20/06/2013

Jacques 1:1-18 - La foi mise à l'épreuve


 

L'épître de Jacques

Montre-moi ta foi sans œuvres,
et moi, par mes œuvres, je te montrerai ma foi.
Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien :
les démons aussi croient, et ils frissonnent.

Jacques 2:18-19


Jacques, le frère du Seigneur (Gal.1:19, Mat.13:55 et Marc 6:3) avait une charge importante parmi les chrétiens à Jérusalem. Nous le voyons intervenir avec autorité dans la grande question de la Loi concernant les croyants non Juifs (Actes 15:13) et cité par Paul comme étant une colonne dans l’assemblée (Gal.2:9). Il s’adresse ici aux Juifs de la diaspora ayant reçu le Messie.
 
La préoccupation de Jacques est avant tout pastorale. Il n’est pas question pour lui de poser à nouveau les fondements de la foi, mais de rappeler ce qui plait au Seigneur dans la marche pratique, autrement dit comment la foi s’exprime en vérité. Et il nous fait bien comprendre que « croire » n’est pas caractérisée par l’adhésion intellectuelle à une doctrine, fût-elle juste, mais par l’adhésion effective à l’enseignement reçu et l’engagement dans une marche pratique répondant à l’attente du Créateur, manifestant ainsi la réception effective de la vérité révélée. La foi s’exprime ainsi par l’entrée volontaire d’un homme dans la mission assignée à l’humanité par son Créateur, confirmée d’une manière particulière au peuple qu’Il a choisi pour être porteur du message de Dieu, et annoncée aujourd’hui à tous les hommes.
 
En d’autres mots, « croire ou ne pas croire » pouvait être un sujet de débat entre les Juifs, ou plus généralement entre les hommes, mais la foi est autre, elle est adhérence à la parole de Dieu, et engagement à la mettre en pratique, parce que l’on sait que tel est « le » chemin.
 
Jacques entre ainsi dans la ligne directe des prophètes, insistant sur la vie pratique qu’induit la reconnaissance de la parole de Dieu, selon ce qu’a exprimé par exemple le prophète Michée, disant : « Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ? » (Michée 6:8).
 
Dans son objectif exhortatif, Jacques aborde la question des œuvres non pour altérer cette réalité que l’homme ne peut être sauvé par ses œuvres, par ses mérites, mais pour souligner ce qu’est la véritable foi, celle qui plaît à Dieu, laquelle n’est pas du domaine des croyances ou des débats d’idées, mais de l’adhésion effective à la parole de Dieu dans un engagement à vivre pour Lui plaire.
 
Les recommandations pratiques se trouvent dans ces pages sous un triple éclairage :
à commencer comme manifestation de la foi (1:16-2:26),
ensuite sous l’angle de la sagesse (3:1-4:17),
et enfin dans la perspective du retour du Seigneur (5:1-20).

 
1:1  Adresse

L’épître est adressée à ceux de la dispersion. Nous pouvons dès lors comprendre qu’il s’agit d’un message aux juifs de la diaspora qui se sont tournés vers le Messie.

1    1  Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ, aux douze tribus dans la dispersion, salut!

Jacques adresse à « ses frères bien-aimés », en termes à la fois affectueux et sévères, une série de mises en garde, et fait un appel à leur réflexion personnelle… Et c’est bien ainsi qu’il faut lire l’épître, car chaque croyant est impliqué ; nous avons à nous demander en quelle mesure ces exhortations nous concernent… Et en tirer des conclusions pratiques.

 
1:2-18  La foi mise à l’épreuve

1:2-8  Le chemin du croyant

Dans cette épître, pas de doctrine, pas de mention du nouvel homme opposé au vieil homme – cet enseignement n’est pas nié, mais ce qui occupe Jacques, c’est l’existence de marques pratiques d’une vie de foi ! Et, en effet, si j’ai besoin pour moi-même des enseignements montrant combien je suis libre – il faut trouver là les encouragements, la réponse à des inquiétudes personnelles peut-être (Rom.7:24) – je ne peux me monter la tête par la réalité doctrinale ! Ce n’est pas là la profession chrétienne ! Ce qui compte, c’est la vie pratique ! Et pour cela Jacques entre directement dans le sujet, et il le fait comme un homme averti, avec autorité, sans concession à la faiblesse pourrions-nous dire…

2 Estimez-le comme une parfaite joie, mes frères, quand vous serez en butte à diverses épreuves, 3 sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. 4 Mais que la patience ait son œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, ne manquant de rien. 5 Et si quelqu’un de vous manque de sagesse, qu’il demande à Dieu qui donne à tous libéralement et qui ne fait pas de reproches, et il lui sera donné ; 6 mais qu’il demande avec foi, ne doutant nullement ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et jeté çà et là ; 7 or que cet homme-là ne pense pas qu’il recevra quoi que ce soit du Seigneur : 8 il est un homme incertain dans ses pensées, inconstant dans toutes ses voies.

  • La foi est-elle un chemin de facilité ? Parmi la multitude d’illustrations, nous pouvons lire 2 Cor.8:1-2 et 1 Pier.4:12.
  • Pensons-nous que les épreuves soient particulièrement envoyées sur les chrétiens ? (Rom.8:20-25).
  • Que produit l’épreuve sur le croyant, qu’elle soit une difficulté commune aux hommes, ou une peine endurée à cause de la foi? (2 Tim.3:17, Hébr.6:1, 1 Pier.5:9-10).
  • « Ne manquant de rien ! » écrit Jacques. Que veut-il dire par cette assertion ?
  • Un croyant peut-il s’appuyer seulement sur la sagesse d’autrui, s’en référer à un autre homme qui le dirigerait pas à pas ? (Rom.14:12).
Ainsi, Jacques entre directement dans le vif du sujet. Le croyant est pour ainsi dire mis au pied du mur pour passer, s’il y avait tendance, des proclamations de foi à l’examen de lui-même, regardant s’il est en mesure de montrer sa foi dans les faits. Dans les circonstances communes aux hommes, ou dans l’opprobre pour le nom de Christ, sa confiance doit se manifester dans la pratique de la vie ! Ce qui est autre chose, une autre vie, que de poursuivre son chemin tranquillement, fort de certitudes factices et d’assurances non étayées… C’est pourquoi Jacques écrit plus loin : « Bienheureux l’homme qui endure l’épreuve » (Jacq.1:12).
 
« Ne manquant de rien ! » Il s’agit ici, manifestement, des vertus spécifiquement chrétiennes, et nous voyons ici les trois thèmes de l’épître :
Patience : « Que la patience ait son œuvre parfaite ! »
Sagesse : « Si quelqu’un manque de sagesse… »
Foi : « Qu’il demande avec foi… »
« Demander la sagesse. » Nous trouvons au Livre d’Ésaïe ce que représente la sagesse pour un homme juif nourri de la Parole de Dieu. Évoquant le Messie qui devait venir, Ésaïe le présente tel qu’il devait paraître, rempli de sagesse : « L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel. » (Ésaïe 11:2). Ceci nous permet d’approcher ce que sagesse veut dire dans le cadre de la foi :
Sagesse et intelligence : la marche chrétienne. Job 38:36, Prov.2:6, Psaume 111:10, Éph.1:8, Col.1:9, Jacq.3:13, Apoc.13:18.
Conseil et force : le discernement et la force pour agir : 2 Tim.1:7.
Connaissance et crainte de Dieu : la connaissance de Dieu et la volonté de chercher à Lui plaire. Éph.1:17, 3:19, 4:13, Phil.3:8, Col.1:10, 2 Pier.1:2-3, 3:18, 1 Jean 5:20.

1:9-12  Endurer dans la patience

Nous voici placés devant une source très commune de difficultés que le croyant est appelé à vivre dans la foi ; il s’agit des inégalités sociales ! Voilà bien une réalité du monde qu’aucun courant social ne peut gommer, quoique, dans bien des civilisations, ces écarts de classe se soient atténués. Si nous devons le considérer dans la situation de l’époque, nous avons aussi à regarder au monde d’aujourd’hui où la misère ravage les deux tiers de l’humanité… Jacques jugeait nécessaire d’y faire allusion car ces écarts sociaux doivent se vivre, parmi les chrétiens, en des cercles de foi où il est parlé de l’égalité des hommes. Devant Dieu il n’y a pas de différence, et pourtant il faut les accepter ici-bas… Dès les premiers jours de l’assemblée chrétienne, à Jérusalem, des questions sociales s’étaient manifestées, souvenons-nous de l’importance que prit la désignation des serviteurs chargés de l’assistance aux démunis (Actes 6:1-6). Jacques aborde ces questions tout en élevant les pensées.

9 Que le frère de basse condition se glorifie dans son élévation, 10 et le riche dans son abaissement, car il passera comme la fleur de l’herbe. 11 Car le soleil s’est levé avec sa brûlante chaleur et a séché l’herbe, et sa fleur est tombée, et la grâce de sa forme a péri : ainsi aussi le riche se flétrira dans ses voies.
  • En quoi pouvons-nous comprendre que le frère de basse condition soit élevé ?
  • Et comment le croyant doit-il considérer l’homme qui l’emploie à son service ? Et si le maître est croyant ? 1 Tim.6:1-2.
  • Et le riche dans les choses de ce monde, qu’en est-il de lui, de ses richesses ? Voir la source de l’expression de Jacques au Livre d’Ésaïe 40:6-8 et le passage parallèle de Pierre 1 Pier.1:24-25). Lire aussi Ecclésiaste 6.
Voici donc une allusion claire au fait que la situation sociale constitue une épreuve pour la foi permettant aux uns et aux autres de se positionner face aux « biens meilleurs et permanents » (Hébr.10:34). Ceci est un réel test pour le croyant ! Lisons également Hébr.13:16 et 1 Jean 3:17 et surtout l’enseignement de Paul à cet égard en 1 Tim.6:6-12.
 
Et, revenant au thème général de l’épreuve, ou du test de la foi comme nous pouvons le lire, Jacques conclut par une sentence forte, lourde de sens :

12 Bienheureux est l’homme qui endure l’épreuve ; car, quand il aura été manifesté fidèle par l’épreuve, il recevra la couronne de vie, qu’Il a promise à ceux qui l’aiment.

  • Que veut dire Jacques en évoquant une couronne ? Lire 1 Cor.9:24 et 2 Tim.2:5, et encore Phil.3:14 et les lettres aux sept assemblées en Apocalypse 2 et 3, en particulier Apoc.2:10.
  • Qu’évoque pour nous cette expression « ceux qui l’aiment » ? Quelle est la relation entretenue avec Dieu par l’homme qui « aime Dieu » ? Pourquoi peut-il en être ainsi ? Voir notamment Rom.8:28, 1 Cor.2:9, Éph.6:24, 2 Tim.4:8, Jacq.1:12 et 2:5, Apoc.3:19 et Jean 15:2.
Ces questions sont simples, mais ouvrent un champ de réflexion si large pour lequel nous pouvons examiner les Écritures. Celles-ci nous présentent des modèles remarquables, depuis le début, avec Abraham quittant son pays et sa famille (Genèse 12:1) et appelé « ami de Dieu » (Jac.2:23) jusqu’à ces croyants dont Dieu fit « son trésor particulier » (Malachie 3:16-17) en passant par des hommes de Dieu comme Jérémie le prophète, pour aboutir aux paroles de Pierre (2 Pierre 1:11) et celles adressées, au Livre de l’Apocalypse, à l’assemblée à Philadelphie (Apoc.3:10-12).
 
« Promise à ceux qui l’aiment ! »  Rappelons-nous la parabole des talents, et le contre-exemple de celui qui ne fit rien de son talent car il avait une certaine idée de Dieu, disant : « Maître, je te connaissais, que tu es un homme dur, moissonnant où tu n'as pas semé et recueillant où tu n'as pas répandu » (Matt.25:24). Voici qui est tout à l’opposé de la foi, autrement dit l’antithèse de l’adhésion au plan rédempteur de Dieu, et cela de la part de quelqu’un qui croit que Dieu est, comme Jacques explique plus loin (Jacq.2:19) ! Un tel homme refuse l’entrée dans la vie, la véritable vie. Voyons par contre ce qui est dit de « ceux qui l’aiment », outre Jacq.1:12 et 2:5, Rom.8:28, 1 Cor.2:9, Éph.6:24, 2 Tim.4:8, 1 Jean 5:1, Apoc.9:19 et Jean 15:2.
 
La question n’est pas ici celle d’un débat théologique sur la rédemption, mais d’une démarche tout à fait pratique touchant le choix de vie qui est profitable, comme il était déjà écrit : « j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives… » (Deut.30:19).

1:13-15  Mis à l’épreuve

Lorsque Jacques met en avant, comme épreuve, la condition sociale, nous avons compris que la simple vie de tout homme est « mise à l’épreuve de la foi ». Bien évidemment elle le sera particulièrement lorsque de grandes souffrances surviennent, mais déjà les simples actes de la vie d’un homme rendent compte du chemin qu’il a pris. Et Jacques ajoute à cela une autre réalité, très importante en fait, à savoir la compréhension des difficultés qui surviennent, car la mise en cause de Dieu par l’homme est fréquente, et il faut couper cours à un processus mental déresponsabilisant pour celui qui s’y livre.

13 Que nul, quand il est éprouvé, ne dise : Je suis tenté par Dieu ; — car Dieu ne peut être tenté par le mal, et lui ne tente personne. 14 Mais chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ; 15 puis la convoitise, ayant conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort.
  • Les « tentations », l’envie de faire ce que l’on sait devoir ne pas faire… Quand un choix doit être fait, qu’est-ce qui peut altérer le jugement et écarter quelqu’un du meilleur chemin ? Lire aussi Genèse 3:6 et 1 Jean 2:15-17. Voir 1 Cor.10:12-13, 1 Tim.6:9, 1 Pier.1:6 et 2 Pier.2:9.
Ainsi, dire « Je suis tenté par Dieu » est le fruit de l’affabulation d’un esprit exalté, faussement mystique ! Cette parole concerne, de fait, toute exaltation hors de propos. Cette mise en garde est bien nécessaire pour que le croyant demeure sobre dans sa réflexion. Lisons 1 Thes.5:8, Tite 2:1-8, 1 Pier.1:13, 5:8. Ainsi comprenons-nous que le chrétien doit manifester le calme bon sens d’un esprit réfléchi, nourri de la Parole de Dieu… Il y a des combats, cela ne peut être nié, voyons Romains 6 et 7 ; mais il y a aussi des ressources, comme nous le lisons notamment en Éph.6:10-18.

1:16-18  Un homme nouveau !

Nous voyons ainsi la préoccupation de Jacques quant à la vie pratique des chrétiens. Il y reviendra plus largement dans la suite de sa lettre. Mais achevant l’introduction de sa lettre, il lui fallait élever le regard du lecteur au niveau du plan divin sans lequel rien ne pourrait tenir de ce qu’il venait d’exprimer.

16 Ne vous égarez pas, mes frères bien-aimés : 17 tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières, en qui il n’y a pas de variation ou d’ombre de changement. 18 De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité, pour que nous soyons une sorte de prémices de ses créatures.
  • Le chemin présenté à l’homme est-il le fruit de sa propre réflexion, de quelque développement philosophique sur la manière de vivre ?
  • Qu’est-ce qui pourrait conduire le croyant dans l’égarement ? Col.2:4,8,16…, Éph.4:14, 1 Jean 2:26, Apoc.2:20.
  • Quel est le but de Dieu tandis qu’il fit connaître sa parole, « la parole de vérité » ? Lire Rom.6:4, 2 Cor.5:17, Gal.6:15, Éph.2:15, 4:24 et Jean 3:5-8.
Encore sur la terre, dans ses circonstances d’homme, le croyant est donc un signe d’une réalité transcendante, une nouvelle humanité où tout sera paix et bonheur ! Pierre parle de régénérations (1 Pier.1.23), et c’est de fait la même chose ! Cela est aussi soulignée par Paul : « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor.5.17, voir aussi Gal.6.15). Ce n’est pas une théorie : si je suis chrétien, j’ai une nouvelle vie, de nouvelles aspirations et cela devrait se manifester… voilà la question engagée par Jacques. Mais suis-je véritablement entré dans cette nouvelle vie ? Voilà ce que seule la pratique pourra démontrer.
 
L’apôtre entre maintenant dans le vif du sujet, développant ces pensées ramassées dans l’introduction qui s’achève. Il le fait en présentant les grands principes de la vie de foi et leur manifestation dans la vie.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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