les prophètes ont parlé (voir notamment Zacharie 12 et 13). Mais le chrétien attend la venue du Seigneur, comme le laboureur « attend le fruit précieux de la terre »…

7 Usez donc de patience, frères, jusqu’à la venue du Seigneur. Voici, le laboureur attend le fruit précieux de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il reçoive les pluies de la première et de la dernière saison. 8 Vous aussi, usez de patience; affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche.

  • Qu’est cette venue du Seigneur pour le croyant aujourd’hui ? Jean 14:1-3, 1 Thes.4:13-18, 1 Cor.15:51-53, 1 Jean 3:1-3.
  • Qu’ajoute à la parole de Jacques la mention de « précieux » pour le produit de la terre ?
  • Est-il évident d’être paisible, rempli de  l’espérance ?
Le laboureur a semé sa semence, et il attend les pluies de la première saison, celles de la germination, et ensuite les pluies assurant la croissance et contribuant ainsi à la maturité… Sans que Jacques ne poursuive sur ce parallèle, nous pouvons bien réfléchir à cette attente du laboureur, à l’état d’esprit que requiert cette activité professionnelle où l’on travaille et confie à la terre un espoir dont on ne verra le résultat que des mois plus tard, un résultat, au reste, soumis à bien des aléas.
 
Mais pour l’avenir du racheté, point d’aléas, les enseignements sont formels, voyons 1 Jean 3:1-3. La foi peut être vacillante, c’est pourquoi Jacques parle « d’affermir nos cœurs », ce qui est une exhortation bien fréquentes dans les épîtres (1 Cor.16:13, Phil.2:12,Col.1:23, Hébr.6:18, 2 Pier.1:19). Mais l’avenir ne repose pas sur la foi, mais sur la puissance du Seigneur. Et Il a promis disant « Je reviendrai ! » (Jean 14:1-3)…

 
5:9-20  L'exercice de la patience

Cette parution devant le Seigneur, « la bienheureuse espérance » (Tite 2:13) a des incidences pratiques bien évidentes, car « car il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu'il aura fait, soit bien, soit mal » (2 Cor.5:10). Ainsi Jacques évoque des aspects importants de la vie effective du croyant. Une vie qui est avant tout personnelle, mais aussi dans l’attention aux croyants avec lesquels nous faisons un bout de chemin.

59-11  Marcher dans la piété

La foi est une question personnelle d’abord, car la relation à Dieu ne se vit pas par procuration, comme l’exprima déjà Habacuc, en disant : « le juste vivra par sa foi » (Habacuc 2:4) et comme aussi Paul le souligne en regardant à la séance devant le Seigneur : « Chacun de nous rendra compte pour lui-même à Dieu » (Rom.14:12). Aussi Jacques adresse-t-il quelques préceptes de vie essentiels, non pour en attendre d’autrui la pratique, mais pour les vivre soi-même, selon qu’il est écrit : « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites ». (Jean 13:17)

9 Ne murmurez pas les uns contre les autres, frères, afin que vous ne soyez pas jugés : voici, le juge se tient devant la porte. 10 Mes frères, prenez pour exemple de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. 11 Voici, nous disons bienheureux ceux qui endurent l’épreuve avec patience. Vous avez ouï parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin du Seigneur, savoir que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux.

  • Que représentent les murmures, sont-ils compatibles à une vie à mener « dans la lumière » ? Lire Éph.5:8.
  • En évoquant les prophètes, et sans doute ceux d’Israël, nous voyons leur vie. Que fit le Seigneur pour Élie découragé ? 1 Rois 19.
  • L’histoire de Job est une récit édifiant pour nous montrer la douleur d’un homme, d’un homme pieux… Qu’indique ce livre relativement au regard de Job sur Dieu, à la fin, et quant au regard de Dieu sur l’homme ? Job 42.
Les ressentiments peuvent engendrer murmures à l’insu de la personne concernée… Ce sont des agissements de l’ombre, alors que le croyant est appelé à vivre dans la lumière ! Et n’est-il pas écrit : « C'est pourquoi toutes les choses que vous avez dites dans les ténèbres seront entendues dans la lumière, et ce dont vous avez parlé à l'oreille dans les chambres sera publié sur les toits ». (Luc 12:3) Et Pierre ajoute : « Car le temps est venu de commencer le jugement par la maison de Dieu » (1 Pier.4:17).
 
Que faire dans les circonstances où nous pourrions être enclins à murmurer ? Comment agir ? Là encore, c’est la foi qui doit paraître lorsqu’une difficulté survient. Jacques y revient (Jacq.1:12), et la leçon de Job est là pour nous montrer que les peines des hommes peuvent se prolonger, et les « pourquoi » monter vers Dieu, mais une réponse est donnée à la fin. Ce livre est un encouragement à la patience.

512-15  Attitude de vie

Comment se comporter vis-à-vis d’autrui, dans ce monde où les difficultés entre les hommes ne manquent pas ? Jacques n’épuise pas le sujet, mais il l’aborde en deux points importants : répondre à des accusations ou être sommé de rendre témoignage d’une part, et subir la maltraitance ou d’autres maux…

12 Mais avant toutes choses, mes frères, ne jurez pas, ni par le ciel, ni par la terre, ni par aucun autre serment ; mais que votre oui soit oui, et votre non, non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. 13 Quelqu’un parmi vous est-il maltraité, qu’il prie.
 
  Quelqu’un est-il joyeux, qu’il chante des cantiques.
14 Quelqu’un parmi vous est-il malade, qu’il appelle les anciens de l’assemblée, et qu’ils prient pour lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; 15 et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné.

  • En cas d’opposition ou d’accusation, quelle attitude avoir ? Et sur qui s’appuyer ?
  • Pourquoi un jugement avec imprécation conduirait-il à un jugement ?
  • Et l’état intérieur d’une âme ! Considérer deux états mis ici en opposition. Vers. 13b et 14.
  • Comment réagir au bonheur que l’on goûte ? Et comment entretenir cette joie ? Éph.5:19 et Col.3:16.
  • Le croyant découragé doit-il rester seul, souffrir seul, sans être entouré ?
Ainsi nous sommes placés devant un chemin de simplicité. Garder la simplicité de parole vis-à-vis des hommes – « que votre oui soit oui » ? et se tourner vers Dieu pour avoir du secours, pour tenir ferme sans découragement. Comment, en effet, vivre sans crainte en ce monde ? La réponse est simple : s’en remettre au Tout-Puissant.
 
Jacques met ensuite en opposition deux états : « Quelqu’un est-il joyeux… Quelqu’un est-il malade ». Pour le premier état, il convient de se souvenir de la source de la paix dans l’âme (Jean 15:11), mais cette joie peut se voiler, et l’âme rencontrer la lassitude, se trouver dans un état moral dépressif. Cette lassitude morale profonde peut avoir été causée par un sentiment de culpabilité ; ce sont des choses qui arrivent (Michée 6:13 et Ésaïe 33:20-24)… Alors il faut de l’aide, une compassion exprimée… mais pas par n’importe qui ! Car il faut que ceux qui viennent apporter leur soutient soient remplis de sagesse et d’expérience. Ce que nous lisons n’a rien de liturgique, de rituel, mais il s’agit d’un acte pratique de support, de soutient selon une pratique commune aux Juifs de cette époque. Comme nous voyons Job découragé recevant la visite de ses amis… Certes, il aurait mieux été que les trois amis soient empreints d’une vraie sagesse, mais nous voyons intervenir un quatrième, un sage, Elihu, qui contribua au relèvement moral de Job. Une histoire édifiante (Job 32).

516-20  La relation à autrui

Jacques poursuit ce développement, l’étendant aux rapports entre les hommes, et plus particulièrement entre ceux qui « marchent ensemble », ainsi que nous comprenons le début de ce paragraphe. « Quelqu’un est-il malade… » évoquait-il, et nous voyons ici : « en sorte que vous soyez guéris ». Plus question d’anciens toutefois, mais de l’attitude de tous les « frères » (Jacq.1:2), les uns envers les autres, selon que nous lisons par ailleurs : « chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres » (Phil.2:4).

16 Confessez donc vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre, en sorte que vous soyez guéris : la fervente supplication du juste peut beaucoup. 17 Élie était un homme ayant les mêmes passions que nous, et il pria avec instance qu’il ne plût pas, et il ne tomba pas de pluie sur la terre durant trois ans et six mois; 18 et il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit.
 
19 Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’égare de la vérité, et que quelqu’un le ramène, 20 qu’il sache que celui qui aura ramené un pécheur de l’égarement de son chemin, sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés.

  • Quelle est l’attitude active à manifester relativement à ceux qui nous entourent ? Quel gage du résultat Jacques donne-t-il ?
  • Cette attitude se limite-t-elle à ceux qui, à nos yeux, sont sur le bon chemin ? Lire aussi Hébr.4:1.
  • Comment comprendre qu’un croyant puisse avoir un tel impact sur autrui ?
Avant d’en arriver à un état de maladie, de dépression comme nous venons de le lire, il y a un chemin précieux… et qui est le seul chemin salvateur dans la vie en communauté… L’exemple d’Elie est à lire dans le sens que Dieu écoute la parole d’un homme fidèle (1 Rois 18).
 
Et le cercle de l’attention d’un croyant s’élargit à ceux qui paraissent s’égarer (Hébr.4:1), mais plus encore, à l’homme incrédule que l’on côtoie. Et s’il est un seul Dieu sauveur, si l’homme ne peut sauver quiconque (Psaume 49:8, Marc 10:27), Jacques souligne l’attribution du résultat de l’œuvre de Dieu à celui qui est aura été en quelque mesure l’intermédiaire, le témoin…

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Réflexions sur l'épître de Jacques


 

Réflexions

Une lette incisive

Nous pouvons être frappés par la fin abrupte de cette épître qui a conduit le lecteur à l’examen de sa propre foi, à l’observation de ses priorités dans la vie, de sa relation à Dieu, de sa relation à autrui, aux croyants qui l’entourent, à ceux qui sont en danger de s’écarter, et enfin aux hommes qui sont sur un chemin d’égarement…
 
Jacques a ici des accents prophétiques. Nous voyons combien un prophète comme Osée lui est familier, tant il s’exprime avec cette même force, avec violence même en quelques passages, mettant en garde les croyants afin qu’ils ne soient pas seulement adhérents à un courant de doctrine.

Une préoccupation majeure

La quête majeure de Jacques est de voir les croyants maîtriser leur propre vie, assumer une vie d’hommes et de femmes adultes dans leur adhésion au Christ, « accomplis » comme il est écrit ailleurs (2 Tim.3:17, 1 Pierre 5:10, Jacq.1:4). Et ainsi il leur adresse des paroles fortes leur enjoignant à s’assumer, se maîtriser, avoir une attitude responsable sans laisser-aller (1:6b,13,19, 3:13…), sans jugements hâtifs (2:1), et fuyant les vanités pour s’attacher à ce qui est la vraie vie (1:9-12, 4:1-17).
 
La foi, nous dit Jacques, est l’attachement à un tronc produisant la sève qui se manifeste dans les fruits, tel est le message essentiel, bien dans la ligne de l’enseignement du Seigneur lui-même : « Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel a perdu sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée ». (Matt.5:13-14). Et ainsi le lecteur est placé devant ses propres responsabilités, et qu’il ne dise pas que ses difficultés viennent de Dieu ! (Jacq.1:13). La grâce qui est faite au croyant est de pouvoir marcher dans la foi, avec sagesse et patience… assumant sa propre vie devant Dieu.

Une seule foi, avant comme après la Croix

Cette épître place sous notre regard une réalité intangible : la tradition de la foi est une, en quelque période qu’on la considère. La foi d’Abraham nous est donnée en exemple tandis que les prophètes l’ont illustrée au cours des siècles par leur vie et leur enseignement, tandis que le Livre des Psaumes en exprime la substance. Regardant aux rites particuliers du Temple décrits au Livre du Lévitique, nous y trouvons un rôle majeur, mais temporaire, car ils soulignent les faces diverses de la foi, cette foi au Dieu UN, le Dieu créateur et aussi juge suprême des actions des hommes. Le point central de la révélation que Dieu fit de lui-même, dès ces temps reculés, a été la rencontre de sa miséricorde et de la justice (Exode 34:6-7, Psaume 85:10). Les prophètes n’ont cessé d’évoquer le pardon de Dieu (Ésaïe 1:18, Michée 7:19). L’auteur du Livre de Job, pour citer un exemple, exprime la foi en la rédemption (Job 19:25, et les Psaumes soulignent de façon répétée la grâce de Dieu, seul fondement de la réconciliation de l’homme avec Dieu, seul chemin pour être mis à l’abri du jugement (Psaume 32:1-2). Cette grâce évoquée dès les premières pages de la Bible a été pleinement révélée au temps voulu de Dieu (Hébreux 1 et Jean, l’évangéliste, déclare avec force que l’attente des croyants se trouve dans la personne de Jésus, le Messie annoncé, disant : « La loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1:17).
 
Les croyants d’avant le Messie l’attendaient avec patience, l’image nous en est donnée en Nathanaël à l’abri de son figuier (Jean 1:49, Luc 21:29-30). Lorsque le Messie parut (Hébr.7:14), lumière au milieu des ténèbres (Ésaïe 9:2, Matt.4:16), la foi fit bien évidemment référence au Messie connu, et non plus attendu. Et dans la continuité de la foi, les chrétiens d’entre les Juifs poursuivirent leur pratique, la fréquentation du Temple, se retrouvant aussi dans leurs synagogues, tout en ayant des rencontres, des agapes (Jude 12), réunissant chrétiens juifs et non-juifs d’une localité. Et rapidement, sans loi exprimée, un jour a été mis à part pour la « fraction du pain » (Actes 2:42, 20:7, 1 Cor.11:26), le jour de la résurrection du Seigneur.
 
La Croix marque donc un tournant majeur dans l’histoire de la foi, mais n’altère pas son caractère, à savoir la conviction d’une dette envers le Créateur, et la confiance en la ressource de la grâce. Ainsi, lorsque Paul doit combattre les influences judaïques parmi les chrétiens de Galatie, il ne combat pas la foi de ses pères, mais la déviation opérée dans la pratique religieuse d’une fraction importante de son peuple, une grave déviation qui plaçait au sommet de la piété l’application de lois et de préceptes, alors que tout l’enseignement des prophètes était tourné vers la confiance en Dieu, la conviction de sa miséricorde (Ésaïe 30:15). Paul le déclare sans ambages : il y a une seule foi, comme il y a un seul Dieu (Éph.4:5-6). Si d’aucuns ont pensé trouver une opposition entre l’épître de Jacques et les écrits de Paul touchant l’impossibilité du salut par des œuvres, il faut se garder de cette analyse, car il n’y a d’opposition, redisons-le, qu’entre l’idée qu’un homme puisse être réconcilié avec Dieu par ses propres mérites, et le fait que Dieu seul peut déclarer juste un homme (Marc 10:27, Psaumes 32:1, 49:7-8). Et Dieu « déclare juste » tout homme qui adhère à sa parole de grâce, aujourd’hui, comme il en était aux temps d’avant la Croix (Rom.3:28, Psaume 32:1, Ésaïe 33:24). Ce qui était un mystère reçu par les croyants d’avant la croix, est pleinement révélé à Gogotha ; la Croix a déployé la justice de Dieu et rendu visible le fondement de sa miséricorde, selon cette parole annoncée cinq siècles plus tôt : « Il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris » (Ésaïe 53:5).
 
Ainsi l’épître de Jacques trouve parmi les écrits néo-testamentaires une place essentielle, car elle constitue un témoignage majeur à l’unicité de la foi en quelque époque qu’elle se soit vécue. Et Jacques déploie de façon succincte et forte le véritable caractère de la foi qui est adhésion au plan de Dieu dans l’obéissance à sa parole, et donc dans la praxis, la vie pratique du croyant.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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