19/06/2013

Marc 6:45-7:23 Confrontations avec les pharisiens


 

6:45-7:23  Confrontation avec les pharisiens

 
Jamais le Seigneur ne saisit une situation pour établir par ses paroles et ses oeuves une quelconque autorité dans le pays, mais sa renommée ne pouvait que croître. Et malgré le fait qu’il se retire, s’en va en un lieu désert, chaque fois que la foule manifeste un grand empressement, l’inévitable devait se produire, à savoir de nouvelles confrontations... La tension ne cesse de monter.

 
6:45-52  Jésus se retire seul pour prier, puis marche sur la mer
Matthieu 14:22-33 et Jean 6:14-21

Les cinq mille hommes qui avaient pris part au repas miraculeux ne pouvaient qu’être saisis d’étonnement, et sans doute aussi d’une grande admiration. Mais une telle situation ne pouvait se prolonger, car le Seigneur n’était pas en recherche de renomée. Ce qu’il cherche à produire est un travail dans les consciences et les cœurs. Alors il congédie la foule et s’en va lui-même à l’écart. Il se retire seul avant une nouvelle confrontation avec les pharisiens, une nouvelle tempête… Et les disciples apprennent, dans une autre tempête, vers qui regarder pour garder confiance lorsque viennent les tourments.

45 Et aussitôt il contraignit ses disciples de monter dans la nacelle, et d'aller devant lui à l'autre rive, vers Bethsaïda, tandis qu'il renvoyait la foule. 46 Et leur ayant donné congé, il s'en alla sur une montagne pour prier.
 
47 Et le soir étant venu, la nacelle était au milieu de la mer, et lui, seul à terre. 48 Et les voyant se tourmenter à ramer, car le vent leur était contraire, vers la quatrième veille de la nuit, il vient vers eux, marchant sur la mer ; et il voulait passer à côté d'eux. 49 Mais eux, le voyant marcher sur la mer, crurent que c'était un fantôme, et ils poussèrent des cris ; 50 car ils le virent tous, et ils furent troublés. Et aussitôt il parla avec eux, et leur dit : Ayez bon courage ; c'est moi ; n'ayez point de peur. 51 Et il monta vers eux dans la nacelle, et le vent tomba. Et ils furent excessivement frappés et étonnés en eux-mêmes ; 52 car ils n'avaient pas été rendus intelligents par les pains, car leur cœur était endurci.
  • Que nous apprend la situation des discples ? Ils accomplissaient bien ce que le Seigneur leur avait demandé, et pourtant les vents sont contraires !
  • En permettant ce tourment, qu’est-ce que le Seigneur désirait produire en eux ? Vers.52.
Le Seigneur ne veut manifestement pas adapter les circonstances pour les disciples ; ils doivent aller contre le vent alors même qu’ils ne faisaient pas autre chose que de répondre à sa demande. Ils luttent pour tenir le cap, et la fatigue fait remonter en eux un réflexe de superstition lorsqu’ils voient comme un humain marchant sur la mer… Mais le Seigneur leur parle : "Ayez bon courage !" Un enseignement bien utile, car il en faudra du courage lorsqu’ils rameront dans ce monde dès la pentecôte, le Seigneur n’étant plus visible, et chargés qu’ils seront du message de bonne nouvelle, alors qu’ils seront plus que jamais face à des vents contraires…

 
6:53-56  Guérisons près de Génésareth
Matthieu 14:34-36

A Genésareth, bourgade proche de Capharnaüm, Jésus était connu ! Et dès qu’on le vit aborder, c’est avec précipitation que l’on conduisit à lui des malades et des infirmes, comme cela se passe désormais partout ou le Seigneur se rend…

53 Et ayant passé à l'autre rive, ils vinrent dans la contrée de Génésareth, et ils abordèrent. 54 Et comme ils sortaient de la nacelle, ils le reconnurent aussitôt ; 55 et ils coururent par tout le pays d'alentour, et se mirent à apporter de tous côtés dans de petits lits ceux qui se portaient mal, là où ils entendaient dire qu'il était. 56 Et où que ce fût qu'il entrât, dans les villages, ou dans les villes, ou dans les campagnes, ils plaçaient les infirmes dans les marchés et le priaient de les laisser toucher ne fût-ce que le bord de son vêtement ; et tous ceux qui le touchaient étaient guéris.
  • Quelle image donnent ces villes et villages où il semble qu’il y ait tant de malades, tant d’infirmes. Qu’évoque pour nous leur situation d’une part, et que penser de la lumière qui est allée jusqu’à eux ?
Les habitants de la région, et plus particulièrement ceux qui connaissaient la détresse sont manifestement émus. Il est clair que plusieurs connaissent une réponse immédiate à leur détresse. Jésus était pour eux la ressource providentielle qu’ils n’espéraient plus, ce qui est bien différent des disputes de mots et autres débats théologiques toujours actuels…

 
7:1-13  Jésus parle de la tradition des pharisiens
Matthieu 15:1-9

Toute la Galilée semble être en effervescence ! Il paraîtrait bien qu’il ne soit plus question que de guérisons, de nourriture dispensée miraculeusement et de paroles de grâces… Jésus serait-il un prophète ? Ou serait-ce Élie, selon qu’ils pouvaient comprendre la parole de Malachie (Malachie 4:5) ou encore le Messie, le Serviteur de Dieu qui devait rétablir Israël (Ésaïe 42:1) ? La situation était devenur telle que les autorités se devaient d’examiner la question et de fournir une réponse officielle afin que nul ne se détourne (Marc 3:22). Aussi des pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem vont à Jésus pour examiner ce qu’il en est…

7  1 Et les pharisiens et quelques-uns des scribes, qui étaient venus de Jérusalem, s'assemblent auprès de lui. 2 Et voyant quelques-uns de ses disciples mangeant du pain avec des mains souillées, c'est-à-dire non lavées... ; 3 car les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas qu'ils ne lavent soigneusement leurs mains, retenant la tradition des anciens ; 4 et étant de retour du marché, ils ne mangent pas qu'ils ne soient lavés. Et il y a beaucoup d'autres choses qu'ils ont reçues traditionnellement pour les observer, comme de laver les coupes, les pots, les vases d'airain, et les lits. 5 - Sur cela, les pharisiens et les scribes l'interrogent, disant : Pourquoi tes disciples ne marchent-ils pas selon la tradition des anciens, mais mangent-ils du pain avec des mains souillées ?
 
6 Mais lui, répondant, leur dit : Ésaïe a bien prophétisé de vous, hypocrites ; comme il est écrit : «Ce peuple-ci m'honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi ; 7 mais ils m'honorent en vain, enseignant, comme doctrines, des commandements d'hommes» [Esaïe 29:13]. 8 Car, laissant le commandement de Dieu, vous observez la tradition des hommes, de laver les pots et les coupes ; et vous faites beaucoup d'autres choses semblables. 9 Et il leur dit : Vous annulez bien le commandement de Dieu, afin de garder votre tradition. 10 Car Moïse a dit : «Honore ton père et ta mère» [Exode 20:12] ; et : «que celui qui médira de père ou de mère, meure de mort» [Exode 21:17] ; 11 mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Tout ce dont tu pourrais tirer profit de ma part est corban, c'est-à-dire don... 12 Et vous ne lui permettez plus de rien faire pour son père ou pour sa mère, 13 annulant la parole de Dieu par votre tradition que vous vous êtes transmise les uns aux autres ; et vous faites beaucoup de choses semblables.
  • Les disciples enfreingnaient-ils la Loi d’Israël ?
  • Pourquoi l’exemple du “corban” est-il évoqué ici, apparemment hors de propos ?
  • Allant au delà de la Loi, qu’en est-il de la tradition religieuse établie dans ces derniers siècles avant le croix ?
Ainsi que nous pouvons le lire, la tradition ajoutant règles sur règles n’était pas un fait nouveau. Ce fait avait déjà conduit à un sévère avertissement du prophète Ésaïe, bien avant l’exil à Babylone (Ésaïe 29:13), et, deux siècles plus tard, nous retrouvons une situation similaire parmi la descendance directe des réchappés qui revinrent à Jérusalem pour rebâtir le Temple (Malachie 1). Il semble que dans une large mesure, l’attachement à la Loi devint petit à petit une fin en soi, et apportait une expression forte de l’identité nationale, mais est-ce pour cela que la Loi avait été donnée ? L’identité nationale peut bien se satisfaire de l’oubli de Dieu lui-même. Et aux principes de la Loi de Moïse succédèrent des règles de plus en plus sophistiquées, hors de l’esprit de la Loi, et finalement en contradiction avec cet esprit. Ceci conduit à jugement sévère, car cette évolution soi-disant au nom de la Loi en arrive à l’annuler…

 
7:14-23  Ce qui souille l'homme
Matthieu 15:10-20

Marc poursuit son récit en résumant ce qui a été dit par Jésus, pour que les gens comprennent. Car ils entendent les principes des pharisiens, et ceux-ci sont réputés pour leur connaissance de la Bible… Qu’en est-il de cette coutume à laquelle ils tiennent tant ? Le Seigneur parle à la foule, selon qu’ils peuvent entendre, avant de s’adresser en particulier aux disciples, étant entrés dans la maison…

14 Et ayant de nouveau appelé la foule, il leur dit : Écoutez-moi, vous tous, et comprenez : 15 Il n'y a rien en dehors de l'homme, qui, entrant au dedans de lui, puisse le souiller ; mais les choses qui sortent de lui, ce sont celles qui souillent l'homme. 16 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende.
 
17 Et quand il fut entré dans la maison, s'étant retiré d'avec la foule, ses disciples l'interrogèrent touchant cette parabole. 18 Et il leur dit : Vous aussi, êtes-vous ainsi sans intelligence ? N'entendez-vous pas que tout ce qui est de dehors, entrant dans l'homme, ne peut pas le souiller, 19 parce que cela n'entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, et s'en va dans le lieu secret, purifiant toutes les viandes ? 20 Et il dit : Ce qui sort de l'homme, c'est là ce qui souille l'homme ; 21 car du dedans, du cœur des hommes, sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les meurtres, 22 les vols, la cupidité, les méchancetés, la fraude, l'impudicité, l'œil méchant, les injures, l'orgueil, la folie. 23 Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l'homme.
  • Que fait le Seigneur en disant aux gens qui l’écoutent : “Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende” ? Marc 4:9, 23, 7:16, 8:18, Actes 28:27, Zacharie 7:11.
  • Qu’est-ce qui souille l’homme ? Jacques revient sur cette question. Jacques 3:6.
Ces lignes sont une réelle mise en garde à l’égard de dérives léglistes, un chemin qui enferme l’homme dans des règles au lieu de lui apporter la liberté que donne la conscience de l’amour de Dieu. Et dans la clarté du texte, nous discernons le peu de valeur des rites inventés par les hommes et qui masquent en réalité ce qui est réellement dû à Dieu ! La réalité, ce que Dieu apprécie, c’est tout autre chose. Les prophètes, défenseurs de la Loi, en parlèrent si souvent, et nous lisons notamment : "Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ?" (Michée 6:8). Nous pourrions après cette lecture ajouter ces mots de notre lecture : "Que celui qui a des oreilles…".
 
Face aux outres vieillies, le Seigneur doit rendre plus évidents les fondements de la foi, et ainsi Marc, poursuivant son récit, nous place devant des scènes nouvelles, pleines de fraîcheur, qui se sont passées hors de la terre d’Israël (Marc 7:24-8:9).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:31 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 05 à 08 | Commentaires (0) | Eric

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