20/06/2013

1 Pierre 3:8-4:11 - Marcher en nouveauté de vie (2/2)


 

3:8-22  La loi de la liberté

 
Après ces exhortations particulières, l’apôtre revient aux principes de vie du chrétien, et de fait au principe de vie qui sont ceux des croyants en Dieu en tous temps.

 
3:8-12  Principes d’une vie heureuse

 
Tout d’abord des paroles générales, les dispositions positives à manifester positivement.
 
8 Enfin, soyez tous d’un même sentiment, sympathisants, fraternels, compatissants, humbles, 9 ne rendant pas mal pour mal, ou outrage pour outrage, mais au contraire bénissant, parce que vous avez été appelés à ceci, c’est que vous héritiez de la bénédiction ; 10 « car celui qui veut aimer la vie et voir d’heureux jours, qu’il garde sa langue de mal, et ses lèvres de proférer la fraude ; 11 qu’il se détourne du mal et qu’il fasse le bien; qu’il recherche la paix et qu’il la poursuive ; 12 car les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont tournées vers leurs supplications ; mais la face du Seigneur est contre ceux qui font le mal » [Psaume 34:12-16].
  • Arrêtons-nous sur les qualités à développer pour la vie avec nos proches. 3:8-9. Lire Gal.5:22-23, Col.3:12, Tite 3:2...
  • Le Psaume 34 exprime des pensées de sagesse qui ne peuvent être oubliées ! Il présente trois règles de vie fort simples, et évidentes. Lisons aussi Jacq.3:2-11; Rom.12:9-21, 1 Thes.5:15-22, Rom.14:19, 2 Tim.2:22.
Cet extrait du Psaume 34 est à méditer, à mémoriser… Un passage à encadrer : « Celui qui veut aimer la vie…». Nous trouvons ici non une loi, au sens strict du terme, mais un conseil, une parole de sagesse comme on en trouve au Livre des Proverbes, par exemple Prov.22:8-12. Il n’y a pas de jugement ici, mais le rappel que ce qu’un homme sème, il le récolte… « Que votre douceur soit connue de tous les hommes » (Phil.4:5).

 
3:13-16  Et si l’on nous fait souffrir…

 
La paix avec tous les hommes ne dépend pas seulement du croyant ! Paul le dit bien lorsqu’il parle de vivre en paix, soulignant : « s'il est possible, autant que cela dépend de vous » (Rom.12:18). Le fait général est que la paix peut être vécue avec nos proches, qu’ils soient croyants ou non (3:13), mais comment réagir aux suspicions, aux critiques, aux calomnies ?
 
Ésaïe le prophète, dans un temps où la guerre s’annonçait, engage ceux qui l’écoutent à ne pas réagir comme les hommes réagissent, par des comportements terrestres. Mais dans la foi en Celui qui a le pouvoir de protéger, de délivrer (Ésaïe 8:9-17).
 
13 Et qui est-ce qui vous fera du mal, si vous êtes devenus les imitateurs de celui qui est bon ? 14 Mais, si même vous souffrez pour la justice, vous êtes bienheureux ; « et ne craignez pas ce qu’ils craignent, et ne soyez pas troublés, 15 mais sanctifiez le Seigneur le Christ dans vos cœurs » [Ésaïe 8:12-13] ; et soyez toujours prêts à répondre, mais avec douceur et crainte, à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous, 16 ayant une bonne conscience, afin que, quant aux choses dans lesquelles ils médisent de vous comme de gens qui font le mal, ceux qui calomnient votre bonne conduite en Christ, soient confus. 17 Car il vaut mieux, si la volonté de Dieu le voulait, souffrir en faisant le bien, qu’en faisant le mal.
  • Quelles sont les armes du croyant face à l’opposition ? 3:15. Comment être préparé de telle manière à avoir une réaction appropriée ? Éph.6:15.
  • Qu’est-ce qui donne de la force dans l’adversité ? 3:16, 1 Tim.1:5, Hébr.13:18.
La parole citée, du prophète Ésaïe, montre bien que les bases de la confiance du croyant, qu’il soit dans la foi au Christ, ou qu’il vécut avant sa venue sur la terre. « Le juste vit de sa foi » (Habacuc 2:4) et veille à la qualité de sa marche afin de résister lorsque viennent des jours mauvais (Éph.6:13). Et il est conduit à faire le bien, quelles que soient ses circonstances.

 
3:17-22  Une bonne conscience

 
Pierre poursuit alors en tournant le regard du lecteur sur le Christ, lui qui a souffert de la part des hommes, et s’il ne s’étend pas sur le support de ceux qui lui faisaient du mal (Luc 23:24), il montre le fruit de son œuvre !
 
18 Car aussi Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu, ayant été mis à mort en chair, mais vivifié par l’Esprit, 19 par lequel aussi étant allé, il a prêché aux esprits qui sont en prison, 20 qui ont été autrefois désobéissants, quand la patience de Dieu attendait dans les jours de Noé, tandis que l’arche se construisait, dans laquelle un petit nombre, savoir huit personnes, furent sauvées à travers l’eau ; 21 or cet antitype vous sauve aussi maintenant, c’est-à-dire le baptême, non le dépouillement de la saleté de la chair, mais la demande à Dieu d’une bonne conscience, par la résurrection de Jésus Christ, 22 qui est à la droite de Dieu (étant allé au ciel), anges, et autorités, et puissances lui étant soumis.
  • Quel est le but de souffrance de Christ pour nous ? 3:18, Jean 14:1-3.
  • Que nous fait comprendre le récit du déluge au sujet du salut des hommes d’avant la Croix ? Nous y voyons d’une part Noé et sa famille, montés dans l’arche, et de l’autre les “esprits qui aujourd’hui sont en prison”.
  • Quel est l’acte spirituel de celui qui passe par les eaux du baptême ? Rom.6:4, Col.2:12.
Nous comprenons bien la situation des hommes d’aujourd’hui, tandis que l’Évangile est annoncé et, que la Croix est prêchée, « car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais à nous qui obtenons le salut elle est la puissance de Dieu » (1 Cor.1:18). Mais qu’en est-il du salut des hommes d’avant la Croix ? A eux aussi il fût prêché. Souvenons-nous de ce fait que Christ est la Parole de Dieu (Jean 1:1), ainsi Pierre peut écrire que Christ (avant son incarnation), étant allé, a prêché par son Esprit. Et le récit nous fait voir Noé construisant l’arche, annonce de fait du jugement à venir. Ainsi est-il nommé par Pierre : « Prédicateur de justice…» (2 Pier.2:5). Ce récit nous montre donc que les hommes sont responsables du message d’avertissement et de l’appel de grâce qui leur est adressé, la Parole (Jean 1:1) leur étant donné à connaître par des hommes conduits par l’Esprit. Ceux qui reçoivent le message, en figure ici Noé et sa famille (Hébr.11:7), sont introduits dans une alliance avec Dieu (Genèse 9:1,11). Ceux qui ne reçoivent pas la Parole sont appelés « désobéissants » (3:20) et à leur mort, la mort du corps, leur « esprit est en prison » attendant le jugement (Apoc.20:12).
 
L’enseignement du Déluge introduit enfin un autre passage, à savoir le baptême. Le baptême ne change pas l’homme ; celui-ci demeure homme avec ses faiblesses, son incapacité personnelle à la perfection, autrement dit il n’est pas « dépouillé de la saleté de la chair » dit Pierre. Mais l’homme qui est baptisé exprime, dans ce geste symbolique, sa demande à Dieu d’une bonne conscience, ayant reçu la parole de la grâce, selon qu’il est écrit : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême, pour la mort, afin que comme Christ a été ressuscité d'entre les morts par la gloire du Père, ainsi nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Rom.6:4). Par le baptême il atteste sa confiance dans le pardon de Dieu, et sa réception consécutive d’une bonne conscience devant Dieu ; il est déchargé (Ésaïe 53:5, Matt.11:28), et ainsi libéré de telle manière qu’il a acquis, en vertu de l’œuvre de Christ (Ésaïe 53:5), le droit d’entrer dans la présence de Dieu (3:18, Hébr.10:19-22).

 
4:1-11  Une nouvelle manière de vivre

 
Nous pourrions nous demander ce qui distingue le chrétien d’un autre homme de bonne volonté, et sans doute pourrions-nous constater peu de différence. Mais il en est une, majeure, c’est la motivation de ses actions, de sa vie. Paul l’exprime clairement en Romains 6:4-6, comme nous l’avons lu plus haut dans cette lettre de Pierre.

 
4:1-6  Choses à fuir

 
Le Christ a souffert lui-même pour régler cette question de la vie des hommes, attestant ce que représente une vie de désordre comme nous la voyons dépeinte ci-après, et régler la question de la culpabilité de l’homme devant Dieu. Alors, nous attachant à Lui, pourrions-nous poursuivre dans un chemin qui le conduisit à la Croix, lui en qui il n’y a pas de péché, mais qui se chargea de notre dette afin de l’apurer ?
 
4   1 Christ donc ayant souffert pour nous dans la chair, vous aussi, armez-vous de cette même pensée, que celui qui a souffert dans la chair s’est reposé du péché, 2 pour ne plus vivre le reste de son temps dans la chair pour les convoitises des hommes, mais pour la volonté de Dieu. 3 Car il nous suffit d’avoir accompli, dans le temps déjà écoulé, la volonté des nations, alors que nous marchions dans la débauche, les convoitises, l’ivrognerie, les excès dans le manger et le boire et les criminelles idolâtries, 4 en quoi ils trouvent étrange que vous ne couriez pas avec eux dans le même bourbier de corruption, vous disant des injures ; 5 et ils rendront compte à celui qui est prêt à juger les vivants et les morts. 6 Car c’est pour cela qu’il a été évangélisé à ceux aussi qui sont morts, afin qu’ils fussent jugés, selon les hommes, quant à la chair ; et qu’ils vécussent, selon Dieu, quant à l’esprit.
  • Que faut-il garder à l’esprit pour fuir les convoitises qui sont si communes parmi les humains ? Comp. 1 Jean 2:15-17.
  • A quoi un croyant est-il exposé lorsqu’il marche véritablement dans la voie ainsi tracée ?
  • Qu’en fut-il, à cet égard, pour les croyants qui ont précédé en ce monde ?
Ainsi, si le croyant marche aujourd’hui ayant sa référence en Christ, les croyants d’avant la Croix ont connu une part réellement comparable, assurés du pardon de Dieu en justice, mais ne sachant pas jusqu’où allait conduire l’amour de Dieu. Ils avaient entendu et reçu le message de Dieu, et s’attendaient à sa miséricorde (Exode 33:19) et pour cela marchaient pour Lui plaire, ce qui les rendait suspects à ceux qui les regardaient. « Ils trouvent étrange. Oui, c’est ainsi que vont les choses ! Se tenir à l’écart de la corruption, et survient alors l’incompréhension, et ensuite les insultes… ceci allant parfois jusqu’à une réelle persécution (Hébr.11:35-38).

 
4:7-11  Choses a poursuivre

 
Fuir certaines pratiques et en poursuivre d’autres ! Paul parle également en ces termes (1 Tim.6:11 et 2 Tim.2:22). Et tant Paul que Pierre évoquent ce grand fait qu’ils vivent « la fin des siècles » (1 Cor.10:11, Marc 1:15), c’est-à-dire qu’il n’y a plus de nouvelle période dans la vie de l’humanité, et donc plus de nouvelle révélation, jusqu’à l’établissement du règne messianique.
 
7 Mais la fin de toutes choses s’est approchée ; soyez donc sobres et veillez pour prier ; 8 mais, avant toutes choses, ayant entre vous un amour fervent, car l’amour couvre une multitude de péchés ; 9 étant hospitaliers les uns envers les autres, sans murmures. 10 Suivant que chacun de vous a reçu quelque don de grâce, employez-le les uns pour les autres, comme bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu. 11 Si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme oracle de Dieu; si quelqu’un sert, qu’il serve comme par la force que Dieu fournit, afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus Christ, à qui est la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen.
  • Quel est l’argument ultime de Pierre pour présenter son exhortation ? Comp. Rom.13:11, 1 Cor.7:29, 1 Thes.4:15, Hébr.10:25, 1 Jean 2:18.
  • Qu’entend Pierre par la sobriété ? 1:13, 4:7, 5:8. Lire aussi 1 Thes.5:6-8.
  • Que veut dire Pierre lorsqu’il affirme que l’amour couvre une multitude de péchés ? Lire Prov.10:12 et Jacq.5:19-20.
  • Chaque croyant a-t-il reçu un don, un talent ? Comp. 1 Cor.12, Éph.4:7, 1 Thes.5:11. Et comment doit-il l’employer, et à quelle fin ? 4:10-11.
  • Le serviteur travaille-t-il pour sa propre gloire ? 4:11.
« Mais la fin de toutes choses est proche…» Certes, cette fin était, pour nous qui regardons les années passées, loin du temps où Pierre écrivait, mais le temps avance inexorablement ! Il est salutaire de ne pas oublier la proximité de ce temps où nous serons devant Dieu, d’autant plus que sur le plan individuel il en est toujours ainsi (Rom.13:11).
 
La foi se manifeste ainsi par la sobriété, un amour fervent, et l’attention les uns aux autres, et un service mutuel suivant ses propres talents. Paul s’étend sur cette question en 1 Cor.12 à 14, quant à Pierre, il met ici la barre au plus haut, déclarant le but ultime de la marche du chrétien, à savoir « servir » selon la force qu’il reçoit d’En Haut, afin que Dieu soit glorifié par le Nom de Jésus. Suit alors cette doxologie prononcée à la gloire du Seigneur.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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