19/06/2013

Marc 2:18-3:6 Le vieil habit et le vin nouveau


 

2:18-22  Le vieil habit et le vin nouveau
Matthieu 9:14-17 et Luc 5:33-39

Au sein du peuple, des courants de pensées divers se manifestaient, dans notre langage il s’agirait plutôt d’écoles, de manières de vivre la religion ancestrale ; ce sont les sadducéens, les hérodiens, les pharisiens et d’autres encore. Les pharisiens sont reconnus comme étant les plus respectueux de la Loi de Moïse (Actes 26:5), et, particulièrement pratiquants, ils observent des périodes de jeûne. Il en est de même des disciples de Jean le baptiseur, pratiquant le jeûne en signe de repentance et de retour à l’observance de la Loi ; le jeûne étant un temps de retraite pour repenser à ce que l’homme est devant Dieu, une pratique reconnue dans la Bible (Esdras 8:21, Néhémie 9:1, Zacharie 8:19). La question se pose…

18 Et les disciples de Jean et les pharisiens jeûnaient ; et ils viennent et lui disent : Pourquoi les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent-ils, mais tes disciples ne jeûnent pas ? 19 Et Jésus leur dit : Les fils de la chambre nuptiale peuvent-ils jeûner pendant que l'époux est avec eux ? Aussi longtemps qu'ils ont l'époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. 20 Mais des jours viendront, lorsque l'époux leur aura été ôté ; et alors ils jeûneront en ce jour-là. 21 Personne ne coud un morceau de drap neuf à un vieil habit ; autrement la pièce neuve emporte une partie du vieil habit, et la déchirure en devient plus mauvaise. 22 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement le vin rompt les outres, et le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais le vin nouveau doit être mis dans des outres neuves.
  • Pourquoi les disciples de Jésus ne jeûnent-ils pas ? Et pourquoi jeûneront-ils plus tard ?
  • Que comprenons-nous de cette image de la "pièce neuve", de celle du "vin nouveau" ? Sans doute verrons-nous bien vite, dans notre lecture, ce que sont le vieil habit et la vieille outre…
La leçon est importante. Quoique la foi soit de tous temps depuis qu’il y a des hommes sur la terre, les Israélites attachés à la Loi, donnée de Dieu, ont naturellement difficile à tirer toutes les leçons de leur propre histoire. L’attachement à sa propre pratique de la Loi, le regard fixé sur l’observances des prescriptions sur l’alimentation et le jeûne, peuvent masquer les avertissements des prophètes, lesquels étaient là pour redonner un véritable sens à la vie des fidèles. Et maintenant, Celui qu’annonçaient les prophètes était là. Le moment qu’ils vivaient était exceptionnel, et le chemin de la vie leur était présenté. "Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ" (Jean 1:17). Le repentir trouve sa place, dans une vie, mais non pour demeurer dans la contrition et la prostration, mais plutôt reconnaître le pardon de Dieu et vivre, marcher avec Dieu ! Car le Seigneur dit : "Moi, je suis venu afin qu'elles aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance" (Jean 10:10).

 
2:23-28  La question du shabbat
Matthieu 12:1-8 et Luc 6:1-5

Ce n’est pas encore la confrontation avec les pharisiens ! Mais déjà une question directe, et l’insinuation de commettre un acte interdit… Ce n’est certes pas d’arracher des épis chemin faisant qui constitue le sujet de contestation, car cela est explicitement autorisé par la Loi – et cette prescription légale est d’une grande beauté, car elle développe des pensées élevées, conduisant à la reconnaissance des bienfaits de Dieu et au développement dans l’âme d’une attitude altruiste (Deutéronome 23:24-25, voir aussi 24:19-22). La question posée est celle du shabbat, une disposition essentielle de l’Alliance de Dieu avec Israël, mais qui a fait l’objet de déformations légalistes qui en dénaturent le sens. Les pharisiens, dans leur zèle pour la Loi, ce qu’il faut reconnaître comme positif, avaient été au-delà de l’enseignement de Moïse en ajoutant précisions sur précisions au point que le sens même du shabbat est perdu derrière ces règles complexes. Et de prendre du blé en chemin, avec la main, était assimilé par les pharisiens au travail des récoltes…

23 Et il arriva qu'il passait par les blés en un jour de sabbat ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Et les pharisiens lui dirent : 24 Voici, pourquoi font-ils, le jour de sabbat, ce qui n'est pas permis ? 25 Et lui leur dit : N'avez-vous jamais lu ce que fit David quand il fut dans le besoin et qu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui, 26 comment, au titre «Abiathar, souverain sacrificateur», il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu'il n'est pas permis de manger, sinon aux sacrificateurs, et en donna aussi à ceux qui étaient avec lui ? 27 Et il leur dit : Le sabbat a été fait pour l'homme, non pas l'homme pour le sabbat ; 28 de sorte que le fils de l'homme est seigneur aussi du sabbat.
  • La scène touchant David recevant du grand prêtre les pains de propositions disposés sur la Table dans le Tabernacle (1 Samuel 21:6) n’avait pas rapport au shabbat. Pourquoi le Seigneur l’évoque-t-il ?
  • Pourquoi le Seigneur leur dit-il que le shabbat est pour l’homme et non l’inverse ? Genèse 2:3, Psaume 95:11, Hébreux 4:11
Entrer dans le repos de Dieu ! Telle est en fait la finalité de l’homme, l’achèvement de l’œuvre de Dieu. "Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos" (Matthieu 11:28). Dès son institution, le shabbat a été connu d’Israël comme un privilège, un don de Dieu (Exode 16:29). Et faire du shabbat un thème de contraintes et de règles diverses pouvait conduire à l’opposé de l’institution elle-même. Recevoir de Dieu ses bienfaits et en jouir, c’est là la joie de la foi.

 
3:1-6  L’homme à la main desséchée
Matthieu 12:9-13 et Luc 6:6-11

Les raisonnements, les insinuations, les reproches… et maintenant la confrontation ! La question du shabbat est à nouveau au centre du débat. Mais, le shabbat est-il un don de Dieu pour le bien des hommes, et annonçant le repos à venir… Ou bien est-il un jour d’examen légal où la rigueur de règles sourcilleuses et contraignantes distinguent les fidèles ? La scène se passe dans la synagogue. Nous devons penser que bien des Israélites de bonne volonté se trouvaient là…

3  1 Et il entra encore dans la synagogue ; et il y avait là un homme qui avait la main desséchée. 2 Et ils l'observaient pour voir s'il le guérirait le jour de sabbat, afin de l'accuser. 3 Et il dit à l'homme qui avait la main desséchée : Lève-toi là devant tous. 4 Et il leur dit : Est-il permis de faire du bien le jour de sabbat, ou de faire du mal ? de sauver la vie, ou de tuer ? Mais ils gardaient le silence. 5 Et les ayant regardés à l'entour avec colère, étant attristé de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : Étends ta main. Et il l'étendit, et sa main fut rétablie. 6 Et les pharisiens, sortant aussitôt avec les hérodiens, tinrent conseil contre lui pour le faire périr.
  • Pourquoi, pensons-nous, les pharisiens et les hérodiens sortirent-ils sans dire un mot ? Qu’auraient-ils pu répondre au Seigneur ?
A partir de ce jour, rien ne sera plus comme avant. Quelques semaines ou quelques mois s’étaient passés, et la renommée de Jésus s’étant répandue en Galilée (Marc 1:28), l’étonnement bienveillant des humbles a engendré la jalousie de ceux qui se trouvaient importants…
 
Ainsi, en quelques versets nous a été présenté le développement de l’opposition au Seigneur : raisonnements (Marc 2:7), questions (2:18), accusations (2:24), confrontation (3:2) et enfin des hommes se retirent pour tenir conseil en vue de le faire mourir (3:6).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:38 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 01 à 04 | Commentaires (0) | Eric

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