08/12/2011

Actes 20:17 Troisième voyage de Paul (4/4)


 

Discours aux anciens d'Éphèse - 20:17-38

Les anciens de l’assemblée d’Ephèse sont appelés, et, après cette longue réflexion qu’il fit en route, Paul tient un discours, un discours d’adieu... L’émotion est grande.

17 Or il envoya de Milet à Éphèse, et appela auprès de lui les anciens de l'assemblée ; 18 et quand ils furent venus vers lui, il leur dit : Vous savez de quelle manière je me suis conduit envers vous tout le temps, depuis le premier jour que je suis entré en Asie, 19 servant le Seigneur en toute humilité, et avec des larmes, et des épreuves qui me sont arrivées par les embûches des Juifs ; 20 comment je n'ai rien caché des choses qui étaient profitables, en sorte que je ne vous eusse pas prêché et enseigné publiquement et dans les maisons, 21 insistant et auprès des Juifs et auprès des Grecs sur la repentance envers Dieu et la foi en notre seigneur Jésus Christ. 22 Et maintenant, voici, étant lié dans mon esprit, je m'en vais à Jérusalem, ignorant les choses qui m'y doivent arriver, 23 sauf que l'Esprit Saint rend témoignage de ville en ville, me disant que des liens et de la tribulation m'attendent. 24 Mais je ne fais aucun cas de ma vie, ni ne la tiens pour précieuse à moi-même, pourvu que j'achève ma course, et le service que j'ai reçu du seigneur Jésus pour rendre témoignage à l'évangile de la grâce de Dieu.
 
25 Et maintenant, voici, moi je sais que vous tous, parmi lesquels j'ai passé en prêchant le royaume de Dieu, vous ne verrez plus mon visage. 26 C'est pourquoi je vous prends aujourd'hui à témoin, que je suis net du sang de tous ; 27 car je n'ai mis aucune réserve à vous annoncer tout le conseil de Dieu. 28 Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l'Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l'assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils. 29 Moi je sais qu'après mon départ il entrera parmi vous des loups redoutables qui n'épargneront pas le troupeau ; 30 et il se lèvera d'entre vous-mêmes des hommes qui annonceront des doctrines perverses pour attirer les disciples après eux. 31 C'est pourquoi veillez, vous souvenant que, durant trois ans, je n'ai cessé nuit et jour d'avertir chacun de vous avec larmes.
 
32 Et maintenant je vous recommande à Dieu, et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d'édifier et de vous donner un héritage avec tous les sanctifiés. 33 Je n'ai convoité ni l'argent, ni l'or, ni la robe de personne. 34 Vous savez vous-mêmes que ces mains ont été employées pour mes besoins et pour les personnes qui étaient avec moi. 35 Je vous ai montré en toutes choses, qu'en travaillant ainsi il nous faut secourir les faibles, et nous souvenir des paroles du seigneur Jésus, qui lui-même a dit : Il est plus heureux de donner que de recevoir. 36 Et ayant dit ces choses, il se mit à genoux et pria avec eux tous. 37 Et ils versaient tous beaucoup de larmes, et se jetant au cou de Paul, ils le couvraient de baisers, 38 étant surtout peinés de la parole qu'il avait dite, qu'ils ne verraient plus son visage. Et ils l'accompagnèrent au navire.
  • De quoi vient que Paul a ce pressentiment d’aller au devant de l’emprisonnement et de beaucoup de tribulations ? Pense-t-il survivre à cette persécution ? Vers.23.
  • Est-ce cependant pour lui-même que Paul craint en ce moment qu’il pense être celui de l’adieu ? Quelles circonstances connues dans d’autres localité induisent-elles cette crainte touchant Éphèse ? Vers.29-30.
  • Quelles recommandations fait-il aux anciens, les bergers de l’assemblée locale ? Vers.35.
  • Et pourquoi l’apôtre met-il tant d’emphase sur la nécessité de travailler de ses mains, ce qu’il avait fait lui-même durant les trois années qu’il fut parmi eux ? Vers.35, 1 Cor.4:12, 2 Thes.3:7-12.
La parole de l’apôtre est vraiment claire touchant ses difficultés, lesquelles il évoque pour que chacun comprenne le sens de son propos. Sa douleur est de pressentir des difficultés à Éphèse comme il s’en est trouvé en Galatie et surtout à Corinthe où un esprit bien peu spirituel a pénétré l’assemblée.
 
Pour ce qui le concernait, Paul ressent cette nécessité d’aller à Jérusalem, une pression intérieure le pousse et il ne s’attarde pas en chemin, assuré dans son for intérieur que des difficultés importantes surviendront dans cette ville, et avance résolument, prêt à affronter ce qu’il pressent. Ayant dit ces choses, et sans doute sous le coup des accusations de la part de plusieurs à Corinthe, il rappelle la manière selon laquelle il a servi à Éphèse, travaillant de ses propres mains, et, de ce fait bien placé pour les exhorter à travailler eux-mêmes, comme il en avait déjà parlé dans ses lettres (Vers.35, 1 Cor.4:12, 2 Thes.3:7-12).
 
Aux anciens, les surveillants comme il est écrit par ailleurs (vers.28, 1 Tim.3:2, Tite 1:7), l’apôtre recommande le troupeau qui leur est confié, ce troupeau que le Seigneur acquit en donnant sa vie. Et nous lisons ici ce qu’est être un serviteur de Dieu au sein d’une assemblée. Voici bien le service commun de tout chrétien. Il n’est pas demandé à tous d’être missionnaire, mais de secourir les faibles, comme le Seigneur l’a lui-même indiqué (Mat.25:34-36, Jac.1:27).
 
"Et ayant dit ces choses, il se mit à genoux et pria avec eux tous." Heureuse communion de ces chrétiens !

 
Passage par Tyr et Césarée - 21:1-14

Ce fut, à Milet, un départ déchirant, tant ces croyants étaient attachés à l’apôtre, mais il fallait aller de l’avant. Et ils se rendent alors à Césarée, non sans avoir salué des chrétiens dans les villes portuaires où ils firent escales notamment à Tyr et Césarée Maritime.

21 1 Et quand, nous étant arrachés d'auprès d'eux, nous eûmes mis à la voile, voguant en droite ligne, nous arrivâmes à Cos, et le jour suivant à Rhodes, et de là à Patara. 2 Et ayant trouvé un navire qui passait en Phénicie, nous y montâmes et mîmes à la voile. 3 Et quand nous fûmes en vue de Chypre, l'ayant laissée à gauche, nous voguâmes vers la Syrie et nous abordâmes à Tyr ; car c'était là que le navire devait décharger sa cargaison. 4 Et ayant trouvé les disciples, nous y demeurâmes sept jours. Et ils dirent à Paul, par l'Esprit, de ne pas monter à Jérusalem. 5 Mais ayant accompli ces jours, nous partîmes et nous nous mîmes en chemin ; et tous nous accompagnèrent avec femmes et enfants jusque hors de la ville ; et nous étant mis à genoux sur le rivage, nous priâmes. 6 Et après nous être embrassés les uns les autres, nous montâmes sur le navire ; et ils s'en retournèrent chez eux. 7 Et quant à nous, achevant notre navigation, nous arrivâmes de Tyr à Ptolémaïs ; et ayant salué les frères, nous demeurâmes un jour auprès d'eux. 8 Et le lendemain, étant partis, nous vînmes à Césarée ; et étant entrés dans la maison de Philippe l'évangéliste qui était l'un des sept, nous demeurâmes chez lui. 9 Or il avait quatre filles vierges qui prophétisaient. 10 Et comme nous nous arrêtâmes là plusieurs jours, un prophète nommé Agabus descendit de la Judée ; 11 et étant venu auprès de nous et ayant pris la ceinture de Paul, et s'étant lié les pieds et les mains, il dit : L'Esprit Saint dit ces choses : L'homme à qui est cette ceinture, les Juifs à Jérusalem le lieront ainsi et le livreront entre les mains des nations. 12 Et quand nous eûmes entendu ces choses, nous et ceux qui étaient du lieu, nous le suppliâmes de ne pas monter à Jérusalem. 13 Mais Paul répondit : Que faites-vous en pleurant et en brisant mon cœur ? Car pour moi, je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du seigneur Jésus. 14 Et comme il ne se laissait pas persuader, nous nous tûmes, disant : La volonté du Seigneur soit faite !
  • Un jour dans une localité, sept ailleurs, plusieurs jours à Césarée, autant d’arrêts dans ce voyage vers Jérusalem. Qu’est-ce qui caractérisent ces haltes ?
Les perspectives pour Paul produisent grande peine, mais quelle chaleur, quelle affection ! Paul est accueilli avec joie en chacune des villes qu’il traverse, et Philippe l’évangéliste, établi à Césarée depuis quelque vingt années est là pour le recevoir. Le chemin de Paul, qui peut le comprendre ? Mais il l’assume pleinement. Depuis le départ de Corinthe et les actions de quelques opposants qui provoquèrent la décision de changer de route, Paul y pensait, il fit même un bout de chemin à pieds, seul, pour méditer, et son discours aux anciens d’Éphèse nous donne sans doute l’essence de sa réflexion. Souvent il a quitté une ville en effervescence, mais il va droit devant vers Jérusalem. Pour lui, il était prêt à s’engager dans ce chemin difficile, alors que s’il s’agissait des autres, des chrétiens, il quittait les lieux où le danger paraissait, afin que ceux-là puissent être ainsi épargnés.

 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Actes 21:15 Arrestation de Paul à Jérusalem (1/2)


 

PAUL PRIVE DE LIBERTE
Actes 21:15-28:31

 
Paul est pénétré de cette pensée touchant les souffrances qu’il aura à endurer en se rendant à Jérusalem, il avait même fait ses adieux aux anciens d’Éphèse, pensant qu’il ne verrait plus leurs visages… Mais il a des projets, notamment d’aller à Rome et de là en Espagne, il ne se voyait pas au bout de sa course. Comment cela allait-il arriver ? Il connaissait la détermination de courants juifs outrés du message qu’il annonçait, et il prit la précaution de changer son itinéraire de voyage lorsqu’il quitta Corinthe pour se rendre à Jérusalem.
 
Rien n’arrête l’apôtre, lui qui se retirait chaque fois que sa présence aurait pu amener des difficultés accrues pour les croyants. Ici, il se sait lui-même la cible d’une fraction juive déterminée à le faire mourir, et se sachant seul en danger, il ne fuit pas. Le petit groupe "rassemble ses effets", des disciples de Césarée prennent le chemin avec eux, ainsi qu’un "ancien disciple", un disciple des premiers jours, qui devait les loger. Ce souci de logement laisse apparaître que Paul et ses compagnons ne voulaient pas s’imposer dans l’une ou l’autre maison des croyants à Jérusalem.

15 Et après ces jours, ayant rassemblé nos effets, nous montâmes à Jérusalem. 16 Et quelques-uns aussi des disciples de Césarée vinrent avec nous, amenant un certain Mnason, Cypriote, un disciple des premiers jours, chez qui nous devions loger.

Ils n’auraient pu s’attendre à la méfiance suscitée par quelques chrétiens juifs, certains faisant courir le bruit que Paul ait lui-même abandonné sa propre tradition, mais par contre l’acharnement de quelques Juifs ne lui était pas inconnu. Ceux-ci trouvèrent un faux prétexte pour provoquer un tumulte entrainant l’intervention d’agents de l’ordre romain. Celle-ci fut suivie de l’emprisonnement à la forteresse d’abord et à Césarée maritime ensuite, durant deux années, en suite de quoi il y eût le périlleux voyage jusqu’à Rome et deux années en résidence surveillée jusqu’au "procès devant César" d’où Paul sortit libre, enfin… L’apôtre, privé de liberté durant quatre années, a-t-il accusé quiconque ? S’est-il découragé ? A-t-il vu une interruption dans son service pour le Christ ? Nous voyons ici la maîtrise des circonstances par celui qui a été mis à part pour être l’apôtre des nations.

 
Arrestation de l'apôtre
Actes 21:17-23:11

Paul et ses compagons montent de Césarée à Jérusalem ; ils y rencontrent l’assemblée puis, Paul se rend en particulier chez Jacques qui s’est entouré des anciens. Il est important de souligner que la méfiance de chrétiens attachés à la loi n’a pas été modérée par le beau geste de l’apôtre qui avait établi des collectes parmi les chrétiens d’entre les nations (Actes 11:29, 1 Cor.16:1-3, 2 Cor.9:13) et qui s’était dépêché de porter cette obole aux croyants à Jérusalem.

 
Chez Jacques entouré des anciens – 21:17-26

Des frères de Jérusalem furent naturellement informés de l’arrivée de Paul et de ses compagnons, et ils les reçurent avec joie, manifestant ainsi la foi simple et vraie de ces chrétiens qui par ailleurs connaissaient l’opprobre pour le Christ. Mais il se trouve des croyants pleins de suspiscion qui se nourrissent de rumeurs, et ils ont une réelle audience ainsi que nous le comprenons à la vue du souci de Jacques. Celui-ci se doit d’intervenir.

17 Et quand nous fûmes arrivés à Jérusalem, les frères nous reçurent avec joie. 18 Et, le jour suivant, Paul entra avec nous chez Jacques, et tous les anciens y vinrent. 19 Et après qu'il les eut embrassés, il raconta une à une les choses que Dieu avait faites parmi les nations par son service. 20 Et eux, l'ayant entendu, glorifièrent Dieu et dirent à Paul : Tu vois, frère, combien il y a de milliers de Juifs qui ont cru ; et ils sont tous zélés pour la loi. 21 Or ils ont ouï dire de toi, que tu enseignes à tous les Juifs qui sont parmi les nations de renoncer à Moïse, disant qu'ils ne doivent pas circoncire leurs enfants, ni vivre selon les coutumes. 22 Qu'est-ce donc ? Il faut absolument que la multitude s'assemble, car ils entendront dire que tu es arrivé. 23 Fais donc ce que nous te disons : Nous avons quatre hommes qui ont fait un vœu ; 24 prends-les et purifie-toi avec eux, et paye leur dépense, afin qu'ils se rasent la tête, et tous sauront que rien n'est vrai des choses qu'ils ont ouï dire de toi, mais que toi aussi, tu marches gardant la loi. 25 Mais à l'égard de ceux des nations qui ont cru, nous en avons écrit, ayant décidé qu'ils n'ont rien de semblable à observer, si ce n'est qu'ils se gardent et de ce qui est sacrifié aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication. 26 Alors Paul, ayant pris les hommes avec lui, et, le jour suivant, s'étant purifié, entra avec eux au temple, annonçant quand seraient accomplis les jours de leur purification, l'époque à laquelle l'offrande aurait été présentée pour chacun d'eux.

  • Après la joie de l’accueil, voyons le lendemain chez Jacques. Quelle paraît être l’atmosphère de cette rencontre avec les anciens ?
  • Comment comprendre tant d’exigence de la part des anciens à l’encontre de Paul, allant jusqu’à dire "paie la dépense" ?
  • Pourquoi Paul s’applique-t-il à accomplir ce qui est ainsi exigé de lui ?
Les rumeurs touchant Paul sont vécues comme négatives, et il faut que Paul s’explique, mais surtout qu’il fasse un geste ostentatoire de fidélité à la Loi. Et pourtant, n’avait-il pas fait un tel geste spontanément, lorsqu’à la fin de son deuxième voyage, il passa par Jérusalem pour accomplir les préceptes légaux associés à un vœu qu’il fit en quittant Corinthe, quatre ans plus tôt (Actes 18:18) ? La joie de plusieurs à l’écoute de l’œuvre de Dieu est ternie par ces rumeurs infondées… Paul qui connaît l’acharnement de plusieurs contre lui, tel qu’il s’était déjà manifesté à Corinthe (Actes 20:3) doit-il ainsi s’exposer, se montrant lui-même au temple ? Paul ne regarde pas à lui-même, il se doit de répondre à la demande expresse de Jacques et des anciens afin que la rumeur soit calmée et l’unité soit maintenue, alors il s’expose. Il a déjà exprimé son état d’esprit : "je ne fais aucun cas de ma vie, et ne la tiens pour précieuse à moi-même, pourvu que j'achève ma course, et le service que j'ai reçu du seigneur Jésus" (Actes 20:24).
 
C’est donc la rumeur parmi des chrétiens qui poussa Paul au temple, et l’engagea dans les grandes difficultés qu’il pressentait depuis son départ de Grèce et ses paroles aux anciens d’Éphèse (Actes 20:18-35).

 
Arrestation de Paul – 21:27-40

Rumeurs de plusieurs, soumission de Paul, et maintenant l’exposition à la rage de quelques Juifs venus d’Éphèse. Ils ont vu l’apôtre et dès lors se démènent pour lui nuire, n’hésitant pas, en vue d’être suivis dans leur dessein, à affirmer ce dont ils n’étaient pas témoins. La présence d’étrangers dans l’enceinte du temple est absolument prohibée, aussi l’argument d’une telle intrusion ne manque pas l’effet attendu, au point qu’un mouvement de foule irrépressible provoque l’intervention des troupes romaines. Et pourtant nul étranger n’a été introduit là où ils ne pouvaient se trouver…

27 Et comme les sept jours allaient s'accomplir, les Juifs d'Asie l'ayant vu dans le temple, soulevèrent toute la foule et mirent les mains sur lui, 28 s'écriant : Hommes israélites, aidez-nous ! C'est ici l'homme qui partout enseigne tout le monde contre le peuple, et la loi, et ce lieu ; et qui de plus a aussi amené des Grecs dans le temple et a profané ce saint lieu. 29 Car ils avaient vu auparavant dans la ville Trophime l'Éphésien avec lui, et ils croyaient que Paul l'avait amené dans le temple. 30 Et toute la ville fut en émoi, et il se fit un rassemblement du peuple ; et ayant saisi Paul, ils le traînèrent hors du temple ; et aussitôt les portes furent fermées. 31 Et comme ils cherchaient à le tuer, le bruit vint au chiliarque de la cohorte, que tout Jérusalem était en confusion ; 32 et aussitôt il prit des soldats et des centurions, et courut à eux ; mais eux, voyant le chiliarque et les soldats, cessèrent de battre Paul. 33 Alors le chiliarque s'étant approché, se saisit de lui et donna l'ordre de le lier de deux chaînes, et demanda qui il était et ce qu'il avait fait. 34 Mais les uns criaient une chose, les autres une autre, dans la foule ; et n'en pouvant apprendre quelque chose de certain, à cause du tumulte, il donna ordre que Paul fût mené dans la forteresse. 35 Et quand il fut sur les degrés, il arriva qu'il fut porté par les soldats à cause de la violence de la foule ; 36 car la multitude du peuple suivait, en criant : Ôte-le ! 37 Et comme on allait faire entrer Paul dans la forteresse, il dit au chiliarque : M'est-il permis de te dire quelque chose ? Et il dit : Tu sais le grec ? 38 N'es-tu donc pas l'Égyptien qui, ces jours passés, a excité une sédition et emmené au désert les quatre mille hommes des assassins ? 39 Et Paul dit : Je suis Juif, de Tarse, citoyen d'une ville de la Cilicie qui n'est pas sans renom ; je te prie, permets-moi de parler au peuple. 40 Et quand il le lui eut permis, Paul, se tenant sur les degrés, fit signe de la main au peuple, et un grand silence s'étant fait, il leur parla en langue hébraïque, disant :

  • Qu’est-ce qui a déterminé ces Juifs d’Asie à croire, sincèrement ou non, que Paul ait introduit des étrangers dans l’enceinte du temple ?
  • Les Juifs étaient-ils autorisés à battre à mort un homme ? Jean 18:31.
L’amalgame fut vite fait, Paul avec Trophime (Actes 20:5, 2 Tim.4:20) en ville, puis Paul au temple… Ces opposants acharnés eurent vite faits d’assimiler les deux constats pour prétendre avoir vu Paul avec Trophime au temple, tant était pressant leur désir de l’accuser. Quant à la foule, elle est crédule, s’enflamme sans vérifier et se hâte à provoquer du trouble. Un soupçon suffit pour que le moindre indice corroborant soit saisi, sans preuve, par des personnes trop heureuses d’en découdre…
 
La garde romaine est en alerte et accourt, aussi les portes du temple sont rapidement fermées par la garde juive pour ôter tout prétexte à une entrée des soldats. Mais s’il se trouvait des gouverneurs sans scrupule, tel Pilate, l’empire Romain était régi par des lois, ce que Paul savait et dont il jouissait même, ayant lui-même la citoyenneté romaine, comme nous l’avons déjà constaté lors de son emprisonnement à Philippes (Actes 16:37).

 

 
 
 
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07:00 Publié dans Actes 21 à 24, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 22:1 Arrestation de Paul à Jérusalem (2/2)


 

Discours de Paul aux Juifs – 22:1-21

L’autorité romaine n’est pas un vain mot. La foule vociférant "Ote-le !" fait immédiatement silence au geste du chiliarque, et Paul prononce alors un mémorable discours. Il évoque son parcours : l’excellence de sa formation aux pieds de Gamaliel (Actes 5:34), sa fidélité à la Loi, son zèle extrême pour le judaïsme et enfin l’appel du Christ…

22  1 Hommes frères et pères, écoutez maintenant mon apologie auprès de vous.
 
2 Et quand ils entendirent qu'il leur parlait en langue hébraïque, ils firent silence encore plus ; et il dit : 3 Je suis Juif, né à Tarse de Cilicie, mais élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel selon l'exactitude de la loi de nos pères, étant zélé pour Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui ; 4 et j'ai persécuté cette voie jusqu'à la mort, liant les hommes et les femmes, et les livrant pour être mis en prison, 5 comme le souverain sacrificateur même m'en est témoin, et tout le corps des anciens, desquels aussi ayant reçu des lettres pour les frères, j'allais à Damas, afin d'amener liés à Jérusalem ceux aussi qui se trouvaient là, pour qu'ils fussent punis. 6 Et il m'arriva, comme j'étais en chemin et que j'approchais de Damas, que vers midi, tout à coup, une grande lumière, venant du ciel, brilla comme un éclair autour de moi. 7 Et je tombai sur le sol, et j'entendis une voix qui me disait : Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? 8 Et moi je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et il me dit : Je suis Jésus le Nazaréen que tu persécutes. 9 Et ceux qui étaient avec moi virent la lumière, et ils furent saisis de crainte, mais ils n'entendirent pas la voix de celui qui me parlait. 10 Et je dis : Que dois-je faire, Seigneur ? Et le Seigneur me dit : Lève-toi et va à Damas, et là on te parlera de toutes les choses qu'il t'est ordonné de faire. 11 Et comme je n'y voyais pas, à cause de la gloire de cette lumière, j'arrivai à Damas, ceux qui étaient avec moi me conduisant par la main. 12 Et un certain Ananias, homme pieux selon la loi, et qui avait un bon témoignage de tous les Juifs qui demeuraient là, 13 venant vers moi et se tenant là, me dit : Saul, frère, recouvre la vue. Et sur l'heure, levant les yeux, moi je le vis. 14 Et il dit : Le Dieu de nos pères t'a choisi d'avance pour connaître sa volonté, et pour voir le Juste, et entendre une voix de sa bouche ; 15 car tu lui seras témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues. 16 Et maintenant que tardes-tu ? Lève-toi et sois baptisé, et te lave de tes péchés, invoquant son nom.
 
17 Or, quand je fus de retour à Jérusalem, comme je priais dans le temple, il m'arriva d'être en extase, et de le voir me disant : 18 Hâte-toi et sors au plus tôt de Jérusalem ; parce qu'ils ne recevront pas ton témoignage à mon égard. 19 Et moi je dis : Seigneur, ils savent que je mettais en prison et que je battais dans les synagogues ceux qui croient en toi ; 20 et lorsque le sang d'Étienne, ton témoin, fut répandu, moi-même aussi j'étais présent et consentant, et je gardais les vêtements de ceux qui le tuaient.  Et il me dit : Va, car je t'enverrai au loin vers les nations.

  • Paul parle de l’exactitude de l’enseignement de Gamaliel. En quoi voyons-nous Paul prendre une réelle distance d’avec son maître ? Actes 5:34-39 et 8:1.
  • Qu’est-il dit de ceux qui persécutent les chrétiens ? Mat.25:45.
  • Saul de Tarse, choisi pour la mission qu’il entreprit, à laquelle il se donna. Réfléchissons à ce choix de Dieu : pourquoi lui ?
  • Paul fut-il conscient, dès après la vision sur le chemin de Damas, de l’œuvre qu’il aurait à accomplir dans le champ du Seigneur ? S’est-il engagé immédiatement dans cette œuvre ? Actes 13:1-3.
  • Quand Paul put-il être en extase dans le temple ? Vers.17, Gal.2:1.
  • Paul est-il le seul des disciples envoyés dans l’œuvre en lien avec une révélation explicite ? 1 Tim.1:18, 4:14.
L’engagement de Paul dans l’évangélisation des nations répond à un choix divin, car c’est Lui le Seigneur de la moisson (Mat.9:37-38), et nous pouvons discerner la sagesse de Dieu en ce qu’il mit à part un homme qui ne s’engage pas à la légère. Et, de plus, sachant à quoi il était appelé, il était manifestement prêt à marcher et le prouve en se mettant immédiatement, dès sa conversion, à parler de Jésus Christ à Damas, mais quant à prendre la route dans le monde, il attendra d’y être envoyé par l’assemblée d’Antioche. Auparavant il a fait un bref séjour à Jérusalem, au cours duquel il eût cette extase dans le temple (vers.17), avant de se retirer quelques temps, à la demande des apôtres, dans sa ville natale de Tarse, en Cilicie, une région du nord de la Syrie actuelle. Dans toutes ces circonstances, comme il en est ici face à Jacques, nous le voyons soumis aux anciens.

 
Réponse des auditeurs et
embarras des Romains – 22:22-30

Il pourrait paraître que Paul n’ait pas fini son exposé ; la rage se manifeste comme lors du discours d’Etienne (Actes 7:54). Après un temps d’écoute, un mot provoque la foule qui alors rompt le silence pour clamer sa colère. Suit alors l’embarras des Romains qui n’étaient pas en mesure de prendre position dans l’immédiat et se doivent d’agir dans la précipitation en vue d’éviter un débordement.

22 Et ils l'écoutèrent jusqu'à ce mot, et ils élevèrent leur voix, disant : Ôte de la terre un pareil homme, car il n'aurait pas dû vivre. 23 Et comme ils poussaient des cris et jetaient leurs vêtements et lançaient de la poussière en l'air, 24 le chiliarque donna l'ordre de le conduire à la forteresse, disant qu'on le mît à la question par le fouet, afin d'apprendre pour quel sujet ils criaient ainsi contre lui. 25 Mais quand ils l'eurent fait étendre avec les courroies, Paul dit au centurion qui était près de lui : Vous est-il permis de fouetter un homme qui est Romain et qui n'est pas condamné ? 26 Et quand le centurion entendit cela, il s'en alla faire son rapport au chiliarque, disant : Que vas-tu faire ? car cet homme est Romain. 27 Et le chiliarque s'approchant dit à Paul : Dis-moi, es-tu Romain ? Et il dit : Oui. 28 Et le chiliarque reprit : Moi, j'ai acquis cette bourgeoisie pour une grande somme. Et Paul dit : Mais moi, je l'ai par naissance. 29 Aussitôt donc, ceux qui allaient le mettre à la question se retirèrent de lui ; et le chiliarque aussi eut peur, sachant qu'il était Romain, et parce qu'il l'avait fait lier.
 
30 Mais le lendemain, voulant savoir exactement ce pour quoi il était accusé par les Juifs, il le fit délier, et ordonna que les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin s'assemblassent ; et ayant fait descendre Paul, il le présenta devant eux.

  • La méthode d’interrogatoire est pour le moins musclée, mais en quoi voyons-nous comment l’empire dispose d’une législation à laquelle les officiers se doivent de se soumettre eux-mêmes ?
Le peuple est dans une agitation extrême, et le chiliarque doit veiller au calme, c’est sa responsabilité ; aussi celui qui est accusé est mené à la forteresse pour la nuit, mais l’officier doit agir selon les règles. Paul est romain de naissance, ce qui n’est pas sans privilège. Et il en use, mais il protège aussi le magistrat qui ne peut se permettre d’être pris en défaut devant sa propre autorité. Le lendemain commence l’enquête, car il faut connaître les causes de trouble afin qu’il ne perdure pas.
 
Remarquons en passant que Paul ne doit exhiber aucun document pour attester sa citoyenneté romaine, sans qu’il ne soit connu, sans autre, la parole d’un homme est prise en considération.

 
Paul face au Sanhédrin – 23:1-11

Le chiliarque ordonne que le sanhédrin se réunisse afin d’y présenter le prisonnier. La comparaison devant ce tribunal religieux, statuant dans "les questions de coutumes" comme l’estiment les Romains, devait leur permettre de comprendre de quoi il s’agissait. Paul, escorté, quitte la forteresse. Il est invité à exposer sa situation devant le sanhédrin ; il paraît vouloir résumer et poursuivre son exposé de la veille, mais bien vite la situation tourne court… Des mots violents, et une parole aussi provocante que juste…

23  1 Et Paul, ayant arrêté les yeux sur le sanhédrin, dit : Hommes frères, je me suis conduit en toute bonne conscience devant Dieu jusqu'à ce jour.... 2 Mais le souverain sacrificateur Ananias commanda à ceux qui étaient près de lui de le frapper sur la bouche. 3 Alors Paul lui dit : Dieu te frappera, paroi blanchie ! Es-tu assis là pour me juger selon la loi ; et, contrairement à la loi, tu ordonnes que je sois frappé ? 4 Et ceux qui étaient présents dirent : Injuries-tu le souverain sacrificateur de Dieu ? 5 Et Paul dit : Je ne savais pas, frères, que ce fût le souverain sacrificateur ; car il est écrit : «Tu ne diras pas du mal du chef de ton peuple» [Exode 22:28]. 6 Et Paul, sachant qu'une partie d'entre eux étaient des sadducéens et l'autre des pharisiens, s'écria dans le sanhédrin : Hommes frères, je suis pharisien, fils de pharisien ; je suis mis en jugement pour l'espérance et la résurrection des morts. 7 Et quand il eut dit cela, il s'éleva une dissension entre les pharisiens et les sadducéens ; et la multitude fut partagée ; 8 car les sadducéens disent qu'il n'y a pas de résurrection, ni d'ange, ni d'esprit ; mais les pharisiens confessent l'un et l'autre. 9 Et il s'éleva une grande clameur ; et quelques scribes du parti des pharisiens se levèrent et contestèrent, disant : Nous ne trouvons aucun mal en cet homme ; mais si un esprit lui a parlé, ou un ange.... 10 Et un grand tumulte s'étant élevé, le chiliarque, craignant que Paul ne fût mis en pièces par eux, commanda à la troupe de descendre et de l'enlever du milieu d'eux et de le conduire à la forteresse.
 
11 Et la nuit suivante, le Seigneur se tint près de lui et dit : Aie bon courage ; car comme tu as rendu témoignage des choses qui me regardent, à Jérusalem, ainsi il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome.

  • Observons comment le tumulte est arrivé, et l’humanité de Paul dans ce contexte.
  • Dieu attend-il de son serviteur autre chose que d’être homme, un homme comme les autres, mais sur lequel Il veille ?
"Je ne savais pas, frères" (vers.5). Voici un des passages qui montrent l’homme Paul, non comme on pourrait l’imaginer quelques fois, un être mystique qui n’ouvre la bouche que pour exprimer des paroles divinement inspirées. Un homme, tout simplement, qui exprime ce qu’il pense comme il le pense, le disant expressément, soulignant parfois qu’il donne "son avis" (1 Cor.7:40). Ici encore, il n’hésite pas à provoquer un débat qui détourne l’attention de lui-même, saisissant ce qu’il connaît des différends entre les Juifs eux-mêmes, et ici un des points majeurs de la controverse entre pharisiens et sadducéens, la question de la résurrection.
 
Le tumulte engendre la crainte du chiliarque, il connaît les excès qui auraient pû être manifestés par les membres du sanhédrin. Il décide alors un retrait rapide de ce lieu en effervescence ; ca première charge des autorités locales de l’empire n’est-elle pas de maintenir le calme dans la juridiction qui leur est confiée !
 
Pour Paul, le moment est délicat, et le désespoir aurait pu le gagner, car s’il s’était attendu à de grandes épreuves, rien ici ne paraît se passer comme il pouvait s’y attendre. L’erreur dans la parole injurieuse au souverain sacrificateur, l’astuce qui provoqua le trouble et l’empêcha de parler par la suite… Revenant sur cette séance devant le sanhédrin, ce mode de défense pourrait lui paraître après coup bien inopportune et il pourrait s’en faire un reproche… Mais le Seigneur veille sur son serviteur : "Aie bon courage !" (vers.11). Le Seigneur se tient près de lui, il lui est proche (Phil.4:5).

 

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06:30 Publié dans Actes 21 à 24, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 23:12 Paul prisonnier à Césarée (1/4)


 

Prisonnier à Césarée
Actes 23:12-26:32

Les membres du sanhédrin ont manqué l’occasion de faire condamner Paul par les Romains, au moins peuvent-ils le penser vu que leurs discussions ont détourné l’attention de Paul, mais ils ne désarment pas. Il n’était pas possible que les choses en restent là, l’agitation est à son comble dans les milieux extrémistes. Les autorités romaines devront naviguer dans ce contexte si prêt à exploser ; ils en ont l’expérience, car régulièrement des hommes se lèvent au nom de la souveraineté juive pour engendrer des mouvements politiques.

 
Transfert du prisonnier – 23:12-35

Ce n’était pas le moment de lacher prise ! L’apôtre sur lequel se focalisait la hargne des extrémistes était dans la ville, juste protégé par les murs de la forteresse ! Et nous lisons alors le serment que firent ces quarante et quelques hommes, et le stratagème établi pour arriver à leurs fins. Le fait vint aux oreilles de Paul.

12 Et quand le jour fut venu, les Juifs s'unirent et s'obligèrent par un serment d'exécration, disant qu'ils ne mangeraient ni ne boiraient jusqu'à ce qu'ils eussent tué Paul. 13 Et ils étaient plus de quarante qui avaient fait cette conjuration. 14 Et ils vinrent aux principaux sacrificateurs et aux anciens, et dirent : Nous nous sommes obligés par un serment d'exécration à ne goûter de rien jusqu'à ce que nous ayons tué Paul. 15 Vous donc, maintenant, avec le sanhédrin, avertissez le chiliarque pour qu'il le fasse descendre vers vous, comme si vous vouliez vous informer plus exactement de ce qui le regarde ; et, avant qu'il approche, nous sommes prêts pour le tuer. 16 Mais le fils de la sœur de Paul, ayant ouï parler de ce guet-apens, s'en alla et entra dans la forteresse, et le rapporta à Paul.
 
17 Et Paul, ayant appelé l'un des centurions, dit : Conduis ce jeune homme au chiliarque, car il a quelque chose à lui rapporter. 18 Il le prit donc et le conduisit au chiliarque et dit : Le prisonnier Paul m'a appelé, et m'a prié de t'amener ce jeune homme qui a quelque chose à te dire. 19 Et le chiliarque, l'ayant pris par la main et s'étant retiré à part, lui demanda : Qu'est-ce que tu as à me rapporter ? 20 Et il dit : Les Juifs se sont entendus pour te prier que demain tu fasses descendre Paul devant le sanhédrin, comme si tu voulais t'enquérir plus exactement à son sujet. 21 Toi donc n'y consens pas, car plus de quarante hommes d'entre eux lui dressent un guet-apens, lesquels se sont obligés par un serment d'exécration de ne manger ni ne boire jusqu'à ce qu'ils l'aient tué ; et ils sont maintenant prêts, attendant de toi la promesse.
 
22 Le chiliarque donc renvoya le jeune homme, lui ayant enjoint de ne divulguer à personne qu'il lui eût déclaré ces choses.
 
23 Et ayant appelé deux des centurions, il dit : Préparez deux cents soldats pour aller à Césarée, et soixante-dix cavaliers, et deux cents porte-lances, dès la troisième heure de la nuit ; 24 et procurez-vous des montures, afin qu'ayant mis Paul dessus ils le conduisent en sûreté auprès de Félix le gouverneur.

  • Le projet de guet-apens suscite-t-il quelque doute de la part de l’autorité romaine ?
C’est par un moyen bien humain que Paul puis le chiliarque sont avertis de ce qui se trame. Un jeune homme, un jeune garçon devrions-nous dire en voyant le chiliarque le prendre par la main, a entendu les rumeurs touchant ce projet de guet-apens ; c’est le propre neveu de l’apôtre. Rien n’est facile lorsque des éléments se mobilisent sous un prétexte religieux pour accomplir quelqu’acte extrême ; l’autorité romaine mesure bien la possibilité d’un tel serment et l’engagement des plus absolus de tels hommes, aussi le chiliarque prend-il de sages dispositions, et il ne lésine pas sur les moyens à mettre en œuvre, quelque quatre cent soixante-dix soldats devront garantir à Paul la sortie de la forteresse et de la ville…

25 Et il écrivit une lettre conçue en ces termes : 26 Claude Lysias, au très-excellent gouverneur Félix, salut ! 27 Cet homme ayant été saisi par les Juifs et étant sur le point d'être tué par eux, je suis survenu avec la troupe et je l'ai délivré, ayant appris qu'il est Romain. 28 Et voulant connaître le motif pour lequel ils l'accusaient, je l'ai fait descendre devant leur sanhédrin ; 29 et j'ai trouvé qu'il était accusé touchant des questions de leur loi, mais qu'il n'était sous le coup d'aucune accusation qui méritât la mort ou les liens. 30 Et ayant été averti des embûches que les Juifs allaient dresser contre cet homme, je te l'ai aussitôt envoyé, ayant donné l'ordre à ses accusateurs aussi de dire devant toi les choses qu'ils ont contre lui. Porte-toi bien.
 
31 Les soldats donc, selon les ordres qui leur avaient été donnés, prirent Paul et le menèrent de nuit à Antipatris. 32 Et le lendemain, ayant laissé les cavaliers s'en aller avec lui, ils retournèrent à la forteresse. 33 Et ceux-là, étant arrivés à Césarée, remirent la lettre au gouverneur et lui présentèrent aussi Paul. 34 Et quand il eut lu la lettre et qu'il eut demandé de quelle province il était, ayant appris qu'il était de Cilicie : 35 Je t'entendrai à fond, dit-il, quand tes accusateurs aussi seront arrivés. Et il donna ordre qu'il fût gardé au prétoire d'Hérode.

  • Examinons l’avis du chiliarque, tel qu’il l’exprime dans sa missive au gouverneur. Est-ce un rapport objectif ?
  • Qu’est-ce qui détermine de la part du gouverneur Félix une telle attention envers Paul, et le fait qu’il fût gardé au prétoire et non en prison ?
Le rapport de Lysias est on ne peut plus clair et objectif ; il augure déjà de la conclusion que le gouverneur pourra tirer de ces accusations. Une fois encore, nous voyons l’ordre administratif de l’empire. Le prisonnier est Juif, sans doute, mais il ressort d’une province attachée à l’empire dont les habitants ont la citoyenneté romaine. Ainsi Félix s’engage-t-il dans une voie de justice correcte, attendant la venue des accusateurs afin de savoir de quel forfait Paul se serait rendu coupable qui puisse porter ombrage à l’autorité administrative. Mais nous savons que l’apôtre passera deux années en prison à Césarée maritime…

 

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06:00 Publié dans Actes 21 à 24, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 24:1 Paul prisonnier à Césarée (2/4)


 

Apologie devant le gouverneur – 24:1-27

Cinq jours ont passés, et les chefs des Juifs sont invités par le gouverneur à faire état de leurs doléances. Ils s’y sont préparés, se faisant aider d’un avocat pour exprimer adroitement le chef d’accusation. Il faut lire ce que Luc reprend du discours, et mettre en relation les paroles que Paul prononça pour sa défense. Nul ne peut parler devant le gouverneur sans souligner les égards dus à l’autorité romaine…

24  1 Or cinq jours après, le souverain sacrificateur Ananias descendit avec les anciens et un certain orateur nommé Tertulle, et ils portèrent plainte devant le gouverneur contre Paul.
 
2 Et quand celui-ci eut été appelé, Tertulle se mit à l'accuser, disant : 3 Puisque nous jouissons par ton moyen d'une grande tranquillité, et que par ta prévoyance des mesures excellentes sont prises en vue de cette nation, très-excellent Félix, nous l'acceptons, en tout et partout, avec une entière gratitude. 4 Mais afin de ne pas t'arrêter davantage, je te prie de nous entendre brièvement selon ta clémence ; 5 car nous avons trouvé que cet homme est une peste, et qu'il excite des séditions parmi tous les Juifs dans toute la terre habitée, et qu'il est un meneur de la secte des Nazaréens ; 6 il a même tenté de profaner le temple : aussi l'avons-nous saisi, et nous avons voulu le juger selon notre loi ; 7 mais Lysias, le chiliarque, étant survenu, l'a emmené en l'arrachant d'entre nos mains avec une grande violence, 8 donnant ordre que ses accusateurs vinssent auprès de toi ; et par lui tu pourras toi-même, en l'interrogeant, arriver à la pleine connaissance de toutes ces choses dont nous l'accusons. 9 Et les Juifs aussi se joignirent à lui pour insister contre Paul, affirmant que les choses étaient ainsi.

  • Pouvons-nous croire un instant à la sincérité des hommages de Tertulle au gouverneur ?
  • Comment lire la manière dont il est ici parlé de Lysias, lorsque nous voyons plus haut la sagesse dont il fit preuve ?
  • Quel est, pour finir, le titre d’accusation ?
Nous avons ici, en quelques lignes, un modèle de flagornerie ; Tertulle a vraiment bien préparé son discours, ajoutant aussi des insinuations à l’encontre de Lysias et avançant de fausses accusations tout en mentionnant quand même le temple car c’est là que le tumulte s’est manifesté. Du grand art dans le champ de la manipulation.
 
Paul est alors invité à parler. Lui aussi mettra les formes, comme il se doit, mais il entre directement dans l’exposé de faits avérés, à commencer par sa présence à Jérusalem depuis douze jours seulement, les sept qui ont précédé son entrée au temple et les cinq depuis son arrestation (Actes 21:27, 24:1). Il apporte ensuite les faits établissant que nul trouble ne fut provoqué par lui.

10 Et Paul, après que le gouverneur lui eut fait signe de parler, répondit : Sachant que depuis plusieurs années tu es juge de cette nation, je fais mon apologie avec plus de courage : 11 car tu peux connaître qu'il ne s'est pas passé plus de douze jours depuis que je suis monté pour adorer à Jérusalem. 12 Et ils ne m'ont trouvé, ni dans le temple, disputant avec quelqu'un ou ameutant la foule, ni dans les synagogues, ni dans la ville ; 13 et ils ne peuvent pas soutenir les choses dont ils m'accusent présentement. 14 Mais je te confesse bien ceci, que, selon la voie qu'ils appellent secte, ainsi je sers le Dieu de mes pères, croyant toutes les choses qui sont écrites dans la loi et dans les prophètes, 15 ayant espérance en Dieu, - espérance que ceux-ci nourrissent aussi eux-mêmes, - qu'il y aura une résurrection, tant des justes que des injustes. 16 À cause de cela, moi aussi je m'exerce à avoir toujours une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes. 17 Or, après plusieurs années, je suis venu pour faire des aumônes à ma nation et des offrandes. 18 Sur ces entrefaites, ils me trouvèrent purifié dans le temple, sans attroupement et sans tumulte. 19 Or c'étaient certains Juifs d'Asie, qui auraient dû être ici devant toi et m'accuser, s'ils avaient quelque chose contre moi ; 20 ou bien, que ceux-ci eux-mêmes disent quelle injustice ils ont trouvée en moi, quand j'ai été devant le sanhédrin, 21 si ce n'est ce seul cri que je fis entendre, étant au milieu d'eux : C'est pour la résurrection des morts que je suis aujourd'hui mis en jugement par vous.

  • Après l’exposé des faits de ces douze derniers jours, que dit Paul sur sa vie, ses motifs, son espérance et sa marche comme croyant ?
  • Que dit l’apôtre touchant sa venue à Jérusalem ?
  • Pourquoi Paul revient-il ici sur sa proclamation touchant la résurrection des morts ? Actes 23:6.
Après l’exposé des faits liés à l’agitation de la foule à Jérusalem, Paul expose avec clarté sa démarche comme chrétien. Nous pouvons apprécier avec quelle simplicité il présente le moteur essentiel de sa vie à cet homme étranger tant à la religion des Juifs qu’à la foi chrétienne. Nous y lisons son chemin, "je sers Dieu", son espérance et le souci de se trouver sans reproche devant Dieu et devant les hommes. Ensuite vient le motif de sa venue à Jérusalem, un motif qui ne passa pas inaperçu au gouverneur.
 
Et Paul revient alors sur cette parole, un cri dit-il, qui produisit un tumulte majeur parmi les Juifs, au point qu’en toute logique Lysias a pu craindre de sérieux débordements. Le seul acte de Paul ayant entrainé ce tumulte, mais qui ne pouvait, en toute logique, lui en faire porter la responsabilité.
 
Le gouverneur Félix apprit ainsi quelque chose de ce qui devait être pour lui un mouvement émergeant du judaïsme pour se répandre dans le monde. Il trouve ici l’occasion d’en apprendre davantage ; et attendant la venue de Lysias appelé à présenter son rapport, il visite Paul, retenu au prétoire, avec sa femme qui est juive.

22 Mais Félix, ayant plus exactement connaissance de ce qui regardait la voie, les ajourna, disant : Quand le chiliarque Lysias sera descendu, je prendrai connaissance de votre affaire, 23 - ordonnant au centurion que Paul fût gardé, et qu'il eût quelque liberté, et qu'on n'empêchât aucun des siens de le servir. 24 Or quelques jours après, Félix étant venu avec Drusille sa femme qui était Juive, manda Paul et l'entendit sur la foi en Christ. 25 Et comme il discourait sur la justice et sur la tempérance et sur le jugement à venir, Félix tout effrayé répondit : Pour le présent va-t'en ; quand je trouverai un moment convenable, je te ferai appeler, 26 - espérant en même temps que Paul lui donnerait quelque argent ; c'est pourquoi aussi il le faisait venir souvent et s'entretenait avec lui.
 
27 Or, quand deux ans furent accomplis, Félix eut pour successeur Porcius Festus ; et, voulant gagner la faveur des Juifs, Félix laissa Paul prisonnier.

  • Que penser de Félix, qui s’enquiert de la foi chrétienne, et qui s’effraye à la parole de Paul touchant la justice, la tempérance et le jugement à venir ?
  • Le rapport de Lysias a-t-il eu un effet positif pour Paul ? Malgré les attitudes amènes de Félix, que penser de sa rigueur en termes de justice ?
L’intérêt de Félix n’est manifestement que curiosité, et la présence de Paul une occasion à saisir, d’autant qu’il pouvait parler avec Drusille, sa femme, de ces questions touchant le judaïsme et peuple sur lequel il exercait son gouvernement.
 
Quand Paul intervient, nous pourrions nous étonner qu’il ne présente pas la grâce en premier, "il discourait sur la justice et sur la tempérance et sur le jugement à venir". Ne faut-il pas, en effet, être conscient de sa propre responsabilité devant Dieu avant d’apprendre la voie de la rédemption ? Tel est d’ailleurs le plan de l’épître aux Romains, "somme de la foi chrétienne".
 
Si effrayé qu’il fut, Félix fait manifestement peu de cas de ce qui est juste ; ne garde-t-il pas Paul en prison sans raison… Et même il espère voir détourner à son avantage un peu de l’argent dont Paul paraissait disposer, mais que sait-il si toute la collecte faite parmi les nations n’est pas déjà dans les mains de croyants veillant à en faire bon usage parmi les personnes dans le besoin !
 
Que s’est-il donc passé pour que Paul soit retenu en prison pendant deux années ? Décréter un juste jugement était manifestement bien moins important que de s’assurer de l’ordre dans la province… Et les plaintes contre Paul devaient venir régulièrement à ses oreilles, venant des principaux d’entre les Juifs.

 

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