09/12/2011

Actes 1:1 Les Actes des Apôtres


 

Actes des Apôtres
 
Allez, faites disciples toutes les nations,
les baptisant pour le nom du Père
et du Fils et du Saint Esprit.

Matthieu 28:19

 
Après l’écriture de l’évangile, Luc reprit la plume pour exposer à son correspondant, le très excellent Théophile, la naissance des assemblées chrétiennes. Il le fit, semble-t-il, durant la captivité de l’apôtre Paul à Rome, le récit s’arrêtant aux premiers contacts de Paul avec la communauté juive de la capitale de l’empire.
 
Le livre comporte deux parties essentielles, outre le chapitre introductif qui établit le lien avec la fin de l’évangile, à savoir l’ascension du Seigneur et les quelques jours qui suivirent, les apôtres attendant d’être "revêtus de la puissance d'en haut" (Luc 24:49).
 
Pierre et les clefs du royaume
 
Cette première partie couvre les années allant de la Pentecôte de l’an 29, l’année de la Passion, jusqu’en l’an 46, lors de l’envoi de Paul parmi les nations pour son premier voyage missionnaires. Ces années sont marquées par la croissance des assemblées de Judée et les persécutions que les disciples y connurent de la part de leur propre nation.
 
De ces quelques dix-sept années, beaucoup eu pu être dit, mais Luc a choisi des faits marquants pour l’enseignement de son correspondant. Que d’événements eût-il pu relater dont nous n’avons pas un mot ! L’activité des douze, les pérégrinations des chrétiens ayant fui la Judée, le développement des communautés dans divers pays ; de cela nous n’avons que de rares allusions. Nous voyons ainsi que le Livre des Actes n’est pas un livre historique à proprement parler, même si les faits mentionnés sont reconnus comme historiques et leur présentation faite dans le respect de la chronologie ; le but est d’éclairer le lecteur sur le caractère de ce mouvement religieux sans précédent qui s’est développé principalement parmi les humbles, à commencer par les Juifs de Jérusalem et de Palestine avant de se répandre dans la diaspora et de toucher nombre de non-juifs.
 
Ce qui paraît important pour l’auteur, est de rendre compte de l’universalité du message de l’évangile et de mettre en relief l’entrée dans l’assemblée chrétienne des Juifs, bien sût, mais aussi de Samaritains, et de non-Juifs par la suite (Romains 1:16), établissant que cet appel à tous les hommes est la réalisation du dessein de Dieu lorsqu’il fonda les mondes et créa l’humanité. Pierre avait reçu cette charge particulière, lorsque le Seigneur lui dit :
 
"Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux ;
et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ;
et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux."

(Mat.16:19).

Cette œuvre achevée, il n’était plus besoin de clef, aussi dit-il lui-même être un ancien parmi les autres anciens qui étaient chargés de veiller sur le troupeau (1 Pier.5:1).
 
Les voyages missionnaires de Paul
 
La seconde partie couvre les voyages missionnaires de Paul, une mission scellée par des prophètes et des docteurs de l’assemblée d’Antioche. Qu’est-il ce héraut de la foi chrétienne ? A cette question Luc répond, estimant utile de répondre à cette question afin d’éclairer Théophile.
 
Celui qui devint l’apôtre des nations était à Antioche depuis quatre ans lorsqu’il fut ainsi envoyé avec Barnabé. Dès après le premier voyage, nous voyons ce débat essentiel touchant la pratique de la Loi par les chrétiens non-juifs, la grande réunion de Jérusalem. Par la suite, l’apôtre retourne dans les assemblées d’Asie Mineure et passe en Europe, Luc l’accompagnant dès cette traversée vers la Macédoine. Le récit se termine à l’arrivée à Rome de Paul, prisonnier et couvre donc quinze années, de 46 à 61, quelques années avant le grand incendie de Rome, en l’an 64 et la destruction du temple de Jérusalem en l’an 70.
 
Le travail ne sera pas poursuivi, tandis que Luc continua d’accompagner Paul, ainsi qu’il en témoigne dans sa dernière épître ; nous pouvons comprendre ici que l’attention de Luc, écrivant ses deux ouvrages, était tournée vers Théophile dans le souci de répondre à des questions que peut-être cet homme se posait ; le travail de Luc n’est pas une célébration de l’apôtre, celui-ci ne l’aurait pas accepté, mais un compte rendu honnête destiné à son correspondant. Ce n’est que par des bribes d’information relevées dans les épîtres de Paul écrites en prison à Rome et par la suite que nous pouvons approcher les dernières années de l’apôtre, jusqu’au dernier emprisonnement qui se termina par sa mort.

 

 
INTRODUCTION
Actes 1:1-26

Un second volume écrit par Luc, et pour le même correspondant, Théophile, un notable romain. Le texte part de l’ascension du Seigneur, et se poursuit par ces quelques jours durant lesquels les apôtres attendaient à Jérusalem celui qui devait venir, l’Esprit Saint, pour leur donner la puissance nécessaire à la mission exceptionnelle qui leur était confiée.

 
Adresse – 1:1-5

"Ce que Jésus avait fait et enseigné", ainsi Luc intitule-t-il ici son premier ouvrage, rappelant, comme pour le souligner la résurrection du Seigneur est ses rencontres avec ses disciples jusqu’au jour de son ascension.

1  1 J'ai composé le premier traité, ô Théophile, sur toutes les choses que Jésus commença de faire et d'enseigner, 2 jusqu'au jour où il fut élevé au ciel, après avoir donné, par l'Esprit Saint, des ordres aux apôtres qu'il avait choisis ; 3 à qui aussi, après avoir souffert, il se présenta lui-même vivant, avec plusieurs preuves assurées, étant vu par eux durant quarante jours, et parlant des choses qui regardent le royaume de Dieu. 4 Et étant assemblé avec eux, il leur commanda de ne pas partir de Jérusalem, mais d'attendre la promesse du Père, laquelle, dit-il, vous avez ouïe de moi : 5 car Jean a baptisé avec de l'eau ; mais vous, vous serez baptisés de l'Esprit Saint, dans peu de jours.

  • Que nous dit ce fait que Luc met en avant les actes du Seigneur, évoquant ses œuvres en premier : "de faire et d’enseigner" ?
  • Pouvons-nous passer en revue quelques unes des rencontres du Seigneur avec ses disciples avant son ascension ? Mat.28:10,16-20, Marc 16:14-18, Luc 24:15-31,26-53, Jean 20:14-17,19-23,26-29, 21:1-22, 1 Cor.15:5-7.
  • Ce baptême de l’Esprit, comment s’est-il manifesté ? S’agit-il là de nouvelle vie ou de puissance pour témoigner ? Comparer Jean 3:5 et Actes 2:4.
Dans ces jours qui suivirent immédiatement l’ascension qui eût lieu au Mont des Oliviers, ils attendaient ainsi à Jérusalem… Jusque là, ils avaient joui de plus d’une rencontre avec le Seigneur, et non de manière furtive. Il a parlé, enseigné, ceux qui devaient être ses témoins. Nous n’avons pas de longs chapitres sur cette période, mais les quelques témoignages de ces jours méritent d’être reparcourus (Mat.28:10,16-20, Marc 16:14-18, Luc 24:15-31,26-53, Jean 20:14-17,19-23,26-29, 21:1-22).

 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Actes 1:6 L'ascension du Christ


 

Ascension - 1:6-14

Le jour de l’ascension, le Seigneur est au Mont des Oliviers avec les apôtres, et revient cette grande question du royaume pour Israël, car quelles que soient les perspectives célestes annoncées par Jésus et la réalité, l’actualité pourrions-nous dire, du "royaume des cieux", la promesse faite à Israël demeure, car elle vient de Dieu, à savoir un royaume terrestre sous le sceptre du Messie (Apoc.11:15, Psaume 110:1…).

6 Eux donc étant assemblés, l'interrogèrent, disant : Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël ? 7 Mais il leur dit : Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité ; 8 mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre. 9 Et ayant dit ces choses, il fut élevé de la terre, comme ils regardaient, et une nuée le reçut et l'emporta de devant leurs yeux.
 
10 Et comme ils regardaient fixement vers le ciel, tandis qu'il s'en allait, voici, deux hommes en vêtements blancs, se tinrent là à côté d'eux, 11 qui aussi dirent : Hommes galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici, regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé d'avec vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en allant au ciel.
 
12 Alors ils s'en retournèrent à Jérusalem, de la montagne appelée des Oliviers, qui est près de Jérusalem, le chemin d'un sabbat. 13 Et quand ils furent entrés dans la ville, ils montèrent dans la chambre haute où demeuraient Pierre, et Jean, et Jacques, et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée et Simon Zélote, et Jude frère de Jacques. 14 Tous ceux-ci persévéraient d'un commun accord dans la prière, avec les femmes, et avec Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères.


  • S’il est vrai que le royaume de Dieu viendra sur la terre, accomplissement des promesses faites à Israël, de quoi les disciples avaient-ils à se préoccuper alors comme aujourd’hui ?
  • Que pouvait évoquer pour les disciples cette nuée qui enveloppa le Seigneur montant au ciel ? Exode 34:5, 1 Rois 8:10, Ézéchiel 10:4.
Ainsi, si la question du royaume accompagna les disciples tout au long du ministère du Seigneur, car ils avaient foi dans les promesses faites à Abraham et à David (Psaume 89:36), il faudra pour cela que le Messie soit reçu (Actes 3:19). Ce n’est pas aux apôtres de connaître cette date ou ce délai, mais ils auront un travail à faire dès qu’ils auront été nantis de puissance, d’une puissance de Dieu lui-même. Et cette œuvre se poursuit toujours.
 
Comment vivre, alors, cette attente de quelques jours ? Nous le lisons ainsi, ils sont dans la chambre haute, leur "chez eux" temporaire à Jérusalem (Luc 24:12, Jean 19:27). Un modèle pour chaque communauté de croyants.

 
Remplacement de Judas – 1:15-26

Ils sont environ cent vingt, ce jour où Pierre prend l’initiative, parlant du remplacement de Judas. Comment Pierre discerne-t-il ceci ? Par l’Esprit, car ils sont remplis de l’Esprit, mais non encore avec cette puissance de la Pentecôte. En effet, nous lisons : "Il souffla en eux et leur dit : Recevez l'Esprit Saint" (Jean 20:22). Le terme utilisé, "le souffle", appliqué ici seulement dans le Nouveau Testament, est celui même de la création de l’homme (Genèse 2:7).

15 Et en ces jours-là, Pierre se levant au milieu des disciples (le nombre de ceux qui étaient réunis était d'environ cent vingt), dit : 16 Hommes frères, il fallait que fût accomplie cette écriture que l'Esprit Saint a dite d'avance par la bouche de David, touchant Judas, qui a été le guide de ceux qui ont pris Jésus ; 17 car il était compté parmi nous, et il avait reçu en partage ce service ; 18 (celui-ci donc s'était acquis un champ avec le salaire de l'iniquité, et, étant tombé la tête en avant, s'est crevé par le milieu, et toutes ses entrailles ont été répandues. 19 Et ceci a été connu de tous les habitants de Jérusalem, de sorte que ce champ-là est appelé dans leur propre dialecte Aceldama, c'est-à-dire champ de sang ;) 20 car il est écrit dans le livre des Psaumes : «Que sa demeure soit déserte, et qu'il n'y ait personne qui y habite» [Psaume 69:25], et : «Qu'un autre prenne sa charge de surveillant» [Psaume 109:8]. 21 Il faut donc que d'entre les hommes qui se sont rassemblés avec nous pendant tout le temps que le seigneur Jésus entrait et sortait au milieu de nous, 22 en commençant depuis le baptême de Jean, jusqu'au jour auquel il a été élevé au ciel d'avec nous, quelqu'un d'entre eux soit témoin avec nous de sa résurrection.
 
23 Et ils en mirent deux sur les rangs : Joseph, appelé Barsabbas, qui était surnommé Juste, et Matthias. 24 Et priant, ils dirent : Toi, Seigneur, qui connais les cœurs de tous, montre lequel de ces deux tu as choisi, 25 afin qu'il reçoive en partage ce service et cet apostolat, duquel Judas est déchu pour s'en aller en son propre lieu. 26 Et ils jetèrent le sort sur eux ; et le sort tomba sur Matthias, qui fut adjoint aux onze apôtres.

  • Comment pouvons-nous considérer la lecture que fait Pierre de cette parole du psaume : "Que leur demeure soit désolée, qu'il n'y ait personne qui habite dans leurs tentes" (Psaume 69:25) ?
  • Voyons le lien que Pierre fait entre ces passages des psaumes qu’il cite, l’un étant vu presque comme une continuation de l’autre.
  • Que penser de ces deux hommes mis sur le rang, de Matthias et Barsabbas nommé Juste ?
Revenant à la situation de Judas, nous devons retenir la parole du pardon, à la croix, à l’égard de tous (Luc 23:34) ; mais celui qui avait trahi est-il revenu ? Il n’a pas saisi l’étendue de la grâce, l’absolu de l’amour divin. Ceci étant, il s’était retiré et il fallut le remplacer, le témoignage devant être porté par douze témoins, un nombre plein de sens dans la cohésion du texte biblique. Alors Pierre saisit ces paroles extraites de deux psaumes qui évoquent avec une force exceptionnelle les souffrances et la mort du Serviteur parfait (Psaume 69 et 109).
Chacun des cinq livres des Psaumes contient un Psaume centré sur les souffrances du crucifié, chacun sous un regard particulier : le sacrifice (psaume 22), les souffrances de la part de l’homme (psaume 69), la justice divine (psaume 88), la substitution (psaume 102) et le rejet par les hommes (psaume 109).
Parmi les cent vingt croyants présents, Matthias et Barsabbas avaient suivi le Seigneur depuis le début ; et le fait de n’avoir pas été choisi comme apôtres par Jésus ne les a pas découragés. Telle est la foi qui remplit des croyants qui suivent le Seigneur, heureux de la grâce et ne cherchant pas à en tirer quelque gloire. Soulignons la personne de Joseph, appelé Barsabbas, celui qui ne fut pas choisi, et qui a ce témoignage d’être nommé Juste ! Un homme juste, un disciple dans l’ombre… Vient la question du choix entre les deux. Les apôtres sont allés aussi loin qu’ils le pouvaient en ayant réalisé ce qui était requis pour prendre place parmi les douze, et pour la suite s’en remettent à Dieu en jetant le sort après avoir demandé à Dieu de conduire à la conclusion. Nous voyons ici une disposition de sagesse et de modestie où nul ne se met en avant pour pousser au choix. Un modèle. Le choix étant fait, l’attente de la promesse se poursuit dans la chambre haute…

 

 
 
 
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Actes 2:1 La puissance de l'Esprit


 

LES CLEFS DU ROYAUME
Actes 2:1 - 12:25

 
Quelques mois plus tôt, retiré avec ses disciples dans la contrée de Césarée de Philippe, en Syrie, le Seigneur, après avoir parlé de sa mort prochaine, demandait aux disciples qui ils pensaient qu’il était. Pierre lui répondit : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant." Et Jésus lui répondit : "Tu es bienheureux, Simon Barjonas, car la chair et le sang ne t'ont pas révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi aussi, je te dis que tu es une pierre (petros) ; et sur ce roc (petra) je bâtirai mon assemblée, et les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux" (Mat.6:18-19).
 
Il est bien difficile de penser que la pierre de fondation de l’assemblée puisse ne quelque mesure être Pierre, car les mots utilisés dans ce texte sont d’une part "petros" et d’autre par "petra". Et, de fait, le seul fondement est le Christ, "car personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ" (1 Cor.3:11), tandis que le terme "petra", roc ou rocher, est le terme même utilisé plus tôt par Matthieu lorsqu’il parle de la maison bâtie sur le roc, le roc de la foi (Mat.7:24, voir aussi Mat.27:51), la foi manifestée par Pierre en cette circonstance à Césarée de Philippe.
 
Ceci étant, Pierre va recevoir les clefs du royaume des cieux ; un rôle essentiel lui est ainsi donné, ayant à "ouvrir les portes du royaume des cieux". C’est sur lui que reposera la charge d’ouvrir la porte de l’assemblée chrétienne aux Juifs d’abord, aux Samaritains ensuite et aux nations enfin. Il ne s’agit pas ici de foi, de salut, d’éternité ; nous le voyons bien dans le cas du ministre éthiopien baptisé par Philippe, assuré de sa foi et de son attachement au Christ, avant même que Pierre n’ait rencontré Corneille. Pierre recevra en pleine communion, dans l’assemblée, les personnes qui, sur la terre, se déclarent attachées au Seigneur dans le ciel, à commencer par Corneille et ses proches.
 
La question de l’entrée des gens des nations dans le "royaume des cieux" devait être une difficulté pour les croyants d’entre les Juifs. Pensons à leur longue tradition, selon laquelle les Juifs tenaient à l’écart les Samaritains et les gens des nations, alors que le message de Jésus s’adressait à tout homme. Il faudra que les croyants d’entre les Juifs reconnaissent cette réalité nouvelle pour eux, ils devront comprendre que l’ancienne alliance, élément essentiel de leur tradition ancestrale, était établie en vue de témoigner au monde de la réalité de la grâce divine envers tous les humains, ce qui est déjà annoncé dans la promesse faite à Abraham (Genèse 12:3) et dont le Seigneur avait lui-même donné des signes évidents, répondant à la femme syro-phénicienne, allant parmi les gens de Décapole, une population d’origine grecque, et y accomplissant la seconde multiplication des pains, recevant aussi des hommes grecs la veille de sa Passion (Marc 7:26, 7:31, 8:1-9, Jean 12:20-26).
 
Ainsi un homme est mis à part pour conduire les croyants juifs à recevoir tous les croyants non-juifs. Nous savons que cela ne fut pas aisé, que des réticences se manifestèrent, mais des gestes forts seront accomplis, des gestes qui ne viendront pas de l’initiative de Pierre, mais dans lesquels il sera conduit et rendra compte, ayant constaté la foi qu’il rencontrera parmi les Samaritains et dans la maison du centurion Corneille.
 
Cette ouverture de l’assemblée chrétienne prendra quelques années, avec la dispersion des croyants suite à la persécution qui suivit le martyre d’Etienne. Six années séparent la Pentecôte de l’an 29 et le martyre d’Etienne, en 35. Cette même année des Samaritains furent reçu dans l’assemblée, et cinq ans plus tard ce fut la maison de Corneille, en l’an 40. Ces évolutions où Pierre eût un rôle essentiel furent donc progressives, permettant ce travail de conscience et de cœur des croyants qui avaient à revenir aux sources de la foi, celle des patriarches et des prophètes, en mettant en sourdine leurs propres traditions… Plusieurs années de maturation avant que les croyants de toutes origines puissent être "un cœur et un âme", les croyants juifs abandonnant la séparation traditionnelle d’avec les autres peuples, tout en demeurant fidèles à la Loi. Soulignons qu’il s’agit ici de "vivre ensemble" pour des croyants de diverses origines, et non d’une question de foi et d’attachement à Dieu qui fut le fait d’Israélites depuis des millénaires, mais aussi de gens d’autres nations.

 

 
LES COMMENCEMENTS DE L'ASSEMBLEE
Actes 2:1-6:7

 
Ces cinq premières années de l’Assemblée furent assurément des années de croissance au cours desquelles il fallut faire face à de grands défis, car comment vivre cette foi en Jésus au milieu d’un peuple partagé, et voir se gonfler le rang des croyants sous le regard de dirigeants franchement opposés à "la voie" (Actes 9:2) ; car c’est une tradition ancestrale, mais aussi un pouvoir bien établi, qui étaient de fait battus en brèche ; une situation difficile, quoiqu’il paraisse bien que rien ne fut fait de la part des croyants pour provoquer les chefs religieux.
 
Poursuivant sa narration, et fidèle à son plan de travail, Luc suit la chronologie tout en sélectionnant parmi les événements de ces cinq années les faits essentiels répondant à son propos. Ainsi pouvons-nous lire des événements représentatif de ces années de croissance à l’issue desquelles les croyants seront passé des quelque cent vingt fidèles à peut être une dizaine de milliers.
 
Quatre tableaux sont mis en avant pour illustrer ce développement de l’assemblée et l’irritation croissante des chefs religieux jusqu’à l’intervention d’un homme sage.
La fête juive de la Pentecôte et l’accomplisant de la promesse, l’envoi de l’Esprit, puissance donnée aux croyants pour le témoignage de la foi.
Le zèle de Pierre et Jean allant au temple et rendant témoignage, opérant des miracles. Ils sont jetés au bloc mais libérés le lendemain par le Sanhédrin.
La mise en commun des biens et la dissimulation, une première épreuve dans l’assemblée.
La renommée grandissant, suivent les persécutions et un nouvel emprisonnement de Pierre et Jean, libérés suite à l’intervention d’un éminent docteur de la loi, un sage d’entre les Juifs, Gamaliel (Actes 22:3).

 
La Pentecôte
Actes 2:1-47

 
 "Et il arrivera aux derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair" (Joël 2:28). Les paroles du prophète sont évoquées par Pierre, alors que la foule présente est surprise par ce message interpellant accompagné de signes extraordinaires. C’est l’accomplissement de la promesse de Jésus touchant la puissance d’en-haut qui devait reposer sur eux (Luc 24:49).
 
Pentecôte est le nom retenu pour la fête des semaines, célébration de la fin de la moisson, sept semaines après la présentation de la gerbe tournoyée laquelle eût lieu, cette année, au cours de la semaine des pains sans levain, le jour même de la résurrection du Seigneur. Ces deux fêtes célébrées un premier jour de la semaine, le lendemain du sabbat (Lévitique 23:11 et 15), sont remplie de sens, la première établissant le commencement de la moisson, pour le chrétien, la résurrection du Seigneur (1 Cor.15:20), et la seconde la fin, lorsque les gerbes sont assemblées.
 
La tradition juive a retenu ce jour de fête comme commémoration du don de la Loi en Sinaï, et ici, il y avait plus que la loi, car la puissance de la grâce était manifestée publiquement à Jérusalem. Des milliers de Juifs vont se tourner vers Jésus, le reconnaître comme Messie et se réjouir de l’accomplissement de la parole des prophètes.

 
La puissance de l'Esprit Saint – 2:1-13

Des signes extraordinaires dans le ciel, l’apparition de langues de feu, et voici les apôtres parlant en diverses langues… Un son éclatant, comme lorsque Moïse fut appelé sur la montagne pour recevoir la Loi (Exode 19:16-19). C’est la troisième heure du jour (Actes 2:15), environ neuf heures du matin. Une foule se rassemble, et nous pouvons le comprendre, les uns sont impressionnés, d’autres haussent les épaules…

2 1 Et comme le jour de la Pentecôte s'accomplissait, ils étaient tous ensemble dans un même lieu. 2 Et il se fit tout à coup du ciel un son, comme d'un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. 3 Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu ; et elles se posèrent sur chacun d'eux. 4 Et ils furent tous remplis de l'Esprit Saint, et commencèrent à parler d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'énoncer.
 
5 Or il y avait des Juifs séjournant à Jérusalem, hommes pieux, de toute nation d'entre ceux qui sont sous le ciel. 6 Et le bruit de ceci s'étant répandu, la multitude s'assembla, et fut confondue de ce que chacun les entendait parler dans son propre langage. 7 Et ils étaient tous hors d'eux-mêmes, et s'étonnaient, disant : Voici, tous ceux-ci qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens ? 8 Et comment les entendons-nous, chacun dans son propre langage, celui du pays dans lequel nous sommes nés ? 9 Parthes et Mèdes et Élamites, et nous qui habitons la Mésopotamie, la Judée et la Cappadoce, 10 le Pont et l'Asie, la Phrygie et la Pamphylie, l'Égypte et les quartiers de la Libye qui est près de Cyrène, et nous, Romains qui séjournons ici, tant Juifs que prosélytes, 11 Crétois et Arabes, - nous les entendons annoncer dans nos langues les œuvres magnifiques de Dieu. 12 Et ils étaient tous hors d'eux-mêmes et en perplexité, disant l'un à l'autre : Que veut dire ceci ? 13 Et d'autres, se moquant, disaient : Ils sont pleins de vin doux.

  • Il a été souvent comparé l’Esprit venant sur Jésus avec cette scène de la Pentecôte. Que pouvons-nous déduire des différences essentielles entre ces deux manifestations ? Vers.3, Jean 1:32.
  • Pouvons-nous assimiler cette venue de l’Esprit avec la parole dite à Nicodème ? Jean 3:5.
  • Le fait de parler en langues est-il une manifestation générale du don de l’Esprit, ou est-elle un fait occasionnel liée ici à la présence de Juifs de la diaspora ? 1 Cor.12:1-11.
  • Voyons la réception par la foule. Qu’en penser, et que dire alors de ceux qui se moquent, parlant de "vin doux" ? Que dire de la réception, aujourd’hui, du message de l’évangile ?
Outre ce qu’apporte l’esprit de Dieu dans l’âme des rachetés, les actions de l’Esprit de Dieu en puissance sont multiples, comme nous pouvons le voir déjà dans l’histoire d’Israël, et même l’Esprit peut animer un homme incrédule comme le roi Saul (1 Sam.10:6), ce qui n’est pas le sceau de la foi, et d’ailleurs certains pourront même prétendre agir par l’Esprit, auxquels le Seigneur dira : "Je ne vous ai jamais connu" (Matthieu 7:23).
 
En fait, l’Esprit est donnée comme "esprit de vie", notamment en cette parole précédant la pentecôte, lorsque le Seigneur dit : "Recevez l’Esprit Saint" (Jean 20:21-22), ce don qui sera caractéristique des croyants (Jean 3:5, Actes 2:38, 8:17, 10:44, 19:2), sans que nous n’y puissions discerner de faits miraculeux. Nous en avons une vue lorsque le prophète parle de Celui qui allait venir, le Messie : "Et il sortira un rejeton du tronc d'Isaï, et une branche de ses racines fructifiera ; et l'Esprit de l'Éternel reposera sur lui, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel" (Ésaïe 11:1-2).
 
Au jour de la pentecôte, nous voyons une autre manifestation de la promesse faite par le Seigneur avant sa passion (Jean 16:13-17), l’autre Consolateur, conféré pour les conduire dans toute la vérité (Jean 20:22), devait aussi leur donner la puissance pour être les "témoins de Jésus à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre" (Actes 1:8, Luc 24 :49, Jean 7:38-39). Cette puissance est rendue manifeste lorsqu’ils quittent la chambre haute et se mettent à s’exprimer dans les langues de tous ces Juifs venus de la diaspora. Soulignons ici que le "don des langues", donné aux apôtres en ce jour, n’est pas un signe de conversion, mais le talent confié en relation avec la charge spécifiquement confiée (1 Cor.12:7-11).

 

 
 
 
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Actes 2:14 Premier discours de Pierre


 

Premier discours de Pierre – 2:14-41

"Nous les entendons annoncer dans nos langues les œuvres magnifiques de Dieu" (Actes 2:13). Une réelle effervescence, lorsque nous pensons à la foule qui entendit les apôtres parler ainsi, chacun les entendant dans sa propre langue. Ils étaient des milliers à recueillir les paroles des douze. Luc reprend ici la synthèse des paroles prononcées.
 
Le premier discours de Pierre est véritablement l’exposé des "œuvres magnifiques de Dieu" ! C’est un homme apaisé et fort qui paraît là, sans prétention, sans agressivité, parlant à ceux qu’il appelle "hommes israélites" et puis "hommes frères". Un discours prononcé avec simplicité, fondé sur l’Ecriture, et touchant les consciences comme nous le voyons par la suite. Présentant ici l’essence du discours, Luc nous montre ce sommet qui détermina une telle écoute et un tel travail de conscience pour plusieurs milliers de personnes.

14 Mais Pierre, s'étant levé avec les onze, éleva sa voix, et leur parla : Hommes juifs, et vous tous qui habitez Jérusalem, sachez ceci, et prêtez l'oreille à mes paroles ; 15 car ceux-ci ne sont pas ivres, comme vous pensez, car c'est la troisième heure du jour ; 16 mais c'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël : 17 «Et il arrivera aux derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes hommes verront des visions, et vos vieillards songeront en songes ; 18 et sur mes serviteurs et sur mes servantes, en ces jours-là, je répandrai de mon Esprit, et ils prophétiseront ; 19 et je montrerai des prodiges dans le ciel en haut, et des signes sur la terre en bas, du sang et du feu, et une vapeur de fumée ; 20 le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne la grande et éclatante journée du Seigneur. 21 Et il arrivera que quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé» [Joël 2:28-32].
 
22 Hommes israélites, écoutez ces paroles : Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous-mêmes vous le savez, 23 cet homme, livré selon les décisions arrêtées dans la prescience de Dieu, lui, vous l'avez cloué à une croix et vous l'avez fait périr par la main d'hommes iniques. 24 Celui-ci, Dieu l'a ressuscité, l'ayant délié des douleurs de la mort, puisqu'il n'était pas possible qu'il fût retenu par elle. 25 Car David dit de lui : «Je contemplais toujours le Seigneur devant moi ; car il est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé. 26 C'est pourquoi mon cœur s'est réjoui, et ma langue a tressailli de joie ; et plus encore, ma chair aussi reposera en espérance ; 27 car tu ne laisseras pas mon âme en hadès, et tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption. 28 Tu m'as fait connaître les chemins de la vie, tu me rempliras de joie par le regard de ta face» [Psaume 16:8-11].
 
29 Hommes frères, qu'il me soit permis de vous dire avec liberté, touchant le patriarche David, et qu'il est mort, et qu'il a été enseveli, et que son sépulcre est au milieu de nous jusqu'à ce jour. 30 Étant donc prophète, et sachant que Dieu lui avait juré, avec serment, qu'il ferait asseoir quelqu'un suscité du fruit de ses reins, sur son trône, 31 il a dit de la résurrection du Christ, en la prévoyant, qu'il n'a pas été laissé dans le hadès, et que sa chair non plus n'a pas vu la corruption. 32 Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins. 33 Ayant donc été exalté par la droite de Dieu, et ayant reçu de la part du Père l'Esprit Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez. 34 Car David n'est pas monté dans les cieux ; mais lui-même dit : «Le Seigneur a dit à mon seigneur : 35 Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds» [Psaume 110:1]. 36 Que toute la maison d'Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.

  • Si le prophète Joël parle d’un temps encore à venir, touchant le rétablissement d’Israël, pourquoi cette annonce du prophète est-elle si bien à sa place dans ce discours de Pierre ?
  • Voyez la part de Dieu et la part de l’homme dans l’œuvre de la Passion. Verset 23, Ésaïe 53:10, Actes 26:23.
  • Que démontre Pierre dans sa narration de la crucifixion et de la résurrection ? Voyons comment il s’appuie sur l’Ecriture.
  • Se trouve-t-il quelque reproche ou quelque condamnation à l’égard des auditeurs dans ce discours ?
Les prophètes ont parlé avec force du rétablissement de la nation d’Israël, et ils ont évoqué l’apparition de signes extraordinaires dans le ciel, mais aussi le réveil moral d’une nation qui reconnaîtra "Celui qu’ils ont percé" (Zacharie 12:10, Jean 19:37, Apoc.1:7), et c’est ce dont parlait Joël, en son temps. Ici, Pierre souligne cette puissance de Dieu qui répand son Esprit comme Il lui convient, dans ces temps bien antérieurs au relèvement de la nation. Les auditeurs sont ainsi conduits à comprendre que ce dont ils sont témoins vient de Dieu, et sont donc rendus attentifs. Alors Pierre narre les événements si graves qui eurent lieu sept semaines plus tôt, affirmant avec force la résurrection du Seigneur, et la soulignant en reprenant, ici aussi, les Ecritures et la foi qui fut celle des psalmistes.
 
"Cet homme, livré selon les décisions arrêtées dans la prescience de Dieu." Voici une assertion extraordinaire à laquelle nous faisons bien de nous arrêter. La conviction de cette nécessité pour établir le fondement de notre rachat a pénétré le cœur des disciples, comme nous pouvons le voir en diverses occasions, et en particulier lorsque les disciples élevèrent une prière de louange lorsque Pierre leur fut rendu libre, après une nuit au bloc. Ils ont compris que les souffrances du Christ étaient annoncées par les prophètes, comme un fait inéluctable et nécessaire, disant : « tout ce que ta main et ton conseil avaient à l’avance déterminé devoir être faites" (Actes 4.27-28).  Et cela était annoncé notamment lorsqu’un prophète écrivit "Mais il plut à l'Éternel de le meurtrir ; il l'a soumis à la souffrance" (Ésaïe 53:10), une réalité annoncée de diverses manières et reprises bien des fois, tant elle est essentielle pour établir la grâce magnifique de Dieu.
 
Cette parole a touché bien des cœurs, comme nous pouvons le lire.

37 Et ayant ouï ces choses, ils eurent le cœur saisi de componction, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Que ferons-nous, frères ? 38 Et Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit : 39 car à vous est la promesse et à vos enfants, et à tous ceux qui sont loin, autant que le Seigneur notre Dieu en appellera à lui. 40 Et par plusieurs autres paroles, il conjurait et exhortait, disant : Sauvez-vous de cette génération perverse. 41 Ceux donc qui reçurent sa parole, furent baptisés ; et en ce jour-là furent ajoutées environ trois mille âmes.

  • Quel est le premier pas à faire pour un homme saisi par la parole de Dieu ?
  • Que représente ici le baptême ? Pourquoi dans ce cas est-il un préalable à la réception de l’Esprit, alors qu’il n’en sera pas de même pour Corneille ? Actes 10:47.
C’est un moment remarquable que celui où ces auditeurs s’adressèrent à Pierre en l’appelant "frère". Déjà pouvons-nous discerner les liens nouveaux qui s’établissaient avec les disciples, outre le fait qu’ils étaient Juifs les uns et les autres. Ces personnes étaient touchées par ce discours soutenu, faut-il le rappeler, par les signes qui l’accompagnaient. Et le premier pas qui devait suivre cette écoute est un retour sur soi dans le repentir, un engagement personnel dans le retour à Dieu et l’adhésion à sa parole avant que ce mouvement ne soit le fait du peuple tout entier, lors du rétablissement national dont parlait Joël, le prophète, et dont ont parlé d’autres prophètes (Ézéchiel 37, Zacharie 12…).
 
Ce jour même, dans cette ville de quelque soixante-dix mille habitants, population augmentée des Juifs du pays et de la diaspora venus pour la fête, trois mille personnes se joignirent à l’assemblée. Pensons aux cent vingt croyants réunis au jour de l’ascension !

 
La première communauté – 2:42-47

Un tableau des premiers pas des jeunes assemblées à Jérusalem et en Judée. Quelques milliers d’hommes et de femmes vivaient la fraîcheur des commencements ; pour eux, la vie avec Dieu était un tel trésor qu’ils voulaient la vivre ensemble, partageant leurs biens.

42 Ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières ; 43 toute âme avait de la crainte et beaucoup de prodiges et de miracles se faisaient par les apôtres. 44 Et tous les croyants étaient en un même lieu, et ils avaient toutes choses communes ; 45 et ils vendaient leurs possessions et leurs biens, et les distribuaient à tous, selon que quelqu'un pouvait en avoir besoin. 46 Et tous les jours ils persévéraient d'un commun accord dans le temple ; et, rompant le pain dans leurs maisons, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, 47 louant Dieu, et ayant la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait tous les jours à l'assemblée ceux qui devaient être sauvés.

  • Quel était donc le ciment qui liait ainsi ces croyants ? Nous le lisons, c’était la persévérance… Arrêtons-nous sur le sens pratique que revêtait de persévérer :
           - dans la doctrine,
           - la communion des apôtres,
           - la fraction du pain,
           - les prières.
  • La mise en commun de leurs biens était-elle le résultat d’une imposition, ou un élan partagé par la plupart ?
  • Quels caractères marquaient les relations collectives et la nouvelle vie qu’ils avaient choisie ? Voir en contraste le danger de s’assoupir (Proverbes 6:4-11, 1 Cor.11:30, Héb.5:11, 6:12).
L’élan à Jérusalem et en Judée est tel qu’ils partageaient leurs biens, dans la confiance que tous avaient "revêtu le Christ" (Rom.13:14, Gal.3:27). Il ne faudra pas longtemps pour que cette confiance soit émoussée et que des doutes viennent (Actes 5:1-2, 6:1), mais en attendant, retenons la puissance de la foi qui reçoit avec simplicité le message de l’évangile. L’apôtre Paul rencontrera cette disposition dans des jeunes assemblées des nations, comme à Thessalonique, et il le leur écrira avec empressement la joie qu’il éprouve aux échos qui lui viennent (1 Thes.1) et aussi il a pu adresser aux Philippiens des encouragements à retenir ce qui leur garantirait la joie dans le chemin (Phil.4:4-8).
 
Le ciment de l’assemblée était dans la persévérance. La persévérance en quatre points majeurs :
la doctrine, gardant de s’enflammer pour des déviations séduisantes (Tite 3:9) ;
la communion des apôtres, vigilants quant au danger de voir des personnes se mettre elles-mêmes en avant (1 Cor.3:4) ;
la fraction du pain, le repas de mémorial demandé par Jésus lui-même, la nuit qu’il fut livré (1 Cor.11:23) ;
et les prières, expression de la confiance en Dieu (Éph.6:18).

 

 
 
 
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20:00 Publié dans Actes 01 à 04, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 3:1 Pierre et Jean au Temple


 

Pierre et Jean au Temple
Actes 3:1 - 4:31

 
 La pentecôte est passée, des croyants nombreux se rassemblent régulièrement, mais sont lions de tourner le dos à ce qui soutient leur foi jusque là ; comme nous le voyons plus loin : "Tu vois, frère, combien il y a de milliers de Juifs qui ont cru ; et ils sont tous zélés pour la loi" (Actes 21:20). Nous voyons ici Pierre et Jean, frères en Christ et amis de longue date, aller au temple à l’heure de la prière.
 
De l’autre côté, ce qui se passe à Jérusalem était difficile à vivre pour les instances religieuses, et une réaction devait inévitablement se manifester.

 
Guérison d'un infirme – 3:1-11

Un boiteux dès la naissance se trouve sur le chemin de Pierre et Jean, et il n’a pas conscience de ce qu’il peut attendre d’eux ! Les apôtres pouvaient-ils passer à côté de lui dans l’indifférence ? La compassion les habite, et Pierre, toujours lui, prend l’initiative d’apporter la joie, le réconfort, à cet homme ; mais cela sera vu par d’autres comme une provocation…

3  1 Et Pierre et Jean montaient ensemble au temple, à l'heure de la prière, qui est la neuvième, 2 et on portait un homme qui était boiteux dès le ventre de sa mère, lequel on mettait tous les jours à la porte du temple, appelée la Belle, pour demander aumône à ceux qui entraient dans le temple : 3 cet homme, voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le temple, leur demanda l'aumône. 4 Et Pierre, ayant, avec Jean, arrêté ses yeux sur lui, dit : Regarde-nous. 5 Et il les regardait attentivement, s'attendant à recevoir quelque chose d'eux. 6 Mais Pierre dit : Je n'ai ni argent ni or, mais ce que j'ai, je te le donne : Au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. 7 Et l'ayant pris par la main droite, il le leva ; et à l'instant les plantes et les chevilles de ses pieds devinrent fermes ; 8 et faisant un saut, il se tint debout et marcha ; et il entra avec eux au temple, marchant, et sautant, et louant Dieu. 9 Et tout le peuple le vit marchant et louant Dieu ; 10 et ils le reconnurent comme celui qui était assis, pour demander l'aumône, à la Belle porte du temple, et ils furent remplis d'étonnement et d'admiration de ce qui lui était arrivé. 11 Et comme il tenait par la main Pierre et Jean, tout le peuple étonné accourut vers eux au portique appelé de Salomon.

  • Que penser de la confiance de Pierre dans l’accomplissement du miracle lorsqu’il se met à parler à cet homme qui n’avait jamais marché de sa vie ?
Cette scène paraît presque naturelle, tans nous sommes habitués aux faits merveilleux relatés dans ce livre… Mais il fallait quand même une fameuse dose de foi, et d’une foi à transporter les montagnes, pour s’adresser ainsi au boiteux. Il n’avait jamais marché, et ne pouvait, dès lors avoir quelque force dans ses jambes, ses muscles ne pouvant s’être développés… Et Pierre, sans que l’homme ne s’y attende même, lui parle en sachant au fond de lui-même que la guérison sera immédiatement apportée. Et il va s’en expliquer à ceux qui reconnaissent le boiteux…

 
Discours de Pierre – 3:12-26

"Hommes israélites, pourquoi vous étonnez-vous de ceci ?" Nous pouvons être assurés qu’il y avait de l’étonnement dans tous les regards fixés sur cette scène du boiteux qui sautait… Et Pierre prononce alors un discours bien propre à réveiller la foi, là où il pouvait n’y avoir plus qu’un lumignon, ou même conduire à la foi là où ne subsistait qu’un respect formel et craintif de la tradition ancestrale. Et il rappelle le rejet de Jésus, le Christ, parlant à cette foule étonnée comme s’ils s’étaient tous trouvés au prétoire lorsque la foule criait "Crucifie-le !" (Luc 23:21).

12 Et Pierre, voyant cela, répondit au peuple : Hommes israélites, pourquoi vous étonnez-vous de ceci ? Ou pourquoi avez-vous les yeux fixés sur nous, comme si nous avions fait marcher cet homme par notre propre puissance ou par notre piété ? 13 Le Dieu d'Abraham et d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous, vous avez livré, et que vous avez renié devant Pilate, lorsqu'il avait décidé de le relâcher. 14 Mais vous, vous avez renié le saint et le juste, et vous avez demandé qu'on vous accordât un meurtrier ; 15 et vous avez mis à mort le prince de la vie, lequel Dieu a ressuscité d'entre les morts ; ce dont nous, nous sommes témoins. 16 Et, par la foi en son nom, son nom a raffermi cet homme que vous voyez et que vous connaissez ; et la foi qui est par lui a donné à celui-ci cette entière disposition de tous ses membres, en la présence de vous tous. 17 Et maintenant, frères, je sais que vous l'avez fait par ignorance, de même que vos chefs aussi ; 18 mais Dieu a ainsi accompli ce qu'il avait prédit par la bouche de tous les prophètes, savoir que son Christ devait souffrir. 19 Repentez-vous donc et vous convertissez, pour que vos péchés soient effacés : en sorte que viennent des temps de rafraîchissement de devant la face du Seigneur, 20 et qu'il envoie Jésus Christ, qui vous a été préordonné, 21 lequel il faut que le ciel reçoive, jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps. 22 Moïse déjà a dit : «Le Seigneur, votre Dieu, vous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi ; vous l'écouterez dans tout ce qu'il pourra vous dire ; 23 et il arrivera que toute âme qui n'écoutera pas ce prophète sera exterminée d'entre le peuple» [Deut.18:15-19]. 24 Et même tous les prophètes, depuis Samuel et ceux qui l'ont suivi, tous ceux qui ont parlé, ont aussi annoncé ces jours. 25 Vous, vous êtes les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a établie avec nos pères, disant à Abraham : «Et en ta semence seront bénies toutes les familles de la terre» [Genèse 22:18]. 26 À vous premièrement, Dieu, ayant suscité son serviteur, l'a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de vos méchancetés.

  • Voyons comment Pierre désigne Jésus, le Messie. Vers.13, 14 et 15.
  • Comment le rejet de Jésus peut-il être pardonné ? Vers.17, Luc 23:34.
  • Quel est le chemin prescrit pour être pardonné de ses fautes devant Dieu ? Vers.19.
  • Les promesses envers Israël sont-elles annulées du fait de la crucifixion ? Vers.21, Deut.18:15-19, Jérémie 30:1-11, 31:33-34. Ézéchiel 37, Zacharie 13
En attendant le rétablissement d’Israël comme nation bénie de Dieu, les "fils des prophètes et de l’alliance" sont appelés en premier pour recevoir le message de l’évangile (Vers.26, Actes 13:46, Rom.1:16…). Il est beau de considérer comment la première parole de la croix, lorsque le Seigneur dit "Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font" (Luc 23:34), est comprise par Pierre et comment il peut ainsi parler avec force du pardon dont il est lui-même redevable au Seigneur. Il rappelle alors la Loi et les Prophètes, et nous pouvons relever que la foi dans le rétablissement de la nation était évoquée au temple régulièrement, lorsqu’étaient chantés les Psaumes ; voyons les Cantiques des degrés (Psaumes 120 à 134), ou nous trouvons, parmi bien d’autres paroles : "Ô Éternel, rétablis nos captifs, comme les ruisseaux dans le midi ! Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec chant de joie. Il va en pleurant, portant la semence qu'il répand ; il revient avec chant de joie, portant ses gerbes." (Psaumes 126:4-6). Mais avant cette œuvre, il fallait que la question de la culpabilité des hommes fût traitée, afin que la grâce puisse être répandue dans le respect de la justice, ce que les prophètes ont annoncé (Ésaïe 53, Zacharie 13, Psaume 22…).
 
Le rétablissement d’Israël est lié à la repentance du peuple, et s’il se trouvait un tel mouvement, elle eût pu intervenir ; mais nous savons par les Ecritures qu’il faudra un travail puissant de Dieu pour donner vie au peuple (Ézéchiel 37) ; ainsi, en attendant, dès ce jour chacun est invité à se détourner des voies de méchanceté pour jouir personnellement de la bénédiction, car c’est pour cela que son Serviteur, le Christ, est venu au milieu d’eux. La parole du prophète a été accomplie : "Et maintenant, dit l'Éternel, qui m'a formé dès le ventre pour lui être serviteur afin de lui ramener Jacob... ; quoique Israël ne soit pas rassemblé, je serai glorifié aux yeux de l'Éternel, et mon Dieu sera ma force.... Et il me dit : C'est peu de chose que tu me sois serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d'Israël ; je te donnerai aussi pour être une lumière des nations, pour être mon salut jusqu'au bout de la terre" (Ésaïe 49:5-6).

 

 
 
 
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18:00 Publié dans Actes 01 à 04, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 4:1 Pierre et Jean devant le Sanhédrin


 

Pierre et Jean devant le Sanhédrin – 4:1-22

Pierre aurait-il pu parler ainsi librement dans le temple sans que soit porté ombrage à l’autorité des principaux ? Impossible. Ceux-ci les font mettre en garde jusqu’au matin, car le soir tombait, la guérison du boiteux ayant eu lieu au milieu de l’après-midi, et le Sanhédrin ne pouvait se réunir qu’en journée. Voici les apôtres au bloc, tandis que des milliers d’hommes crurent, ayant été saisis par la parole des apôtres et le signe magnifique qui l’accompagnait. Nous pourrions évaluer l’assemblée à une dizaine de milliers de croyants dans cette ville de moins de cent mille habitants.

4  1 Mais comme ils parlaient au peuple, les sacrificateurs et le commandant du temple et les sadducéens survinrent, 2 étant en peine de ce qu'ils enseignaient le peuple et annonçaient par Jésus la résurrection d'entre les morts. 3 Et ils mirent les mains sur eux, et les firent garder jusqu'au lendemain, car c'était déjà le soir. 4 Mais plusieurs de ceux qui avaient ouï la parole crurent ; et le nombre des hommes se monta à environ cinq mille.
 
5 Or il arriva que, le lendemain, leurs chefs et leurs anciens et leurs scribes, s'assemblèrent à Jérusalem, 6 et Anne, le souverain sacrificateur, et Caïphe, et Jean, et Alexandre, et tous ceux qui étaient de la race souveraine sacerdotale. 7 Et les ayant fait comparaître, ils leur demandaient : Par quelle puissance ou par quel nom avez-vous fait ceci ? 8 Alors Pierre, étant rempli de l'Esprit Saint, leur dit : Chefs du peuple et anciens d'Israël, 9 si aujourd'hui nous sommes interrogés au sujet de la bonne œuvre qui a été faite à un homme impotent, et qu'on veuille apprendre comment il a été guéri, 10 sachez, vous tous, et tout le peuple d'Israël, que ç'a été par le nom de Jésus Christ le Nazaréen, que vous, vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité d'entre les morts ; c'est, dis-je, par ce nom que cet homme est ici devant vous plein de santé. 11 Celui-ci est la pierre méprisée par vous qui bâtissez, qui est devenue la pierre angulaire ; 12 et il n'y a de salut en aucun autre ; car aussi il n'y a point d'autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés. 13 - Et, voyant la hardiesse de Pierre et de Jean, et s'étant aperçus qu'ils étaient des hommes illettrés et du commun, ils s'en étonnaient, et ils les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus. 14 Et, voyant là présent avec eux l'homme qui avait été guéri, ils n'avaient rien à opposer. 15 Et leur ayant ordonné de sortir du sanhédrin, ils conférèrent entre eux, disant : 16 Que ferons-nous à ces hommes ? car il est apparent pour tous les habitants de Jérusalem, qu'un miracle notoire a été fait par eux, et nous ne pouvons le nier ; 17 mais afin que cela ne soit pas répandu davantage parmi le peuple, défendons leur avec menaces, de parler davantage en ce nom à qui que ce soit. 18 Et les ayant appelés, ils leur enjoignirent de ne plus parler ni enseigner, en aucune manière, au nom de Jésus. 19 Mais Pierre et Jean, répondant, leur dirent : Jugez s'il est juste devant Dieu de vous écouter plutôt que Dieu. 20 Car, pour nous, nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues. 21 Et après les avoir menacés, ils les relâchèrent, ne trouvant pas comment ils pourraient les punir, à cause du peuple ; parce que tous glorifiaient Dieu de ce qui avait été fait. 22 Car l'homme en qui avait été faite cette miraculeuse guérison, avait plus de quarante ans.

  • En quoi peut-il dire que ces dirigeants religieux étaient de ceux qui bâtissaient ?
  • Pierre et Jean n’étaient pas inconnus des membres du Sanhédrin, mais qu’est-ce qui les surprend ? Et qu’est-ce qui rend la position du Sanhédrin si difficile ?
  • Comparons la fermeté de Pierre à sa crainte, la première fois qu’il fut confronté aux principaux d’entre les Juifs, lors de la nuit où le Seigneur fut livré. Que s’est-il passé pour qu’il y ait un tel changement ?
  • Qu’est la parole centrale de la réponse de Pierre au Sanhédrin ?
Un discours plein de force et de feu, sans ménagement, mais sans aucune agressivité. Quelle fermeté, quelques mois après la crucifixion du Seigneur ! Et ils savaient jusqu’où pouvaient aller les chefs du peuple. Mais une puissance leur avait été donnée, telle qu’ils parlaient sans se préoccuper de ce qui pourrait leur être infligé par leurs contradicteurs, les principaux du peuple. Ce que nous donne à considérer Luc est une parole simple et ferme avec un message clair : "il n'y a de salut en aucun autre ; car aussi il n'y a point d'autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés." Un seul nom sous le ciel ! Sans doute y a-t-il des sages en ce monde, même hors du cercle de la foi, mais quant à être sauvé, qui d’autre que Jésus pourrait-il en être le garant ? Quel autre que celui qui est venu "afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle" (Jean 3:16).
 
L’embarras est tel que ces hommes importants ne peuvent que formuler une menace pour tenter d’enrayer un mouvement qui ne cessait de s’étendre.

 
Pierre et Jean de retour parmi les disciples – 4:23-31

Dès le retour de Pierre et Jean monte une louange évoquant la souveraineté du Créateur et l’opposition des hommes, exposant ce qui s’était produit dans cette ville, les outrages faits à Jésus, accomplissement de cette parole que les Juifs psalmodiaient régulièrement au temple : "les outrages de ceux qui t'outragent sont tombés sur moi" (Psaume 69:9).

23 Et ayant été relâchés, ils vinrent vers les leurs et leur rapportèrent tout ce que les principaux sacrificateurs et les anciens leur avaient dit. 24 Et l'ayant entendu, ils élevèrent d'un commun accord leur voix à Dieu, et dirent : Ô Souverain ! toi, tu es le Dieu qui as fait le ciel et la terre, et la mer, et toutes les choses qui y sont : 25 qui as dit, par la bouche de David ton serviteur : «Pourquoi se sont déchaînées les nations, et les peuples ont-ils projeté des choses vaines ? 26 Les rois de la terre se sont trouvés là, et les chefs se sont réunis ensemble, contre le Seigneur et contre son Christ» ">[Psaume 2:1-2]. 27 Car en effet, dans cette ville, contre ton saint serviteur Jésus que tu as oint, se sont assemblés et Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et les peuples d'Israël, 28 pour faire toutes les choses que ta main et ton conseil avaient à l'avance déterminé devoir être faites. 29 Et maintenant, Seigneur, regarde à leurs menaces, et donne à tes esclaves d'annoncer ta parole avec toute hardiesse, 30 en étendant ta main pour guérir, et pour qu'il se fasse des miracles et des prodiges par le nom de ton saint serviteur Jésus. 31 Et comme ils faisaient leur supplication, le lieu où ils étaient assemblés fut ébranlé, et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et annonçaient la parole de Dieu avec hardiesse.

 

 
 
 
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17:00 Publié dans Actes 01 à 04, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 4:32 Ananias et Saphira


 

Partage et dissimulation
Actes 4:32 - 5:11

 
Troisième tableau des commencements. L’assemblée croît de façon extraordinaire et les gestes d’engagement se poursuivent, des croyants abandonnant leurs propriétés pour s’engager dans une vie plus communautaire, mais déjà paraît la tentation de paraître ce que l’on n’est pas.

 
Les croyants partagent – 4:32-37

Le mouvement spontané qui se manifesta dès la Pentecôte se poursuit comme nous pouvons le lire dans ces quelques lignes. Les apôtres, pleinement occupés de la prédication, sont de plus en plus chargés par l’administration des biens mis à leur disposition au bénéfice des plus démunis.

32 Et la multitude de ceux qui avaient cru était un cœur et une âme ; et nul ne disait d'aucune des choses qu'il possédait, qu'elle fût à lui ; mais toutes choses étaient communes entre eux. 33 Et les apôtres rendaient avec une grande puissance le témoignage de la résurrection du seigneur Jésus ; et une grande grâce était sur eux tous. 34 Car il n'y avait parmi eux aucune personne nécessiteuse ; car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, et apportaient le prix des choses vendues, 35 et le mettaient aux pieds des apôtres ; et il était distribué à chacun, selon que l'un ou l'autre pouvait en avoir besoin. 36 Et Joseph qui, par les apôtres, fut surnommé Barnabé (ce qui, étant interprété, est fils de consolation), lévite, et Cypriote de naissance, 37 ayant une terre, la vendit, et en apporta la valeur, et la mit aux pieds des apôtres.

  • Que dire de ce tableau, du bonheur ressenti par les croyants et de son impact sur la population ? Comp. Actes 2:42-47.
  • Y avait-il une directive pour un tel partage des biens ? Mais que nous rappelle cet enthousiasme ? Marc 8:36, 10:22, Luc 12:21,33-34, 18:22.
Le moteur de ce mouvement spontané ? Ces croyants dans l’ardeur des commencements réalisaient le trésor qui leur avait été donné par la grâce (Luc 12:34), et étaient "un cœur et une âme". Un homme est distingué ici, Joseph surnommé Barnabé, Luc citant ici son nom car il sera question de lui plus tard…

 
Ananias et Saphira – 5:1-11

A un tel mouvement il devait y avoir un "mais" ! Pour d’autres motifs que la foi, des personnes voudraient soigner leur réputation… Le levain n’a pas tardé à se manifester (Luc 13:21), il ne pouvait en être autrement, comme ce fut d’ailleurs pareillement dès les premiers pas d’Israël dans le désert, lors de l’affaire du veau d’or (Exode 32).

5  1 Mais un homme nommé Ananias, avec Sapphira sa femme, vendit une possession, 2 et, de connivence avec sa femme, mit de côté une partie du prix, et, en apportant une partie, la mit aux pieds des apôtres. 3 Mais Pierre dit : Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, que tu aies menti à l'Esprit Saint et que tu aies mis de côté une partie du prix de la terre ? 4 Si elle fût restée non vendue, ne te demeurait-elle pas ? Et vendue, n'était-elle pas en ton pouvoir ? Comment t'es-tu proposé cette action dans ton cœur ? Tu n'as pas menti aux hommes, mais à Dieu. 5 Et Ananias, entendant ces paroles, tomba et expira. Et une grande crainte s'empara de tous ceux qui entendirent ces choses. 6 Et les jeunes hommes, se levant, le couvrirent, et l'ayant emporté dehors, l'ensevelirent. 7 Et il arriva, environ trois heures après, que sa femme, ne sachant pas ce qui était arrivé, entra ; 8 et Pierre lui répondit : Dis-moi, avez-vous donné le champ pour tant ? 9 Et elle dit : Oui, pour tant. Et Pierre lui dit : Comment êtes-vous convenus entre vous de tenter l'Esprit du Seigneur ? Voici, les pieds de ceux qui ont enseveli ton mari sont à la porte, et ils t'emporteront aussi. 10 Et à l'instant elle tomba à ses pieds et expira. Et les jeunes hommes, entrant, la trouvèrent morte ; et ils l'emportèrent dehors et l'ensevelirent auprès de son mari. 11 Et une grande crainte s'empara de toute l'assemblée et de tous ceux qui entendaient parler de ces choses.

  • Quelle est la faute commise par Ananias et Sapphira ? Comment est-elle exprimée ? Vers.3,4,9.
  • Pierre a-t-il prononcé lui-même le jugement si sévère de cette mort instantanée de l’un puis de l’autre ?
  • Que penser de cette sévérité de Dieu ?
Ce n’est pas de garder une partie pour eux qu’un grief pouvait leur être imputé, mais de mentir à l’assemblée ! Mais pourquoi une telle rigueur ? Il n’y a ici aucune possibilité d’un amendement, pas de support, mais un jugement immédiat ! Il ne s’agit évidemment pas de nier qu’ils fussent l’un et l’autre des croyants, qu’ils ne soient l’un et l’autre des rachetés, mais d’un jugement gouvernemental destiné à produire la crainte dans l’assemblée, c’est-à-dire d’y imprimer le sérieux et la gravité dans ce qui concerne la vie. Pensons-nous qu’un simple avertissement eût suffi pour que la leçon porte vraiment pour que chacun, dans l’assemblée, soit gardé dans cette fraîcheur de la foi ? L’homme croyant est toujours un homme avec ses faiblesses, ses manquements et son désir de paraître… Voyons la désolation de l’apôtre lorsqu’il doit s’adresser aux croyants à Corinthe : "C'est pour cela que plusieurs sont faibles et malades parmi vous, et qu'un assez grand nombre dorment" (1 Cor.11:30).
 
Ce jugement est implacable, mais il a servi d’exemple, comme l’a été le jugement exercé lors de l’affaire du veau d’or (Exode 32:28). Un exemple pour aujourd’hui ? Il illustre l’état moral de celui qui vivrait ainsi dans la dissimulation, se privant lui-même de la joie que confère une vie dans la lumière.

 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Actes 5:12 Les apôtres jetés en prison


 

Difficultés et croissance
Actes 5:12-6:7

Le mouvement prend de l’ampleur à Jérusalem et en Judée, suscitant la jalousie du souverain sacrificateur et des membres du courant des sadducéens, le courant juif principalement représenté dans la classe sacerdotale. Il faudra l’intervention d’un homme sage, Gamaliel, celui même qui enseignait Saul de Tarse, pour que le Sanhédrin ne soit pas conduit à l’irréparable…

 
Les apôtres jetés en prison– 5:12-27

Les apôtres annonçaient tous les jours la parole, "le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant la parole par les signes qui l'accompagnaient" (Marc 16:20). On venait des villes d’alentour conduisant des malades et des infirmes… Que dire de la crainte de plusieurs de se joindre aux croyants alors que le peuple "les louait hautement" ! Nous pouvons penser à ce qui était advenu à Ananias et Sapphira, mais aussi à la prédication elle-même où la repentance était citée comme le premier pas à franchir.
 
Ceci étant, le mouvement était important et provoquait une rare jalousie…

12 Et beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient parmi le peuple, par les mains des apôtres ; et ils étaient tous d'un commun accord au portique de Salomon 13 mais, d'entre les autres, nul n'osait se joindre à eux, mais le peuple les louait hautement ; 14 et des croyants d'autant plus nombreux se joignaient au Seigneur, une multitude tant d'hommes que de femmes 15 de sorte qu'on apportait les infirmes dehors dans les rues, et qu'on les mettait sur de petits lits et sur des couchettes, afin que, quand Pierre viendrait, au moins son ombre passât sur quelqu'un d'eux. 16 Et la multitude aussi des villes d'alentour s'assemblait à Jérusalem, apportant les infirmes et ceux qui étaient tourmentés par des esprits immondes ; et ils étaient tous guéris. 17 Et le souverain sacrificateur se leva, lui et tous ceux qui étaient avec lui, savoir la secte des sadducéens, et, remplis de jalousie, 18 ils mirent les mains sur les apôtres et les jetèrent dans la prison publique. 19 Mais un ange du Seigneur ouvrit de nuit les portes de la prison, et les conduisit dehors, et dit : 20 Allez, et, vous tenant dans le temple, annoncez au peuple toutes les paroles de cette vie. 21 Ce qu'ayant entendu, ils entrèrent, vers le point du jour, dans le temple, et ils enseignaient. Mais le souverain sacrificateur étant venu, et ceux qui étaient avec lui, ils assemblèrent le sanhédrin et tous les anciens des fils d'Israël, et ils envoyèrent à la prison pour les faire amener. 22 Mais les huissiers, y étant arrivés, ne les trouvèrent pas dans la prison ; et s'en retournant, 23 ils le rapportèrent, disant : Nous avons trouvé la prison fermée avec toute sûreté, et les gardes se tenant aux portes ; mais, ayant ouvert, nous n'avons trouvé personne dedans. 24 Et quand le sacrificateur et le commandant du temple et les principaux sacrificateurs eurent entendu ces paroles, ils furent en perplexité à leur sujet, ne sachant ce que cela deviendrait. 25 Or quelqu'un arriva et leur rapporta : Voilà, les hommes que vous avez mis en prison sont au temple et enseignent le peuple. 26 Alors le commandant, avec les huissiers, s'en alla et les amena sans violence ; car ils craignaient d'être lapidés par le peuple. 27 Et les ayant amenés, ils les présentèrent devant le sanhédrin.

  • Pourrions-nous être étonnés que de tels prodiges, délivrances et guérisons, produisent de la jalousie ?
  • Qu’apporte aux apôtres miraculeusement libérés le fait d’être envoyés au temple où ils seront à nouveau exposés à la jalousie de ceux qui en assurent le service ?
Il est difficile d’imaginer les sentiments des disciples plongés dans cette expérience de la prison, mais nous ne trouvons pas trace d’un quelconque orgueil dans cette affaire… Des croyants obéissants qui font ce qui leur est demandé ! Quant aux sacrificateurs, et au Sanhédrin, ils sont plongés dans la perplexité, et incapables de ne pas intervenir une nouvelle fois…

 

 
 
 
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14:03 Publié dans Actes 05 à 08, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 5:28 Intervention de Gamaliel


 

Devant le Sanhédrin, intervention de Gamaliel – 5:28-42

Quel témoignage de la part du souverain sacrificateur : "Vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine" ! Et il accusait les apôtres de vouloir leur faire porter la responsabilité de la mort de Jésus… Ont-ils oublié si vite leur responsabilité dans sa crucifixion ? Mais les apôtres soulignaient qu’ils s’étaient engagés dans cette voie "par ignorance" (Actes 3:17)

28 Et le souverain sacrificateur les interrogea, disant : Nous vous avons expressément enjoint de ne pas enseigner en ce nom-là, et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine, et vous voulez faire venir sur nous le sang de cet homme. 29 Et Pierre et les apôtres, répondant, dirent : Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. 30 Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous avez fait mourir, le pendant au bois. 31 C'est lui que Dieu a exalté par sa droite prince et sauveur, afin de donner la repentance à Israël et la rémission des péchés : 32 et nous, nous lui sommes témoins de ces choses, ainsi que l'Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent.
 
33 Mais eux, ayant entendu ces choses, frémissaient de rage, et tenaient conseil pour les faire mourir. 34 Mais un pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, honoré de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin et donna l'ordre de faire sortir les apôtres pour un peu de temps. 35 Et il leur dit : Hommes israélites, prenez garde à vous-mêmes par rapport à ces hommes, et voyez ce que vous allez faire. 36 Car, avant ces jours-ci, Theudas se leva, se disant être quelque chose, auquel se joignit un nombre d'environ quatre cents hommes ; et il fut tué, et tous ceux qui lui obéissaient furent dissipés et réduits à rien. 37 Après lui s'éleva Judas le Galiléen, aux jours du recensement, et il entraîna à la révolte un grand peuple après lui ; lui aussi a péri, et tous ceux qui lui obéissaient furent dispersés. 38 Et maintenant je vous dis : Ne vous mêlez plus de ces hommes, et laissez-les ; car si ce dessein ou cette œuvre est des hommes, elle sera détruite ; 39 mais si elle est de Dieu, vous ne pourrez les détruire ; - de peur que vous ne soyez même trouvés faire la guerre à Dieu. 40 Et ils furent de son avis. Et ayant appelé les apôtres, ils leur enjoignirent, après les avoir battus, de ne pas parler au nom de Jésus, et les relâchèrent. 41 Eux donc se retiraient de devant le sanhédrin en se réjouissant d'avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom ; 42 et ils ne cessaient tous les jours d'enseigner et d'annoncer Jésus comme le Christ, dans le temple et de maison en maison.

  • Que veut dire Pierre lorsqu’il proclame que l’Esprit a été donné "à ceux qui obéissent à Dieu" ? Voyons aussi Éph.4:30 ainsi que Rom.1:5 et 16:26.
  • La jalousie conduit à la rage ! Les principaux avaient-ils quelque réponse à opposer à Pierre et aux apôtres ?
  • Remarquons le témoignage donné à l’égard de Gamaliel, docteur de la loi. Voyons aussi le témoignage de Paul bien des années plus tard (Actes 22:3).
  • Que penser de la réflexion de cet homme qui a suivi l’histoire du peuple, et qui conduisit le Sanhédrin à renoncer de mettre à mort les apôtres ?
"Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes." Nous voyons ici la limite à l’obéissance aux autorités (Rom.13:1). La fermeté de la réponse engendre un frémissement de rage, et il fallut un homme sage, un pharisien docteur de la loi pour tempérer cette violence. Une sagesse qui doit nous être en exemple, même si, jusque là, cet homme n’était pas parmi les chrétiens ; sagesse d’un homme qui connaît l’histoire, et qui marche dans la crainte de Dieu. Il cite deux hommes qui ont induit des mouvements ou des sectes et dont l’œuvre n’a pas résisté. Il y voit la main de Dieu.
Gamaliel est un Juif vraiment remarquable, il sait ce qu’il est devant son Créateur, le Tout-puissant. A ce titre, c’est un modèle. Saul de Tarse, formé par cet homme reconnaît la valeur de son enseignement, se disant "instruit aux pieds de Gamaliel selon l’exactitude de la loi de nos pères…" (Actes 22:3, voir aussi 26:5). La tradition juive, dans le Talmud, mentionne ce Gamaliel, petit-fils de Hillel, pharisien célèbre de tendance libérale. Comme son grand-père, Gamaliel, dont le nom signifie "récompense de Dieu", était un homme tolérant. Il vécu jusqu’en l’an 50.
 
Judas le Galiléen, originaire de Gamala sur le plateau du Golan, fut le chef de la violente résistance au recensement fiscal ordonné par Quirinus en Judée vers l'an 6, ce recensement qui fut reporté pour cause de rébellion lors de la naissance du Seigneur. La révolte fut écrasée par les Romains. Theudas qui vient avant ce Judas ne peut être celui connu dans l’histoire, ayant sévi vers l’an 44, bien après les événements touchant ici les apôtres, vers l’an 32.
Non sans leur avoir infligé une punition, se justifiant ainsi eux-mêmes comme s’ils avaient trouvé quelques fautes qui justifiassent leurs propres agissements, les chefs libérèrent les apôtres.  Il est remarquable que la parole de Gamaliel ait été écoutée, mais la jalousie n’avait pas quitté leurs cœurs, et même le fidèle disciple de Gamaliel, Saul de Tarse, s’est écarté lui-même de la ligne de conduite de son maître (Actes 7:61). Rien de cela ne freina l’ardeur des apôtres…

 

 
 
 
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13:00 Publié dans Actes 05 à 08, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 6:1 Désignation de serviteurs


 

Désignation de serviteurs – 6:1-7

C’est en raison de difficultés, de rumeurs mêmes, dans l’assemblée que nous prenons connaissance de quelques chrétiens particulièrement zélés, et parmi eux Etienne. Cet homme plein de l’Esprit va être conduit jusqu’au martyre.
 
La croissance si rapide de l’assemblée engendre des charges particulières. La disposition des biens "remis aux pieds des apôtres" occasionne une charge particulière à l’égard des plus pauvres d’entre les croyants (Actes 4:35). Et ce qui est un privilège et un vrai bonheur ne tarde pas à donner occasion de rumeurs touchant l’attention aux veuves…

6 1 Or en ces jours-là, le nombre des disciples se multipliant, il s'éleva un murmure des Hellénistes contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans le service journalier. 2 Et les douze, ayant appelé la multitude des disciples, dirent : Il ne convient pas que, laissant la parole de Dieu, nous servions aux tables. 3 Jetez donc les yeux, frères, sur sept hommes d'entre vous, qui aient un bon témoignage, pleins de l'Esprit Saint et de sagesse, que nous établirons sur cette affaire. 4 Et, pour nous, nous persévérerons dans la prière et dans le service de la parole. 5 Et ce discours plut à toute la multitude ; et ils choisirent Étienne, homme plein de foi et de l'Esprit Saint, et Philippe, et Prochore, et Nicanor, et Timon, et Parménas, et 6 Nicolas, prosélyte d'Antioche, qu'ils présentèrent aux apôtres ; et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains.

  • Les apôtres se chargent-ils eux-mêmes de désigner des serviteurs ? Qu’en déduire ?
  • Quels sont les caractères attendus d’un serviteur dans une assemblée chrétienne ? 1 Tim.3:8-13.
  • Que signifie ce geste de l’imposition des mains ? Nombres 27:18, Matthieu 19:13, Actes 8:17, 13:3
Ce passage est fort important, en ce sens qu’avec aussi l’affaire d’Ananias et Sapphira, il montre que les assemblées ne sont pas dépeintes en un tableau mythique de l’idéal du commencement. L’homme est homme ! Les murmures apparaissant, le problème paraît pris à bras le corps, sans que les douze ne manifestent quelque autorité pour désigner les serviteurs. Ils reçoivent le choix et marquent cette acceptation en pratiquant l’imposition des mains, geste qui rend publique la communion dans le service.

7 Et la parole de Dieu croissait, et le nombre des disciples se multipliait beaucoup dans Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissait à la foi.

  • Les sacrificateurs qui s’étaient tourné vers le Messie poursuivaient-ils leur service au temple ? Actes 21:20.
  • Pensons à cette expression : l’obéissance de la foi. Ainsi, la foi est-elle seulement adhésion à une doctrine ? Rom.1:5 , 10:16, 2 Thes.1:8.
Si la foi est avant tout acceptation de la grâce, confiance dans la réalité du plan rédempteur,  elle est par aussi, par essence confiance en Dieu et en sa parole, et ainsi elle se manifeste dans la pratique d’un croyant qui s’applique à marcher dans ce chemin, qui y trouve son bonheur, qui vit ce que le prophète écrivait "le juste vivra par sa foi" (Habacuc 2:4). Elle est donc obéissance, non par l’application d’une contrainte, mais dans l’adhésion au plan divin et à la marche d’homme telle que l’attend le Créateur.
 
Le nombre de disciples ne cessait de s’accroître, et parmi eux de nombreux sacrificateurs qui continuent leur service au temple. C’est un fait qu’il ne faut pas négliger, car nous ne pouvons penser à une rupture pour ces chrétiens du commencement. La venue de Jésus, son ministère et sa passion, étaient annoncés par les prophètes, et ces hommes assumaient fidèlement cette continuité en exerçant la charge sacerdotale, comme nous le voyions en Zacharie, le père de Jean le baptiseur ; ils ne pouvaient qu’être d’autant plus fidèles dans le service qui leur était confié suivant la Loi. Une vingtaine d’années plus tard, il en était toujours ainsi, et jusqu’à la destruction du temple.

 

 
 
 
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12:00 Publié dans Actes 05 à 08, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric