20/06/2013

Jacques 1:19-2:26 - La marche de la foi


 

1:19-2:26  La Marche de la Foi

Ayant souligné que les croyants sont comme des prémices d’une nouvelle humanité, des « prémices de ses créatures », Jacques poursuit en une description de cette nouvelle manière de vivre. Et dans son exposé nous trouvons des choses anciennes, la sagesse transmise depuis nombre de générations, et des choses nouvelles (Matt.13:52), parlant notamment de « la loi de la liberté », écho aux enseignements apostoliques établissant le bonheur qu’apporte le pardon acquis, en justice, par Christ à la Croix. (Rom.8:31, Gal.5:1, 2 Cor.3:17, 1 Pier.2:16).
 
Il y a dans cette « loi de la liberté » beaucoup de choses à dire. Et nous pouvons commencer par la Croix afin de comprendre ce que cela signifie. Pensons ! Beaucoup apprennent qu’ils doivent se rendre agréables à Dieu en vue d’être aimé de Lui ! Et que nous dit la première parole de la Croix, « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23:34), et nous y apprenons que l’amour de Dieu est là pour tous, et pour le méchant… Et ce n’est qu’un début de méditation. Il faut poursuivre cette réflexion personnellement et comprendre que le croyant, dès la Croix, sait qu’il est libéré de toutes ses entraves pour marcher avec Dieu. Ceci pouvait toutefois était déjà pressenti en quelque mesure par les Israélites.
 
En effet, ne pouvait-il pas comprendre cet appel lorsqu’ils considéraient l’appel d’Abraham : « Va pour toi, hors de ton pays, de ta parenté, de la maison de ton père » (Genèse 12:1). Le croyant prend alors la mesure de son appel à vivre : « Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta semence » (Deut.30:19), comprenant qu’il est libre de prendre sa vie en main, et qu’il est d’ailleurs invité à le faire… Et cela pour répondre à cette injonction à porter du fruit, le fruit du sarment attaché au Cep (Jean 15:1). Et s’il se sent retenu, limité, s’il s’écrie : « Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? », il en saisit immédiatement la réponse de grâce et exprime cette délivrance : « Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur… Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus ; car la loi de l'Esprit de vie dans le christ Jésus, m'a affranchi de la loi du péché et de la mort » (Rom.7:24-8:2).


 
1:19-27  Principe : Ecouter et mettre en pratique

Et nous ne sommes pas ici, par la plume de Jacques, devant des charges missionnaires, des œuvres dont on parle, mais devant la vie, tout simplement, la vie d’hommes et de femmes dans leur modeste simplicité… Et pourtant liée étroitement à la transcendance de Dieu, inscrite en profondeur dans le projet de Dieu pour l’humanité. Accomplir dans le quotidien ce qui est juste devant Dieu, tel est le propos ! Jacques reviendra au cours de sa lettre sur ce qu’est accomplir la « justice de Dieu » (vers.20), comme nous le trouvons aussi dans divers textes des commencements (Rom.6:22, Gal.5:22, Éph.5:9, Phil.1:11, Col.1:10, Hébr.12:11).

19 Ainsi, mes frères bien-aimés, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère ; 20 car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. 21 C’est pourquoi, rejetant toute saleté et tout débordement de malice, recevez avec douceur la parole implantée, qui a la puissance de sauver vos âmes. 22 Mais mettez la parole en pratique, et ne l’écoutez pas seulement, vous séduisant vous-mêmes. 23 Car si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui considère sa face naturelle dans un miroir ; 24 car il s’est considéré lui-même et s’en est allé, et aussitôt il a oublié quel il était. 25 Mais celui qui aura regardé de près dans la loi parfaite, celle de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais un faiseur d’œuvre, celui-là sera bienheureux dans son faire. 26 Si quelqu’un pense être religieux et qu’il ne tienne pas sa langue en bride, mais séduise son cœur, le service religieux de cet homme est vain. 27 Le service religieux pur et sans tache devant Dieu le Père, est celui-ci : de visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, de se conserver pur du monde.

  • Quelle paraît être la première chose à faire pour le croyant ? Lisons 1 Samuel 3:10, Job 42:4, Jérémie 13:15…
  • Et pourquoi écouter ? Matt.7:24-27, Jean 13:17. Voyons aussi dans la Loi, les Psaumes et les Prophètes… Deut.30:14, Psaume 37:3, Ésaïe 56:1.
  • Que dit Jacques de ceux qui s’arrêtent aux discours, qui se contentent de paroles, de débats ? Lire aussi 2 Pier.2:18, 1 Tim.6:20, 2 Tim.2:16.
  • Que veut donc dire Jacques, lorsqu’il parle de « regarder de près dans la loi parfaite » ? Matt.5:17.
« Mais mettez la parole en pratique, et ne l’écoutez pas seulement, vous séduisant vous-mêmes » Ceci met à terre toute prétention ! La connaissance du chemin n’est pas la marche… Que de doctrines élevées, de figures et de types sur lesquels on peut disserter, alors que simplement il nous faut nous aimer les uns les autres … « Considérer sa face naturelle dans un miroir »… L’ironie de cette expression devrait nous empêcher d’oublier la leçon…
 
« Mais celui qui aura regardé de près dans la loi parfaite… » « Parfaite », c’est-à-dire « accomplie »… Ne serait-ce pas de cela que parlait le Seigneur en disant : « Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (Matt.5:17) ? La Loi a été donnée par l’intermédiaire de Moïse (Jean 1:17, Rom.10:5) et par la suite, les prophètes ont compris et annoncé la rédemption (Michée 7:19), montrant ainsi que la Loi ne pouvait amener une âme à « mériter » l’avenir promis, non que la Loi soit faible en elle-même (Ésaïe 45:21), mais l’homme est marqué par son incapacité à répondre parfaitement à ses exigences (Rom.8:3). Et à la fin de ces temps, Jésus a parlé, et la vérité a été pleinement déployée, et en particulier « comment » Dieu répond avec justice au paradoxe énoncé si longtemps auparavant : « Éternel, l'Éternel ! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité, gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l'iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent… » (Exode 34:6-7)
 
A la croix, la révélation est achevée, complète, et le croyant est placé devant une loi parfaite, complètement révélée. Ceci étant, il n’est pas conduit à raisonner, mais à vivre dans cette liberté dont il a maintenant conscience, et cela dans les actes de tous les jours, avec sagesse… Jacques présente alors des principes de vie, et en particulier l’attention aux petits et aux faibles.

 
2:1-26  La pratique de la foi

En ce monde, le statut social détermine les comportements, et Jacques l’a évoqué déjà en introduction comme un fait pouvant mettre la foi à l’épreuve (Jacq.1:9-11). Et il partira d’attitudes bien communes à l’égard des disparités sociales pour apporter un autre enseignement, touchant la considération particulière que le monde manifeste envers les grands, les riches, les puissants… Rien de cela ne devrait se trouver parmi les chrétiens… Rien n’a changé ! De telles exhortations se trouvent déjà dans la Loi et les Prophètes (Deut.1:17,10:17, Psaume 82:2, Prov.28:21, Malachie 2:9). Ces considérations pratiques nous amènent à ce que Jacques appelle « la loi royale »

2:1-13  Aimer son prochain comme soi-même

Jacques part donc d’une scène fort commune, telle qu’elle peut se passer en tout lieu où des croyants se rassemblent – car tel est le seul sens, à l’époque, du terme « synagogue » ou, en hébreu, Beth Knesset ou « maison de l’assemblée ». A la suite de quoi il conduit le lecteur à réfléchir sur les rapports communs entre les hommes (vers.5) pour apporter la conclusion qui s’impose (vers.8-9) et aborder alors une réflexion plus générale (vers.10-12).

2    1 Mes frères, n’ayez pas la foi de notre seigneur Jésus Christ, seigneur de gloire, en faisant acception de personnes. 2 Car s’il entre dans votre synagogue un homme portant une bague d’or, en vêtements éclatants, et qu’il entre aussi un pauvre en vêtements sales, 3 et que vous regardiez vers celui qui porte les vêtements éclatants, et que vous disiez : Toi, assieds-toi ici à ton aise; et que vous disiez au pauvre : Toi, tiens-toi là debout ; ou : Assieds toi ici au bas de mon marchepied ; 4 n’avez-vous pas fait une distinction en vous-mêmes, et n’êtes-vous pas devenus des juges ayant de mauvaises pensées ?
 
5 Ecoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres quant au monde, riches en foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? 6 Mais vous, vous avez méprisé le pauvre. Les riches ne vous oppriment-ils pas, et ne sont-ce pas eux qui vous tirent devant les tribunaux ? 7 Ne sont-ce pas eux qui blasphèment le beau nom qui a été invoqué sur vous ? 8 Si en effet vous accomplissez la loi royale, selon l’écriture : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » [Lévitique 19:18], vous faites bien ; 9 mais si vous faites acception de personnes, vous commettez le péché, et vous êtes convaincus par la loi comme transgresseurs.
 
10 Car quiconque gardera toute la loi et faillira en un seul point, est coupable sur tous. 11 11 Car celui qui a dit : « Tu ne commettras pas adultère », a dit aussi : « Tu ne tueras pas ». Or si tu ne commets pas adultère, mais que tu tues, tu es devenu transgresseur de la loi. 12 12 Ainsi parlez, et ainsi agissez comme devant être jugés par la loi de la liberté ; 13 13 car le jugement est sans miséricorde pour celui qui n’a pas usé de miséricorde. La miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement.

  • Un homme riche, un homme pauvre ! Quelle est la différence devant Dieu ? Rom.2:11, Éph.6:9, Col.3:25, 1 Pier.1:17.
  • Pourquoi la loi citée, lue en Lévitique 19:18, est-elle appelée « royale » ? Considérons ce qu’en dit un scribe d’entre les Juifs (Matt.12:28-34) et les autres écrits néo-testamentaires (Rom.13:9, Gal.5:14).
  • Que dire des riches ? Il s’agit ici, à l’évidence, des choses du monde, comme nous pouvons le voir par exemple en Démétrius à Éphèse (Act.19:23-41).
  • Dans quelle catégorie se place l’homme, le croyant, qui fait acception de personnes ? Ceci à partir d’une circonstance que l’on qualifierait généralement de mineure (vers.1-4,9)…
  • Que comprendre du jugement évoqué ? Lire la parabole du serviteur sans pitié, Matt.18:21-35, et aussi 2 Cor.5:10.
Dieu connaît ce qui est dans l’homme, dans tout homme. Et Il est miséricordieux… Ceci étant, il y a un chemin pour l’homme, une voie qui plaise à Dieu, un manière de vivre qui exprime ce qui est attendu d’un homme… La parabole du serviteur impitoyable (Matt. 18:21-35) est sévère, comme l’est la pensée exprimée par Jacques, l’un et l’autre sont bien loin de « gommer » la responsabilité de l’homme devant Dieu ! Et pour nous, pouvons-nous penser qu’un homme saisi de la grâce de Dieu, pénétré de la miséricorde qu’il goûte pour lui-même, puisse lui-même manquer de miséricorde, être impitoyable avec ses proches, alors qu’il saurait de quoi il est lui-même pardonné, et goûterait la bénédiction qui repose sur lui par la grâce ? Cette question est posée, forte et claire, par Jacques. Certes,les apparences peuvent nous tromper dira Paul à Timothée, en ajoutant : « Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens » (2 Tim.2:19) et déjà au cours du ministère de Jésus, des hommes le suivirent un temps mais se retirèrent (Jean 6:66). Ils suivirent le Seigneur en gardant à l’esprit leurs propres pensées, leurs propres désirs, sans être saisis par le message de la grâce…

214-26  Faire des œuvres de foi

Reprenant encore la question des disparités sociales, Jacques avance dans la réflexion touchant la mise à l’épreuve de la foi, de l’adhésion à Dieu. Que sert de « dire, proclamer, affirmer » ? Est-ce cela qui emporte l’approbation de Dieu ? Est-ce cela qui sauve ? Les disputes de mots semblaient déjà bien fréquentes dans les rassemblements chrétiens du commencement. Et il faut bien réaliser qu’une vie occupée de discussions doctrinales est une vie de vanité, une vie stérile. Il faut lire les exhortations à Timothée à ce sujet (1 Tim.1:5-7 et 2 Tim.2:14). Aussi Jacques prend les lecteurs à témoin, et continue à les faire réfléchir…

14 Mes frères, quel profit y a-t-il si quelqu’un dit qu’il a la foi, et qu’il n’ait pas d’œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? 15 Et si un frère ou une sœur sont nus et manquent de leur nourriture de tous les jours, 16 et que quelqu’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et rassasiez-vous, — et que vous ne leur donniez pas les choses nécessaires pour le corps, quel profit y a-t-il ? 17 De même aussi la foi, si elle n’a pas d’œuvres, est morte par elle-même. 18 Mais quelqu’un dira : Tu as la foi, et moi j’ai des œuvres. Montre-moi ta foi sans œuvres, et moi, par mes œuvres, je te montrerai ma foi. 19 Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien : les démons aussi croient, et ils frissonnent. 20 Mais veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est morte ? 21 Abraham, notre père, n’a-t-il pas été justifié par des œuvres, ayant offert son fils Isaac sur l’autel ? 22 Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres ; et par les œuvres la foi fut rendue parfaite. 23 Et l’écriture a été accomplie qui dit : « Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice » [Genèse 15:6] ; et il a été appelé ami de Dieu. 24 Vous voyez qu’un homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement. 25 Et pareillement Rahab aussi, la prostituée, n’a-t-elle pas été justifiée par les œuvres, ayant reçu les messagers et les ayant mis dehors par un autre chemin ? 26 Car comme le corps sans esprit est mort, ainsi aussi la foi sans les œuvres est morte.

  • Lisons bien la question en tête de ce passage. L’opposition se trouve-t-elle entre la foi et les œuvres ? Ou plutôt entre « dire qu’on a la foi » et « manifester des œuvres » ? Vers.17,20,26.
  • La foi affirmée sans qu’elle ne se manifeste ! Comment est-elle appréciée ? Lire Jean 15:1-6 et Ézéchiel 15:1-8. Nous pouvons lire encore la parabole des talents (Matt.25:14-30, Luc 19:12-27).
  • La foi se situe-t-elle au niveau de l’intellect, croire ou ne pas croire que Dieu est ? Lire les deux exemples cités où la foi est illustrée par des actions qui la manifestent (Genèse 22 et Josué 2). Lire Hébreux 11:17-19 et 31.
Une proclamation de foi sans manifestation, sans que la vie pratique ne le montre, est une foi morte, comme il en est du figuier qui ne portait pas de fruit (Luc 13:6-9). La doctrine est là pour soutenir la foi, mais elle n’est pas une fin en soi : « Enfants, que personne ne vous égare : celui qui pratique la justice est juste, comme lui est juste ». (1 Jean 3:7).
 
Ainsi donc, nous pouvons conclure, comme le faisait Habacuc déjà, cinq siècles avant la Lettre de Jacques, que « le juste vivra par sa foi » (Habacuc 2:4, repris en Rom.1:17, Gal.3:11 et Hébr.10:38), en soulignant, afin de ne pas nous égarer, qu’il s’agit de « vie » et donc d’une foi qui est manifeste par la réalité des actes posés ! Et nous pouvons rappeler encore cette parole incontournable : « l'homme n'est pas justifié sur le principe des œuvres de loi… sur le principe des œuvres de loi nulle chair ne sera justifiée. » (Gal.2:16).
 
Bénissons notre Dieu pour sa miséricorde et la clarté du message qu’Il nous adresse par les Écritures ! Adhérer au message de Dieu, et à son projet pour l’homme, pour y marcher, comme Abraham « s’en alla pour lui-même… » Voilà la démarche du racheté de Dieu.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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