20/06/2013

Jacques 3:1-4:17 - La Sagesse de la Foi


 

3:1-4:17  La Sagesse de la Foi

Un nouveau sujet est maintenant amené, du fait de la mise en contraste entre l’affirmation de la foi, et la réalité de la foi démontrée par des actes… Ce ne sont pas les développements doctrinaux, utiles certes, qui comptent, mais la pratique qu’ils soutiennent.
 
La sagesse ! Voilà la préoccupation centrale de Jacques, à savoir « que les croyants marchent avec sagesse ! » Et pour introduire ces exhortations, il met en évidence le danger de discuter sur des questions de mots, de doctrine, chacun pouvant être tenté d’y aller de son opinion personnelle… Et certes, cela peut un peu se comprendre, vu le temps, vu les inévitables questions relatives à la Loi de Moïse et, à l’accueil de croyants d’entre les nations comme nous le voyons à propos de Corneille (Actes 11:1-18) et dans cette page si importante de la grande réunion de Jérusalem (Actes 15:6-29). Mais si cela paraît difficile à éviter, il n’en demeure pas moins vrai que cette préoccupation peut conduire le croyant à passer à côté de la vraie vie… C’est aussi ce dont parle Paul à Timothée (2 Tim.4:3).

 
3:1-12  Avertissement : Contrôler ses paroles

Premier élément concernant les « docteurs », ceux même qui ont reçu un don à cet égard, comme il en est de Jacques. Remarquons qu'il écrit « nous » en parlant des docteurs (Jacq.3:1), et d'ailleurs nous le voyons à l’œuvre avec bonheur dans une décision importante en Actes 15:13-21. Il y a assurément des croyants ayant reçu un discernement tel qu’ils sont reconnus comme « docteurs » ou « maîtres », ou « enseignants », mais il ne s’agit pas de titre ou de fonction que l’on peut s’arroger… Celui qui enseigne n’est-il pas d'autant plus responsable quant à la mise en pratique de son enseignement ?

3    1 Ne soyez pas beaucoup de docteurs, mes frères, sachant que nous en recevrons un jugement plus sévère ; 2 car nous faillissons tous à plusieurs égards. Si quelqu’un ne faillit pas en paroles, celui-là est un homme parfait, capable de tenir aussi tout le corps en bride. 3 Voici, nous mettons les mors des chevaux dans leurs bouches, pour qu’ils nous obéissent, et nous dirigeons çà et là leur corps tout entier. 4 Voici, les navires aussi, qui sont si grands et qui sont poussés par des vents violents, sont dirigés çà et là par un très petit gouvernail, où que ce soit que le veuille l’impulsion de celui qui les gouverne. 5 Ainsi aussi la langue est un petit membre et elle se vante de grandes choses. Voici, un petit feu, quelle grande forêt allume-t-il ! 6 Et la langue est un feu. La langue, un monde d’iniquité, est établie parmi nos membres ; c’est elle qui souille tout le corps, et enflamme tout le cours de la nature, et est enflammée par la géhenne. 7 Car toute espèce de bêtes sauvages et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins, se dompte et a été domptée par l’espèce humaine ; 8 mais pour la langue, aucun des hommes ne peut la dompter : c’est un mal désordonné, plein d’un venin mortel. 9 Par elle nous bénissons le Seigneur et Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à la ressemblance de Dieu ; 10 de la même bouche procède la bénédiction et la malédiction. Mes frères, il ne devrait pas en être ainsi. 11 Une fontaine fait-elle jaillir par une même ouverture le doux et l’amer ? 12 Mes frères, un figuier peut-il produire des olives, ou une vigne, des figues ? De l’eau salée ne peut pas non plus faire de l’eau douce.

  • Qu’est la langue, la parole, relativement à l’homme tout entier ? Sur quoi Jacques porte-t-il l attention de ses lecteurs ?
  • Deux images sont choisies par Jacques, l’une positive, l’autre négative : le gouvernail et le feu. Que dit Jacques au croyant touchant la « langue » ? Qui seul peut la contrôler – pour se contrôler tout entier ?
  • Chacun n’est-il pas placé devant sa propre responsabilité quant aux paroles qu’il prononce ? Vers.9. Lire aussi Éph.4:29,5:4, Col.4:6.
  • Sur quoi Jacques revient-il à la fin du passage ? Pourquoi ? Matt.7:17-18, Luc 6:43-44, Jacq.2:14 et suiv.
L’enseignement de Jacques était bien présent à l’esprit de ses lecteurs. Nous trouvons des passages fort sérieux dans les Évangiles (Matt.15:10-11), et des exhortations sont aussi adressées par Paul (Éph.4:29). Ceci est une mise en garde majeure, assurément, et qui concerne le comportement général d’un homme, d’un croyant. Elle introduit un exposé bref et magistral de ce qu’est la sagesse selon Dieu. « L'homme sage de cœur sera appelé intelligent, et la douceur des lèvres accroît la science » (Prov.16:21).

 
3:13-18  Principe : La douceur de la sagesse

Un paragraphe fort important s’ouvre maintenant, exposé d’un principe général qu’il convient de considérer avec attention pour comprendre ce que douceur veut dire, « la douceur de la sagesse ». L’apôtre Paul en a parlé (Phil.4:5), et nous voyons, dans sa vie et ses écrits, que douceur n’est pas mollesse, et d’ailleurs nous le voyons dans l’exemple des prophètes d’Israël, à commencer par Moïse dont il est écrit qu’il était « très doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre » (Nombres 12:3). Et que dire du Seigneur lorsqu’il chassât les marchands du temple ? Ce geste très fort n’est-il pas produit par sa douceur envers les pauvres qui venaient adorer à Jérusalem et dont profitaient des marchands peu scrupuleux ?

13 Qui est sage et intelligent parmi vous ? Que par une bonne conduite il montre ses œuvres avec la douceur de la sagesse. 14 Mais si vous avez une jalousie amère et un esprit de querelle dans vos cœurs, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. 15 Ce n’est pas là la sagesse qui descend d’en haut, mais une sagesse terrestre, animale, diabolique. 16 Car où il y a de la jalousie et un esprit de querelle, là il y a du désordre et toute espèce de mauvaises actions. 17 Mais la sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite paisible, modérée, traitable, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie. 18 Or le fruit de la justice, dans la paix, se sème pour ceux qui procurent la paix.

  • Des hommes sages et intelligents ! Deut.1:13, Psaume 111:10, Prov.1:5, 18:15
  • La douceur est-elle dans les paroles ou dans les actes ? Envisageons la scène des marchands du temple (Marc.11:15-16, Jean 2:14-16), la fermeté de Moïse (Exode 32:19), ou encore les paroles fortes prononcées par Paul (Gal.3:1).
  • La vraie sagesse vient d’En-Haut ! Que penser de cette affirmation ? Jacq.1:5, et aussi Prov.8:12,22-36.
  • Il vaut la peine de s’arrêter sur chacun des huit caractères cités de la sagesse, car ils permettent de comprendre ce que sagesse selon Dieu veut dire…
  • Ne peut-on pas trouver à la fin de ce passage la réponse à la question posée au début : « Qui est sage et intelligent parmi vous ? » et trouver la synthèse de tout cet enseignement ? Lire aussi Matt.5:9.
Cette conclusion nous interpelle, car elle lie directement la vie du croyant à la pensée de Dieu, et à son plan de grâce. Entre nombre passages, nous lisons : « Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement… » (1 Thes.5:23) et nous nous souvenons que tel est le vœu prononcé si souvent dans les épîtres. Ceux qui procurent la paix sont reconnus comme marchant avec Dieu – appelés Fils de Dieu – et jouissent ainsi des fruits de leur propre justice…

 
4:1-5:6  Des écueils dans la vie du chrétien

Les propos que nous dirions « idylliques » qui précèdent ne reflètent pas l’état général des rassemblements chrétiens, car très vite le nombre de chrétiens s’accroissant, il se sont trouvés des hommes dont les motifs n’étaient pas purs, certains suivant le mouvement sans profond engagement. Bref, le premier amour s’était refroidi (Apoc.2:4). Aussi, loin de s’arrêter à présenter des principes, Jacques, esprit réaliste et pratique, évoque en termes extrêmement forts les écueils rencontrés. Cette violence de l’expression le rapproche de prophètes d’Israël, tels Osée ou Jérémie.
 
Les mots que nous qualifierions sans doute d’excessifs font paraître la grande crainte de débordements que les comportements constatés peuvent induire… Et qui pourrait nier aujourd’hui la pertinence de ces propos au vu de l’histoire de la chrétienté au cours des siècles qui suivirent ? Mais aussi, qui pourrait évoquer un échec, alors que les apôtres ont communiqué les paroles de Jésus disant à l’avance que l’ivraie se mêlerait au bon grain ? (Matt.13:25-30).

4:1-12  Parler l’un contre l’autre

Remarquons que, comme au paragraphe précédent, Jacques pose une question et termes forts pour n’apporter la réponse qu’en finale. Et ici, nous voyons au regard de ce petit commencement dans le manque de sagesse, les termes forts avec lesquels Jacques en parle. Certes, le style est imagé, car nous aurions difficile à penser que Jacques ait pu anticiper ce qui se passa dans la chrétienté quelques siècles plus tard, mais nous voyons se profiler une réalité bien commune, une double vie en quelque sorte, la piété extérieure et un mode de vie qui n’est pas transformé par la foi ! C’était déjà la situation rencontrée par le prophète Osée (Osée 6:4-6).

4    1 D’où viennent les guerres, et d’où les batailles parmi vous ? N’est-ce pas de cela, de vos voluptés qui combattent dans vos membres ? 2 Vous convoitez, et vous n’avez pas ; vous tuez et vous avez d’ardents désirs, et vous ne pouvez obtenir ; vous contestez et vous faites la guerre ; vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas ; 3 vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de le dépenser pour vos voluptés.
 
4 Adultères, ne savez-vous pas que l’amitié du monde est inimitié contre Dieu ? Quiconque donc voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu. 5 Ou pensez-vous que l’écriture parle en vain ? L’Esprit qui demeure en nous, désire-t-il avec envie ? 6 Mais il donne une plus grande grâce. C’est pourquoi il dit : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » [Prov.3:34]
 
7 Soumettez-vous donc à Dieu. Résistez au diable, et il s’enfuira de vous. 8 Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs, et purifiez vos cœurs, vous qui êtes doubles de cœur. 9 Sentez vos misères, et menez deuil et pleurez. Que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. 10 Soyez humbles devant le Seigneur, et il vous élèvera.
 
11 Ne parlez pas l’un contre l’autre, frères. Celui qui parle contre son frère ou qui juge son frère, parle contre la loi et juge la loi. Or si tu juges la loi, tu n’es pas un observateur de la loi, mais un juge. 12 Un seul est législateur et juge, celui qui peut sauver et détruire ; mais toi, qui es-tu qui juges ton prochain ?

  • Que voyons-nous dans les premiers versets de ce passage touchant une certaine double vie ? Et quel sens a la prière ?
  • Pourquoi Jacques parle-t-il d’adultères ? Comp. Osée 2:1-7 et lire 2 Cor.11:2, Éph.5:25-30, Apoc.19:7.
  • Le chrétien peut-il vaincre et marcher avec Dieu ? Rom.7:24-8:10, 16:12, Éph.6:13-18.
  • Quelle est la réponse à la question posée au commencement du passage ? Et, inversement, à quoi peut conduire le fait de « parler l’un contre l’autre » ?
  • Et que dire de l'humilité requise devant Dieu, suite de l'exhortation du verset 6 ? Lire Psaume 149:4, Ezéchiel 17:24, Matt.18:4,23:12.
« Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. » Voici un chemin toujours accessible, mais l’empruntons-nous ? Quel bonheur lorsque nous pouvons goûter que Dieu est avec nous, selon sa promesses… et selon son plus grand désir ! « Jésus répondit et lui dit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14:23).

4:13-17  Marcher sans Dieu dans la vie

Oui, un croyant peut vivre dans une certaine piété, fréquenter des services religieux, tout en marchant de fait sans Dieu. Qui pourrait nier que la référence à Dieu est souvent oubliée dans bien des décisions dans la vie… Aussi Jacques se doit d’en parler !

13 À vous maintenant, qui dites : Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ou telle ville, et nous y passerons une année, et nous trafiquerons et nous gagnerons, 14 vous qui ne savez pas ce qui arrivera le jour de demain ? car qu’est-ce que votre vie ? car elle n’est qu’une vapeur paraissant pour un peu de temps et puis disparaissant – 15 au lieu de dire : Si le Seigneur le veut et si nous vivons, nous ferons aussi ceci ou cela. 16 Mais maintenant vous vous glorifiez dans vos vanteries. Toute jactance pareille est mauvaise. 17 Pour celui donc qui sait faire le bien et qui ne le fait pas, pour lui c’est pécher.

  • Un homme maîtrise-t-il complètement son avenir ? Lire les Psaumes 90 et 144.
  • En évoquant la précarité de la vie, les incertitudes, Jacques veut-il conduire le croyant sur un chemin de fatalisme ?
  • Et à ceux qui ont des projets, que leur dit-il en conclusion de ce court paragraphe ?
Loin de penser à un quelconque fatalisme, Jacques indique qu’il faut demeurer modeste en avançant, en accomplissant ce que nous pensons bien d’accomplir. Cette dynamique de la vie répond à l’acte créateur de Dieu (Genèse 1:28,9:1) et ne change pas face aux perspectives de l’éternité. Mais c’est dans la manière d’appréhender les choses de la vie que la foi en Dieu, la confiance devrions-nous dire ici, se manifeste.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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