08/12/2011

Actes 17:1 Deuxième voyage de Paul (3/4)


 

Thessalonique et Bérée – 17:1-15

Elle est impressionnante, cette violence qui se manifeste parmi des hommes formellement attachés à Dieu, lorsque leur tradition leur paraît bousculée. Les apôtres se rendent à Thessalonique là ou se trouve la première synagogue sur leur route en Macédoine. Après trois sabbats, et le constat de l’attention gagnant plusieurs et même de nombre de Grecs, la persécution s’engage, des opposants n’hésitant pas à soudoyer des gens peu scrupuleux.

17 1 Et ayant traversé Amphipolis et Apollonie, ils vinrent à Thessalonique, où était la synagogue des Juifs. 2 Et selon sa coutume, Paul entra vers eux, et, pendant trois sabbats, il discourut avec eux d'après les écritures, 3 expliquant et exposant qu'il fallait que le Christ souffrît et qu'il ressuscitât d'entre les morts ; - et disant, que celui-ci, Jésus, que moi je vous annonce, est le Christ. 4 Et quelques-uns d'entre eux furent persuadés et se joignirent à Paul et à Silas, et une grande multitude de Grecs qui servaient Dieu, et des femmes de premier rang en assez grand nombre.
 
5 Mais les Juifs, pleins de jalousie, ayant pris quelques méchants hommes de la populace, et ayant fait un amas de peuple, troublèrent la ville, et ayant assailli la maison de Jason, ils cherchèrent Paul et Silas pour les amener au peuple. 6 Mais ne les ayant pas trouvés, ils traînèrent Jason et quelques frères devant les magistrats de la ville, en criant : Ces gens qui ont bouleversé la terre habitée, sont aussi venus ici ; 7 et Jason les a reçus chez lui, et ils contreviennent tous aux ordonnances de César, disant qu'il y a un autre roi, Jésus. 8 Et la foule et les magistrats de la ville, qui entendaient ces choses, furent troublés. 9 Et après avoir reçu caution de Jason et des autres, ils les relâchèrent.
 
10 Et aussitôt les frères envoyèrent Paul et Silas, de nuit, à Bérée, lesquels étant arrivés, entrèrent dans la synagogue des Juifs. 11 Or ceux-ci étaient plus nobles que ceux de Thessalonique ; et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les écritures pour voir si les choses étaient ainsi. 12 Plusieurs donc d'entre eux crurent, et des femmes grecques de qualité et des hommes aussi, en assez grand nombre. 13 Mais quand les Juifs de Thessalonique surent que la parole de Dieu était aussi annoncée par Paul à Bérée, ils y vinrent aussi, agitant les foules. 14 Mais alors les frères renvoyèrent aussitôt Paul, comme pour aller à la mer ; mais Silas et Timothée demeurèrent encore là. 15 Et ceux qui conduisaient Paul le menèrent jusqu'à Athènes ; et après avoir reçu pour Silas et pour Timothée l'ordre de le rejoindre au plus tôt, ils partirent.
  • Sous quels titres d’accusation Paul et Silas sont-ils signalés aux magistrats, lorsqu’ils mènent à eux Jason, cet homme qui les reçut dans sa maison ? Comparer Jean 19:12-15.
  • Que font Paul et Silas dès que Jason fut relâché ? Comp.Actes 9:25, 14 :20, 16:40
  • Que font les Juifs de Bérée, un modèle pour toute personne qui cherche le chemin.
"Ce Jésus est le Christ, le Messie d’Israël." Telle est la base de l’enseignement de Paul dans la synagogue de Thessalonique, une parole difficile à recevoir pour eux, après que ce Jésus ait été rejeté par des chefs religieux à Jérusalem. Mais pourtant l’Ecriture est ainsi accomplie, car elle-même atteste des souffrances que devait connaître le Messie, le rejet du peuple (Zacharie 13:6) mais aussi le sacrifice rédempteur (Ésaïe 53:10). C’est l’accomplissement de ce que les Juifs attendaient et pourtant, lorsque cela est survenu, beaucoup ne pouvaient croire. S’il s’agissait seulement d’une nouvelle doctrine, peut-être cela se serait-il soldé par l’établissement d’un nouveau courant au sein du judaïsme, à côté des pharisiens, sadducéens, hérodiens, esséniens… Mais des gens des nations, en grand nombre, saisissaient l’espérance d’Israël ; le message de la grâce était aussi pour eux et ils répondaient… Alors vient la colère.
 
Une fois encore Paul quitte la ville pour éviter que le trouble ne s’amplifie, et trouve à Bérée des Juifs mieux disposés, "plus nobles" écrit Luc. "ls reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les écritures pour voir si les choses étaient ainsi." Soulignons la démarche de ces personnes. La question était d’importance, existentielle, aussi examinaient-ils chaque jour les Ecritures et y confrontaient donc les paroles de l’apôtre. Mais ceux de Thessalonique ne peuvent le supporter… Et Paul, étant particulièrement en vue, part seul à Athènes, ayant convenu de retrouver ses compagnons dès que possible.

 

 

 
Athènes, le discours à l’Aéropage – 17:16-34

Paul est seul à Athènes, ses compagnons ont encore à faire à Thessalonique. Attente calme, silencieuse ? Non, que du contraire. Discours à la synagogue, débats sur la place publique avec les philosophes, jusqu’à ce qu’il soit conduit à l’Aréopage pour qu’il présente son message. Il faut dire que les hommes libres à Athènes passaient leur temps à discourir et débattre, et la parole de Paul leur paraissait suffisamment étonnante pour y consacrer un moment. En montant à l’Aréopage, il voit un autel avec cette dédicace : "Au dieu inconnu !" (vers.23)

16 Et comme Paul les attendait à Athènes, son esprit était excité au dedans de lui, en voyant la ville remplie d'idoles. 17 Il discourait donc dans la synagogue avec les Juifs et avec ceux qui servaient Dieu, et tous les jours sur la place publique avec ceux qui s'y rencontraient. 18 Et quelques-uns aussi des philosophes épicuriens et des philosophes stoïciens s'en prirent à lui ; et les uns disaient : Que veut dire ce discoureur ? et d'autres : il semble annoncer des divinités étrangères ; parce qu'il leur annonçait Jésus et la résurrection.
 
19 Et l'ayant pris, ils le menèrent à l'Aréopage, disant : Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine dont tu parles ? 20 car tu nous fais entendre certaines choses étranges ; nous voudrions donc savoir ce que veulent dire ces choses. 21 Or tous les Athéniens et les étrangers séjournant à Athènes, ne passaient leur temps à autre chose qu'à dire ou à ouïr quelque nouvelle.
 
22 Mais Paul, se tenant au milieu de l'Aréopage, dit : Hommes athéniens, je vois qu'en toutes choses vous êtes voués au culte des démons ; 23 car, en passant et en contemplant les objets de votre culte, j'ai trouvé aussi un autel sur lequel était inscrit : Au dieu inconnu ! Celui donc que vous honorez sans le connaître, c'est celui que moi je vous annonce. 24 Le Dieu qui a fait le monde et toutes les choses qui y sont, lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite pas dans des temples faits de main ; 25 et il n'est pas servi par des mains d'hommes, comme s'il avait besoin de quelque chose, lui qui donne à tous la vie et la respiration et toutes choses ; 26 et il a fait d'un seul sang toutes les races des hommes pour habiter sur toute la face de la terre, ayant déterminé les temps ordonnés et les bornes de leur habitation, 27 pour qu'ils cherchent Dieu, s'ils pourraient en quelque sorte le toucher en tâtonnant et le trouver, quoiqu'il ne soit pas loin de chacun de nous ; 28 car en lui nous vivons et nous nous mouvons et nous sommes, comme aussi quelques-uns de vos poètes ont dit : «Car aussi nous sommes sa race». 29 Étant donc la race de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l'or, ou à de l'argent, ou à de la pierre, à une œuvre sculptée de l'art et de l'imagination de l'homme. 30 Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l'ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent ; 31 parce qu'il a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée, par l'homme qu'il a destiné à cela, de quoi il a donné une preuve certaine à tous, l'ayant ressuscité d'entre les morts.
 
32 Mais quand ils ouïrent parler de la résurrection des morts, les uns s'en moquaient, et les autres disaient : Nous t'entendrons encore sur ce sujet. 33 Ainsi Paul sortit du milieu d'eux. 34 Mais quelques hommes se joignirent à lui et crurent, entre lesquels aussi était Denys, l'Aréopagite, et une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux.
  • Que pouvait indiquer de la part des Athéniens l’édification de cet autel à "un dieu inconnu" ?
  • Quels sont les enseignements donnés par Paul concernant Dieu et son dessein quant à l’homme ? Versets 24 à 28.
  • Quelle autre référence à la culture grecque, outre donc la mention d’un "dieu inconnu", l’apôtre évoque-t-il ?
  • Comment Paul annonce-t-il la fin de ce monde ? Voir aussi Jean 5:22.
Paul regarde autour de lui, et ressent l’état des gens autour de lui, au point qu’il ne peut différer le moment de leur parler… Il ne manque pas de parler en vérité, qualifiant de "cultes des démons" leurs cultes idolâtres. Certes, il sait ce que sont les idoles, "une idole n'est rien dans le monde" (1 Cor.8:4), mais il sait aussi que la pratique de tels cultes répond à une exaspération de la superstition et une sorte d’esclavage, associée dans bien des cas à une dépravation morale instituée. Aussi parle-t-il avec force. La vue de l’autel "au dieu inconnu" est une occasion inattendue d’introduire son discours. Paul fait ainsi référence au fond d’inquiétude qui ne peut que ronger les âmes, car quelles réponses l’idolâtrie peut-elle apporter aux questions essentielles de la vie ? Il capte ainsi l’attention de son auditoire et leur parle de ce Dieu qu’ils ne connaissent pas, le seul Dieu, le Créateur "qui a fait le monde et toutes les choses qui y sont". Le Créateur qui créa l’humanité (Genèse 1:26), la race humaine. Ici encore, il saisit une parole d’un de leurs poètes disant : "Car aussi nous sommes sa race", un vers du poème "Phénomènes" écrit par un certain Aratos trois siècles plus tôt. Ce que Paul dit à l’Aréopage touchant Dieu et l’homme est d’une très grande importance, comme nous pouvons le constater :
Dieu a fait le monde et toutes les choses qui y sont (Genèse 1, Ésaïe 42:5).
Il est le Seigneur du ciel et de la terre (Psaume 8:1, Zacharie 6:5, Mat.11:25).
Il n'habite pas dans des temples faits de mains (1 Rois 8:27).
Il n'est pas servi par des mains d'hommes, comme s'il avait besoin de quelque chose (Jérémie 7:22, Zacharie 7:5).
Il donne la vie et la respiration (Genèse 2:7, Ésaïe 42:5).
Il a fait d'un seul sang toutes les races des hommes pour habiter sur toute la face de la terre.
Les hommes ont à chercher Dieu, fusse en tâtonnant (Deut.4:29, Psaume 69:32, Jérémie 50:4).
Dieu est près de chacun ; car en lui nous vivons et nous nous mouvons et nous sommes (Psaume 75:1, Jérémie 23:23, Phil.4:6).
Le temps de l’ignorance est maintenant passé pour ceux qui écoutent l’apôtre, et si tout homme est responsable selon ce qu’il a reçu, maintenant à l’Aréopage, le temps est venu pour les auditeurs de faire un choix, car ils ont reçu la révélation de la grâce, la parole qui répond aux angoisses existentielles ; et ils sont conduits à se repentir (vers.30), non pas se plonger dans une contrition sans fin, mais s’éveiller à la révélation et marcher pour plaire à Dieu dans la lumière qui est parvenue jusqu’à eux.
 
Le résultat de cette prédication est comme toujours partagé, et chacun aura à assumer ses propres responsabilités, les uns s’en moquaient, d’autres remettaient à plus tard… mais quelques hommes se joignirent à Paul et crurent…

 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Actes 18:1 Deuxième voyage de Paul (4/4)


 

Séjour prolongé à Corinthe – 18:1-17

Après Athènes, Paul visite Corinthe, centre commercial ouvert sur l’Asie d’un côté et sur l’Italie de l’autre, peuplé de plusieurs centaines de milliers d’habitants. Comme à Athènes, il parle aux Juifs et aux Grecs, ne ménageant pas ses efforts.
 
Il fait là l’heureuse rencontre d’un couple juif ayant depuis peu été forcés de quitter Rome par décret de l’empereur Claude, un décret promulgué en 49 ou 50. Et nous voyons ici ce serviteur de Dieu travaillant de ses mains, alors que, selon la Loi même, ceux qui bénéficiaient d’un service spirituel étaient enjoints de subvenir aux besoins matériels du serviteur. Et il demeure avec ce couple avec lequel il aura des liens d’affection particuliers, un couple qui s’engagea résolument dans le service des croyants, étant tout disposés à accueillir chez eux l’assemblée, comme ils le firent à Éphèse et ensuite à Rome…
 
Quelques temps se passent ainsi jusqu’à ce que Silas et Timothée le rejoignent, étant demeurés à Thessalonique.

18  1 Après cela, étant parti d'Athènes, il vint à Corinthe ; 2 et ayant trouvé un Juif, nommé Aquilas, originaire du Pont, tout récemment venu d'Italie, ainsi que Priscilla sa femme (parce que Claude avait commandé que tous les Juifs sortissent de Rome), il alla à eux ; 3 et parce qu'il était du même métier, il demeura avec eux et travaillait, car leur métier était de faire des tentes. 4 Et chaque sabbat, il discourait dans la synagogue et persuadait Juifs et Grecs.
  • Suivons quelque peu Aquilas et Priscilla pour comprendre le bonheur pour Paul d’une telle rencontre. Actes 18:2, 18, 26, Rom.16:3, 1 Cor.16 :19 et 2 Tim.4:19.
  • Subvenir à ses propres besoins, est-ce le chemin normal pour un homme qui est consacré à l’œuvre du Seigneur ? Deut.25:4, 1 Cor.4:12, 9:6-12, 1 Tim.5:18.
Parmi les Juifs, la tension monte, et des Juifs en viennent à crier, blasphémer… L’apôtre qui vient d’être rejoint par Silas et Timothée devra-t-il à nouveau s’en aller comme il le fit à Philippes, puis à Thessalonique et à rée ? La question semble bien s’être posée.

5 Et quand et Silas et Timothée furent descendus de Macédoine, Paul était étreint par la parole, rendant témoignage aux Juifs que Jésus était le Christ. 6 Et comme ils s'opposaient et blasphémaient, il secoua ses vêtements et leur dit : Que votre sang soit sur votre tête ! Moi, je suis net : désormais je m'en irai vers les nations. 7 Et étant parti de là, il entra dans la maison d'un nommé Juste qui servait Dieu, et dont la maison tenait à la synagogue. 8 Mais Crispus, le chef de synagogue, crut au Seigneur avec toute sa maison ; et plusieurs des Corinthiens l'ayant ouï, crurent et furent baptisés. 9 Or le Seigneur dit de nuit, dans une vision, à Paul : Ne crains point, mais parle et ne te tais point, 10 parce que je suis avec toi ; et personne ne mettra les mains sur toi pour te faire du mal, parce que j'ai un grand peuple dans cette ville. 11 Et il demeura là un an et six mois, enseignant parmi eux la parole de Dieu.
  • Que veut dire Paul en prononçant ces mots : "Que votre sang soit sur votre tête !" Lire Mat.10:14, Actes 13:45-46.
  • Pourquoi Paul reçoit-il cette vision l’encourageant à rester à Corinthe ?
  • Que veut dire cette vision où Paul entend non pas que Dieu "aura", au futur, mais bien "a un grand peuple", au présent ? Revoyons Actes 10:35.
Une "sainte colère" ? Paul secoue ses vêtements, il déclare terminée la discussion, et nous pouvons le comprendre, car il a face à lui des interlocuteurs avec lesquels toute échange d’idée est impossible, ce qui ne laisse qu’une possibilité : déclarer l’entretien terminé et faire entendre que leur responsabilité est pleinement engagée. Le message de l’Évangile est vital, aussi Paul leur parle de la responsabilité de leur vie, "car le sang est la vie" (Deut.12:23). Quelle sera la vie de ceux qui s’aveuglent eux-mêmes et rejettent la grâce ? Nous savons toutefois qu’un retour est toujours possible, car la miséricorde n’a pas de limite.
 
Plusieurs se joignent aux chrétiens, à commencer par le chef de la synagogue. Mais le trouble est à ce point intense que la question d’un départ rapide se pose, et Paul reçoit alors un encouragement à rester, avec cette affirmation : "Dieu a un grand peuple à Corinthe".
 
Et nous voyons alors le proconsul Gallion, en place de mai 51 à mai 52, rejeter les titres d’accusation portés contre Paul par les opposants juifs.

12 Mais pendant que Gallion était proconsul d'Achaïe, les Juifs, d'un commun accord, s'élevèrent contre Paul et l'amenèrent devant le tribunal, 13 disant : Cet homme persuade aux hommes de servir Dieu contrairement à la loi. 14 Et comme Paul allait ouvrir la bouche, Gallion dit aux Juifs : S'il s'agissait de quelque injustice ou de quelque méchante fourberie, ô Juifs, je vous supporterais à bon droit ; 15 mais si ce sont des questions de paroles, et de noms, et de votre loi, vous y mettrez ordre vous-mêmes, car moi, je ne veux pas être juge de ces choses. 16 Et il les chassa de devant le tribunal. 17 Et ayant tous saisi Sosthène, le chef de synagogue, ils le battaient devant le tribunal ; et Gallion ne se mettait pas en peine de tout cela.
  • Les opposants à Paul ont-ils eu l’occasion de parler devant le proconsul ?
  • Par ailleurs, les disputes entre des Juifs alarment-elles la puissance romaine ?
Il y a de la logique dans le comportement du proconsul, mais aussi sans doute quelque mépris ; et on peut comprendre que des personnes réagissent ainsi lorsqu’elles sont confrontées à des disputes entre courants religieux… Sans toujours aller jusqu’à la parole prononcée par Pilate, marquant sa profonde indifférence par le célèbre : "Qu'est-ce que la vérité ?" (Jean 18:38). Il faut bien reconnaître, dans le cas de Gallion, que ces disputes de mots ont bien peu de poids relativement à sa mission touchant l’ordre public.
 
Pour revenir à l’arrivée de Timothée à Corinthe, venant de Thessalonique, nous savons, par les lettres de Paul, comment il est passé de l’anxiété à la reconnaissance. Il a quitté ces croyants de Macédoine lors de grandes difficultés, et il apprend alors combien ils sont fermes dans leur foi. Alors, soulignant la qualité de leur engagement à marcher dans le chemin du Seigneur (1 Thes.1:2-10), Paul communique aux Thessaloniciens des paroles d'encouragement. Il leur rappelle les promesses du Seigneur envers ceux qui s'attachent à Lui, à savoir sa venue pour les prendre auprès de Lui (1 Thes.4:15-18, Jean 14:1-3). Quelque temps plus tarde, il leur écrit à nouveau pour leur parler de la justice de Dieu, tandis que l'homme aujourd'hui paraît pouvoir agir avec méchanceté sans qu'il y ait de dommage alors qu’en vérité le jugement viendra en son temps (2 Thes.2:1-12).

 
Retour à Antioche, en Syrie – 18:18-22

Une année et demie dans cette grande ville de Corinthe, une assemblée numériquement importante… Paul va quitter la ville au cours d’une période assez calme, le proconsul ayant débouté ceux des Juifs qui cherchaient à nuire aux chrétiens. Et Paul fait un vœu ! Ici, nous voyons l’attachement de l’apôtre à la Loi. Quel est ce vœu ? A quoi s’est-il ainsi engagé ? Nous ne pouvons le savoir, mais assurément, il s’est ainsi engagé envers Dieu, et confirme cet engagement selon les signes de la Loi de Moïse (Nombres 6:2-5). En vue de cette période durant laquelle il laissera pousser ses cheveux, le signe du nazaréat, il se fait raser la tête à Cenchrée, le port de Corinthe sur la Mer Egée avant de s’embarquer avec ses compagnons d’œuvre, et parmi eux Priscilla et Aquilas, sur un navire se rendant à Éphèse, capitale de la province romaine d’Asie.

18 Et Paul, ayant demeuré là encore assez longtemps, prit congé des frères et mit à la voile pour la Syrie, et avec lui Priscilla et Aquilas, après qu'il se fut fait raser la tête à Cenchrée, car il avait fait un vœu. 19 Et il arriva à Éphèse et les y laissa ; mais étant entré lui-même dans la synagogue, il discourut avec les Juifs.
 
20 Mais lorsqu'ils le prièrent de demeurer plus longtemps avec eux, il n'y consentit pas, 21 mais il prit congé d'eux, disant : Il faut absolument que je célèbre la fête prochaine à Jérusalem ; je reviendrai vers vous, si Dieu le veut. 22 Et il partit d'Éphèse par mer. Et ayant abordé à Césarée, il monta et salua l'assemblée, et descendit à Antioche.
  • Pourquoi était-il impératif pour Paul qu’il quitte si rapidement Éphèse ?
  • Où Paul se rend-il, lorsque nous lisons qu’étant arrivé à Césarée, "l monta et salua l’assemblée" ?
Le texte de Luc est bien bref. Nous voyons Paul quitter Éphèse après avoir annoncé Christ dans la synagogue d’Éphèse, capitale de cette province où il fut empêché d’aller au début de ce second voyage missionnaire. Il vit dans la conscience de ce vœu qu’il fit et ne dévie pas de sa route. Aquilas et Priscilla demeurent à Éphèse, tandis que Paul poursuit sa route, ayant pris un navire qui le conduisit jusqu’à Césarée. Là, sans que Luc ne le dise, nous pouvons comprendre qu’il "monta" à Jérusalem, car c’est bien ainsi que l’on exprime le fait de se rendre à la capitale. L’accomplissement du sacrifice associé au vœu n’est pas cité, mais il dût être accompli. Après avoir accompli son vœu et salué l’assemblée de Jérusalem, Paul se rend au point de départ de son voyage, la ville d’Antioche en Syrie.

 

 
 
 
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Actes 18:23 Troisième voyage de Paul (1/4)


 

TROISIEME VOYAGE MISSIONNAIRE
Actes 18:23-21:14

 
Quelques temps après le retour à Antioche, Paul se remet en route sans doute accompagné de Timothée qui sera envoyé à l’avance en Macédoine (Actes 19:22). Paul parcourt les communautés de Galatie et de Phrygie, étant en route vers Éphèse.

23 Et ayant séjourné là quelque temps, il s'en alla, et traversa successivement le pays de Galatie et la Phrygie, fortifiant tous les disciples.
Pendant ce temps, Apollos est à Éphèse, entouré de l’attention d’Acquilas et Priscilla avant qu’il ne visite les croyants à Corinthe. Arrivé à Éphèse, Paul y rencontre des disciples de Jean le baptiseur.
 
Après trois mois à prêcher Christ dans la synagogue, Paul dut s’en retirer et poursuivre alors son enseignement dans l’école de Tyrannus. Suivent plus de deux années d’un ministère fécond auprès des nations comme des Juifs ; plusieurs furent tellement saisis qu’ils laissèrent toute pratique superstitieuse pour se soumettre à la parole de Dieu. Ceci dura jusqu’à la révolte de marchands d’idoles menée par Démétrius, lequel voyant ses bénéfices se réduire, étant fondeur d’idoles.
 
C’est au milieu de ces difficultés que Paul doit faire face à d’autres épreuves, internes aux communautés cette fois. Les croyants en Galatie sont troublés par des croyants voulant imposer aux chrétiens non-juifs la circoncision et les rites de la Loi ; et à Corinthe il y a des disputes internes, des risques de division, et un grand trouble quant à la doctrine… Il a reçu des émissaires inquiets, et quelques-uns lui ont aussi adressé une liste de questions… Il faut intervenir. Alors Paul envoie des lettres… La lettre aux Galates est un plaidoyer mettant en garde à l’égard des judaïsant tandis que la première aux Corinthiens répond aux besoins si pressants de la communauté, l’apôtre suppliant pour ainsi dire pour l’unité des croyants et l’ordre dans l’assemblée en établissant avec force la réalité de la résurrection.
 
Après la révolte des marchands d’idoles et dans le souci qu’il connaît quant à la situation à Corinthe, Paul a-t-il la liberté de se rendre directement dans cette ville ? Sa présence, là, ne risque-t-elle pas de produire un trouble plus grand ? Il juge préférable d’attendre de savoir comment sa lettre a été reçue. Heureusement sa lettre a été écoutée, et si l’apaisement n’est pas complet, plusieurs ne désarmant pas dans leur dénigrement de l’apôtre, Paul reçoit cependant des nouvelles qui le rassurent, et étant en Troade, il écrit sa seconde lettre aux Corinthiens tout en gardant encore quelque distance ; il a résolu de faire la traversée vers la Macédoine et visiter ces assemblées avant de descendre à Corinthe.
 
Une fois descendu à Corinthe, Paul écrit aux croyants à Rome, exprimant son souhait de les voir, et même de se rendre en Espagne par la suite. Aux chrétiens de Rome, l’apôtre écrit une somme de l’Évangile, un réel traité, ce qu’il aurait aimé leur communiquer de vive voix.
 
Après trois mois passés en Grèce, Paul et ses compagnons retournent en Macédoine et de là en Troade où ils demeurent sept jours ; au cours de ce séjour Paul fait un discours le soir, après la fraction du pain avec les chrétien du lieu. Là, durant le long discours qu’il prononce jusque tard dans la nuit, un jeune homme rompu de fatigue tombe du troisième étage, mais il reprendra connaissance dans la matinée. Le voyage se poursuit alors par mer, hormis Paul qui se rend à pieds jusqu’au port d’Assos. Une longue marche, une longue réflexion quant à ce qu’il pressent quant à son avenir, et aux paroles qu’il dira aux anciens d’Éphèse en passant ; il avait à cœur de leur parler, et de leur confier les croyants de leur localité, sachant que lui-même pourrait ne plus les revoir, s’attendant à des souffrances à Jérusalem. Le discours aux anciens d’Ephèse est un moment exceptionnel. Après cela Paul poursuit en bateau avec ses compagnons, allant à Césarée maritime où il rencontre Philippe l’Evangéliste, et de là à Jérusalem, où il sera accusé à tort et conduit à la prison.

 
Apollos à Ephèse avant d’aller en Grèce – 18:24-28

Aquilas et Priscilla se trouvent donc à Éphèse, et il semble que quelques chrétiens se trouvent avec eux. Voici qu’étant à la synagogue, ils voient un Juif d’Alexandrie croyant en Jésus, le Messie, et parlant avec conviction et éloquence à ses frères Juifs. Or, il se fait que cet Apollos n’a manifestement pas été en contact avec les apôtres et se réfère en fait à l’enseignement de Jean le baptiseur, lequel s’écria, voyant Jésus : "Voilà l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde !" (Jean 1:29). Ses connaissances touchant la révélation sont incomplètes, mais il connaît les Ecritures et communique avec force ce dont il est pleinement persuadé ! Aquilas et Priscilla sont à la synagogue, ils écoutent et montrent un bel exemple de compréhension. Aucun esprit de contestation, aucune discussion, l’homme n’est pas arrêté dans son discours, mais il sera accueilli par Aquilas et Priscilla, dans leur maison…

24 Et il vint à Éphèse un Juif, nommé Apollos, Alexandrin d'origine, homme éloquent et puissant dans les écritures. 25 Il était instruit dans la voie du Seigneur ; et, étant fervent d'esprit, il parlait et enseignait diligemment les choses qui concernaient Jésus, ne connaissant que le baptême de Jean. 26 Et il se mit à parler avec hardiesse dans la synagogue. Et Aquilas et Priscilla, l'ayant entendu, le prirent et lui expliquèrent plus exactement la voie de Dieu. 27 Et comme il se proposait de passer en Achaïe, les frères écrivirent aux disciples et les exhortèrent à le recevoir ; et quand il y fut arrivé, il contribua beaucoup par la grâce à l'avancement de ceux qui avaient cru ; 28 car il réfutait publiquement les Juifs avec une grande force, démontrant par les écritures que Jésus était le Christ.
  • Comment Apollos, qui parlait sans avoir jamais rencontré les apôtres, sans "mandat" donc, a-t-il été considéré par Aquilas et Priscilla ? Comp. Marc 9:38-40.
  • Pourquoi les frères, à Éphèse, écrivirent-ils au croyants de Grèce à propos d’Apollos ?
  • Quelle était la force d’Apollos pour qu’il soit ainsi écouté parmi les Juifs, tant à Éphèse qu’à Corinthe ?
Nous voyons ce couple simple et chaleureux – Aquilas n’est pas un orateur, il ne manifeste aucun charisme le mettant en vue – prendre à part un "docteur dans l’Ecriture" pour lui parler plus exactement du message de l’Evangile. Et Apollos les écoute et reçoit leur parole.
 
Lorsqu’Apollos les quittera pour se rendre à Corinthe, il sera précédé d’une lettre de recommandation établie par les chrétiens d’Éphèse. Nous sommes devant un des rares cas où un homme est ainsi recommandé afin d’être accueilli avec confiance et bienveillance. C’est ici en tant que serviteur de Dieu, homme présentant la parole. Et lorsque Apollos arriva en Grèce, il fut manifestement au travail tant parmi les chrétiens que parmi les Juifs qui ne s’étaient pas encore tournés vers le Messie.
 
Mais quelle difficulté les serviteurs ! Ils sont en vue, et sans le vouloir suscitent sympathies ou défiance, approbation ou contradiction ! Voilà que des croyants se mettront bientôt à dire qu’ils préfèrent un serviteur plutôt qu’un autre, et ici ils mettront bientôt sur les rangs de leurs comparaisons Paul, Apollos, Céphas… et Christ ! Les croyants de Corinthe iront jusqu’à des débats intenses bien propres à détruire l’assemblée ; et Paul, vers la fin de son séjour à Éphèse trois ans plus tard, va devoir combattre avec force, dans la douleur, en considérant les dangers de telles prises de parti bien étrangères à la volonté des divers serviteurs de Dieu… Ils diront : "Or voici ce que je dis, c'est que chacun de vous dit : Moi, je suis de Paul ; et moi, d'Apollos ; et moi, de Céphas ; et moi, de Christ." (1 Cor.1:12).

 
Des disciples de Jean le baptiseur – 19:1-7

Apollos n’était pas seul à avoir été ainsi saisi par le Christ sur base du témoignage de Jean le baptiseur. Il se trouvait des croyants qui n’avaient pas conscience que la promesse du don de l’Esprit était accomplie, cette promesse communiquée par le prophète Joël : "Et il arrivera, après cela, que je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards songeront des songes, vos jeunes hommes verront des visions ; et aussi sur les serviteurs et sur les servantes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit." (Joël 2:28-29, Actes 2:17-18). Ils ignoraient cet accomplissement, tout en étant bien conscients que l’Esprit de Dieu opère en ce monde.

19  1 Or il arriva, comme Apollos était à Corinthe, que Paul, après avoir traversé les contrées supérieures, vint à Éphèse ; et ayant trouvé de certains disciples, il leur dit : 2 Avez-vous reçu l'Esprit Saint après avoir cru ? Et ils lui dirent : Mais nous n'avons même pas ouï dire si l'Esprit Saint est. 3 Et il dit : De quel baptême donc avez-vous été baptisés ? Et ils dirent : Du baptême de Jean. 4 Et Paul dit : Jean a baptisé du baptême de la repentance, disant au peuple qu'ils crussent en celui qui venait après lui, c'est-à-dire en Jésus. 5 Et ayant ouï ces choses, ils furent baptisés pour le nom du Seigneur Jésus ; 6 et Paul leur ayant imposé les mains, l'Esprit Saint vint sur eux, et ils parlèrent en langues et prophétisèrent. 7 Et ils étaient en tout environ douze hommes.
  • Pourquoi Paul, les considérant, leur demanda-t-il s’ils avaient reçu l’Esprit Saint ?
  • Pourquoi Paul a-t-il pratiqué l’imposition des mains, comme Pierre le fit pour les Samaritains, alors que tel ne fut pas le cas de Corneille, le centurion ? Actes 8:17, 10:44.
L’imposition des mains dans ce cas paraît aller de soi, Luc n’explique rien, mais nous pouvons penser à ce que l’Esprit apporte au croyant en fait de confiance dans l’œuvre de la rédemption, et dans l’adoption comme enfant de Dieu… Ces croyants attachés au chemin de la repentance, car tel est le premier pas de la foi et l’enseignement de Jean le baptiseur, devaient manquer de cette joie et cette liberté que donne la conscience de l’œuvre de Jésus.
 
L’imposition des mains, préalable à la manifestation du don de l’Esprit à ces croyants, comme il le fut pour les Samaritains, sont des cas particuliers, car telle ne fut pas la situation de Corneille par exemple. Dans le cas qui nous occupe, nous pouvons comprendre qu’une manifestation forte ait été nécessaire pour ces personnes comme pour les croyants au milieu desquels cela se passait. De croyants timides et mal affermis qu’ils étaient, les voilà pleinement rassurés et libérés tandis que l’unité des croyants était pleinement établie.

 

 
 
 
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11:01 Publié dans Actes 17 à 20, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 19:8 Troisième voyage de Paul (2/4)


 

La puissance de la grâce en Asie – 19:8-20

Paul dans la riche capitale de la province d’Asie ! Il y restera trois ans (Actes 20:31). Empêché de s’y rendre quelques années plus tôt, lorsqu’il fut amené à parcourir la Macédoine et la Grèce, Paul s’était bien trouvé un jour de shabbat dans la synagogue d’Éphèse, mais il poursuivit rapidement son voyage étant en soucis d’arriver à Jérusalem avant la fête de Chavouoth, la pentecôte. Il y laissa Aquilas et Priscilla, lesquels, selon toute vraisemblance, se rendaient régulièrement à la synagogue où ils firent la connaissance d’Apollos. Un petit groupe de croyants s’était déjà formé lorsque Paul, venant de Galatie vient pour demeurer quelques temps dans cette ville importante, mais il ne fallu pas plus de trois mois pour que la tension monte avec des Juifs refusant de recevoir Jésus. Ils s’étaient endurcis… Et Paul, alors, délivre son enseignement dans l’école de Tyrannus. Une fois de plus, une rupture est consommée avec des Juifs, mais l’évangile se répand… Et après la contestation verbale dans la synagogue, une opposition ne tarde pas à se manifester en public. Elle commence par des personnes qui vivaient de la superstition et voulaient tirer profit du renom du Nom de Jésus, en raison des miracles opérés en son nom.

8 Et étant entré dans la synagogue, il parla avec hardiesse, discourant pendant trois mois et les persuadant des choses du royaume de Dieu. 9 Mais comme quelques-uns s'endurcissaient et étaient rebelles, disant du mal de la voie devant la multitude, lui, s'étant retiré d'avec eux, sépara les disciples, discourant tous les jours dans l'école de Tyrannus. 10 Et cela continua pendant deux ans, de sorte que tous ceux qui demeuraient en Asie ouïrent la parole du Seigneur, tant Juifs que Grecs. 11 Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul, 12 de sorte que même on portait de dessus son corps des mouchoirs et des tabliers sur les infirmes ; et les maladies les quittaient, et les esprits malins sortaient. 13 Mais quelques-uns aussi des Juifs exorcistes qui couraient çà et là, essayèrent d'invoquer le nom du seigneur Jésus sur ceux qui avaient des esprits malins, disant : Je vous adjure par Jésus que Paul prêche. 14 Et il y avait sept fils de Scéva, Juif, principal sacrificateur, qui faisaient cela. 15 Mais l'esprit malin, répondant, leur dit : Je connais Jésus et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes-vous ? 16 Et l'homme en qui était l'esprit malin, s'élança sur eux, et, s'étant rendu maître des deux, usa de violence contre eux, de sorte qu'ils s'enfuirent de cette maison, nus et blessés. 17 Et cela vint à la connaissance de tous ceux qui demeuraient à Éphèse, Juifs et Grecs ; et ils furent tous saisis de crainte, et le nom du seigneur Jésus était magnifié. 18 Et plusieurs de ceux qui avaient cru, venaient, confessant et déclarant ce qu'ils avaient fait. 19 Plusieurs aussi de ceux qui s'étaient adonnés à des pratiques curieuses, apportèrent leurs livres et les brûlèrent devant tous ; et ils en supputèrent le prix, et ils trouvèrent qu'il se montait à cinquante mille pièces d'argent. 20 C'est avec une telle puissance que la parole du Seigneur croissait et montrait sa force.
  • Quand Paul décide-t-il de quitter la synagogue ?
  • Quel événement conduisit-il à produire une telle crainte du nom de Jésus à Éphèse, et quelle conséquence cela a-t-il eu parmi les chrétiens eux-mêmes ?
  • Pourquoi les livres furent-ils brûlés et non vendus ?
La puissance manifestée à l’occasion du ministère de Paul provoqua diverses réactions, à commencer par une rébellion manifeste de Juifs attachés à la tradition, mais aussi l’idée d’un profit à tirer en utilisant abusivement le nom de Jésus. L’esprit de lucre ne s’embarrasse pas de réalité, il s’empare des opportunités. Mais cette situation pouvait-elle perdurer ? Nous ne voyons pas l’apôtre réagir, et même est-il totalement étranger à ce qui s’est produit. Mais lorsque les exorcistes furent confondus, le bruit s’en est répandu, et des chrétiens mêmes furent repris et portèrent les livres de superstition qu’ils détenaient, et les brûlèrent publiquement. Une fortune partie en fumée, et si leur valeur sur le marché était importante, cet argent aurait-il pu servir au frais des serviteurs ou au bien-être des croyants ? Poser la question est déjà y répondre.

 
Révolte des marchands d’idoles à Éphèse – 19:23-41

Plus de deux années ont passé, et toute la province a été mise en contact avec le message de l’évangile. Le calme était revenu semble-t-il, et Paul pensait aller plus loin… Des difficultés se sont faites jour, à Corinthe régnait un esprit de contestation et de division, en Galatie des docteurs judaïsant apportaient du trouble. Et tandis que l’apôtre est en proie à ces soucis, une nouvelle épreuve s’abat sur les croyants. Il se trouve tant d’Ephésiens qui se tournent vers Jésus Christ, que des artisans fabricants d’objets du culte de Diane, grande figure de la mythologie et déesse de la ville, manifestent leur inquiétude et fomentent une révolte.

21 Or, après que ces choses se furent accomplies, Paul se proposa dans son esprit de passer par la Macédoine et par l'Achaïe, et d'aller à Jérusalem, disant : Après que j'aurai été là, il faut que je voie Rome aussi. 22 Et ayant envoyé en Macédoine deux de ceux qui le servaient, Timothée et Éraste, il demeura lui-même quelque temps en Asie.
 
23 Or il y eut en ce temps-là un grand trouble au sujet de la voie ; 24 car un certain homme nommé Démétrius, qui travaillait en argenterie et faisait des temples de Diane en argent, procurait un grand profit aux artisans ; 25 et il les assembla, ainsi que ceux qui travaillaient à de semblables ouvrages, et dit : Ô hommes, vous savez que notre bien-être vient de ce travail ; 26 et vous voyez et apprenez que non seulement à Éphèse, mais presque par toute l'Asie, ce Paul, usant de persuasion, a détourné une grande foule, disant que ceux-là ne sont pas des dieux, qui sont faits de main. 27 Et non seulement il y a du danger pour nous que cette partie ne tombe en discrédit, mais aussi que le temple de la grande déesse Diane ne soit plus rien estimé, et qu'il n'arrive que sa majesté, laquelle l'Asie entière et la terre habitée révère, soit anéantie. 28 Et quand ils eurent entendu ces choses, ils furent remplis de colère, et s'écriaient, disant : Grande est la Diane des Éphésiens ! 29 Et toute la ville fut remplie de confusion ; et, d'un commun accord, ils se précipitèrent dans le théâtre, entraînant avec eux Gaïus et Aristarque, Macédoniens, compagnons de voyage de Paul. 30 Et comme Paul voulait entrer vers le peuple, les disciples ne le lui permirent pas ; 31 et quelques-uns aussi des Asiarques, qui étaient ses amis, envoyèrent vers lui pour le prier de ne pas s'aventurer dans le théâtre. 32 Les uns donc criaient une chose, les autres une autre ; car l'assemblée était en confusion, et la plupart ne savaient pas pourquoi ils étaient assemblés. 33 Et ils tirèrent Alexandre hors de la foule, les Juifs le poussant en avant ; et Alexandre, faisant signe de la main, voulait présenter une apologie au peuple. 34 Mais quand ils eurent connu qu'il était Juif, ils s'écrièrent tous d'une seule voix, durant près de deux heures : Grande est la Diane des Éphésiens ! 35 Mais le secrétaire de la ville, ayant apaisé la multitude, dit : Hommes éphésiens, qui est donc l'homme qui ne sache pas que la ville des Éphésiens est consacrée à la garde du temple de la grande Diane, et à l'image tombée du ciel ? 36 Ces choses donc étant incontestables, il convient que vous vous teniez tranquilles et que vous ne fassiez rien précipitamment ; 37 car vous avez amené ces hommes qui ne sont ni des voleurs sacrilèges, ni des blasphémateurs de votre déesse. 38 Si donc Démétrius et les artisans qui sont avec lui ont quelque affaire contre quelqu'un, les tribunaux sont ouverts et il y a des proconsuls ; qu'ils s'accusent les uns les autres. 39 Et si vous avez une réclamation à faire sur d'autres sujets, on en décidera dans l'assemblée légale ; 40 car nous sommes en danger d'être accusés de sédition pour ce qui s'est passé aujourd'hui, puisqu'il n'y a pas de motif que nous puissions alléguer pour rendre raison de cet attroupement. 41 Et quand il eut dit ces choses, il congédia l'assemblée.
  • Relevons le double discours de Démétrius, l’un à l’adresse des artisans, l’autre à l’adresse de la foule. Pourquoi ce double discours ?
  • Les slogans de la révolte reflètent-ils le souci de manque à gagner des artisans ? Pourquoi ?
  • Voyons ici l’intervention de Juifs dans la révolte.
  • Que penser de ce fait heureux que Paul ait parmi ses amis des notables de la ville, des "Asiarques" ? Voyons aussi la bonne disposition du secrétaire de la ville.
Ce qui soutient l’activité religieuse est ici très bien décrit, à savoir l’argent qu’en tirent un certain nombre de personnes ; un bel exemple d’intérêts commerciaux couverts par une fausse piété, ce qui se connaît en d’autres milieux religieux. Comparaison faite avec le christianisme du commencement, nous voyons immédiatement le contraste absolu. Et voyons la duplicité patente : la réalité est la crainte d’une perte financière tandis que l’argumentation se fonde sur l’affirmation de la piété ! Ces arguments religieux font perdre toute raison lorsque la foule clame ainsi son attachement à des traditions. Mais par bonheur, la ville semble dirigée par des personnes sages.
 
Une question restera ici sans réponse : qui est cet Alexandre qui voulut présenter une apologie devant le peuple (vers.33) ? Est-ce lui qui, quelques années plus tard, s’opposa à Paul ? (1 Tim 1:20 et 2 Tim 4:14).
 
Paul, connu comme une figure de proue de l’annonce de l’Évangile, étant lui-même prêt pour un départ vers la Macédoine, précipite alors son départ afin que la susceptibilité des opposants ne soit pas exacerbée par sa présence ; il ne fallait pas attiser le feu ! La révolte a du être menée avec une violence extrême, comme nous pouvons le lire dans cette évocation par Paul : "Nous ne voulons pas que vous ignoriez l’affliction que nous avons connue en Asie ; nous avons été accablés à l’extrême, au delà de nos forces, de sorte que nous avons désespéré même de rester en vie." (2 Cor.1:8).

 

 
 
 
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10:03 Publié dans Actes 17 à 20, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 20:1 Troisième voyage de Paul (3/4)


 

Les assemblées de Macédoine et de Grèce – 20:1-6

C’est en Macédoine que Paul écrit sa seconde lettre aux Corinthiens et à la Grèce tout entière, heureux de pouvoir exprimer le soulagement qu’il venait de recevoir à leur propos, la première épître ayant été positivement reçue (2 Cor.1:3-7), même s’il se trouvait encore à Corinthe quelques personnes qui prétendaient s’opposer à lui (2 Cor.10:1-12:21). Il explique alors, dans cette même seconde lettre, son intention première de courir jusqu’à eux, et pourquoi il se retint de le faire (2 Cor.1:15-22), préférant passer de Troade en Macédoine d’abord, ce qui donnerait du temps pour que les difficultés puissent s’aplanir à Corinthe (2 Cor.2:12).
 
Paul et ses compagnons font en Grèce un séjour de trois mois avant de penser au retour, Paul ayant à cœur de se trouver pour la pentecôte à Jérusalem.

20  1 Or, après que le tumulte eut cessé, Paul fit venir les disciples, et les ayant embrassés, il partit pour aller en Macédoine. 2 Et ayant traversé ces quartiers-là, et ayant beaucoup exhorté les disciples, il vint en Grèce. 3 Et après qu'il y eut séjourné trois mois, les Juifs lui ayant dressé des embûches comme il allait s'embarquer pour la Syrie, on fut d'avis de s'en retourner par la Macédoine. 4 Et Sopater de Bérée, fils de Pyrrhus, l'accompagna jusqu'en Asie, et les Thessaloniciens Aristarque et Second, et Gaïus, et Timothée de Derbe, 5 et Tychique et Trophime d'Asie. Ceux-ci ayant pris les devants, nous attendirent en Troade. 6 Et pour nous, nous partîmes à force de voiles, de Philippes, après les jours des pains sans levain, et nous arrivâmes au bout de cinq jours auprès d'eux dans la Troade, et nous y séjournâmes sept jours.
  • Le chemin du retour se passe-t-il suivant les plans de l’apôtre ?
Nous pourrions nous émouvoir de la vie de l’apôtre. Quittant Ephèse précipitamment, pour cause de troubles, et après à peine quelques mois passés en Grèce, une réelle menace pèse sur lui de la part de Juifs… Il pensait initialement se rendre en Grèce, visiter de là la Macédoine, et ensuite partant de Corinthe aller directement à Jérusalem (2 Cor.1:16) ; mais il fut amené à changer son projet de voyage et repasser par l’Asie plutôt que de s’en aller directement vers la Syrie. Nus ne savons pas le caractère ce ces menaces, mais il est clair que des nuages sombres s’amoncellent.
 
Paul est véritablement la cible de toute la colère des Juifs (vers.3), et il doit en tenir compte ; mais il ne se laisse pas décourager. Les difficultés dans les assemblées, les pressions des Juifs, l’opposition aussi quelques fois de la part des nations ne l’empêchent pas de voir au-delà, de faire des projets. C’est ici, à Corinthe, que Paul, apaisé, écrit aux Romains cette "somme de l’Évangile", une lettre pastorale dans laquelle il présente ce qu’il enseigne en tous lieux. Il a beaucoup de connaissances à Rome, quoiqu’il ne soit jamais allé jusque là, et notamment Aquilas et Priscilla qui y sont retournés. Il confie aux chrétiens de Rome, ses intentions, ayant le projet de se rendre d’abord à Jérusalem porter une obole de la part des assemblées en Macédoine et en Grèce, avant de se rendre à la capitale de l’empire et pousser plus loin jusqu’en Espagne (Rom.15:22-29).
 
Mais il est en chemin, faisant ce détour par la côte de l’Asie ; et ce détour pour ainsi dire obligé du fait des embûches des Juifs sera l’occasion pour diverses circonstances, tout d’abord à Troas où Paul se trouve avec les croyants du lieu un premier jour de la semaine, pour la "fraction du pain", et ensuite à Milet où l’apôtre a invité les anciens de l’assemblée à Éphèse.

 
Fraction du pain en Troade – 20:7-16

Paul et ses compagnons restent quelques jours avec les frères de Troade, étant convenu de rester jusqu’au premier jour de la semaine, le dimanche, pour participer à la "fraction du pain" avec eux avant de s’en aller.

7 Et le premier jour de la semaine, lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain, Paul qui devait partir le lendemain, leur fit un discours, et il prolongea le discours jusqu'à minuit. 8 Or il y avait beaucoup de lampes dans la chambre haute où nous étions assemblés. 9 Et un jeune homme nommé Eutyche, qui était assis sur la fenêtre, accablé d'un profond sommeil, comme Paul prêchait très-longuement, tomba, accablé par le sommeil, du troisième étage en bas, et fut relevé mort. 10 Mais Paul étant descendu, se pencha sur lui, et l'ayant embrassé, il dit : Ne soyez pas troublés, car son âme est en lui. 11 Et après qu'il fut remonté, et qu'il eut rompu le pain et mangé, et qu'il eut conversé longtemps jusqu'à l'aube, il partit. 12 Et ils amenèrent le jeune garçon vivant, et furent extrêmement consolés.
 
13 Or pour nous, ayant pris les devants sur un navire, nous fîmes voile vers Assos où nous devions prendre Paul à bord ; car il l'avait ainsi ordonné, étant dans l'intention d'aller lui-même à pied. 14 Et lorsqu'il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord, et nous allâmes à Mitylène. 15 Et ayant fait voile de là, nous arrivâmes le lendemain à la hauteur de Chios ; et le jour suivant nous touchâmes à Samos ; et nous étant arrêtés à Trogylle, nous vînmes le jour d'après, à Milet ; 16 car Paul avait résolu de passer devant Éphèse, de manière à ne pas dépenser son temps en Asie ; car il se hâtait pour être, s'il lui était possible, le jour de la Pentecôte, à Jérusalem.
  • Remarquons la "fraction du pain" célébrée au premier jour de la semaine, jour de la résurrection du Seigneur (Marc 16:9), et à cette occasion une collecte pouvait être faite (1 Cor.16 :2).
  • A qui était destinée la collecte faite en Grèce et en Macédoine, et dont Paul portait le fruit ?
  • La chute d’Eutyche, suite de son assoupissement lors du long discours de Paul. Que pouvons-nous lire, ou plutôt ne pas lire dans ce court récit ?
  • Pourquoi Paul, pensons-nous, a-t-il fait le choix de parcourir un bout de chemin à pieds tandis que ses compagnons s’en furent en bateau ?
Nous voyons ici que les chrétiens se réunissaient au "premier jour de la semaine", évocation du jour de la résurrection, pour "la fraction du pain", comme ils désignaient le repas de mémorial institué par le Seigneur, la nuit qu’il fut livré (1 Cor.15:23). Il faut penser que la réunion "pour rompre le pain" se tenait le soir,… En effet, il n’y avait pas de congé hebdomadaire… Quant au malheureux accident survenu à Eutyche, il est bon de remarquer que nul reproche n’est fait à ce jeune homme… Un exemple de compréhension.
 
Au matin, après avoir consolé l’assemblée touchant Eutyche, les compagnons de Paul prennent le navire tandis que lui-même s’en va à pieds. Il désire être seul un temps, et nous pouvons comprendre qu’il réfléchit à ce qu’il pressent touchant les jours à venir. La pression de Juifs opposés à la parole de l’Evangile se fait de plus en plus forte contre lui, et sa visite qu’il a projetée à Jérusalem, et qu’il ne met pas en question, annonce bien des difficultés, au point qu’il pressent manifestement d’être privé de liberté. Paul médite. Et ayant rejoint ses compagnons à Assos, il poursuit le trajet jusqu’à Milet, le port d’Éphèse.

 

 
 
 
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09:00 Publié dans Actes 17 à 20, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 20:17 Troisième voyage de Paul (4/4)


 

Discours aux anciens d'Éphèse - 20:17-38

Les anciens de l’assemblée d’Ephèse sont appelés, et, après cette longue réflexion qu’il fit en route, Paul tient un discours, un discours d’adieu... L’émotion est grande.

17 Or il envoya de Milet à Éphèse, et appela auprès de lui les anciens de l'assemblée ; 18 et quand ils furent venus vers lui, il leur dit : Vous savez de quelle manière je me suis conduit envers vous tout le temps, depuis le premier jour que je suis entré en Asie, 19 servant le Seigneur en toute humilité, et avec des larmes, et des épreuves qui me sont arrivées par les embûches des Juifs ; 20 comment je n'ai rien caché des choses qui étaient profitables, en sorte que je ne vous eusse pas prêché et enseigné publiquement et dans les maisons, 21 insistant et auprès des Juifs et auprès des Grecs sur la repentance envers Dieu et la foi en notre seigneur Jésus Christ. 22 Et maintenant, voici, étant lié dans mon esprit, je m'en vais à Jérusalem, ignorant les choses qui m'y doivent arriver, 23 sauf que l'Esprit Saint rend témoignage de ville en ville, me disant que des liens et de la tribulation m'attendent. 24 Mais je ne fais aucun cas de ma vie, ni ne la tiens pour précieuse à moi-même, pourvu que j'achève ma course, et le service que j'ai reçu du seigneur Jésus pour rendre témoignage à l'évangile de la grâce de Dieu.
 
25 Et maintenant, voici, moi je sais que vous tous, parmi lesquels j'ai passé en prêchant le royaume de Dieu, vous ne verrez plus mon visage. 26 C'est pourquoi je vous prends aujourd'hui à témoin, que je suis net du sang de tous ; 27 car je n'ai mis aucune réserve à vous annoncer tout le conseil de Dieu. 28 Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l'Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l'assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils. 29 Moi je sais qu'après mon départ il entrera parmi vous des loups redoutables qui n'épargneront pas le troupeau ; 30 et il se lèvera d'entre vous-mêmes des hommes qui annonceront des doctrines perverses pour attirer les disciples après eux. 31 C'est pourquoi veillez, vous souvenant que, durant trois ans, je n'ai cessé nuit et jour d'avertir chacun de vous avec larmes.
 
32 Et maintenant je vous recommande à Dieu, et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d'édifier et de vous donner un héritage avec tous les sanctifiés. 33 Je n'ai convoité ni l'argent, ni l'or, ni la robe de personne. 34 Vous savez vous-mêmes que ces mains ont été employées pour mes besoins et pour les personnes qui étaient avec moi. 35 Je vous ai montré en toutes choses, qu'en travaillant ainsi il nous faut secourir les faibles, et nous souvenir des paroles du seigneur Jésus, qui lui-même a dit : Il est plus heureux de donner que de recevoir. 36 Et ayant dit ces choses, il se mit à genoux et pria avec eux tous. 37 Et ils versaient tous beaucoup de larmes, et se jetant au cou de Paul, ils le couvraient de baisers, 38 étant surtout peinés de la parole qu'il avait dite, qu'ils ne verraient plus son visage. Et ils l'accompagnèrent au navire.
  • De quoi vient que Paul a ce pressentiment d’aller au devant de l’emprisonnement et de beaucoup de tribulations ? Pense-t-il survivre à cette persécution ? Vers.23.
  • Est-ce cependant pour lui-même que Paul craint en ce moment qu’il pense être celui de l’adieu ? Quelles circonstances connues dans d’autres localité induisent-elles cette crainte touchant Éphèse ? Vers.29-30.
  • Quelles recommandations fait-il aux anciens, les bergers de l’assemblée locale ? Vers.35.
  • Et pourquoi l’apôtre met-il tant d’emphase sur la nécessité de travailler de ses mains, ce qu’il avait fait lui-même durant les trois années qu’il fut parmi eux ? Vers.35, 1 Cor.4:12, 2 Thes.3:7-12.
La parole de l’apôtre est vraiment claire touchant ses difficultés, lesquelles il évoque pour que chacun comprenne le sens de son propos. Sa douleur est de pressentir des difficultés à Éphèse comme il s’en est trouvé en Galatie et surtout à Corinthe où un esprit bien peu spirituel a pénétré l’assemblée.
 
Pour ce qui le concernait, Paul ressent cette nécessité d’aller à Jérusalem, une pression intérieure le pousse et il ne s’attarde pas en chemin, assuré dans son for intérieur que des difficultés importantes surviendront dans cette ville, et avance résolument, prêt à affronter ce qu’il pressent. Ayant dit ces choses, et sans doute sous le coup des accusations de la part de plusieurs à Corinthe, il rappelle la manière selon laquelle il a servi à Éphèse, travaillant de ses propres mains, et, de ce fait bien placé pour les exhorter à travailler eux-mêmes, comme il en avait déjà parlé dans ses lettres (Vers.35, 1 Cor.4:12, 2 Thes.3:7-12).
 
Aux anciens, les surveillants comme il est écrit par ailleurs (vers.28, 1 Tim.3:2, Tite 1:7), l’apôtre recommande le troupeau qui leur est confié, ce troupeau que le Seigneur acquit en donnant sa vie. Et nous lisons ici ce qu’est être un serviteur de Dieu au sein d’une assemblée. Voici bien le service commun de tout chrétien. Il n’est pas demandé à tous d’être missionnaire, mais de secourir les faibles, comme le Seigneur l’a lui-même indiqué (Mat.25:34-36, Jac.1:27).
 
"Et ayant dit ces choses, il se mit à genoux et pria avec eux tous." Heureuse communion de ces chrétiens !

 
Passage par Tyr et Césarée - 21:1-14

Ce fut, à Milet, un départ déchirant, tant ces croyants étaient attachés à l’apôtre, mais il fallait aller de l’avant. Et ils se rendent alors à Césarée, non sans avoir salué des chrétiens dans les villes portuaires où ils firent escales notamment à Tyr et Césarée Maritime.

21 1 Et quand, nous étant arrachés d'auprès d'eux, nous eûmes mis à la voile, voguant en droite ligne, nous arrivâmes à Cos, et le jour suivant à Rhodes, et de là à Patara. 2 Et ayant trouvé un navire qui passait en Phénicie, nous y montâmes et mîmes à la voile. 3 Et quand nous fûmes en vue de Chypre, l'ayant laissée à gauche, nous voguâmes vers la Syrie et nous abordâmes à Tyr ; car c'était là que le navire devait décharger sa cargaison. 4 Et ayant trouvé les disciples, nous y demeurâmes sept jours. Et ils dirent à Paul, par l'Esprit, de ne pas monter à Jérusalem. 5 Mais ayant accompli ces jours, nous partîmes et nous nous mîmes en chemin ; et tous nous accompagnèrent avec femmes et enfants jusque hors de la ville ; et nous étant mis à genoux sur le rivage, nous priâmes. 6 Et après nous être embrassés les uns les autres, nous montâmes sur le navire ; et ils s'en retournèrent chez eux. 7 Et quant à nous, achevant notre navigation, nous arrivâmes de Tyr à Ptolémaïs ; et ayant salué les frères, nous demeurâmes un jour auprès d'eux. 8 Et le lendemain, étant partis, nous vînmes à Césarée ; et étant entrés dans la maison de Philippe l'évangéliste qui était l'un des sept, nous demeurâmes chez lui. 9 Or il avait quatre filles vierges qui prophétisaient. 10 Et comme nous nous arrêtâmes là plusieurs jours, un prophète nommé Agabus descendit de la Judée ; 11 et étant venu auprès de nous et ayant pris la ceinture de Paul, et s'étant lié les pieds et les mains, il dit : L'Esprit Saint dit ces choses : L'homme à qui est cette ceinture, les Juifs à Jérusalem le lieront ainsi et le livreront entre les mains des nations. 12 Et quand nous eûmes entendu ces choses, nous et ceux qui étaient du lieu, nous le suppliâmes de ne pas monter à Jérusalem. 13 Mais Paul répondit : Que faites-vous en pleurant et en brisant mon cœur ? Car pour moi, je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du seigneur Jésus. 14 Et comme il ne se laissait pas persuader, nous nous tûmes, disant : La volonté du Seigneur soit faite !
  • Un jour dans une localité, sept ailleurs, plusieurs jours à Césarée, autant d’arrêts dans ce voyage vers Jérusalem. Qu’est-ce qui caractérisent ces haltes ?
Les perspectives pour Paul produisent grande peine, mais quelle chaleur, quelle affection ! Paul est accueilli avec joie en chacune des villes qu’il traverse, et Philippe l’évangéliste, établi à Césarée depuis quelque vingt années est là pour le recevoir. Le chemin de Paul, qui peut le comprendre ? Mais il l’assume pleinement. Depuis le départ de Corinthe et les actions de quelques opposants qui provoquèrent la décision de changer de route, Paul y pensait, il fit même un bout de chemin à pieds, seul, pour méditer, et son discours aux anciens d’Éphèse nous donne sans doute l’essence de sa réflexion. Souvent il a quitté une ville en effervescence, mais il va droit devant vers Jérusalem. Pour lui, il était prêt à s’engager dans ce chemin difficile, alors que s’il s’agissait des autres, des chrétiens, il quittait les lieux où le danger paraissait, afin que ceux-là puissent être ainsi épargnés.

 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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