19/06/2013

Marc 7:24-8:10 Parcours hors de la terre d'Israël


 

7:24-8:10  Parcours hors de la terre d’Israël

 
Les contradictions rencontrées en Galilée conduisent le Seigneur à aller plus loin, à la lisière des pays voisins. Ce n’est pas la première fois, car déjà nous avions vu le Seigneur en Décapole, à l’est du Jourdain. Mais ici, nous le trouvons au nord-ouest, aux confins de Tyr et de Sidon avant de se rendre à nouveau en Décapole.
 
Et ces scènes qui sont vue hors de la terre d’Israël sont un réel tableau donné en écho aux débats avec les pharisiens. A l’occasion de ces contradictions, le Seigneur a du revenir aux fondements de la relation avec Dieu, et maintenant nous voyons la foi agissante, des oreilles ouvertes et enfin une assistance nombreuse nourrie par le Seigneur dans cette terre étrangère.

 
7:24-30  La femme syrophénicienne
Matthieu 15:21-28

Ici encore, nous voyons que Jésus ne cherche pas la popularité, il passe dans la contrée de Tyr et Sidon, en Phénicie, tout en veillant à ne pas y être annoncé. Mais sa renomée l’a précédé. Une mère souffrant de voir les crises répétées de sa fille a conscience du pouvoir de ce Maître qui enseigne en Galilée. Sa fille est considérée comme possédée, car à l’époque on ne pouvait expliquer la maladie, et on ne pouvait la guérir ! Pensons au désarroi de cette mère. Mais elle a foi en Jésus… Et que fera-t-elle quand le Seigneur paraîtra lui refuser son aide, quand par ces paroles de Jésus elle pourrait être blessée ?

24 Et se levant, il s'en alla de là vers les frontières de Tyr et de Sidon ; et étant entré dans une maison, il ne voulait pas que personne le sût : et il ne put être caché ; 25 car une femme dont la fille avait un esprit immonde, ayant ouï parler de lui, vint et se jeta à ses pieds, 26 or la femme était grecque, syrophénicienne de race, et elle le pria qu'il chassât le démon hors de sa fille. 27 Et Jésus lui dit : Laisse premièrement rassasier les enfants ; car il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. 28 Et elle répondit et lui dit : Oui, Seigneur ; car même les chiens, sous la table, mangent des miettes des enfants. 29 Et il lui dit : À cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. 30 Et s'en allant en sa maison, elle trouva le démon sorti, et sa fille couchée sur le lit.
  • Cette mère est-elle blessée par les paroles de Jésus ? Pourquoi, pensons-nous, cette mère ainsi moralement bousculée ne s’effondre pas mais insiste ?
  • Et qu’est-ce qui ressort de sa réponse ? La réponse de la grâce à une étrangère est-elle unique dans l’histoire d’Israël ? Josué 6:25, Ruth 4:13.
La souffrance que cette mère connaît au regard de sa fille est trop forte, et sa foi en Jésus trop grande pour qu’elle puisse se résoudre à laisser prise, à s’asseoir dans la pensée que la grâce n’est pas pour elle. Sa douleur lui donne une audace remarquable et la conduit à une réponse pleine d’intelligence. Nous lisions dans un tout autre contexte cette parole : "que celui qui a des oreilles…". Ici, nous voyons une personne qui a compris l’essentiel, une personne qui a des oreilles, et un cœur, et la conscience forte de sa douleur ! Et sa foi est un modèle du fruit recherché par le Seigneur, cette mère syro-phénicienne exprime une véritable confiance en Dieu. Elle n’est pas instruite dans les doctrines, mais nous savons que si les doctrines sont ‘connaissance’, la foi est ‘vie’.

 
7:31-37  Guérison du sourd-muet en Décapole
Matthieu 15:29-31

Un autre miracle à l’étranger, en Décapole, là ou cet homme autrefois asservi à divers tourments, a fait connaître la puissance de Jésus (Marc 5:20). Les hommes de cette contrée avaient demandé à Jésus de s’en aller, mais au moment où il s’y retrouve, voici qu’on conduit jusqu’à lui un homme sourd. Le Seigneur mène cet homme à l’écart et opère de façon bien étrange. Qui donc est enseigné par ce geste ? D’autant plus que le Seigneur demande à cet homme de ne pas parler de sa guérison…

31 Et étant de nouveau parti des confins de Tyr et de Sidon, il vint vers la mer de Galilée, à travers le pays de Décapolis. 32 Et on lui amène un sourd qui parlait avec peine, et on le prie pour qu'il lui impose la main. 33 Et l'ayant tiré à l'écart, hors de la foule, il lui mit les doigts dans les oreilles ; et ayant craché, il lui toucha la langue ; 34 et regardant vers le ciel, il soupira, et lui dit : Ephphatha, c'est-à-dire, ouvre-toi. 35 Et aussitôt ses oreilles s'ouvrirent, et le lien de sa langue se délia, et il parlait distinctement. 36 Et Jésus leur enjoignit de ne le dire à personne ; mais plus il le leur défendait, d'autant plus ils le publiaient. 37 Et ils étaient extrêmement étonnés, disant : il fait toutes choses bien ; il fait entendre les sourds et parler les muets.
  • Jésus crache et, en accompagnant la guérison de ce symbole, donne vie à l’organe desséché, ce que nous voyons aussi pour deux aveugles, l’un à Bethsaïda (Marc 8:23) et l’autre à Jérusalem (Jean 9:6). Ne pouvait-il pas guérir cet homme d’une simple parole? Matthieu 8:8.
  • Qu’est-ce que les disciples peuvent apprendre par ce geste étrange accompagné d’un soupir ? Marc 4:9, 23, 7:16.
  • Que demande Jésus à ces gens de Décapole, témoins du miracle ? Comparons avec l’homme de Décapole libéré de son assuétude (Marc 5:19-20).
Il est vrai, une parole de Jésus et cet homme sourd qui parlait à peine eût pu être délivré de son infirmité. Mais ce geste du Seigneur semble bien faire écho à cette difficulté d’entendre la parole, ce qu’il constate dans son pays, en Galilée voisine notamment. Souvenons-nous de cette parole : "que celui qui a des oreilles pour entendre" (Marc 7:16). C’était en fait la grande question qui se posait parmi les fils d’Israël, et ici, dans ce geste à l’égard d’un étranger, une sorte d’illustration est donnée aux disciples, pour qu’ils comprennent les difficultés rencontrées dans leur propre contrée. Le soupir du Seigneur (vers.34) nous paraît se réfèrer davantage au fait que tant de personnes ont des oreilles pour ne pas entendre… comme Il soupirera encore quand un signe probant lui sera demandé, après tous ces miracles (Marc 8:12).

 
8:1-10  Seconde multiplication des pains
Matthieu 15:32-39

Est-ce le témoignage des témoins de la guérison du sourd-muet, est-ce le fruit du message de l’homme délivré de tant d’assuétudes (Marc 5:19-20) ? Toujours est-il que dans cette terre étrangère un auditoire important se trouve là depuis trois jours, sans n’avoir plus rien à manger…

8  1 En ces jours-là, comme il y avait là une fort grande foule, et qu'ils n'avaient rien à manger, Jésus, ayant appelé à lui ses disciples, leur dit : 2 Je suis ému de compassion envers la foule, car voici trois jours déjà qu'ils demeurent auprès de moi, et ils n'ont rien à manger ; 3 et si je les renvoie à jeun dans leurs maisons, ils tomberont en défaillance par le chemin ; car quelques-uns d'entre eux sont venus de loin. 4 Et ses disciples lui répondirent : D'où les pourra-t-on rassasier de pain, ici, dans le désert ? 5 Et il leur demanda : Combien avez-vous de pains ? Et ils dirent : Sept. 6 Et il commanda à la foule de s'asseoir sur la terre. Et ayant pris les sept pains, il rendit grâces et les rompit et les donna à ses disciples pour les mettre devant la foule : et ils les mirent devant elle. 7 Ils avaient aussi quelques petits poissons ; et ayant béni, il dit qu'ils les missent aussi devant la foule. 8 Et ils mangèrent et furent rassasiés ; et ils ramassèrent, des morceaux qui étaient de reste, sept corbeilles. 9 Or ceux qui avaient mangé étaient environ quatre mille. Et il les renvoya.
 
10 Et aussitôt, montant dans une nacelle avec ses disciples, il vint aux quartiers de Dalmanutha.
  • Soulignons l’attention et la prévention du Seigneur quant à son assistance. Vers.2.
  • Pourquoi Marc relate-t-il deux multiplications des pains, une en Galilée, et l’autre en Décapole ?
Deux multiplications des pains ! Gardons-nous de penser qu’il s’agisse d’une redite ! Avant tout, n’oublions pas que, des deux années de ministère public, seuls quelques faits sont mentionnés, et des scènes telles que celle-ci peuvent avoir eu lieu bien d’autres fois encore. C’est, à l’évidence, à dessein que Marc a présenté ces deux multiplications des pains. La première a lieu en terre d’Israël, et les corbeilles de restes sont au nombre de douze, une par tribu, car aucune n’est oubliée de Dieu. Ces corbeilles peuvent nous faire penser à la bénédiction promise dans une parole prophétique adressée aux exilés de Babylone et qui n’est pas acomplie, jusqu’à aujourd’hui (Ezéchiel 47:13). La seconde a lieu hors du pays, l’auditoire est essentiellement fait de non-juifs. Alors Marc indique qu’il y a de restes sept corbeilles, ce nombre évoquant la complétude selon Dieu – comme les sept esprits de Dieu et les sept lampes du chandelier – et l’achèvement de son œuvre comme il y a les sept jours de la création.
 
Le message et l’œuvre du Seigneur sont le pivot, pour Israël, passant du regard sur un peuple choisi à la vision prophétique du plan de Dieu pour l’humanité, cette vision qu’Abraham porta dès son appel (Genèse 12:3) et que les prophètes n’ont eu de cesse de le rappeler (Ézéchiel 38:23, Ésaïe 66:18, Zacharie 14:16, Psaumes 2:8, 47:8, 126:2…)
 
Le repas si étrange qui s’achève ne peut être prolongé, car quelles seraient les motivations de ceux qui se tiendraient là encore et encore ? Dès les restes mis dans les corbeilles, aussitôt, le Seigneur remonte sur le bâteau et retourne en Galilée, à Dalmanutha, ville proche de Magdala, sur la rive ouest de la mer de Galilée.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:28 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 05 à 08 | Commentaires (0) | Eric

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