19/06/2013

Marc 8:11-30 Voir ou ne pas voir


 

8:11-30  Voir ou ne pas voir

 
Voir ou ne pas voir, telle est la question lorsque l'événement annoncé est arrivé, lorsque des signes du Royaume étaient manifestés... Le Seigneur s'était présenté à la synagogue, il y prenait la parole, et il y avait accompli des miracles... Que fallait-il de plus pour saisir une âme sincère ?

 
8:11-13  Les pharisiens demandent un signe
Matthieu 16:1-4, 12:38-39 et Luc 11:16,29

Une nouvelle traversée de la mer conduit le Seigneur et les disciples à nouveau en Galilée, dans la région de Dalmanutha, localité proche de Magdala (Matthieu 15:39). Les contradicteurs ne sont pas longs à se manifester ; souvenons-nous du dernier discours du Seigneur en Galilée, avant le périple qui, des confins de la Phénicie le conduisit en Décapole.

11 Et les pharisiens sortirent et se mirent à disputer avec lui, demandant de lui un signe du ciel, pour l'éprouver. 12 Et, soupirant en son esprit, il dit : pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? En vérité, je vous dis : il ne sera point donné de signe à cette génération. 13 Et les laissant, il remonta de nouveau dans la nacelle et s'en alla à l'autre rive.
  • Nous pouvons nous demander quel signe voulaient les pharisiens, alors qu’ils sont témoins de tant de miracles… Comp. Aggée 2:7, Zacharie 14:5.
  • Que pouvons-nous comprendre dans ce fait que le Seigneur refuse le dialogue ? Le Seigneur rejette-t-il tout dialogue ? Lire Marc 12, Jean 3, 2 Tim.2:14.
Ce passage à Dalmanutha aura été bien bref ! C’est en soupirant (vers.12) que Jésus doit aborder des pharisiens désireux de briser son rayonnement, agissant comme de mauvais bergers. Cette circonstance justifie un avertissement aux apôtres, car ils doivent comprendre comment vivre quand le Seigneur ne sera plus avec eux. Une circonstance se présente pour que cet enseignement leur soit donné.

 
8:14-21  Le levain
Matthieu 16:5-12

Les disciples sont à nouveau sur la mer, et un problème d’intendance les préoccupe, tandis que le Seigneur leur parle du levain des pharisiens et du levain d’Hérode. Les disciples préoccupés du pain qui manquait ne comprennent pas la remarque du Seigneur venue abrupement… Ceci donne une touche bien humaine à cette petite troupe qui accompagnait le Seigneur Jésus. Quelques jeunes gens de vingt à trente ans peut-être qui allaient de village en village… Et cette question leur est maintenant directement adressée : "Ayant des oreilles, n’entendez-vous pas ?"

14 Et ils avaient oublié de prendre des pains, et ils n'avaient qu'un seul pain avec eux dans la nacelle. 15 Et il leur enjoignit, disant : Voyez, gardez-vous du levain des pharisiens et du levain d'Hérode. 16 Et ils raisonnaient entre eux, disant : C'est parce que nous n'avons pas de pains. 17 Et Jésus, le sachant, leur dit : Pourquoi raisonnez-vous sur ce que vous n'avez pas de pains ? N'entendez-vous pas encore, et ne comprenez-vous pas ? Avez-vous encore votre cœur endurci ? 18 Ayant des yeux, ne voyez-vous pas ? et ayant des oreilles, n'entendez-vous pas ? et n'avez-vous point de mémoire ? 19 Quand je rompis les cinq pains aux cinq mille, combien recueillîtes-vous de paniers pleins de morceaux ? Ils lui disent : Douze. 20 Et quand je rompis les sept aux quatre mille, combien recueillîtes-vous de corbeilles pleines de morceaux ? Et ils dirent : Sept. 21 Et il leur dit : Comment ne comprenez-vous pas ?
  • Qu’est ce "levain des pharisiens", et qu’est le "levain d’Hérode" ?
  • En lisant "Ayant des yeux, ne voyez-vous pas ? et ayant des oreilles, n'entendez-vous pas ? et n'avez-vous point de mémoire ?" (verset 18), nous pouvons penser à ce qu’il faut pour marcher avec sagesse… Ézéchiel 11:7.
Il est manifeste que le Seigneur met les apôtres en situation afin qu’ils apprennent comment marcher, car leur chemin sera difficile et il leur faudra être armés (Luc 22:35-36). Une épée ! Mais de quelle épée s’agit-il ? La parole de Dieu (Ephésiens 6:17).
 
Revenons à la parole du Seigneur touchant le levain. Assurément, dans l’Ecriture, le levain ne représente jamais une chose bonne ! Le levain, une substance en soin tout à fait noble, ne peut être brûlé sur l’autel avec les sacrifices. C’est ainsi dans la Loi de Moïse ! "Aucune offrande de gâteau que vous présenterez à l'Éternel ne sera faite avec du levain ; car du levain et du miel, vous n'en ferez point fumer comme sacrifice par feu à l'Éternel" (Lévitique 2:11). Le seul "pain levé" qui soit référencé, nous le voyons lors de la fête de Pentecôte, mais ce pain n’est pas brûlé avec les sacrifices. Ainsi, en parlant du levain, le Seigneur évoque les déformations graves de la pensée de Dieu par le légalisme des pharisiens (Marc 7:13) et le judaïsme mondain des hérodiens, des juifs favorables au courant politique induit par Hérode le Grand, ami des Romains.

 
8:22-26  L'aveugle de Bethsaïda

Ayant quitté Dalmanutha, le Seigneur et les disciples arrivent par la mer à Bethsaïda, la ville d’André et de Pierre (Jean 1:45). Un aveugle est conduit à lui avec confiance. Mais quelle scène étrange ! Un premier geste, après quoi le Seigneur demande à cet homme s’il pouvait voir. La réponse de l’aveugle, voyant maintenant mais fort imparfaitement, est suivie d’un second geste du Seigneur…

22 Et il vient à Bethsaïda ; et on lui amène un aveugle, et on le prie pour qu'il le touche. 23 Et ayant pris la main de l'aveugle, il le mena hors de la bourgade ; et lui ayant craché sur les yeux, il posa les mains sur lui et lui demanda s'il voyait quelque chose. 24 Et ayant regardé, l'homme dit : Je vois des hommes, car je vois comme des arbres qui marchent. 25 Puis Jésus lui mit encore les mains sur les yeux et le fit regarder ; et il fut rétabli, et voyait tout clairement. 26 Et il le renvoya dans sa maison, disant : N'entre pas dans la bourgade, et ne le dis à personne dans la bourgade.
  • Rapprochons cette scène de la précédente, lorsque le Seigneur dit “Comment ne comprenez-vous pas ?”
  • “Ne le dis à personne !” Ce n’est pas la première fois qu’une telle injonction est faite.Pourquoi, pensons-nous?
La scène se passe dans l’intimité. L’aveugle est mené hors de la bourgade, et, sa guérion étant acquise, il est renvoyé chez lui, mais avec cette injonction ne pas parler de cette guérison. Un fait qui ne pouvait toutefois par rester longtemps ignoré du voisinage, mais Marc ne s’étend pas sur cette question.
 
Quant à la guérison, l’aveugle maintenant voit, et que lui faut-il de plus, tandis qu’il est libéré de son infirmité. Mais pour les disciples, témoins de la scène, des questions peuvent se poser, car c’est la première fois qu’ils voient Jésus procéder ainsi, demander à la suite de son premier geste, si l’homme était guéri. Ne le savait-il pas lui-même ? Une scène destinée avant tout aux disciples, pensons-nous. En effet, à eux, il leur a été donné de "voir", de discerner le Messie d’Israël et même de le suivre. Mais ont-ils discerné tout ce qui était à voir ? Que connaissent-ils du Messie d’Israël ? C’est la grande question… Et un nouveau travail d’enseignement va être entrepris, lequel conduira à cette vision glorieuse de la Transfiguration. Mais avant cette scène exceptionnelle, le Seigneur conduit ses disciples en une contrée lointaine, bien au nord de Bethsaïda…

 
8:27-30  "Tu es le Christ"
Matthieu 16:13-20 et Luc 9:18-21 ; voir aussi Jean 6:67-71

La région de Césarée de Philippe, aux pieds de l’Hermon est à deux jours de marche Bethsaïda, bien au nord de la Terre d’Israël. Cela donne le temps de converser loin des foules qui aimaient se rassembler auprès de Jésus (Marc 3:20). Une véritable retraite au cours de laquelle le Seigneur leur parle. Que connaissent-ils de Jésus ? Sont-ils comme cet aveugle de Bethsaïda qui discernait sans véritablement voir ? La question est posée aux disciples… Et lorsque Pierre déclarera que Jésus est le Christ, il entendit, comme l’aveugle de Bethsaïda cette injonction à ne pas en parler…

27 Et Jésus s'en alla, et ses disciples, aux villages de Césarée de Philippe ; et chemin faisant, il interrogea ses disciples, leur disant : Qui disent les hommes que je suis ? 28 Et ils répondirent : Jean le baptiseur ; et d'autres : Élie ; et d'autres : L'un des prophètes. 29 Et il leur demanda : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Et Pierre, répondant, lui dit : Tu es le Christ. 30 Et il leur défendit expressément de dire cela de lui à personne.
  • D’où vient que les hommes, s’interrogeant sur la personne de Jésus disent les uns Jean le baptiseur, d’autres Élie et d’autres encore "l’un des prophètes" ? Marc 6:15, Malachie 4:5, Deutéronome 18:18.
  • Pourquoi les disciples ne peuvent-ils pas proclamer que Jésus est le Messie ?
Une question importante ! Le Messie est celui qui doit rétablir Israël ; il est le Fils de David promis (Amos 9:14, Osée 3:5). Et c’est ce qu’attendaient les Juifs, bien évidemment. Mais les prophètes ont-ils parlé d’un rétablissement politique seulement ? Ont-ils évoqué l’indépendance retrouvée, telle qu’aux temps des rois, avant l’exil Babylone ? Non, ce rétablissement est pour un peuple qui aura opéré un rétablissement moral avant tout (Zacharie 12:10), des croyants entrés dans une nouvelle vie ainsi que Joël en parle : "Et il arrivera, après cela, que je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards songeront des songes, vos jeunes hommes verront des visions" (Joël 2:28). Pour arriver à ce déploiement de miséricorde, il fallait établir les bases de la Nouvelle Alliance annoncée dès la déportation à Babylone (Jérémie 31:31). C’est pourquoi, à la fin de l’exil, le rejet et les souffrances du Messie ont fait plus que jamais l’objet de l’annonce des prophètes (Ésaïe 53, Zacharie 11:13). C’est ce que le Seigneur place dès lors devant ses disciples.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:26 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 05 à 08 | Commentaires (0) | Eric

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