19/06/2013

Marc 1:1-13 Le Fils de Dieu, le Serviteur parfait


 

Évangile selon Marc
Allez dans le monde entier et
proclamez la bonne nouvelle

Marc 16:15

 
Une bonne nouvelle ! Voilà des années, des siècles même que le peuple d’Israël, dépositaire des promesses, attendait. Déjà dans le Pentateuque, il est parlé d’un prophète qui devait venir (Deutéronome 18:18), et dans les pires moments de l’histoire d’Israël, les prophètes n’ont eu cesse de l’affirmer : Dieu va intervenir lui-même afin que vienne le temps du rétablissement (Ésaie 33:20, 55:1-5, Jérémie 31, Osée 2:14-16, Joël 2:23-29, ...). Et voici, Celui qui apporte la grâce était là. La Judée et la Galilée de l’époque furent bousculées, des milliers de Juifs se sont tournés vers Jésus, la nouvelle se répand dans le monde gréco-romain et dans tout le Moyen Orient. Il devenait urgent qu’un écrit assure la mémoire de ce bouleversement, le souvenir de la vie de Jésus, le fils promis, Emmanuel (Ésaïe 7:14), Dieu se trouvant au milieu des hommes pour leur apporter le message de la paix et leur témoigner son amour. Alors « plusieurs ont entrepris de rédiger un récit des choses qui sont reçues parmi nous avec une pleine certitude » (Luc 1:1).
 
L'auteur
 
Qui est ce Marc auquel la tradition reconnaît la rédaction de cet évangile ? Un jeune homme plein de zèle, fils d’une Marie, de Jérusalem, chez laquelle Pierre trouva les disciples rassemblés lorsqu’il sortit miraculeusement de la prison (Actes 12:12), et neveu de Barnabas, Juif de Chypre, qui fut si attaché à l’apôtre Paul. Un tout jeune homme au temps de la crucifixion ! Nous pouvons bien le penser du fait qu’il est le seul à mentionner un certain jeune homme qui s’enfuit lors de l’arrestation du Seigneur (Marc 14:51-52). Quinze années plus tard, Barnabas, son oncle, le prit avec lui lorsqu’il entreprit avec Paul le premier voyage missionnaire (Actes 12:25). Jean surnommé Marc etait un homme de bonne volonté, zélé pour le Seigneur, mais n’atteignant pas la force et l’endurance de l’apôtre ! Arrivé à Perge de Pamphylie, il se retira (Actes 13:13). Mais il voulut repartir, cinq ou six ans plus tard, et s’en alla alors avec Barnabas à Chypre (Actes 15:39).
 
Mis à l’épreuve, fortifié, il retrouvera l’apôtre Paul. Nous le voyons à Rome, lorsque Paul y est en résidence surveillée (Colossiens 4:10, Philémon 24). Marc s’apprête alors à partir vers l’Asie Mineure, à moins qu’il ne soit déjà en route, et il se pourrait qu’il passe par Colosses. Nous pouvons penser que son voyage se poursuivit plus loin encore, car nous le voyons avec Pierre à Babylone (1 Pierre 5:13). La dernière mention de Marc est tout à fait remarquable ; elle est de Paul, prisonnier une nouvelle fois, sans doute près de son martyre. Ce dernier s’adresse ainsi à Timothée : "Luc seul est avec moi. Prends Marc et amène-le avec toi, car il m'est utile pour le service." (2 Timothée 4:11).
 
Utile, Marc le fut bien, si tant est que le lien retenu par la tradition entre l’auteur de l’évangile et cet homme qui, sans être un réel battant n’en manifesta pas moins un zèle fervent et un grand désir de servir le Seigneur.
 
L'évangile
 
L’évangile selon Marc est un texte particulièrement court. Seuls les faits essentiels sont relatés, sans développements doctrinaux, sans présentation de discours tels que le fera Matthieu. Les faits se succèdent les uns aux autres ; le mot clé est aussitôt, car le ministère du Seigneur est conduit avec promptitude : lorsqu’en appel se fait entendre, lorsqu’une guérison est demandée, le fruit est immédiat.
 
Ce texte si court couvre une période de plus de deux années au cours desquelles tant d’évènements se sont produits qu’il n’est pas possible de les consigner tous en un livre (Jean 21:25). Marc a donc fait un choix afin de relater des faits significatifs et des enseignements fondamentaux tels que le Seigneur les communiquait dans ses diverses rencontres avec les foules, dans les différentes bourgades où il s’est trouvé, ainsi qu’à ses disciples en particulier.
 
Ce texte dépouillé a pu fournir une base essentielle pour la composition d’autres livres relatant la vie de Jésus. Luc évoque en tête de son évangile l’existence de tels textes écrits avant qu’il n’entreprenne son propre travail (Luc 1:1-2), et il est raisonnable de penser que ce livre le Marc lui soit connu ; en effet, Luc et Marc se sont trouvés ensemble à Rome auprès de Paul. Par ailleurs, il est assez clair que Matthieu pris en compte également ce livre de Marc pour sa propre composition.
 
La date de rédaction de cet évangile, pas plus que des autres, ne peut être déterminée avec certitude, toutefois nous pouvons la situer dans les années cinquante. Cela se situerait alors entre son voyage à Chypre avec Barnabas, et sa présence auprès de Paul à Rome.

 

 
1:1-13  Le Fils de Dieu

Une longue attente, exercice de patience pour les uns, occasion pour certains de penser qu’il faut que les hommes prennent tout en main, sans attendre de Dieu le rétablissement d’Israël, et pour d’autres encore le temps de jouir du pouvoir sur les hommes que donne la religion. Le peuple d’Israël, ou plutôt les descendants des réchappés de Babylone qui reconstruirent le Temple sont dans le pays de leurs pères. Ce peuple vit, les uns dans l’oppulence, les autres dans la modestie ou même la pauvreté. Parmi eux il se trouve divers courants de pensées : des religieux, des ultra-religieux, des Juifs épris de culture grecque et plusieurs attachés au pouvoir séculier, d'autant plus qu'un demi siècles auparavant les Romains avaient placé sur le trône de Jérusalem Hérode le Grand, lequel fit aggrandir le Second Temple, bâti cinq siècles plus tôt, lors du retour de Babylone, pour en faire un édifice impressionnant tant par sa grandeur que sa beauté, un joyaux qui faisait la fierté de la nation.
 
Lorsque Jésus paraît au baptême de Jean, Hérode Antipas, fils d’Hérode le Grand, règne sur la Galilée, la partie nord de la terre d’Israël, et la Pérée, à l’est du Jourdain, tandis qu’un gouverneur romain est établi sur la Judée.

 
1:1-8  Annonce de Jean le baptiseur
Matthieu 3:1-12 et Luc 3:1-6,15-18

Une voix s’élève, apportant l’appel déjà entendu à Babylone, à la fin de l’exil, et mentionné au Livre d’Ésaïe : "Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur…" (Ésaïe 40:3). En ce temps là, il s’agissait d’éveiller les exilés afin qu’ils soient prêts à répondre à l’invitation au retour pour rebâtir Jérusalem (Ésaïe 48:20), tandis qu’au jour où nous sommes parvenus, peu de temps avant l’apparition du Messie, Jean, à son tour, prononce cet appel au réveil, témoignant d’un événement attendu, fondamental : la venue prochaine du Messie.
 
Jean le baptiseur est bien le messager annoncé par Malachie qui devait prononcer à nouveau l’appel écrit au Livre d’Ésaïe, "préparez le chemin !" pour que fût reçu le Messie d’Israël. Il fait réellement œuvre de prophète, parlant aux âmes, clamant haut et fort cet appel au repentir. Le temps était venu de recevoir Celui qui allait introduire l’Alliance nouvelle annoncée par les prophètes lors du désastre de la première alliance, lors de la destruction du premier Temple (Jérémie 31:31-33, Ézéchiel 16:60-62). C’était bien là l’enseignement du prophète Malachie prononcé aux abords du Second Temple un siècle plus tard, lorsque le zèle pour le Seigneur s’était fort affaibli.

1  1 Commencement de l'évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu : 2 comme il est écrit dans Ésaïe le prophète. "Voici, moi j'envoie mon messager devant ta face, lequel préparera ton chemin" [Malachie 3:1] : 3 "Voix de celui qui crie : Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur, faites droits ses sentiers" [Esaïe 40:3].
 
4 Jean vint, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance en rémission de péchés. 5 Et tout le pays de Judée et tous ceux de Jérusalem sortaient vers lui ; et ils étaient baptisés par lui dans le fleuve du Jourdain, confessant leurs péchés. 6 Or Jean était vêtu de poil de chameau et d'une ceinture de cuir autour des reins, et il mangeait des sauterelles et du miel sauvage. 7 Et il prêchait, disant : Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, duquel je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie des sandales. 8 Moi, je vous ai baptisés d'eau ; lui, vous baptisera de l'Esprit Saint.
  • L’appel prononcé initialement à Babylone parle du désert, et en cela c’est Babylone même qui est appelée “désert”. Qu’est-ce que le désert aujourd’hui ? Osée 2:14
  • Pourquoi Jean est-il ainsi vêtu et se comporte-t-il ainsi qu’il le fait ? 2 Rois 1:8, Malachie 4:5
  • Que prêchait Jean le baptiseur ? Quel était la quête de ceux qui l’écoutaient et, entrant dans les eaux pour être baptisés, rendaient un témoignage public de leur attente du Messie ? Est-ce l’eau qui a quelque valeur, ou le mouvement de l’âme ?
  • Les Juifs pouvaient-ils comprendre a parole de Jean touchant le baptême de l’Esprit-Saint ? Ésaïe 44:3, Ézéchiel 36:27, 37:14, 39:29, Joël 2:28-29.
Le prophète Osée, plus d’un siècle avant l’exil à Babylone, déclarait : "Voici, moi, je l'attirerai, et je la mènerai au désert, et je lui parlerai au cœur…" (Osée 2:14-15). Jérémie, à la veille de l’exil, parlait de la part de Dieu, disant : "J'ai regardé la terre, et voici, elle était désolation et vide, et vers les cieux, et leur lumière n'était pas" (Jérémie 4:23, Genèse 1:2).
 
Jean le baptiseur clame la grande vérité de la grâce, à savoir que les péchés sont remis à ceux qui se repentent. Et le repentir est attaché à cette image d’une fuite en vue de se mettre à l’abri de la colère qui vient (Matthieu 3.7 et Luc 3.7). Celui qui exprime le repentir réalise son état et comprend qu’il y a une rétribution… Et il reçoit l’appel, l’invitation à se mettre à l’abri du jugement. La conscience de la grâce induit alors naturellement le désir de marcher dans la crainte de Dieu.

 
1:9-13  La manifestation du Fils de Dieu
Matthieu 3:13-4:11 et Luc 3:21-22,4:1-13

La réalité de l’incarnation est un mystère profond que nous devons regarder, méditer, et nous l’apprécierons alors de plus en plus. Un fait merveilleux auquel nous ne pouvons pas nous habituer, tellement est précieuse cette réalité de Dieu qui se fait homme, celui que le prophète nomme Emmanël, "Dieu avec nous" !
 
Pour les Juifs, en ce temps là, avertis déjà par les prophètes, un témoignage majeur fut rendu lorsque Jésus fut auprès de Jean pour être baptisé.

9 Et il arriva, en ces jours-là, que Jésus vint de Nazareth de Galilée, et fut baptisé par Jean au Jourdain. 10 Et s'éloignant aussitôt de l'eau, il monta, et vit les cieux se fendre, et l'Esprit comme une colombe descendre sur lui. 11 Et il y eut une voix qui venait des cieux : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai trouvé mon plaisir.
 
12 Et aussitôt l'Esprit le pousse dans le désert. 13 Et il fut dans le désert quarante jours, tenté par Satan ; et il était avec les bêtes sauvages ; et les anges le servaient.
  • Pourquoi Jésus va-t-il au Jourdain pour être baptisé ? Est-il dans la nécessité de se repentir ? Matthieu 3:14-15.
  • L’annonce des prophètes évoque-t-elle le fait que Jésus est Dieu venu au milieu des hommes ? Ésaïe 7:14, 9:7, 35:4, Zacharie 2:10, Psaumes 45:6-7-8, 110:1.
  • Quel est le sens symbolique des quarante jours ? Genèse 7:4, Exode 24:18, 34:28, Deutéronome 29:5.
  • Pour qui est-il écrit que Jésus fût tenté ? Lire Hébreux 4:14-15. Et s’il s’agit d’un temps d’épreuve véritablement traversé, pouvait-il être enclin à désobéir à Dieu ? 2 Corinthiens 5:21, 1 Pierre 2:22 et 1 Jean 3:5.
Jésus vint dans ce monde pour y paraître comme homme, traversant les épreuves des hommes, mais sans jamais être porté à désobéir. Il est l’homme obéissant, dans la perfection, comme les apôtres en rendront compte plus tard ; il vient pour faire la volonté du Père, comme nous le lisons au livre des Psaumes (Psaume 40:6-8, Hébreux 10:7,9), et ainsi la voix s’est fait entendre, établissant la perfection de l’homme christ Jésus (1 Timothée 2:5) tandis qu’il s’approchait des hommes qui, auprès de Jean, exprimaient leur repentir. La voix du Père se fera entendre en deux occasions subséquentes : à la montagne de la transfiguration (Matthieu 17:5), et ensuite à Jérusalem, lors du dernier message adressé par Jésus à la foule.
 
Ceci est mystérieux. Et aussi merveilleux. En Palestine, en ce temps là, Dieu, "étant trouvé en figure comme un homme" (Philippiens 2:8), était présent au milieu de son peuple, prêchant et apportant la consolation à un peuple abaissé, pauvre pour la plupart, et attendant une délivrance (Zacharie 11:7-11).

 

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:43 Publié dans EVANGILE SELON MARC, Marc 01 à 04 | Commentaires (0) | Eric

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