08/12/2011

Actes 25:1 Paul prisonnier à Césarée (3/4)


 

Paul en appelle à César – 25:1-12

Il fallut un changement de gouvernement pour que la situation évolue, mais force est de constater que le nouveau gouverneur sera heureux de pouvoir se débarasser d’une situation compliquée en envoyant Paul à Rome, devant le tribunal de César.
 
Portius Festus visite Jérusalem, et les principaux d’entre les Juifs saisissent l’occasion pour tenter d’en venir à leur fin, la mort de Paul.

25 1 Festus donc, étant arrivé dans la province, monta trois jours après de Césarée à Jérusalem. 2 Et les principaux sacrificateurs et les principaux d'entre les Juifs portèrent plainte devant lui contre Paul ; et ils lui présentaient leur requête, 3 lui demandant contre Paul cette grâce qu'il le fît venir à Jérusalem, dressant des embûches pour le tuer en chemin. 4 Festus donc répondit que Paul serait gardé à Césarée, et que lui-même allait bientôt partir. 5 Que les hommes influents parmi vous descendent donc avec moi, dit-il ; et s'il y a quelque crime en cet homme, qu'ils l'accusent. 6 Et n'ayant pas séjourné parmi eux plus de huit ou dix jours, il descendit à Césarée ; et le lendemain, s'étant assis sur le tribunal, il donna l'ordre que Paul fût amené. 7 Et lorsqu'il fut arrivé, les Juifs qui étaient descendus de Jérusalem se tinrent à l'entour, portant contre Paul de nombreuses et graves accusations qu'ils ne pouvaient prouver ; 8 tandis que Paul se défendait, en disant : Je n'ai péché en rien, ni contre la loi des Juifs, ni contre le temple, ni contre César. 9 Mais Festus, voulant gagner la faveur des Juifs, répondit à Paul et dit : Veux-tu monter à Jérusalem pour y être jugé quant à ces choses, devant moi ? 10 Et Paul dit : Je suis ici devant le tribunal de César, où je dois être jugé. Je n'ai fait aucun tort aux Juifs, comme tu le sais toi-même très-bien. 11 Si donc je leur ai fait tort, ou que j'aie fait quelque chose qui soit digne de mort, je ne refuse pas de mourir ; mais si rien n'est vrai de ce dont ils m'accusent, personne ne peut me livrer à eux : j'en appelle à César. 12 Alors Festus, ayant conféré avec le conseil, répondit : Tu en as appelé à César, tu iras à César.

  • Comment décrire le comportement du nouveau gouverneur à l’égard des principaux d’entre les Juifs comme à l’égard de Paul ?
Etait-il prévenu par Félix ? Nous ne pouvons le savoir, mais le nouveau gouverneur entend marquer son autorité vis-à-vis des principaux d’entre les Juifs, aussi ne laisse-t-il pas cette affaire trainer, contrairement à son prédécesseur. Dès son retour à Césarée, il fait comparaîte le prisonnier. Mais il paraît trop heureux de se pouvoir se débarasser du problème. Se débarrasser des difficultés plutôt que de l’affronter dans une perspective d’établir la justice… Il en a été de même de Pilate et de Félix…

 
Agrippa et Bérénice – 25:13-27

Les gouvernants des entités voisines ne manquent pas de venir saluer le nouveau gouverneur ; nous voyons ici le roi Agrippa II (27-93) en visite à Césarée avec sa sœur, Bérénice. Descendants d’Hérode le Grand, appartenants à la noblesse romaine, ils sont instruits dans la culture judaïque et donc curieux de ce courant se réclamant de Jésus Christ, ainsi qu’ils pouvaient le consider ; ils ont bien en mesure de comprendre ce que Paul peut leur dire.
 
Festus, ayant par devers lui déjà pris position quant à Paul, répondra à la demande du roi Agrippa, lui permettant d’interroger le prisonnier. Le gouverneur, ainsi que nous le voyons, s’était enquis du dossier, ayant entendu les deux parties, Paul d’une part, et les principaux d’entre les Juifs d’autre part.

13 Or, quelques jours s'étant écoulés le roi Agrippa et Bérénice vinrent à Césarée pour saluer Festus. 14 Et comme ils séjournaient là plusieurs jours, Festus exposa au roi l'affaire de Paul, disant : Un certain homme a été laissé ici prisonnier par Félix, 15 au sujet duquel, lorsque j'étais à Jérusalem, les principaux sacrificateurs et les anciens des Juifs ont porté plainte, sollicitant une sentence contre lui : 16 mais je leur ai répondu que ce n'est pas la coutume des Romains de livrer quelqu'un avant que l'accusé ait ses accusateurs devant lui et qu'il ait l'occasion de se défendre de ce dont il est accusé. 17 Quand donc ils furent venus ici, sans aucun délai, le jour suivant, m'étant assis sur le tribunal, j'ordonnai que cet homme fût amené ; 18 au sujet duquel les accusateurs, se tenant là, n'avancèrent aucune charge relativement aux choses que moi je supposais ; 19 mais ils avaient contre lui quelques questions touchant leur culte religieux et touchant un certain Jésus mort, que Paul affirmait être vivant. 20 Et comme moi j'étais dans l'embarras pour procéder à une information sur ces choses, je demandai à cet homme s'il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé quant à ces choses. 21 Mais Paul, en ayant appelé, demandant à être réservé au jugement d'Auguste, je donnai ordre qu'il fût gardé jusqu'à ce que je l'envoyasse à César. 22 Et Agrippa dit à Festus : Je voudrais bien moi-même aussi entendre cet homme. Demain, dit-il, tu l'entendras.
 
23 Le lendemain donc, Agrippa et Bérénice étant venus en grande pompe, et étant entrés dans la salle d'audience avec les chiliarques et les principaux de la ville, Paul, sur l'ordre de Festus, fut amené. 24 Et Festus dit : Roi Agrippa, et vous tous qui êtes ici présents avec nous, vous voyez cet homme au sujet duquel toute la multitude des Juifs m'a sollicité, tant à Jérusalem qu'ici, s'écriant qu'il ne devait plus vivre. 25 Mais moi, ayant trouvé qu'il n'avait rien fait qui fût digne de mort, et cet homme lui-même en ayant appelé à Auguste, j'ai résolu de l'envoyer. 26 Mais je n'ai rien de certain à écrire à l'empereur à son sujet, c'est pourquoi je l'ai amené devant vous, et principalement devant toi, roi Agrippa, en sorte qu'après avoir procédé à un interrogatoire, j'aie quelque chose à écrire ; 27 car il me semble déraisonnable d'envoyer un prisonnier sans indiquer en même temps les choses qui sont mises à sa charge.

  • En quoi voyons-nous que le gouverneur se réfère à la loi romaine et aux procédures judiciaires en vigueur ?
  • Qu’est-ce qui avait sorti Festus de l’embarras qu’il éprouva face à ces questions d’ordre religieux qui se posaient ?
C’est avec toute la pompe traditionnelle que le roi Agrippa est introduit dans la salle d’audiance, et le gouverneur introduit la séance en des termes irréprochables, tant l’exposé est clair et équilibré. Mais n’ayant aucun titre d’accusation à présenter à l’empereur, il s’en remet à Agrippa. Une justification pleine de sagesse face à toute l’assistance.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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04:00 Publié dans Actes 25 à 28, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 26:1 Paul prisonnier à Césarée (4/4)


 

Paul devant Agrippa – 26:1-32

Le roi Agrippa est donc prêt à entendre Paul, et même particulièrement curieux, sa famille n’étant pas étrangère à la culture juive, et lui-même paraît croire en Dieu et recevoir la parole des prophètes (vers.27). Ceci l’apôtre le souligne lui-même et paraît même heureux de pouvoir s’expliquer devant une personnalité capable de le comprendre… Paul peut parler plus en détail de tout ce qui fait sa vie, évoquant sa fidélité au judaïsme et comment il a été "saisi par le Christ" (Phil.3:12).

26  1 Et Agrippa dit à Paul : Il t'est permis de parler pour toi. Alors Paul, ayant étendu la main, prononça son apologie :
 
2 Je m'estime heureux, roi Agrippa, de ce que, au sujet de toutes les choses dont je suis accusé par les Juifs, je dois faire mon apologie aujourd'hui devant toi, 3 surtout parce que tu es au fait de toutes les coutumes et questions qui existent parmi les Juifs ; c'est pourquoi je te prie de m'écouter avec patience. 4 Ma manière de vivre donc dès ma jeunesse, telle qu'elle a été dès le commencement au milieu de ma nation à Jérusalem, tous les Juifs la connaissent, 5 m'ayant connu depuis le commencement, s'ils veulent en rendre témoignage, et sachant que, selon la secte la plus exacte de notre culte, j'ai vécu pharisien. 6 Et maintenant je comparais en jugement pour l'espérance de la promesse faite par Dieu à nos pères, 7 à laquelle nos douze tribus, en servant Dieu sans relâche nuit et jour, espèrent parvenir ; et c'est pour cette espérance, ô roi, que je suis accusé par les Juifs. 8 Pourquoi, parmi vous, juge-t-on incroyable que Dieu ressuscite des morts ? 9 Pour moi donc, j'ai pensé en moi-même qu'il fallait faire beaucoup contre le nom de Jésus le Nazaréen : 10 ce que j'ai fait aussi dans Jérusalem ; et j'ai enfermé dans les prisons plusieurs des saints, après en avoir reçu le pouvoir des principaux sacrificateurs ; et quand on les faisait mourir, j'y donnais ma voix ; 11 et souvent, dans toutes les synagogues, en les punissant, je les contraignais de blasphémer ; et transporté de fureur contre eux, je les persécutais même jusque dans les villes étrangères.

  • Souligons ici l’appréciation de Paul quant au mouvement des pharisiens auquel, avec sincérité, il adhérait autrefois.
  • Qu’est-ce que "servir Dieu" dans le contexte de la loi, et qu’est-il attendu d’un homme, sous la loi comme aussi aujourd’hui ? Michée 6:8, Jac.1:26-27, Mat.25:40.
L’apôtre rend témoignage de ce fait que sa nation "sert Dieu sans relâche", et il semblerait bien qu’il évoque la continuité du service régulier au temple, mais cet aspect rituel doit être examiné avec sérieux. Il est clair, à la lecture de toute l’Ecriture, que Dieu n’est dépendant en rien de l’homme, qu’aucun tribut, aucune célébration n’est faite qui rehausserait sa gloire… Le service du temple, comme tout service a été donné à l’homme pour qu’il éprouve la joie de sa révélation, qu’il apprenne le sens de sa vie, qu’il goûte le bonheur de l’espérance. Le shabbat lui-même est avant tout un don de Dieu, ainsi qu’il est écrit : "Voyez que l'Éternel vous a donné le sabbat" (Exode 16:29). Les prophètes ont maintes fois rappelé ces choses.
 
Quant aux pharisiens, quoique le Seigneur ait eû à mettre en garde contre leurs traditions qui, fondées sur la Loi, en dépassaient la pensée jusqu’à en détourner l’esprit, Paul peut justement souligner qu’ils constituaient le courant le plus exact du judaïsme, car ils retenaient la Loi et les Prophètes avec attention.
 
L’apôtre en vient à sa rencontre avec le Christ, alors qu’il était en route pour se saisir des chrétiens de Damas.

12 Et comme j'allais aussi à Damas pour cela, avec pouvoir et commission de la part des principaux sacrificateurs, 13 en chemin, en plein midi, je vis, ô roi, une lumière plus éclatante que la splendeur du soleil, laquelle resplendit du ciel autour de moi et de ceux qui étaient en chemin avec moi. 14 Et comme nous étions tous tombés à terre, j'entendis une voix qui me parlait et qui disait en langue hébraïque : Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? Il t'est dur de regimber contre les aiguillons. 15 Et moi je dis : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. 16 Mais lève-toi et tiens-toi sur tes pieds, car voici pourquoi je te suis apparu: je te destine à être serviteur et témoin, et des choses que tu as vues et de celles pour la révélation desquelles je t'apparaîtrai. 17 Je te délivrerai de ce peuple et des non-juifs vers lesquelles moi je t'envoie pour ouvrir leurs yeux, 18 afin qu'ils se tournent des ténèbres à la lumière, et du pouvoir du Satan à Dieu, et qu'ils reçoivent la rémission des péchés et une part avec ceux qui sont sanctifiés par la foi en moi.

Nous lisons ici qu’après la manifestation du Seigneur sur le chemin de Damas, Paul eût d’autres révélations, il n’est pas sans intérât de considérer les visions ou révélations mentionnées.
Sur le chemin de Damas (Actes 9:3-5).
Dans le temple de Jérusalem (Actes 22:17-18), lors de sa première visite à Jérusalem (Actes 9:26).
En Asie, voyant l’homme macédonien demandant de l’aide (Actes 16:9).
A Corinthe, lorsque le Seigneur le conduisit à y demeurer (Actes 18:9-10).
A Jérusalem, dans la forteresse, lorsqu’il fut encouragé (Actes 23 :11).
Lorsqu’il fut instruit sur le sens de repas de mémorial (1 Cor.11:23).
L’élévation au troisième ciel (2 Cor.12.3-4).
A cette liste s’ajoutera encore la vision d’un ange, au cœur de la tempête (Actes 27:23-24).
 
L’apôtre poursuit en évoquant sa fidélité à la vision qu’il reçut.

19 Ainsi, ô roi Agrippa, je n'ai pas été désobéissant à la vision céleste ; 20 mais j'ai annoncé premièrement à ceux de Damas, et à Jérusalem, et à tout le pays de la Judée, et aux nations, de se repentir et de se tourner vers Dieu, faisant des œuvres dignes de la repentance. 21 À cause de cela les Juifs, m'ayant pris dans le temple, cherchaient à me tuer. 22 Ayant donc reçu le secours qui vient de Dieu, me voici debout jusqu'à ce jour, rendant témoignage aux petits et aux grands, ne disant rien d'autre que ce que les prophètes et 23 Moïse ont annoncé devoir arriver, savoir qu'il fallait que le Christ fût soumis aux souffrances, et que, le premier, par la résurrection des morts, il devait annoncer la lumière et au peuple et aux nations.

  • Pourquoi l’apôtre souligne-t-il ces "œuvres dignes de la repentance", alors qu’il vient de rappeler les paroles du Christ, à savoir que l’on est "sanctifié par la foi en lui" ? Vers.18,20.
Il est clair que le salut ne peut être obtenu que par la foi en la grâce offerte, laquelle l’est en vertu du sacrifice de la croix (Ésaïe 53:5,10, Jean 3:16). Mais il bien nécessaire de rappeler que la foi n’est pas question de doctrine, mais de confiance et d’adhésion à la pensée de Dieu. Le chemin du pardon commence par la conscience, le regret de ses propres manquements et le constat de ses propres limites, la repentance ; et celui qui se tourne alors vers Dieu, "juge de toute la terre" (Genèse 18:25), constate alors que le pardon de Dieu est offert. Confiant dans la rédemption, et adhérant à la pensée de Dieu, il s’applique à lui plaire ; telles sont ces œuvres dignes de la repentance, des œuvres dont Jacques parle avec force dans son épître, disant : "La foi, si elle n'a pas d'œuvres, est morte par elle-même" (Jacques 2:17).
 
Le discours de Paul est bien vite interrompu par Festus ; celui-ci venant d’arrivée en Judée est bien étranger à des propos comme ceux de Paul. L’apôtre s’adresse alors au roi Agrippa, car celui-ci connaît ce dont il vient de parler.

24 Et comme il parlait ainsi pour sa défense, Festus dit à haute voix : Tu es hors de sens, Paul ; ton grand savoir te met hors de sens. 25 Mais Paul dit : Je ne suis point hors de sens, très-excellent Festus, mais je prononce des paroles de vérité et de sens rassis : 26 car le roi a la connaissance de ces choses, et je parle hardiment devant lui, car je suis persuadé qu'il n'ignore rien de ces choses : car ceci n'a point été fait en secret. 27 Ô roi Agrippa ! crois-tu aux prophètes ? Je sais que tu y crois. 28 Et Agrippa dit à Paul : Tu me persuaderas bientôt d'être chrétien. 29 Mais Paul dit : Plût à Dieu que non seulement toi, mais aussi tous ceux qui m'entendent aujourd'hui, vous devinssiez de toutes manières tels que je suis, hormis ces liens.
 
30 Et le roi se leva, et le gouverneur et Bérénice, et ceux qui étaient assis avec eux ; 31 et quand ils se furent retirés, ils conférèrent entre eux, disant : Cet homme ne fait rien qui soit digne de mort ou de liens. 32 Et Agrippa dit à Festus : Cet homme aurait pu être relâché, s'il n'en avait appelé à César.

  • Agrippa paraît-il avoir compris le discours de Paul ? Que penser de sa manière d’esquiver un tel appel ? Comp.Mat.19:23.
Festus, Agrippa et Bérénice se retirent et concluent qu’il n’y a rien à imputer à Paul. Nous pouvons nous demander, en vérité, si l’excuse qu’ils se donnent pour ne pas le libérer mais l’envoyer à Rome n’est pas un bon prétexte pour se libérer d’un poids qui pouvait, selon eux, conduire à de nouveaux troubles à Jérusalem.

 

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03:00 Publié dans Actes 25 à 28, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 27:1 Voyage de Paul jusqu'à Rome (1/2)


 

Le voyage jusqu'à Rome
Actes 27:1-28:16

Un périple est entrepris qui s’avèrera plein d’embûches, et qui durera plusieurs mois ; Paul est mené à Rome pour être jugé au tribunal impérial. Ce n’est assurément pas comme il l’avait pensé que l’apôtre se rendait à la capitale de l’empire, mais ce qu’il en disait lui-même aux Romains, dans l’épître qu’il leur avait adressé quelques années auparavant est véritablement arrivé : "Et je sais qu'en allant auprès de vous, j'irai dans la plénitude de la bénédiction de Christ" (Romains 15:29). Privé de liberté, il demeure au-dessus des circonstances, pourtant bien adverses, avec cette force que le Seigneur lui donna deux années plus tôt lui disant : "Aie bon courage ; car comme tu as rendu témoignage des choses qui me regardent, à Jérusalem, ainsi il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome" (Actes 23:11).

 
Dangers de la navigation – 27:1-12

Paul est confié au centurion Jules, un homme de bon sens et d’humanité qui avait bien réalisé la personnalité de son prisonnier et combien il pouvait lui faire confiance. Un convoi est formé, complété de quelques prisonniers ; et à ce convoi se joignent des compagnons de l’apôtre, Luc lui-même et Aristarque. Pour la première étape, ils embarquent sur un navire de la ville d’Adramytte, en Mysie, au nord d’Éphèse, qui rentrait à son port d’attache. Arrivé là, au port de Myra, le groupe embarque sur un navire d’Alexandrie qui se rendait en Italie…

27 1 Or après qu'il eut été décidé que nous ferions voile pour l'Italie, ils remirent Paul et quelques autres prisonniers à un centurion nommé Jules, de la cohorte Auguste. 2 Et étant montés sur un navire d'Adramytte devant faire voile pour les lieux qui sont situés le long de la côte d'Asie, nous partîmes, Aristarque, Macédonien de Thessalonique, étant avec nous. 3 Et le jour suivant nous arrivâmes à Sidon ; et Jules, traitant Paul avec humanité, lui permit d'aller vers ses amis pour jouir de leurs soins. 4 Et étant partis de là, nous voguâmes à l'abri de Chypre, parce que les vents étaient contraires ; 5 et après avoir traversé la mer qui baigne la Cilicie et la Pamphylie, nous arrivâmes à Myra en Lycie ; 6 et là, le centurion ayant trouvé un navire d'Alexandrie qui allait en Italie, nous y fit monter. 7 Et naviguant pesamment durant plusieurs jours, et étant arrivés avec peine à la hauteur de Cnide, le vent ne nous permettant pas d'avancer, nous côtoyâmes la Crète, vis-à-vis de Salmone ; 8 et l'ayant longée avec peine, nous arrivâmes en un lieu qui est appelé Beaux-Ports, près duquel était la ville de Lasée.

La navigation est difficile, et les jours passent, l’automne est avancé et l’hiver se profile. En effet, le temps du jeûne est passé, le jour des propitiations, "Yom Kippour" (Lévitique 16:29), qui se célèbre début octobre. Paul est averti du danger et prévient…

9 Et comme il s'était écoulé assez de temps, et que la navigation était déjà périlleuse, parce que le jeûne aussi était déjà passé, Paul les avertissait, disant : 10 Hommes, je vois que la navigation sera accompagnée de revers et de beaucoup de dommage, non seulement quant au chargement et au navire, mais même quant à nos vies. 11 Mais le centurion se fiait plus au pilote et au patron du navire qu'à ce que Paul disait. 12 Et comme le port n'était pas commode pour hiverner, la plupart furent d'avis de partir de là, afin d'atteindre, s'il était possible, Phénice, port de Crète regardant vers le nord-est et le sud-est, afin d'y passer l'hiver.

  • Constatons la personnalité de l’apôtre, la confiance que lui fait le centurion, sauf naturellement dans les questions de navigation.
  • Pour quels motifs les avertissements de Paul ne furent-ils pas écoutés ?
Nous voyons ici l’apôtre prendre les devants, avertissant le centurion des dangers. Mais il y a des professionnels à bord, le capitaine et le pilote. Ils ont confiance dans leurs compétences et leur expérience, mais surtout cherchent un endroit plus agréable pour passer l’hiver.

 

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02:00 Publié dans Actes 25 à 28, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 27:13 Voyage de Paul jusqu'à Rome (2/2)


 

Tempête et naufrage – 27:13-44

Les vents semblent donner raison au capitaine, mais cela ne dure pas. L’hiver approche, et déjà de sévères perturbations atmosphériques se manifestent. Bien vite le navire se trouve secoué et poussé ça et là sur la mer, dans ce vaste espace qui court entre la Crête proche de l’Asie Mineure et la Syrte, proche de la Cyrénaïque au nord de l’Afrique… En trois jours, le navire prend l’allure d’une épave, les hommes ayant dû jeter les agrès à la mer ; voiles de rechange, rames, cordages…. jetés à la mer pour alléger le navire !

13 Et comme le vent du midi soufflait doucement, pensant qu'ils étaient venus à bout de leur dessein, ils levèrent l'ancre et côtoyèrent de près l'île de Crète. 14 Mais un peu après, un vent orageux, appelé Euroclydon, descendit violemment de l'île. 15 Et le navire étant emporté et ne pouvant tenir contre le vent, nous le laissâmes aller à la dérive et fûmes emportés. 16 Et courant sous une petite île appelée Clauda, nous nous rendîmes à grand-peine maîtres de la chaloupe ; 17 et l'ayant retirée à bord, ils employèrent des mesures de sûreté en liant le navire avec un câble passé dessous ; et craignant de tomber sur les bancs de sable de la Syrte, ils descendirent les agrès supérieurs, et étaient ainsi emportés. 18 Et comme nous étions violemment battus par la tempête, le jour suivant ils jetèrent une partie de la charge. 19 Et le troisième jour ils jetèrent de leurs propres mains les agrès du navire. 20 Et comme durant plusieurs jours il ne parut ni soleil ni étoiles, et qu'une grande tempête nous pressait, dès lors toute espérance de pouvoir nous sauver nous fut ôtée.

Pas un homme ne mourra affirmera Paul, mais quelle angoisse et quelle perte de n’avoir pas écouté sa parole quelques jours plus tôt !
 
La science de l’homme est bien utile dans les difficultés de l’existence, les épreuves, mais elle doit faire face à des forces bien plus puissantes. La nature ici nous rappelle que l’intelligence dans la conduite de sa propre vie n’est pas de très grand secours sans la soumission à Dieu ; elle peut apporter quelque aide mais ne peut éviter les peines. Ils auront la vie sauve, mais au travers de quelles angoisses et moyennant quelles pertes… S’ils avaient écouté Paul ! Celui-ci le leur rappelle…

21 Et après qu'on eut été longtemps sans manger, alors Paul, se tenant au milieu d'eux, dit : Ô hommes, vous auriez dû m'écouter et ne pas partir de Crète, et éviter ces avaries et ce dommage. 22 Et maintenant je vous exhorte à avoir bon courage ; car on ne fera la perte de la vie d'aucun de vous, mais seulement du navire. 23 Car un ange du Dieu à qui je suis et que je sers, est venu à moi cette nuit, disant : 24 Ne crains point, Paul : il faut que tu comparaisses devant César ; et voici, Dieu t'a donné tous ceux qui naviguent avec toi. 25 C'est pourquoi, ô hommes, ayez bon courage ; car je crois Dieu, et je sais que la chose arrivera comme il m'a été dit. 26 Mais il faut que nous soyons jetés sur quelque île. 27 - Et quand la quatorzième nuit fut venue, comme nous étions portés çà et là sur la mer Adriatique, les matelots, au milieu de la nuit, pensèrent que quelque terre les approchait ; 28 et ayant jeté la sonde, ils trouvèrent vingt brasses ; puis ayant passé un peu plus loin, et ayant encore jeté la sonde, ils trouvèrent quinze brasses. 29 Et craignant que nous ne donnassions au milieu des écueils, ils jetèrent quatre ancres de la poupe et souhaitèrent que le jour vînt. 30 Et comme les matelots cherchaient à s'enfuir du navire, ayant descendu la chaloupe en mer sous prétexte d'aller jeter au loin les ancres de la proue, 31 Paul dit au centurion et aux soldats : Si ceux-ci ne demeurent pas dans le navire, vous ne pouvez être sauvés. 32 Alors les soldats coupèrent les cordes de la chaloupe et la laissèrent tomber.

  • Quel est le motif qui confère à Paul une telle confiance dans le tourment de cette tempête ?
  • Comment voyons-nous la confiance envers Paul grandir durant ces deux semaines de péril ?
C’est un fait remarquable que cette vision, mais remarquons qu’elle ne peut être le fait que d’un homme qui trouve son seul appui en Dieu, et est ainsi conforté. Et il rend un témoignage ferme, sans se soucier de ce qu’en peuvent penser marins ou soldats. "Un ange du Dieu à qui je suis et que je sers" dit-il. Nous pouvons bien nous demander si nous pourrions parler de la même manière. Cette nouvelle vision est comme en écho à celle qu’il eût dans la forteresse à Jérusalem, deux ans plus tôt, touchant le témoignage qu’il a à rendre à Rome (Actes 23:10). Et lorsque Paul a reçu ce message  "Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi" il ajoute que si les matelots ne restent pas dans le navire, les soldats ne pourraient pas être sauvés ! "Donné" ne signifie pas a priori que tous demeurassent en vie… Mais Paul veille sur ceux qui lui sont donnés, et il veille sur eux de façon très concrète.

33 Et en attendant que le jour vînt, Paul les exhortait tous à prendre de la nourriture, disant : C'est aujourd'hui le quatorzième jour que vous passez à jeun, dans l'attente, sans avoir rien pris ; 34 c'est pourquoi je vous exhorte à prendre de la nourriture, car cela est nécessaire pour votre conservation ; car pas un cheveu de la tête d'aucun de vous ne périra. 35 Et quand il eut dit ces choses, ayant pris du pain il rendit grâces à Dieu devant tous, et, l'ayant rompu, il se mit à manger. 36 Et ayant tous pris courage, eux aussi prirent de la nourriture. 37 Or nous étions en tout dans le navire deux cent soixante-seize personnes. 38 Et quand ils eurent assez mangé, ils allégèrent le navire en jetant le froment dans la mer.

  • Les vents, la dérive, le péril sont toujours présents, mais quel est l’état d’esprit des marins et passagers dès le moment où ils écoutent la parole de l’apôtre ?
Il faut souligner ici le côté pratique ! Paul ne se tient pas dans les théories ou la mystique, tel n’est jamais son état d’esprit ; il dit ce dont il est lui-même assuré et le montre dans la pratique, prenant un repas, avec action de grâces, devant tous, au point que tous, ensuite, prirent courage devant la foi de Paul !

39 Et le jour étant venu, ils ne reconnaissaient pas le pays ; mais ils apercevaient une baie ayant une plage, sur laquelle ils résolurent, s'ils le pouvaient, de faire échouer le navire. 40 Et ils abandonnèrent les ancres à la mer, coupant les câbles, lâchant en même temps les attaches des gouvernails ; et ayant mis au vent la voile d'artimon, ils cinglèrent vers la plage. 41 Et étant tombés en un lieu baigné des deux côtés par la mer, ils échouèrent le navire ; et la proue se trouvant engagée demeurait immobile, mais la poupe se rompait par la violence des vagues. 42 Et l'avis des soldats fut de tuer les prisonniers, de peur que quelqu'un d'eux ne se sauvât à la nage et ne s'enfuît. 43 Mais le centurion, voulant sauver Paul, les empêcha d'exécuter leur dessein, et il ordonna que ceux qui savaient nager se jetassent dehors les premiers et gagnassent la terre ; 44 et le reste, les uns sur des planches, et les autres sur quelques débris du navire. Et ainsi il arriva que tous parvinrent à terre sains et saufs.

  • Comment comprendre le comportement des soldats, dès que le danger fut écarté ?
Nous voyons qu’une fois le salut en vue, la nature reprend le dessus, sans égards pour celui qui a pu les aider jusque là. Mais le centurion manifeste ici une plus grande intelligence. Peut-être pense-t-il au conseil de Paul, au début de la traversée, lorsqu’il recommanda de demeurer en Crète pour l’hiver.

 
Séjour à Malte – 28:1-10

Nous trouvons ici une page d’humanité de la part d’autochtones, des "barbares", ainsi que l’on nommait dans l’empire les personnes demeurées étrangères à la culture gréco-romaine. Ceux-ci savaient ce qu’était "le prochain", et cela sans la foi, sans la connaissance de Dieu. Le fonctionnaire impérial établi sur l’île de Malte les reçut lui-même aussi avec bonté…

28  1 Et ayant été sauvés, alors nous apprîmes que l'île s'appelait Malte. 2 Et les barbares usèrent d'une humanité peu ordinaire envers nous, car ayant allumé un feu, ils nous reçurent tous, à cause de la pluie qui tombait et à cause du froid. 3 Et Paul ayant ramassé une quantité de branches sèches et les ayant mises sur le feu, une vipère sortit de la chaleur et s'attacha à sa main. 4 Et quand les barbares virent la bête suspendue à sa main, ils se dirent l'un à l'autre : Assurément, cet homme est un meurtrier, puisque, après avoir été sauvé de la mer, Némésis n'a pas permis qu'il vécût. 5 Lui donc, ayant secoué la bête dans le feu, n'en souffrit aucun mal ; 6 et ils s'attendaient à ce qu'il enflerait ou tomberait mort subitement. Mais quand ils eurent longtemps attendu et qu'ils eurent vu qu'il ne lui arrivait rien d'extraordinaire, changeant de sentiment, ils dirent que c'était un dieu.
 
7 Or aux environs de ce lieu-là se trouvaient des possessions du premier de l'île, nommé Publius, qui nous reçut, et nous logea durant trois jours avec beaucoup de bonté. 8 Et il arriva que le père de Publius était là couché, souffrant beaucoup de la fièvre et de la dysenterie ; et Paul, étant entré auprès de lui, pria et lui imposa les mains et le guérit. 9 Mais ceci étant arrivé, les autres malades aussi qui se trouvaient dans l'île vinrent et furent guéris. 10 Et ceux-ci nous firent aussi de grands honneurs, et à notre départ nous fournirent ce qui nous était nécessaire.

Que de fois ne voyons pas de choses semblables, et ne sommes-nous pas dépassés dans la compassion par des personnes étrangères au "royaume des cieux" ; cela mérite d’être souligné, ainsi que Luc le fait dans ce passage. Mais eux-mêmes ne devraient pas avoir oublié le séjour de Paul et de ses compagnons parmi eux, au regard des prodiges manifestés, des guérisons opérées et du message de la grâce annoncé.

 
De Malte à Rome – 28:11-16

Après l’hiver le voyage se poursuit. Le centurion veillant à accomplir sa mission avec diligence, mais nous pourrions penser que ce n’est plus lui qui mène, qu’il suit le rythme des rencontres de Paul et de ses compagnons, quelques jours à Pouzzoles, à mi-route, la rencontre avec des chrétiens romains venus à la rencontre de l’apôtre… Ceux-ci ont fait plus de cinquante kilomètres pour le rejoindre "au Forum d’Appius et aux Trois-Tavernes".

11 Et trois mois après, nous partîmes sur un navire d'Alexandrie qui avait hiverné dans l'île, et qui avait pour enseigne les Dioscures. 12 Et ayant relâché à Syracuse, nous y demeurâmes trois jours. 13 De là, en suivant la côte, nous arrivâmes à Rhegium ; et un jour après, le vent du midi s'étant levé, nous arrivâmes le deuxième jour à Pouzzoles, 14 où, ayant trouvé des frères, nous fûmes priés de demeurer avec eux sept jours ; et ainsi nous allâmes à Rome. 15 Et de là, les frères, ayant appris les choses qui nous étaient arrivées, vinrent au-devant de nous jusqu'au Forum d'Appius et aux Trois-Tavernes ; et Paul, les voyant, rendit grâces à Dieu et prit courage.
 
16 Et lorsque nous fûmes arrivés à Rome, le centurion livra les prisonniers au préfet du prétoire, et il fut permis à Paul de demeurer chez lui avec un soldat qui le gardait.

  • Paul, maître de lui-même tout au long de la tempête, est-il un surhomme bravant toutes les adversités sans sourciller ? Actes 23:11, 28:15.
Nous devons recevoir ce qui nous lisons ; Paul est un homme ayant ses forces et ses faiblesse, susceptible de se décourager, mais il met sa confiance dans le Seigneur, et Celui-ci répond à son attente. Ici, c’est cette rencontre bienfaisante de croyants qui firent bien des kilomètres pour ensuite l’accompagner jusqu’à Rome. Et dans l’adversité, il poursuit sa route, acceptant que les circonstances ne soient pas celles qu’il souhaitait ou anticipait. Pensons à ce qu’il écrivait quatre ans plus tôt à propos du voyage jusqu’à Rome qu’il envisageait alors (Rom.15:22-24). Devant un tel engagement, nous ne pouvons que comprendre qu’il ait été choisi pour le service qu’il a accompli.
 
A la fin de ce parcours, nous pouvons nous arrêter encore sur la foi de l’apôtre, lequel voyant au-delà des circonstances, les vents contraires et les vagues inquiétantes, est assuré de l’issue, s’appuyant sur l’annonce qui lui a été faite du témoignage qu’il a à rendre à Rome devant César. Considérer la foi de Paul, voyant au-delà des circonstances, assuré de l’annonce du Seigneur touchant ce fait qu’il rendra témoignage à Rome devant César. Nous avons vu aussi le centurion pétri d’humanité qui va passer de la confiance bien objective au pilote du navire à une juste confiance en Paul, tandis que des soldats ayant été témoins du comportement de Paul sont vite repris par leur quotidien, allant jusqu’à penser mettre l’apôtre à mort afin qu’il ne puisse s’enfuir…

 

 
 
 
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01:00 Publié dans Actes 25 à 28, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 28:17 Paul en résidence surveillée à Rome


 

Assigné à résidence à Rome
Actes 28:17-30

Avec cette arrivée à Rome se termine ce second livre adressé par Luc à Théophile. Une page bien brève montrant l’apôtre toujours pareil à lui-même, s’attachant à rencontrer les Juifs de la ville avant toute autre chose, et se terminant sur cette brève mention des deux années d’assignation à résidence.

 
Rencontre des Juifs de Rome – 25:17-29

A peine arrivé à Rome, pourrions-nous dire, Paul fait venir les principaux d’entre les Juifs. Il ne peut, comme il le faisait couramment, se rendre lui-même à la synagogue, mais ce n’est pas pour autant qu’il modifie sa manière de faire, il prend contact avec les personnes de sa nation en premier, comme il l’écrivait notamment aux chrétiens de Rome (Rom.1:16, 2:9-10). Paul leur parle avec vérité, exposant les motifs de sa situation présente.

17 Or il arriva, trois jours après, que Paul convoqua ceux qui étaient les principaux des Juifs ; et quand ils furent assemblés, il leur dit : Hommes frères, quoique je n'aie rien fait contre le peuple ou contre les coutumes des pères, fait prisonnier à Jérusalem, j'ai été livré entre les mains des Romains qui, 18 après m'avoir interrogé, voulaient me relâcher, parce qu'il n'y avait en moi aucun crime digne de mort. 19 Mais les Juifs s'y opposant, j'ai été contraint d'en appeler à César, non que j'aie quelque accusation à porter contre ma nation. 20 C'est donc là le sujet pour lequel je vous ai appelés, afin de vous voir et de vous parler, car c'est pour l'espérance d'Israël que je suis chargé de cette chaîne. 21 Mais ils lui dirent : Pour nous, nous n'avons pas reçu de lettre de Judée à ton sujet ; et aucun des frères qui sont arrivés n'a rapporté ou dit quelque mal de toi ; 22 mais nous demandons à entendre de toi quel est ton sentiment ; car, quant à cette secte, il nous est connu que partout on la contredit.
 
23 Et lui ayant assigné un jour, plusieurs vinrent auprès de lui dans son logis ; et il leur exposait la vérité, en rendant témoignage du royaume de Dieu, depuis le matin jusqu'au soir, cherchant à les persuader des choses concernant Jésus, et par la loi de Moïse et par les prophètes. 24 Et les uns furent persuadés par les choses qu'il disait ; et les autres ne croyaient pas. 25 Et n'étant pas d'accord entre eux, ils se retirèrent, après que Paul leur eut dit une seule parole : L'Esprit Saint a bien parlé à nos pères par Ésaïe le prophète, disant : 26 «Va vers ce peuple et dis : En entendant vous entendrez et vous ne comprendrez point, et en voyant vous verrez et vous n'apercevrez point ; 27 car le cœur de ce peuple s'est épaissi et ils ont ouï dur de leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu'ils ne voient des yeux, et qu'ils n'entendent des oreilles et qu'ils ne comprennent du cœur, et qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse» [Esaïe 6:9-10]. 28 Sachez donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux nations ; et eux écouteront. 29 Quand il eut dit ces choses, les Juifs se retirèrent, ayant entre eux une grande discussion.
 
  • Lors des premiers contacts, les Juifs de Rome se montrèrent-ils ouverts à la parole de Paul ?
  • Lorsque plusieurs manifestent ne pas recevoir cette parole, l’apôtre cite Ésaïe, le prophète.
S’agit-il là d’une menace du prophète ou d’une annonce de ce qui malheureusement arriverait ? En résumé, qu’exprime cette parole du prophète ?
 
Les Juifs sont manifestement à l’écoute, car ils sont toujours prompts à recevoir un des leurs, mais le discours de Paul ne manque pas de les interpeller. Il fallait que chacun prenne position, et alors la communauté se divise, les uns recevant la parole du Christ, mais d’autres s’y opposant. Alors l’apôtre cite le prophète. Cette parole d’Ésaïe est une parole de douleur, celle de Dieu qui veut apporter la paix à tout homme, et qui s’adresse ici à Israël en proie à tant d’inquiétudes, car une guerre fratricide entre Juda et les Dix tribus se préparait. Et malgré la perspective de Juda s’attendant à voir des armées dévaster leur pays, la parole du prophète ne fut pas reçue. Et l’Éternel fait dire par le prophète à ces auditeurs sourds et aveugles : "Je vous aurais guéri !" Telle est la réalité aussi pour ceux parmi les Juifs réunis autour de Paul se sont retirés, tenant plus à leur propre tradition qu’à la parole des prophètes qui avaient annoncé le Messie.

 
Deux années d'assignation à résidence – 28:30-31

Sur ces rencontres répétées avec les Juifs de Rome, dès les premiers jours de l’arrivée de Paul dans la capitale, Luc clôture son livre par une brève mention des deux années qui suivirent, ces années où Paul fut privé de liberté.

30 Et Paul demeura deux ans entiers dans un logement qu'il avait loué pour lui, et il recevait tous ceux qui venaient vers lui, 31 prêchant le royaume de Dieu et enseignant les choses qui regardent le seigneur Jésus Christ, avec toute hardiesse, sans empêchement.

  • Hormis les circonstances, le travail de Paul se poursuit-il comme auparavant ?
Nous comprenons que l’apôtre poursuivit sans relâche l’œuvre qui lui a été confiée. Comme quelques années plus tôt, un empêchement d’aller dans une région était une ouverture pour mettre ce projet en veilleuse et s’en aller dans une autre. L’œuvre paraissait entravée, mais ne s’arrêtait pas. Il en est de même à cette période de la vie de l’apôtre. Toutefois, cette courte relation n’exprime rien des événements de cette période, telles les allées-venues des collaborateurs de l’apôtre, les informations sur les communautés chrétiennes qui lui parvenaient à Rome ou, pour citer une circonstance plus personnelle, la rencontre avec Onésime, esclave en fuite, que Paul envoie à Philémon, son maître, chrétien de Colosses, avec une remarquable recommandation (Philémon)
 
Pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi Luc termine-t-il son livre sur cette brève mention des deux années à Rome après tant de détails sur le voyage épique qui l’y mena ? Qu’était-il utile pour Théophile, auquel ce livre est adressé ?
 
Quoique l’apôtre Paul ait une place prédominante dans ce livre, nous pouvons voir que l’objectif de Luc n’était pas d’en faire sa biographie, et encore moins son panégyrique. Le "médecin bien-" (Col.4:14) est soucieux de son correspondant. Il lui explique, dans la première partie, les racines du mouvement religieux dont Théophile est témoin. Il présente ensuite le développement de la foi parmi les Juifs et les Grecs dans le monde romain, car ce notable appartient à ce monde et constate la formation de communautés dans nombre agglomérations de l’empire. Et pour terminer, il s’attache à mettre Théophile bien au clair touchant l’emprisonnement de Paul ; en effet, voir un tel homme présenté devant la justice des hommes posait une réelle question; il établit que nul grief ne pouvait être fait à l’apôtre.

 

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