05/03/2013

Mat.11:1 Le Royaume des Cieux


 

 

LE ROYAUME DES CIEUX
Matthieu 11:1-13:52

Une première phase du ministère du Seigneur s’est achevée. Nous avons vu la présentation de la "charte du royaume", c’est-à-dire les lignes-guides poursuivie par ceux qui désirent marcher dans le chemin de Dieu. Nous avons vu aussi comment la bonté de Dieu rencontre la douleur des hommes sur la terre. Dès ces premiers mois du ministère public de Jésus Christ, sa renommée s’est largement répandue en Galilée, mais aussi au-delà (Mat.4:24, 9:31).
 
Mais qu’en est-il de l’attente du Messie qui doit restaurer le peuple d’Israël dans sa liberté d’antan ? Qu’en est-il de l’accomplissement des annonces des prophètes ? Est-ce un Messie parcourant humblement la Palestine qui pourrait être ce roi qu’ils attendent ? Certes, il était difficile pour un Juif de recevoir les paroles annonçant en termes explicites les souffrances de Celui qui devait venir, le rejet dont il serait l’objet. Pourtant les paroles sont claires, évoquant le rejet du Messie (Michée 5:1, Zacharie 13:6) et même son sacrifice (Ésaïe 53:5). Le livre de Daniel est tout à fait explicite : "le Messie sera retranché et n'aura rien" (Daniel 9:26). Et même, le psalmiste ne disait-il pas que l’annonce de l’évangile par le "semeur" devait être accompagnée de larmes ? "Il va en pleurant, portant la semence qu'il répand" (Psaumes 126:6).
 
Des questions se posent, venant notamment de Jean le baptiseur souffrant dans une sombre prison ; la curiosité est en éveil même dans les palais (Mat.14:1). Le Seigneur évoque la responsabilité des personnes qui ont vu les prodiges accomplis et ne se sont pas tournés vers Dieu pour lui rendre gloire. Il leur adresse des reproches sévères (Mat.11:20).
 
Alors viennent des enseignements sur ce qu’apportera dans l’ensemble l’annonce de l’évangile, et ce que deviendra ce "royaume des cieux", l’ensemble de ceux qui, sur la terre, professeront être en relation avec le ciel, ce que l’on appelle aujourd’hui "la chrétienté".
 
Dans l’exposé de cette deuxième période du ministère du Seigneur, la question de la réception de la parole du Seigneur est le centre du propos, et les contestations de ceux qui exercaient un certain pouvoir sur les âmes : les principaux prêtres, les scribes, docteurs de la loi, les pharisiens particulièrement attachés aux textes de la loi revus par leurs propres traditions, les sadducéens d’avantage rationalistes, les hérodiens épris de culture grecque… Tous hommes intelligents, forts de leurs connaissances, qui ont difficile à admettre la gratuité de Dieu. Ces quelques circonstances évoquées, Matthieu reprend l’essentiel des enseignements du Seigneur, donnant à connaître les paraboles présentées par Jésus, selon l’annonce faites par le psalmiste : "J'ouvrirai ma bouche en paraboles, j'annoncerai les énigmes des jours d'autrefois" (Psaumes 78:2). La "semence" est répandue, tandis qu’est laissée à l’homme la responsabilité de la recevoir. Ensuite viennent des vues prospectives sur ce que deviendra cette semence, ce que présenteront au monde ceux qui déclareront avoir reçu cette semence ; ce sont les "similitudes du royaume", les sept premières. Nous y voyons ce qu’il est dans la pensée de Dieu, ce que les hommes en font aujourd’hui, et ce qui arrivera à la fin : le royaume "a été", "est" et"sera". Nous constatons ici à quel point Matthieu est préoccupé de ce qu’il voit au moment où il écrit l’évangile : ce qui est alors du passé – le temps de Jésus sur la terre – est évoqué en vue de la situation au temps où le texte est composé, et assurément destiné à tous ceux qui pourront le lire par la suite.

 
MANIFESTATIONS DU ROYAUME
Matthieu 11:1-12:50

La renommée de Jésus a touché tout le pays d’Israël, à commencer par la Galilée. Mais se pose alors la question de la réception du message de l’évangile. Qu’en pensent les hommes, quelles difficultés ont-ils de le recevoir ? Quelques-uns montrent leur incrédulité et tendent des pièges, mais d’autres sont bien sincères et approchent le Seigneur en pleine bonne foi. Mais la question peut se poser de savoir pourquoi celui qui doit délivrer le peuple choisi de Dieu, et le rétablir comme nation, laisse-t-il la situation en l’état, voyant la peine des pauvres, les souffrances des victimes de l’injustice ? Jean le baptiseur lui-même, dans sa prison, finit aussi par s’interroger. Ce sont là des questions pour tous les temps, pour ces jours où le Seigneur parcourait la Galilée comme aujourd’hui, après deux millénaires, tandis que la chrétienté elle-même a généré souffrances et injustices, quoiqu’il ne faille pas oublier que tant de vrais disciples de Jésus, des artisans de paix, se sont manifestés au cours des siècles jusqu’en nos jours.
 
La grande question ici posée est donc la réception du message de la grâce, ou plutôt le fait que, globalement, le peuple qui demeure dans les ténèbres n’a pas été saisi par la lumière (Mat.4:16). Matthieu saisit la circonstance particulière de la question posée par Jean le baptiseur pour évoquer les enseignements de cette deuxième période du ministère du Seigneur… Tant de miracles ont manifesté, en particulier à Capernaüm et Chorazin, que le Seigneur doit leur reprocher leur incrédulité : "Alors il commença à adresser des reproches" (Mat.11:20).
 
Suivant son propos, Matthieu reprend et agence quelques événements dans un ordre approprié à l’enseignement qu’il présente :
  • Il commence par mettre en évidence les signes du royaume, et la question de leur réception ;
  • il poursuit alors avec la responsabilité de ceux qui en sont témoins,
  • pour arriver enfin à cette réalité que la réception du message de l’évangile est un fait individuel conduisant une personne à entrer en relation avec Dieu, en une démarche tout à fait personnelle.

 
Les signes du Royaume
Matthieu 11:1-30

L’interrogation de Jean fournit l’occasion de faire le point sur les questions qu’apporte la venue du Messie. Le royaume n’est pas établi, mais les "signes" du royaume sont bien présents, des actes de puissance et de grâce qui rendent témoignage du fait que Jésus est le Messie. La question de sa réception est immédiatement posée, suivie de réprobation sur les villes qui n’ont pas voulu accueillir le Messie et suivie aussi de l’appel aux personnes, affirmant ainsi que la foi est une démarche personnelle.

 
Interrogation de Jean le baptiseur – 11:1-6
Luc 7:18-23

La venue de Jean le baptiseur était annoncée par les prophètes (Malachie 3:1), mais nous ne pouvons oublier qu’il s’agit d’un homme, aves ses limites. Un homme fidèle à sa mission, lequel avait dit de Jésus : "Il faut que lui croisse, et que moi je diminue" (Jean 3:30). Mais pouvait-il anticiper en son esprit jusqu’où cela le conduirait ? Et voici qu’il croupit dans la prison d’Hérode Antipas II, tétrarque de Galilée et de Pérée, fils d’Hérode le Grand. Jean se pose des questions, comme nous pouvons le comprendre… Alors il envoya de ses disciples auprès de Jésus. Il se trouvait, en effet, des disciples qui restaient auprès de lui, des personnes qui gardaient pour le prophète une affection particulière, qui paraissaient n’avoir pas fait le pas suivant et participent ici au doute que la souffrance a instillé dans le cœur de Jean. Plusieurs se sont arrêtés à ce message de Jean, jusqu’à ce que leur yeux soient ouverts, ainsi le lisons-nous à propos d’Apollos. Celui-ci ne connaissait que le baptême de Jean, jusqu’à ce qu’il rencontre Aquilas et Priscilla, et devint dès lors un enseignant zélé du message de l’évangile (Act.18:26).
 
En cette circonstance qui nous occupe, des disciples vont au Seigneur, porteurs de la souffrance de Jean…

11  1 Lorsque Jésus eut achevé de donner ses ordres à ses douze disciples, il partit de là pour enseigner et proclamer le message dans leurs villes.
 
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. 3 Il envoya de ses disciples lui demander : Est-ce toi, celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? 4 Jésus leur répondit : Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : 5 les aveugles recouvrent la vue et les boiteux marchent ; les lépreux sont rendus nets et les sourds entendent, et les morts sont ressuscités, et l’évangile est annoncé aux pauvres. 6 Heureux celui pour qui je ne serai pas une cause de chute !

  • Que présente le Seigneur comme réponse à la question de Jean ? Ésaïe 35:5-6, Zacharie 11:11.
  • Et que dit le Seigneur aux disciples de Jean eux-mêmes ?
En réponse à cette dernière question, nous pouvons dire "rien"… Nous ne voyons pas même le Seigneur les inviter à le suivre, Lui. Ne pouvons-nous y voir un profond respect pour la sincérité de ces hommes, et un respect merveilleux pour Jean lui-même, dans ses doutes, tandis qu’il est en prison… Dieu discerne ce qui est au cœur des hommes, discerne leur sincérité, et ici la beauté de leur attachement au prophète dans la souffrance. Et nous pouvons ajouter ainsi : que faut-il de plus que cette droiture ? S’ils n’ont pas perçu – pas encore, ajouterions-nous – la plénitude du message de l’évangile, ne sont-ils pas cependant déjà en chemin ? Ne sont-ils pas des hommes approuvés de Dieu ?

 

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Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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