20/06/2013

1 Pierre 1:1-12 - Bénédictions des croyants


 

Première épître de Pierre
 
Le Dieu de toute grâce...
vous rendra lui-même accomplis, vous affermira
et vous établira sur un fondement inébranlable !
(5:10)

 
Après son service particulier, ayant été choisi par le Seigneur pour ouvrir le cercle de la foi aux nations (Matt.16:19), ce qu’il établit avec autorité pour les Samaritains d'abord (Actes 8:14-17) et les gens des nations ensuite par le baptême de Corneille (Actes 10:44-48), Pierre œuvre à Jérusalem, se déclarant lui-même « ancien parmi les anciens » (5:1). Mais aussi il voyage. Il est allé à Antioche (Gal.2:11), grande ville à la rencontre des voies conduisant d’Asie Mineure en Mésopotamie et en Syrie-Palestine. Il se trouve maintenant à Babylone où il y avait alors une très importante communauté juive, parmi lesquels nombre ont reconnus le Messie (5:13).
 
Marc, le neveu de Barnabas l'y a rejoint, venant de Rome où il se trouvait avec Paul (Col.4:10). Sylvain, ou Silas (5:12-13) s’y trouve également. Il s’agit de ce fidèle qui fut envoyé avec Paul par l’assemblée de Jérusalem à la suite de la grande réunion où fut considérée la question de l’application de la Loi par les chrétiens non juifs (Actes 15:22-27). Par la suite il fut compagnon d’œuvre de Paul (Actes 15:40), l’ayant accompagné jusqu’à Corinthe (Actes 18:5 et 2 Cor.1:19).
 
Evoquant le séjour de Pierre à Antioche, où il rencontra Paul et se trouva dans une situation contestable (Gal.2:11-16), nous lisons tout au long des Actes des Apôtres leur reconnaissance mutuelle, jusqu’à cette parole de Pierre reconnaissant la sagesse de Paul, en sa seconde épître (2 Pier.3:15-16).
 
L’adresse de l’épître nous donne à penser que Pierre aurait circulé parmi ces rassemblements de croyants dans ces diverses provinces d’Asie Mineure. Son séjour à Antioche aurait pu en être les prémices.
 
Quinze ans auparavant, entre les années 46 et 48, Paul parcourait cette vaste région, annonçant le Messie et prêchant l’Évangile. Les courants judaïsants ont eu difficile à accepter que des gens des nations, introduits dans les rassemblements de chrétiens, puissent ne pas être astreints à la pratique de tous les éléments de la Loi de Moïse. Il s’ensuit la grande réunion de Jérusalem dont nous lisons le compte rendu en Actes 15 et un rappel en Gal.2:9. Par la suite, Pierre, à Antioche, se trouva en difficulté du fait de réserves faites par des chrétiens d’entre les Juifs à l’égard de ceux d’entre les nations, Paul évoquera son intervention à son encontre (Gal.2:11-13).
 
Mais le courant judaïsant n’a pas désarmé, et quelques années plus tard, il faillit vaincre, ce qui donna lieu, vers l’an 55, à cette lettre vigoureuse de Paul, l’épître aux Galates. « Ô Galates insensés, qui vous a ensorcelés, vous devant les yeux de qui Jésus Christ a été dépeint, crucifié au milieu de vous ? » (Gal.3:1).
 
Nous devons bien comprendre que la tradition séculaire de la foi dans le cadre de la Loi de Moïse, et les évolutions du judaïsme des cent dernières années, tournées davantage vers une certaine lecture de la Loi complétée de quantités de prescriptions prenant le pas sur l’enseignement des grands messages prophétiques, ont forgé les esprits de générations. Il n’est en effet pas aisé de passer d’une religion devenue légaliste, bien éloignée de l’esprit des prophètes, à ce que Jacques appelle « la Loi de la liberté » (Jacq.1:25, 2:12)  un passage qui peut être bien difficile pour des personnes sincères et fidèles à leurs convictions. Aussi Pierre, dans le souvenir des difficultés qu’il a lui-même côtoyées, souligne que ce grand fait de l’Évangile, la bonne nouvelle, est l’accomplissement du message des prophètes. Cela était absolument nécessaire pour qu’ils vivent leur nouvel état de chrétiens au milieu des nations, dans la joie de la foi, car sans cela ils n’auraient pas la force de persévérer. « La joie de l'Éternel est votre force » (Néhémie 8:10).

 
1:1-12  Prologue

 
Cette première lettre de Pierre, probablement dictée à Silvain (5:12), est adressée aux croyants juifs de diverses contrées d’Asie Mineure (1:1), région évangélisée par Paul lors de son premier voyage. Pierre y était connu ­­– souvenons-nous de son passage à Antioche – et venait peut-être de les quitter tandis qu’il se trouvait à Babylone. Il leur adresse un appel à croître dans la foi, dans la pensée de rendre ainsi à Dieu le culte d'une vie selon sa volonté dans les différentes sphères où se meuvent les hommes, la vie publique comme la vie domestique.

 
1:1-2  Adresse

 
Pierre, apôtre de Jésus Christ, s’adresse manifestement aux Juifs qui se sont tournés vers le Messie et vivent leur foi parmi des chrétiens des nations. Ces jeunes assemblées avaient connu en leur commencement de fortes pressions de la part de docteurs judaïsants qui pensaient devoir soumettre tous les croyants aux rites et pratiques de la Loi de Moïse. Ce courant légaliste occasionna la grande réunion de Jérusalem (Actes 15:1-31) et, plus tard, ces pressions reprenant, rendit nécessaires l’envoi de l’épître aux Galates. Une petite dizaine d’années plus tard, Pierre leur écrit à son tour. A lecture de cette lettre, nous pouvons penser que la question de la pratique de la Loi semblait réglée. L’épître est tournée avant tout sur la vie pratique journalière des fidèles.
 
L’adresse de la lettre, est déjà occasion de souligner de façon forte et brève ce qu’est un chrétien, sa relation à Dieu et le sens de sa foi !
 
1   1 Pierre, apôtre de Jésus Christ, à ceux de la dispersion, du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l’Asie et de la Bithynie, qui séjournent parmi les nations, 2 élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, dans la consécration de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ : Que la grâce et la paix vous soient multipliées !
  • A qui s’adresse donc l’apôtre ? Qu’est-ce que cette « élection » ? Lisons Matt.20:1-16, 22:1-14. Examiner la distinction faite dans ces passages entre l’appel et l’élection. Lire aussi Éph.1:4.
  • Qui sont les chrétiens ? Pierre circonscrit en trois ou quatre propositions la réponse à cette question (1:2). Comparons avec l’adresse de la seconde épître (2 Pier.1:1).
  • Que signifie la préconnaissance de Dieu ? Lire Rom.8:29-30.
  • Quelle est l’opération de l’Esprit de Dieu ? Jean 3:6, Joël 2:28-29, Actes 2:17-18, 10:47.
  • Qu’est-ce que l’obéissance de Jésus-Christ ? Jean 3:36, Rom.1:5, 15:18, 16:26, Hébr.5:9.
  • Que signifie “l’aspersion du sang de Jésus-Christ” ? Lisons le rite de la fête du Grand Pardon (Lévitique 16).
La question de « l’élection » est un point qu’il convient d’aborder avec attention, car pour un lecteur rapide, elle pourrait paraîtrait réduire ou même annuler la responsabilité de l’homme devant son Créateur. Disons directement que nul n’est « prédestiné au salut », car la prédestination à être réconcilié avec Dieu serait un déni tout à la fois de la responsabilité de l’homme et de la justice de Dieu. Lorsque nous lisons « Car il y a beaucoup d’appelés,mais peu d’élus » (Matt.20:16 et 22:14), nous voyons que l’appel est adressé le plus largement, cette universalité de l’appel est d’ailleurs soulignée par Paul (1 Tim.2:3-4). Mais face à cet appel de tous les hommes, chacun, dans le cadre de ce qu’il peut connaître de Dieu (Rom.1:19), est responsable de l’acceptation de la grâce (Jean 3:16), selon que nous le lisons déjà en Ésaie 53:4-5. La souveraineté soulignée en Exode 33:19 intervient en ce que Dieu a « choisi » d’introduire dans sa présence tous ceux qui ont répondu positivement à son appel de grâce. Ceux-là sont couverts par le sacrifice de la croix (Psaume 32:1 et Rom.4:7) accompli pour tous les hommes.
 
La préconnaissance de Dieu est le fait évident que Dieu connaît à l’avance ceux qui croiront. En effet, la capacité de Dieu de connaître tout à l’avance est un attribut essentiel et incontournable de Celui qui a créé le monde, et qui a donc créé le temps. Lui-même n’est pas sujet à ce qu’Il a créé, selon que nous lisons : « JE SUIS CELUI QUI SUIS » (Exode 3:14). Et Il connaît la fin d’une chose avant son commencement (Ésaïe 46:9-10, Psaume 90:4).
 
Revenant maintenant au fidèle, nous lisons qu’il est « mis à part » ou « consacré » – d’autres traduisent par  sanctifiés », ce qui a rigoureusement le même sens. Il est mis à part pour vivre en nouveauté de vie (Rom.7:6, Jean 3:1-10), une vie dans l’obéissance de la foi. Pierre y revient dans sa lettre (1:13-25). Le moteur de cette nouvelle vie n’est ni la pensée philosophique qui conduirait à une plus grande moralité (Rom.2:1-16), et encore moins une recherche de perfection morale en vue de mériter la vie éternelle, mais une marche dans la conscience d’être réconcilié avec le Créateur et adhérant pleinement au plan de Dieu pour l’homme. Ajoutons que le croyant ne demeure pas sur cette terre pour jouir passivement du ‘salut garanti’ par le sacrifice expiatoire de Christ. En poursuivant sa vie d’homme, il entre véritablement dans l’alliance nouvelle, dans l’obéissance, c’est-à-dire pour obéir à Celui qui l’invite à travailler dans le champ, selon ce qu’il a reçu (Matt.25:15-23), autrement dit à manifester les fruits de sa nouvelle vie (Jean 15:1-5).

 
1:3-9  La bénédiction des croyants

 
Pensons à ces hommes juifs, fidèles aux traditions de leurs pères, qui se trouvent confrontés à une réalité qui déborde le cadre des promesses qui leurs furent faites, et qui sont appelés à détourner leur regard des perspectives terrestres – quoique les promesses envers Israël seront accomplies (Actes 3:21, Rom.11:26, Hébr.4:9) – pour une bénédiction céleste (Éph.1:3).
 
C’est une difficulté pour tout homme de s’ouvrir à des réalités dépassant ses propres traditions (Jean 3:12), surtout quand elles sont vécues avec zèle. Ils pouvaient être induis à douter, à être troublés dans le sentiment d’avoir renié leur identité propre comme peuple choisi par Dieu (Deut.7:6-7), tandis que l’Évangile était reçu parmi les nations. Et ceci d’autant plus que depuis quelques générations, ils furent bien plus préoccupés de prescriptions légales sourcilleuses (Matt.23:23) que des appels vigoureux des prophètes. Ce qui est maintenant devant eux, et que Pierre leur rappelle, est la joie de marcher dans la conscience de l’alliance nouvelle annoncée par les prophètes (Ézéch.16:60) et établie en Jésus-Christ (Marc 14:24). Aussi, Pierre se doit de dresser un tableau précis de la réalité qu’ils ont embrassée.

 
1:3-5  Régénérés et gardés

 
Pierre développe les caractères essentiels de leur héritage céleste en une phrase d’une force toute particulière, leur disant que, dans leur fidélité, dans la foi, en recevant le Messie, ils ont commencé une nouvelle vie ! Et, s’assurant que ses auditeurs soient rendus attentifs aux choses de Dieu, il les conduit dans la louange !
 
3 Béni soit le Dieu et Père de notre seigneur Jésus Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés pour une espérance vivante par la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, 4 pour un héritage incorruptible, sans souillure, inflétrissable, conservé dans les cieux pour vous, 5 qui êtes gardés par la puissance de Dieu par la foi, pour un salut qui est prêt à être révélé au dernier temps.
  • Qu’est-ce qui caractérise ici la régénération, autrement dit la « nouvelle vie » ?
  • Le peuple d’Israël a été choisi par Dieu pour être dépositaire des promesses (Deut.7:6-7, Rom.15:8). Ainsi pensons au contraste entre l’attente du rétablissement d’Israël (Actes 3:21) et cette « espérance vivante » qui est leur part désormais ! Sur quelle réalité elle est fondée ? (1 Cor.15:20).
  • Qu’était l’attente de la descendance d’Abraham « selon la promesse » (Genèse 12:1-3) et quel est désormais l’héritage promis ? Arrêtons-nous sur les quatre caractères qui en sont donnés.
  • Comment est exprimé ce à quoi sont appelés ceux qui ont cru ? 1:5. Lire aussi Rom.14:4, 1 Cor.1:8, Éph.1:13-14…
  • Le salut, la délivrance à venir ! Qu’est-ce que le croyant peut dont attendre ? Lire aussi Rom.8:23, 1 Jean 3:1-3, Jean 17:24…
Régénérés ! Aujourd’hui une nouvelle vie en vertu de la résurrection de Jésus Christ (1 Cor.15:20). Demain la jouissance de l’héritage (Matt.25:34, Rom.8:17, Jacq.2:5), non pas un héritage terrestre mais une vie dans la présence de Dieu (Éph.1:13-14, Hébr.9:15) ! Cette réalité, si nouvelle pour eux, constitue un réel bouleversement des perspectives. Aussi Pierre se doit de souligner l’étendue de la bénédiction apportée par le Messie, tout en attestant en quelques mots que cette perspective nouvelle était bien annoncée par les prophètes (1:10-12). Il n’est pas dans le propos de Pierre de comparer leur attente ancienne et la bénédiction présente – cela constitue le sujet de l’épître aux Hébreux – mais, en vue des exhortations qui suivent, il se devait de rappeler cet avenir et dire comme le Psalmiste : « Les cordeaux sont tombés pour moi en des lieux agréables ; oui, un bel héritage m'est échu » (Psaume 16:6). Ainsi seront-ils remplis de la patience de la foi, prêts à supporter l’opprobre, étant protégés par « le bouclier de la foi » (Éph.6:16).
 
Gardés ! Pierre leur parle alors de leur situation présente. Ils sont « gardés » en vue de ce salut, c’est-à-dire l’entrée dans la jouissance de l’héritage « conservé pour eux…». Voilà ce qui nous introduit dans la pensée de Dieu, lorsqu’Il fondait les mondes, lorsqu’Il créait l’humanité ! L’auteur des Proverbes l’avait déjà compris (Prov.8:23-31) et le Seigneur, avant la croix n’avait-il pas parlé « d’y préparer des places » (Jean 14:3) ? Les apôtres n’ont cessé de le rappeler de diverses manières : « le royaume qui nous est donné, la cité qui nous est préparée…» (1 Thess.2:12, Hébr.11:16, 12:28, 13:14).
 
Et tandis qu’il y a pour eux un héritage, garanti par Dieu, eux-mêmes sont « gardés » ! Deux côtés pour ceci : la « puissance de Dieu » d’une part, et « la foi » de l’autre (1 Tim.1:19). C’est à l’épreuve que se manifeste la confiance en Dieu. Jacques en parle avec force dans sa lettre, et Pierre évoque lui-même cette réalité dans la suite du paragraphe (1:7). Nous pouvons compter sur la vigilance de Dieu, sur ce fait qu’Il a son regard posé sur les siens (Rom.14:4, Jude 24) .

 
1:6-9  Vous vous réjouissez

 
Régénérés, ou entrés dans une nouvelle vie, et gardés ! Il ne s’agit pas d’un discours doloriste, mais bien plutôt de la force que donne la joie d’un cœur rempli d’assurance devant Dieu. Rappelons-nous d’une circonstance de l’histoire d’Israël qui eût lieu quelques dizaines d’années après le retour de l’exil à Babylone. Lorsque la Loi fût lue par Esdras, et exposée clairement pour que chacun comprenne, les auditeurs étaient plongés dans la peine, sentant leurs manquements… Alors Esdras et Néhémie les arrêtent avec force, leur disant « ne menez pas deuil, ne pleurez pas »« »… Et Néhémie ajoute : « Et ne vous affligez pas, car la joie de l'Éternel est votre force » (Néhémie 8:1-10).
 
Comment, en effet, garder le cap dans les combats de la foi s’il n’y a pas une joie ressentie en réalisant la bonté de Dieu ? Voici donc, après ces deux clés que sont « régénérés » et « gardés », la troisième clé du prologue de l’épître : « vous vous réjouissez » !
 
6 Ainsi vous vous réjouissez, tout en étant affligés maintenant pour un peu de temps par diverses épreuves, s’il le faut, 7 afin que l’épreuve de votre foi – bien plus précieuse que celle de l’or qui périt quoiqu’étant soumis à l’épreuve du feu – se trouve être un sujet de louange, de gloire et d’honneur lors de la révélation de Jésus Christ, 8 lequel, quoique vous ne l’ayez pas vu, vous aimez ; et, croyant en lui, quoique maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse, 9 recevant la fin de votre foi, le salut des âmes.
  • Qu’en sera-t-il de chaque croyant devant le Seigneur lorsqu’il paraîtra ? Lire 1:11, Rom.14:10, 1 Cor.3:12-15, 2 Cor.5:10...
  • Quelle est l’attitude fondamentale des croyants auxquels Pierre s’adresse ? Autrement dit, quelle est leur assurance tandis qu’ils parcourent leur chemin dans la foi ? Lire Hébr.11:1, 10:22 et aussi 1 Jean 2:28, 3:19-21, 4:17.
Ils croient en Jésus, le Messie annoncé, et ils reçoivent ce qui était la raison de leur foi, à savoir la réconciliation avec Dieu. Cela est reçu ou accepté comme acquis, selon qu’il leur est donné de comprendre par la Croix ! Ils trouvent leur paix, et leur joie en ce qu’a été accomplie la parole du prophète : « il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris » (Ésaïe 53:5). Ce n’était pas pour eux un hypothétique avenir mais un fait accompli (Jean 19:30). Et cette joie leur donne la force de poursuivre le chemin au travers des diverses circonstances qui pourraient instiller quelque doute !

 
1:10-12  L’annonce des prophètes

 
Des réalités nouvelles, transcendantes ! Ne serait-ce pas en contradiction avec la Loi ? Cette question se posait, tandis que l’Évangile était annoncé. Souvenons-nous des débats qui ont donné lieu à la grande réunion de Jérusalem (Actes 15). Mais Pierre est bien placé pour en parler, lui qui fut le témoin privilégié du don de l’Esprit Saint à Corneille, le Centurion (Actes 10). Aussi Pierre se doit de rappeler que la venue du Messie, et ses souffrances, tout au contraire d’une rupture, accomplissent la parole des prophètes.
 
10 De ce salut, les prophètes qui ont prophétisé de la grâce qui vous était destinée s’en sont informés et enquis avec soin, 11 recherchant quelle époque ou quelles circonstances l’Esprit de Christ qui était en eux indiquait, rendant par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient. 12 Et il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils administraient ces choses, qui vous sont maintenant annoncées par ceux qui vous ont annoncé la bonne nouvelle par l’Esprit Saint envoyé du ciel, dans lesquelles des anges désirent de regarder de près.
  • Les prophètes, aux temps de la Loi, ont-ils annoncé un temps tel que le vivaient les auditeurs de Pierre et les croyants jusqu’à ce jour ? Lisons son discours en Actes 2 et Joël 2:28-32, Psaume 16:8-11, 110:1. Voir aussi Zacharie 13:5-7.
  • Les souffrances du Messie, et le fruit récolté. Lire les Psaumes 22, 69, 88, 102, 109, et aussi Esaïe 53:11.
  • Des visions prophétiques pour un jour bien au-delà de la vie des prophètes, un jour qu’ils ne devaient pas connaître de leur vivant ! Lire Zacharie 12 à 14, Osée 2:21, Joël 3:18, Michée 4:6, Sophonie 3:16…
  • Qu’est-ce qui peut ainis étonner les anges dans ce que Dieu opère pour des hommes ? Comment, sans cela, auraient-ils pu connaître la miséricorde divine ? Lire Apoc.5:11-14.
A propos des anges nous ne connaissons pas grand-chose. Mais devrait-il en être autrement ? Il est toutefois une chose que nous apprenons, c’est que la miséricorde divine, l’amour de Dieu leur est connu par le fait de la grâce répandue sur l’humanité, lorsque Jésus s’offrit en sacrifice afin que l’homme puisse être réconcilié avec Dieu, établissant en justice la réalité de cette parole : « mes délices étaient dans les fils des hommes » (Proverbes 8:31).
 
Cette miséricorde devait être établie dans la justice, aussi lisons-nous : « La bonté et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont entre-baisées » (Psaume 85:10). Le Seigneur lui-même affirma qu’il devait en être ainsi lorsque, après la résurrection, il parla aux disciples découragés sur la route d’Emmaüs (Luc 24:25-26). Et en effet, les prophètes ont annoncé les souffrances du Messie, une réalité que le peuple juif avait difficile à percevoir, tant ils attendaient le rétablissement de leur nation. Mais qui aurait pu apporter ce fondement de justice de la nouvelle alliance si la culpabilité de l’homme n’avait pas été visitée en jugement ? La question a été posée plusieurs siècles avant la Croix : « Qu'est-ce que l'homme (Énosh, homme mortel), que tu te souviennes de lui, et le fils de l'homme (Adam), que tu le visites ? » (Psaume 8:4).
 
Dans la Loi, la nécessité de l’expiation était rendue avec force par divers sacrifices (Lévitique 1 à 6) et d’une manière toute particulière lors de la fête du Grand Pardon (Lévitique 16 et 23:26-32) tandis que des prophètes exprimèrent clairement l’engagement du Serviteur, du Messie, prenant devant Dieu la place des coupables (Ésaïe 52:13-53:12). Le Livre des Psaumes rend compte de la conscience des souffrances du « Serviteur parfait ». Ainsi voyons-nous que dans ces temps d’avant la Croix, des fidèles avaient conscience de la nécessité d’une telle œuvre de rédemption. Pour n’en citer qu’un, lisons le Psaume 22…

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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