09/12/2011

Actes 13:1 Premier voyage de Paul (1/3)


 

L'ANNONCE AUX NATIONS
Actes 13:1-28:31

 
Exposant le développement des assemblées chrétiennes au très excellent Théophile, Luc relate ici, et jusqu’à la fin du livre, les œuvres de l’apôtre Paul, jusqu’à ce qu’il fut assigné à domicile à Rome. Nous pouvons comprendre que l’œuvre se développait par d’autres moyens, bien des serviteurs étant à l’œuvre, mais cet ouvrage était destiné à un homme pour répondre à ses propres attentes ; il est donc clair que Luc n’avait pas l’intention d’écrire un livre d’histoire au sens actuel du terme. Quelques lignes dans les épîtres nous font entrevoir ce travail d’autres que Paul, concernant notamment Pierre à Antioche puis à Babylone (Gal.2:11, 1 Pier.5:3), ou encore les voyages que Paul fit après avoir été relâché, et jusqu’à une période qui précède de peu son dernier emprisonnement et son martyre, et au cours de laquelle Luc l’accompagne toujours (Tite, 1 et 2 Tim.).
 
Saul de Tarse, fut sans doute convaincu dès les lendemains de sa conversion, à Damas, de cette mission exceptionnelle qui devait lui être confiée (Actes 9:15), et par ailleurs, il n’a pas manqué de parler de Jésus aux Juifs, déjà à Damas et ensuite aussi à Jérusalem (Actes 9:20,29), suscitant bien malgré lui l’animosité des Juifs. Celle-ci fut telle que les apôtres craignirent que ne se produise de nouveaux troubles, aussi l’invitèrent-ils à se retirer quelques temps en sa ville de Tarse en Cilicie. Barnabé est allé le chercher pour travailler parmi les croyants d’Antioche, où se trouvaient nombre de croyants non-juifs. Quatre ou cinq années s’étaient passées depuis sa conversion.
 
Saul de Tarse, qui fut bientôt connu sous le nom de Paul, s’est-il engagé lui-même dans l’œuvre pour laquelle il était destiné ? Et est-il parti dans ses périples en étant mandaté expressément par Pierre ou un des Douze ? Ces voyages missionnaires trouvent leur origine à Antioche, lorsque quelques serviteurs de Dieu étaient réunis…


13  1 Or il y avait à Antioche, dans l'assemblée qui était là, des prophètes et des docteurs : et Barnabé, et Siméon, appelé Niger, et Lucius le Cyrénéen, et Manahen, qui avait été nourri avec Hérode le tétrarque, et Saul. 2 Et comme ils servaient le Seigneur et jeûnaient, l'Esprit Saint dit : Mettez-moi maintenant à part Barnabé et Saul, pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés. 3 Alors, ayant jeûné et prié, et leur ayant imposé les mains, ils les laissèrent aller.

  • Que représente ici ce jeûne pratiqué par quelques serviteurs de l’assemblée à Antioche ? Marc 9:29.
  • De qui Barnabé et Saul tiennent-ils leur mandat pour entreprendre le voyage missionnaire qu’ils vont entreprendre ?
  • Comment les "prophètes et docteurs" exprimèrent-ils leur communion dans ce service pour le Seigneur ?

Dans cette scène si brièvement présentée, ces hommes étaient manifestement réunis pour une raison particulière, unis par ce souci partagé ; une ou plusieurs questions occupaient leurs esprits, et ils avaient au cœur de chercher la pensée de Dieu. Ils prient et jeûnent, exprimant ici l’attente instante pour être conduit dans une décision à prendre, s’attendant au Seigneur pour la direction à prendre, et se gardant de toute autre influence, se tenant eux-mêmes dans le jeûne. Et ils réalisent précisément ce que le Seigneur avait annoncé, disant :
"Je vous dis encore que si deux d'entre vous sont d'accord sur la terre pour une chose quelconque, quelle que soit la chose qu'ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux ; car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d'eux" (Mat.18:19-20).
Ce ne sont pas les anciens, ou surveillants, quoiqu’ils puissent avoir l’un ou l’autre une telle charge particulière dans l’assemblée, mais leur préoccupation va au-delà de l’assemblée locale, ils étaient rassemblés, docteurs et prophètes, hommes remplis de l’Esprit qui exerçaient leurs dons en quelques lieux qu’ils pussent se trouver. Occupés du développement de l’œuvre ? Assurément. Une question qui se pose est la poursuite de l’annonce du message à toutes les nations, et la réponse leur a été donnée.
 
En peu de mots, nous voyons que ces hommes remplis de la sagesse qui vient de Dieu donnent ainsi essor à l’œuvre préparée par Dieu lui-même pour les serviteurs qu’Il a Lui-même mis à part pour ce faire. C’est donc par l’Esprit de Dieu que Paul et Barnabé sont envoyés, et les docteurs et prophètes réunis à Antioche expriment leur pleine confiance.

 

 
PREMIER VOYAGE MISSIONNAIRE
Actes 13:4-14:28

Paul et Barnabé accompagnés de Jean, surnommé Marc, descendirent d’Antioche au port de Séleucie en vue de se rendre à Chypre, île d’où venait Barnabé (Actes 4:36). Ils se rendent premièrement dans les synagogues, désirant s’adresser à leur peuple en priorité, avant de présenter l’Évangile à des non-juifs, une pratique à laquelle Paul se tiendra tout au long de son service.
 
A Paphos, sur l’île de Chypre, ce sera la confrontation avec un faux prophète juif, magicien, et la conversion du proconsul. Jean-Marc n’ira pas plus loin. Paul et Barnabé font la traversée jusqu’à Attalie, l’actuelle Antalya, port de la ville de Pergé, au sud de l’Asie mineure, pour se rendre directement plus au nord, en la ville d’Antioche de Pidisie, une visite de laquelle Luc rapporte le discours que Paul y prononça à la synagogue. La parole se répand dans toute la région… Des troubles s’en suivent, et les deux s’en vont vers l’est et visitent les villes d’Iconium, Lystre et Derbe.
 
A Iconium, ils parlent dans la synagogue d’abord mais ne tardèrent pas à subir l’opposition de Juifs allant même jusqu’à vouloir les lapider. Après quelques temps, ils poursuivent vers Lystre, quelques dizaines de kilomètres plus loin, où les prodiges accomplis produisent une manifestation aussi extraordinaire que déplacée, des hommes prenant Paul et Barnabé pour des dieux de la mythologie. Puis ce fut Derbe, ville voisine où il se trouve une femme de foi, juive, épouse d’un homme grec, et mère d’un jeune homme qui accompagnera l’apôtre quelques années plus tard, Timothée (2 Tim.1:5). Ainsi sont nées les assemblées de Galatie, la Pidisie et la Lyaconie appartenant à cette vaste région du cœur de l’Asie Mineure.
 
Après ces quelques mois éprouvants, Paul et Barnabé peuvent considérer les rassemblements de croyants dans chacune des villes visitées. Sur le retour ils visitent les croyants de ces villes d’Asie mineure, et s’arrêtent alors à Pergé où ils ne firent que passer à l’aller, et y annoncent la Parole avant de faire voile à Attalie pour rejoindre Séleucie, et de là Antioche d’où ils étaient partis.

 
Le magicien de Paphos, faux prophète juif – 13:4-12

Un homme rusé pratiquant la magie, faux-prophète juif, se tient auprès du proconsul. Lorsque celui-ci appelle Paul et Barnabé pour entendre leur message, ce faux prophète s’acharne contre eux, mais aurait-il pu résister à la puissance de l’Esprit de Dieu ?

4 Eux donc, ayant été envoyés par l'Esprit Saint, descendirent à Séleucie ; et de là ils firent voile pour Chypre. 5 Et quand ils furent à Salamine, ils annonçaient la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs ; et ils avaient aussi Jean pour serviteur. 6 Et ayant traversé toute l'île jusqu'à Paphos, ils trouvèrent un certain homme, un magicien, faux prophète juif, nommé Bar-Jésus, 7 qui était avec le proconsul Serge Paul, homme intelligent. Celui-ci, ayant fait appeler Barnabé et Saul, demanda à entendre la parole de Dieu. 8 Mais Élymas, le magicien (car c'est ainsi que son nom s'interprète), leur résistait, cherchant à détourner le proconsul de la foi. 9 Et Saul qui est aussi appelé Paul, étant rempli de l'Esprit Saint, fixant ses yeux sur lui, dit : 10 Ô homme plein de toute fraude et de toute méchanceté, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu pas de pervertir les voies droites du Seigneur ? 11 Et maintenant voici, la main du Seigneur est sur toi, et tu seras aveugle, sans voir le soleil pour un temps. Et à l'instant une obscurité et des ténèbres tombèrent sur lui ; et se tournant de tous côtés, il cherchait quelqu'un qui le conduisît par la main. 12 Alors le proconsul, voyant ce qui était arrivé, crut, étant saisi par la doctrine du Seigneur.

  • L’œuvre de Dieu est-elle entravée par les manifestations d’opposition rencontrées ?
  • Qu’était, aux yeux de Paul, ce faux-prophète ?
  • Est-ce le fait que le faux-prophète fut pris de cécité qui saisit l’esprit du proconsul ?

Considérant la foi du proconsul, revenons à l’extraordinaire du message délivré par Paul et Barnabé, la parole de l’évangile. Pensons donc ! Tout ce qui se passe dans le monde est connu de Dieu, les faits remarquables comme les pires méfaits, et un sacrifice a été offert pour que l’accès à Dieu puisse être proposé à tout homme. Là où d’aucun pensent obtenir une semblable félicité par la pratique de la loi, où d’autres la recherchent par des pratiques cultuelles, il est ici question de pardon, d’une rédemption acquise par Celui qui s’est offert Lui-même en sacrifice. Le proconsul romain a écouté la Parole de Dieu !
 
Quant à cet homme, ce faux-prophète et magicien, qu’était-il aux yeux de Paul et Barnabé ? Un ennemi de la justice. Il ne s’agit pas d’un homme qui se trompe, qui fait erreur, mais d’une personne qui cherche activement à détruire le message de l’évangile. Il y en eût avant lui, il y a eu au cours de l’histoire, et il s’en trouve toujours, des hommes qui, pour attirer à eux et mener des foules, travestissent le message de Dieu, l’altèrent, le dénigrent, le détruisent. Combien de personnes, dans le monde christianisé, connaissent la substance du message de l’Évangile ? Tant il a été déformé… Mais le proconsul, lui, ne fut pas empêché de croire !

 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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00:00 Publié dans Actes 13 à 16, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

08/12/2011

Actes 13:13 Premier voyage de Paul (2/3)


 

Discours à la synagogue d’Antioche de Pidisie – 13:13-41

Arrivés en Asie Mineure, la première destination fut la ville d’Antioche de Pisidie, sans doute la première où se trouvât une synagogue, et lors du sabbat, Paul et Barnabé s’y rendent, attendant que la lecture de la Bible fut faite jusqu’au moment où ils sont invités à prononcer une parole d’exhortation, occasion saisie par Paul. Il y a dans l’assistance des Juifs, "fils de la race d'Abraham", et des prosélytes, gens des nations que Paul définit par ces mots : "ceux qui parmi vous craignent Dieu" (Vers.26). Mettons-nous un instant à la place de ces personnes dans la synagogue, à l’écoute de l’apôtre, et pensons à ce que ce message leur apportait et nous apporte.

13 Et faisant voile de Paphos, Paul et ses compagnons se rendirent à Perge de Pamphylie. Mais Jean, s'étant retiré d'avec eux, s'en retourna à Jérusalem. 14 Et eux, étant partis de Perge, traversèrent le pays et arrivèrent à Antioche de Pisidie ; et étant entrés dans la synagogue le jour du sabbat, ils s'assirent. 15 Et après la lecture de la loi et des prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : Hommes frères, si vous avez quelque parole d'exhortation pour le peuple, parlez.
 
16 Et Paul, s'étant levé et ayant fait signe de la main, dit : Hommes israélites, et vous qui craignez Dieu, écoutez :
 
17 Le Dieu de ce peuple choisit nos pères et éleva haut le peuple pendant son séjour au pays d'Égypte ; et il les en fit sortir à bras élevé. 18 Et il prit soin d'eux dans le désert, comme une mère, environ quarante ans ; 19 et ayant détruit sept nations au pays de Canaan, il leur en donna le pays en héritage. 20 Et après ces choses, jusqu'à environ quatre cent cinquante ans, il leur donna des juges, jusqu'à Samuel le prophète. 21 Et puis ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Kis, homme de la tribu de Benjamin, pendant quarante ans. 22 Et l'ayant ôté, il leur suscita David pour roi, duquel aussi il dit en lui rendant témoignage : J'ai trouvé David, le fils de Jessé, un homme selon mon cœur, qui fera toute ma volonté. 23 De la semence de cet homme, Dieu, selon sa promesse, a amené à Israël un Sauveur, Jésus, - 24 Jean ayant déjà, immédiatement avant son arrivée, prêché le baptême de repentance à tout le peuple d'Israël. 25 Et comme Jean achevait sa course, il dit : Qui pensez-vous que je sois ? Je ne le suis pas, moi ; mais voici, il en vient un après moi, des pieds duquel je ne suis pas digne de délier la sandale.

  • Dans ce court exposé, que voyons-nous de la bonté de Dieu et du libre-arbitre de l’homme ?
  • Que dit l’apôtre pour souligner la fidélité de Dieu à ses promesses ?
26 Hommes frères, fils de la race d'Abraham, à vous et à ceux qui parmi vous craignent Dieu, la parole de ce salut est envoyée ; 27 car ceux qui habitent à Jérusalem et leurs chefs, n'ayant pas connu Jésus, ni les voix des prophètes qui se lisent chaque sabbat, ont accompli celles-ci en le jugeant. 28 Et quoiqu'ils ne trouvassent en lui aucun crime qui fût digne de mort, ils prièrent Pilate de le faire mourir. 29 Et après qu'ils eurent accompli toutes les choses qui sont écrites de lui, ils le descendirent du bois et le mirent dans un sépulcre. 30 Mais Dieu l'a ressuscité d'entre les morts. 31 Et il a été vu pendant plusieurs jours par ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple.

  • Qu’évoque cette expression touchant le décès d’un croyant : "David s’est endormi et a été réuni à ses pères" ?
  • A la lecture de la Bible hébraïque, la résurrection pouvait-elle être niée, et en particulier la résurrection du Messie d’Israël ?
32 Et nous, nous vous annonçons la bonne nouvelle quant à la promesse qui a été faite aux pères, 33 que Dieu l'a accomplie envers nous, leurs enfants, ayant suscité Jésus ; comme aussi il est écrit dans le psaume second : «Tu es mon Fils, moi je t'ai aujourd'hui engendré» [Psaume 2:7], 34 Or qu'il l'ait ressuscité d'entre les morts, pour ne devoir plus retourner à la corruption, il l'a dit ainsi : «Je vous donnerai les grâces assurées de David» [Esaïe 55:3], 35 C'est pourquoi il dit aussi dans un autre endroit : «Tu ne permettras point que ton saint voie la corruption» [Psaume 16:10], 36 Car David, après avoir, en sa propre génération, servi au conseil de Dieu, s'est endormi, et a été réuni à ses pères, et a vu la corruption ; 37 mais celui que Dieu a ressuscité, n'a pas vu la corruption.
 
38 Sachez donc, hommes frères, que par lui vous est annoncée la rémission des péchés, 39 et que de tout ce dont vous n'avez pu être justifiés par la loi de Moïse, quiconque croit est justifié par lui. 40 Prenez donc garde qu'il ne vous arrive ce qui est dit dans les prophètes : 41 «Voyez, contempteurs, et étonnez-vous, et soyez anéantis ; car moi, je fais une œuvre en vos jours, une œuvre que vous ne croiriez point, si quelqu'un vous la racontait» [Habacuc 1:5],

  • Quel est donc l’essence même du message de l’évangile ?
  • Pourquoi la loi de Moïse leur fut-elle donnée, si elle ne permettait pas à un homme d’être "déclaré juste" devant Dieu ? Ésaïe 42:21, Héb.7:19.

Lorsque Paul parle, nous ne voyons pas de condamnation, pas d’annonce de perdition, pas un soupçon même que ces personnes puissent être "plongées dans le péché" ; mais, comme il le dit des non-juifs présents, l’apôtre parle à des gens "qui craignent Dieu" (vers.26), qui sont animés par ce désir de plaire à leur Créateur. Et ils reçoivent de message de paix, entendant que quiconque croît en Lui est "déclaré juste" devant Dieu, étant placés devant l’œuvre du rachat, de la rédemption.
 
Attestant de la résurrection du Seigneur, Paul établit quelle est la puissance de Dieu pour le salut, ce qui sera le sujet de l’épître aux Romains, lorsqu’il écrivit : "Car je n'ai pas honte de l'évangile, car il est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit, et au Juif premièrement, et au Grec" (Romains 1:16).

 
Opposition de plusieurs Juifs d’Antioche de Pidisie – 13:42-52

Et Paul fut écouté ; plusieurs se proposent de poursuivre lors du sabbat suivant, mais ne laissent pas les apôtres s’en aller sans les entendre encore. Une semaine plus tard, c’est une foule qui se présente à la synagogue pour entendre la parole…

42 Et comme ils sortaient, ils demandèrent que ces paroles leur fussent annoncées le sabbat suivant. 43 Et la synagogue s'étant dissoute, plusieurs des Juifs et des prosélytes qui servaient Dieu suivirent Paul et Barnabé qui, leur parlant, les exhortaient à persévérer dans la grâce de Dieu. 44 Et le sabbat suivant, presque toute la ville fut assemblée pour entendre la parole de Dieu ; 45 mais les Juifs, voyant les foules, furent remplis de jalousie et contredirent à ce que Paul disait, contredisant et blasphémant. 46 Et Paul et Barnabé, s'enhardissant, dirent : C'était à vous premièrement qu'il fallait annoncer la parole de Dieu ; mais puisque vous la rejetez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les nations, 47 car le Seigneur nous a commandé ainsi : «Je t'ai établi pour être la lumière des nations, afin que tu sois en salut jusqu'au bout de la terre» [Esaïe 59:6], 48 Et lorsque ceux des nations entendirent cela, ils s'en réjouirent, et ils glorifièrent la parole du Seigneur ; et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent. 49 Et la parole du Seigneur se répandait par tout le pays. 50 Mais les Juifs excitèrent les femmes de qualité qui servaient Dieu et les principaux de la ville ; et ils suscitèrent une persécution contre Paul et Barnabé, et les chassèrent de leur territoire. 51 Mais eux, ayant secoué contre eux la poussière de leurs pieds, s'en vinrent à Iconium. 52 Et les disciples étaient remplis de joie et de l'Esprit Saint.

  • Qu’est-ce qui produit la vive opposition qui ne tarda pas à se manifester de la part de quelques Juifs de la ville ?
  • Comment la parole des prophètes justifie-t-elle que la parole soit ainsi annoncée à des non-juifs, même pas des prosélytes ?
  • Qu’évoque ce geste de "secouer la poussière des pieds" ? Mat.10:14, Luc 9:5.

L’écoute fut impressionnante, c’est pour ainsi dire la ville entière qui se sent concernée, mais cela bouscule les esprits, les habitudes… L’opposition est telle que les apôtres quittent la ville, accomplissant un geste chargé de symbole, "ils secouent la poussière de leurs pieds" ! Le geste évoqué par Jésus lui-même (Mat.10:14, Luc 9:5) ne peut manquer d’interpeller ; ne souligne-t-il pas la liberté de tout âme, et en particulier quant à la réception du message de la grâce, car en faisant ce geste, ils quittent, ne cherchant pas à persuader ceux qui ne veulent pas entendre. Le service des apôtres a été fidèlement accompli et ils ne peuvent envisager de forcer l’adhésion ; ils se seraient mis alors en opposition avec l’acte créateur, Dieu ayant créé l’homme capable de choix, libre et responsable…
 
La force de l’opposition vient ici de personnes attachées à la tradition juive. Il se trouve dans le fait du nombre de non-juifs ayant reçu le message de la grâce, une ombre pour des personnes convaincues de leur position exceptionnelle, fières d’appartenir au "peuple élu", ou plus exactement "choisi", car il n’y a pas de comparaison de peuples de laquelle Israël serait sorti en tête. Le peuple d’Israël a été "choisi" selon le libre choix de Dieu, non en vertu de quelque mérite, et sans aucune comparaison avec tout autre peuple, "choisi" en vue d’être le dépositaire de ses oracles (Rom.3 :2) ; mais ce précieux témoignage rend compte de l’universalité du propos divin, lequel est d’apporter la bénédiction à toutes les nations, ainsi qu’il est écrit : "en toi seront bénies toutes les familles de la terre" (Genèse 12:3). Ils avaient de la connaissance, nourris des Ecritures, mais beaucoup paraissaient ne pas connaître Dieu, ne connaissant pas son amour pourtant célébré en tant de psaumes ; cette méconnaissance conduit à une religion de formes, de lois, le terreau des pharisiens de tous les temps.
 
Toute la région d’Antioche est touchée. Cet étonnement et cette joie devaient toucher toute âme fidèle parmi les Juifs. Cependant les souffrances d’un peuple conscient de sa particularité et de sa longue histoire pouvait générer pour certains une forme de repli et cette jalousie qui s’est manifestée à Antioche, comme en bien d’autres localités, lorsque des non-juifs, en grand nombre, se sont tournés vers Jésus Christ.
 
Ces derniers ont reçu le message de la grâce et se réjouirent, "tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent". Ici, il faut nous arrêter, car cette assertion pose problème ; en effet, nous pourrions penser à une prédestination au salut, mais tel n’est pas le message de l’évangile, l’apôtre n’écrit-il pas : "notre Dieu sauveur… veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité" (1 Timothée 2:3-4) ? En effet, tous les hommes sont appelés à être sauvés ; mais, dans sa liberté, l’homme peut rejeter la grâce, et désobéir consciemment à cette parole (Jean 3:36, Héb.3:7-13). Dieu ne serait pas Dieu s’il ne connaissait toutes choses à l’avance, et ainsi, selon sa prescience, ceux qui ne rejettent pas son appel sont "destinés à la vie éternelle" (Vers.48, Rom.8:29). Ajoutons qu’il doit être clair pour chacun que la parole annoncée ne rend responsable de sa réception que les personnes qui l’ont entendue, et que, comme le disait Pierre : "En vérité, je comprends que Dieu ne fait pas acception de personnes, mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice, lui est agréable" (Actes 10:34-35).
 
"Et les disciples étaient remplis de joie et de l’Esprit Saint." La joie de goûter la bonne parole de Dieu, telle la manne qui se répandait sur la rosée du matin dans le désert et qui avait pour les Israélites, aux premiers jours du désert, la saveur d’un gâteau au miel (Exode 16:31).
 
Et Paul et Barnabé poursuivirent leur chemin sans amertume à l’égard de ceux des Juifs qui ne voulurent pas croire, la responsabilité leur en incombait, tandis qu’eux-mêmes s’étaient acquittés de leur propre responsabilité, leur ayant "prêché le Christ."

 

 
 
 
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22:00 Publié dans Actes 13 à 16, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 14:1 Premier voyage de Paul (3/3)


 

Hommage idolâtre dans la ville de Lystre – 14:1-20

Ce qui s’est produit à Antioche se reproduira de ville en ville. La parole présentée dans la synagogue sera largement reçue en dehors, par des non-juifs, ce fait provoquant la jalousie de plusieurs... Il s’en suit du trouble dans la ville, les apôtres doivent alors la quitter et s’en vont présenter la parole à la ville suivante. Une fuite est-il écrit, mais un développement aussi, la parole était répandue toujours plus loin... Après Iconium, ce fut Lystre, trente kilomètres plus loin et, là, Dieu ayant donné à un impotent la capacité de marcher, il se produisit une célébration bien étrange, Paul étant pris pour le dieu Mercure, et Barnabé pour Jupiter...

14  1 Or il arriva qu'à Iconium ils entrèrent ensemble dans la synagogue des Juifs, et parlèrent de telle sorte qu'une grande multitude de Juifs et de Grecs crurent. 2 Mais les Juifs qui ne croyaient pas émurent et irritèrent les esprits de ceux des nations contre les frères. 3 Ils séjournèrent donc là assez longtemps, parlant hardiment, appuyés sur le Seigneur, qui rendait témoignage à la parole de sa grâce, accordant que des miracles et des prodiges se fissent par leurs mains. 4 Mais la multitude de la ville fut partagée, et les uns étaient avec les Juifs, et les autres avec les apôtres. 5 Et ceux des nations et les Juifs avec leurs chefs s'étant soulevés pour les outrager et pour les lapider, 6 - eux l'ayant su, s'enfuirent aux villes de Lycaonie, à Lystre et à Derbe et dans les environs ; 7 et ils y évangélisaient.

  • Par quel nom Luc désigne-t-il les chrétiens ?
  • Comment comprendre un tel mouvement de haine contre l’évangile et ses ministres ?
  • Que produisent l’opposition, la colère et les outrages de ceux qui s’opposent à l’évangile ?
8 Et il y avait à Lystre un homme impotent de ses pieds, qui se tenait assis ; perclus dès le ventre de sa mère, il n'avait jamais marché. 9 Cet homme entendait parler Paul qui, fixant ses yeux sur lui et voyant qu'il avait la foi pour être guéri, 10 lui dit à haute voix : Lève-toi droit sur tes pieds. Et il sautait et marchait. 11 Et les foules, ayant vu ce que Paul avait fait, élevèrent leur voix, disant en lycaonien : Les dieux, s'étant faits semblables aux hommes, sont descendus vers nous. 12 Et ils appelaient Barnabé Jupiter, et Paul Mercure, parce que c'était lui qui portait la parole. 13 Et le sacrificateur du Jupiter qui était devant la ville, ayant amené des taureaux et des couronnes jusqu'aux portes, voulait sacrifier avec les foules. 14 Mais les apôtres, Barnabé et Paul, l'ayant appris, déchirèrent leurs vêtements et s'élancèrent dans la foule, 15 s'écriant et disant : Hommes, pourquoi faites-vous ces choses ? Nous sommes, nous aussi, des hommes ayant les mêmes passions que vous ; et nous vous annonçons que de ces choses vaines vous vous tourniez vers le Dieu vivant, qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et toutes les choses qui y sont ; 16 lequel dans les générations passées a laissé toutes les nations marcher dans leurs propres voies ; 17 quoique cependant il ne se soit pas laissé sans témoignage, en faisant du bien, en vous donnant du ciel des pluies et des saisons fertiles, remplissant vos cœurs de nourriture et de joie. 18 Et en disant ces choses, à peine empêchèrent-ils les foules de leur sacrifier.

  • Comment Paul a-t-il pu discerner la foi de cet homme impotent, souffrant ainsi depuis sa naissance ?
  • Est-ce la parole prononcée ou le miracle accompli qui produisit un tel mouvement de la part des prêtres païens ? Cela parait-il un chemin vers la conversion et l’attachement à Jésus-Christ ?
19 Mais des Juifs arrivèrent d'Antioche et d'Iconium ; et ayant gagné les foules et lapidé Paul, ils le traînèrent hors de la ville, croyant qu'il était mort. 20 Mais comme les disciples se tenaient autour de lui, se levant, il entra dans la ville ; et le lendemain il s'en alla avec Barnabé à Derbe.

  • Paul laissé pour mort, cela le conduit-il au découragement ?

Voyant tant de personnes se tourner vers le Christ, et ressentant sans doute le fossé qui pourrait s’établir entre les Juifs, leurs opposants focalisent leur colère sur Paul et Barnabé, à leurs yeux fauteurs du trouble. Suite à leur prédication, des bouleversements s’opèrent dans les familles. Un prix à payer, faut-il penser. Le message de l’évangile est un message de paix, mais hélas, il génère des clivages entre ceux qui le reçoivent et ceux qui le rejettent ; la division se manifeste pour ainsi dire naturellement, et il arrive ce qui était annoncé ; "Car désormais ils seront cinq dans une maison, divisés : trois seront divisés contre deux, et deux contre trois" (Luc 12:52).
 
Luc est bien sobre à propos de cette persécution, nous le voyons l’orque Paul l’évoqua, bien des années plus tard, en écrivant à Timothée, alors qu’il connaissant de nouvelles souffrances, étant une nouvelle fois prisonnier et bien près de la mort : "Mais toi, tu as pleinement compris ma doctrine, ma conduite, mon but constant, ma foi, mon support, mon amour, ma patience, mes persécutions, mes souffrances, telles qu'elles me sont arrivées à Antioche, à Iconium et à Lystre, quelles persécutions j'ai endurées ; et le Seigneur m'a délivré de toutes" (2 Tim.3:11). Timothée, de Derbe (Actes 20:4) était bien jeune lorsque ces événements sont arrivés bien près de chez lui, mais nullement arrêté, car lors du deuxième passage de Paul à Derbes, deux ans plus tard, ce jeune homme quittera sa maison avec lui (Actes 16:1-3).

 
Retour à Antioche, en Syrie – 14:21-28

Après cette visite à la ville de Derbes, les disciples retournent sur leurs pas, jusqu’à Pergé où ils prêchent la parole, car ils ne s’y étaient pas arrêtés lors de leur arrivée en Asie mineure. A ces chrétiens en butte à l’affliction, ils leur expliquent que cela est inévitable…

21 Et ayant évangélisé cette ville-là et fait beaucoup de disciples, ils s'en retournèrent à Lystre, et à Iconium, et à Antioche, 22 fortifiant les âmes des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et les avertissant que c'est par beaucoup d'afflictions qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. 23 Et leur ayant choisi des anciens dans chaque assemblée, ils prièrent avec jeûne, et les recommandèrent au Seigneur en qui ils avaient cru. 24 Et ayant traversé la Pisidie, ils vinrent en Pamphylie ; 25 et ayant annoncé la parole à Perge, ils descendirent à Attalie ; 26 et de là ils se rendirent par mer à Antioche, d'où ils avaient été recommandés à la grâce de Dieu pour l'œuvre qu'ils avaient accomplie. 27 Et, étant arrivés, et ayant réuni l'assemblée, ils racontèrent toutes les choses que Dieu avait faites avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi. 28 Et ils séjournèrent assez longtemps avec les disciples.

  • Pourquoi les apôtres choisissent-ils eux-mêmes des "anciens" dans ces jeunes assemblées ? Quels sont les caractères requis pour l’exercice de cette charge ? Tite 1:7-9, 1 Tim.3:2-7.
  • Paul et Barnabé ont "ouvert aux nations la porte de la foi", mais sont-ils les premiers à l’avoir fait ?

Nous sommes ici témoins de la démarche à laquelle Paul sera fidèle tout au long de son service, allant premièrement auprès de son peuple, et n’hésitant pas à prêcher le Christ aux nations par la suite, et c’est peut-être pour cela que sa première démarche, arrivant en Asie mineure, fut de se rendre à Antioche de Pidisie sans s’arrêter à Pergé. Mais au retour, il s’arrête en cette ville avant d’embarquer pour retrouver l’assemblée à Antioche, en Syrie, d’où il est parti.
 
En chemin, dans chacune des jeunes assemblées, ils mettent à part des "anciens" pour veiller sur les frères, une disposition bien nécessaire car il en allait alors comme toujours, des "frères" pouvant se trouver eux-mêmes l’intérêt pour une charge publique sans en avoir toujours la qualification, ainsi que l’apôtre en écrit : "Car nous apprenons qu’il y en a quelques-uns parmi vous qui marchent dans le désordre, ne travaillant pas du tout, mais se mêlant de tout" (2 Thes.3.11).  
 
Le retour à Antioche dût réjouir l’assemblée tout entière, mais une question allait vite se poser qui détermina un nouveau voyage de Paul, mais non un voyage missionnaire.

 

 
 
 
Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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21:00 Publié dans Actes 13 à 16, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 15:1 La grande réunion de Jérusalem


 

LA GRANDE REUNION DE JERUSALEM
Actes 15:1-35

Le grand nombre a reçu la parole de Paul avec joie, lorsque Paul et Barnabé "racontant la conversion des nations… causèrent une grande joie à tous les frères" (Actes 15:3). Toutefois, à l’évidence, c’est une démarche difficile que la mise en question du cadre de vie dans lequel on est né, dans lequel on a été élevé, dans lequel on vit. Combien est difficile ce message chrétien de la grâce pour ceux qui sont guidés par des lois, des règles ou la préoccupation de "mériter le ciel"… Quel contraste avec la foi simple ! Cette difficulté fut celle de Paul, jeune encore, d’autant plus qu’il s’était fort investi dans la tradition, ayant quitté sa ville natale pour être enseigné à Jérusalem par un docteur de la loi réputé, un sage parmi les sages. Dès le développement de la foi en Jésus Christ, il se trouva défenseur ardent et sincère de la tradition juive en persécutant les croyants. C’est aussi la grande difficulté de tout Juif, alors comme aujourd’hui, et même pour les chrétiens parmi eux, de voir les gens des nations s’attacher à Jésus Christ et se réjouir du message de la grâce sans s’attacher à la Loi de Moïse, ne pratiquant les prescrits cérémoniels, telle la circoncision. La liberté dont les chrétiens d’entre les nations paraissaient jouir à leurs yeux entraîna une réaction fort sérieuse qui conduisit à cette grande réunion de Jérusalem où la question fut débattue. Le problème posé pourrait être formulé comme une forme de laxisme qui ouvrirait ainsi la porte du royaume de Dieu – autrement dit la reconnaissance des chrétiens d’entre les nations par ceux issus du judaïsme – sans qu’il leur soit imposé les préceptes cérémoniels auxquels les croyants d’entre les Juifs sont d’autant plus fidèles qu’ils sont attaché au Messie ; ce que Jacques d’ailleurs fit remarquer à Paul, des années plus tard, disant : "Tu vois, frère, combien il y a de milliers de Juifs qui ont cru ; et ils sont tous zélés pour la loi" (Actes 21:20).

 
Contradiction à Antioche et à Jérusalem – 15:1-5

Nous comprenons bien que la question soit soulevée par des chrétiens issus du mouvement des pharisiens ; il faut bien le comprendre. Et cette question est d’une telle importance qu’il fallait, pour l’unité de la foi, que qu’une conclusion soit établie prévenant toute contestation, et cela pour l’ensemble des croyants. Ainsi, le seul chemin était-il de fixer la ligne de conduite à Jérusalem.

15  1 Et quelques-uns, étant descendus de Judée, enseignaient les frères disant : Si vous n'avez pas été circoncis selon l'usage de Moïse, vous ne pouvez être sauvés. 2 Une contestation s'étant donc élevée et une grande dispute, entre Paul et Barnabé et eux, ils résolurent que Paul et Barnabé et quelques autres d'entre eux monteraient à Jérusalem vers les apôtres et les anciens pour cette question. 3 Eux donc, ayant été accompagnés par l'assemblée, traversèrent la Phénicie et la Samarie, racontant la conversion des nations ; et ils causèrent une grande joie à tous les frères. 4 Et étant arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par l'assemblée et les apôtres et les anciens ; et ils racontèrent toutes les choses que Dieu avait faites avec eux. 5 Et quelques-uns de la secte des pharisiens, qui avaient cru, s'élevèrent, disant qu'il faut les circoncire et leur enjoindre de garder la loi de Moïse.

  • A la lecture de ces lignes, pensons-nous que la contestation ait animé beaucoup de monde ?
  • Comment réagissent les hommes simples au fait que tant de non-juifs se soient ainsi tournés vers le Seigneur ?
  • Les opposants sont-ils vraiment des croyants ?

Oui, ce sont des croyants qui mènent la contestation, Luc exprimant clairement que ces Juifs "avaient cru" (vers.5). Toutefois si nous devons comprendre les difficultés rencontrées, nous voyons aussi combien les gens simples rencontrés en Phénicie et en Samarie, et même à Jérusalem assurément ont été réjouis.

 
Grande réunion de Jérusalem – 15:6-21

Une grande discussion s’engage, mais non devant l’assemblée tout entière. Les apôtres et les anciens sont assemblés, ceux qui, comme le dira Paul plus tard, "sont considérés" (Gal.2:2), car il fallait que la question soit traitée dans l’ordre et la paix, de manière à ce que le chemin puisse être clairement tracé. Une grande discussion s’engagea dès que Paul eût présenté "l’évangile qu’il prêche aux nations" (Gal.2:2). On ne connaît pas le détail de cette réunion, Luc ne reprenant que l’essentiel du discours de Pierre, et seules sont données les paroles majeures qui conduisent à la conclusion. Lorsque de nouvelles pressions judaïsantes toucheront les assemblées de Galatie, Paul reviendra sur cette réunion, apportant quelques faits marquants touchant cette réunion, disant clairement, sans toutefois incriminer tous les opposants, qu’il se trouvait parmi eux "de faux frères, furtivement introduits, qui s’étaient insinués pour épier la liberté que nous avons dans le christ Jésus, afin de nous réduire à la servitude" (Gal.2:1-10). On ne peut pas mettre en doute la relation de Paul, lequel a vécu ces circonstances, et a dû combattre, mais le propos de Luc n’est assurément pas d’induire en Théophile une quelconque attitude polémique ; il veut seulement évoquer les difficultés dans le but de présenter les conclusions auxquelles l’Esprit a conduit l’assemblée.

6 Et les apôtres et les anciens s'assemblèrent pour examiner cette affaire. 7 Et une grande discussion ayant eu lieu, Pierre se leva et leur dit : Hommes frères, vous savez vous-mêmes que, dès les jours anciens, Dieu m'a choisi entre vous, afin que par ma bouche les nations ouïssent la parole de l'évangile, et qu'elles crussent. 8 Et Dieu qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, leur ayant donné l'Esprit Saint comme à nous-mêmes ; 9 et il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi. 10 Maintenant donc, pourquoi tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter ? 11 Mais nous croyons être sauvés par la grâce du seigneur Jésus, de la même manière qu'eux aussi. 12 Et toute la multitude se tut ; et ils écoutaient Barnabé et Paul qui racontaient quels miracles et quels prodiges Dieu avait faits par leur moyen parmi les nations. 13 Et après qu'ils se furent tus, Jacques répondit, disant : Hommes frères, écoutez-moi : 14 Siméon a raconté comment Dieu a premièrement visité les nations pour en tirer un peuple pour son nom. 15 Et avec cela s'accordent les paroles des prophètes, selon qu'il est écrit : 16 «Après ces choses, je retournerai et je réédifierai le tabernacle de David, qui est tombé, et je réédifierai ses ruines et je le relèverai, 17 en sorte que le résidu des hommes recherche le Seigneur, et toutes les nations sur lesquelles mon nom est réclamé, dit le Seigneur, qui fait ces choses» [Amos 9:11-12]. 18 connues de tout temps. 19 C'est pourquoi moi, je suis d'avis de ne pas inquiéter ceux des nations qui se tournent vers Dieu, 20 mais de leur écrire qu'ils s'abstiennent des souillures des idoles, et de la fornication, et de ce qui est étouffé, et du sang ; 21 car Moïse, dès les générations anciennes, a dans chaque ville ceux qui le prêchent, étant lu dans les synagogues chaque sabbat.

  • Comment Pierre exprime-t-il qu’il a reçu les "clefs du royaume des cieux" ? Mat.16:19.
  • Quel est l’argument majeur avancé par Pierre à l’encontre des contradicteurs ? Un homme pourrait-il être "sauvé" en vertu de la pratique de la loi ?
  • Quels sont les quatre points de la conclusion proposée par Jacques ?

La relation de cette réunion est magnifique de clarté, tant dans la parole de Pierre, revenant sur sa visite au centurion Corneille que la lecture que fait Jacques du prophète Amos et sa conclusion, suggérant d’écrire aux assemblées les préceptes requis pour quiconque marche dans le chemin de la foi. Il faut les considérer avec attention.

 
La lettre de conclusion et les deux envoyés – 15:22-29

Une conclusion s’impose et c’est alors toute l’assemblée qui est associée pour communiquer "aux frères d’entre les nations" ce qui convient à des enfants de Dieu. Soulignons qu’ils sont tous d’accord !

22 Alors il sembla bon aux apôtres et aux anciens, avec toute l'assemblée, de choisir parmi eux des hommes, et de les envoyer à Antioche avec Paul et Barnabé : savoir Judas appelé Barsabbas, et Silas, hommes d'entre ceux qui tenaient la première place parmi les frères. 23 Et ils écrivirent par leur main en ces termes : Les apôtres et les anciens et les frères, aux frères d'entre les nations qui sont à Antioche et en Syrie et en Cilicie : 24 Salut ! Comme nous avons ouï dire que quelques-uns qui sont sortis d'entre nous, vous ont troublés par des discours, bouleversant vos âmes, disant qu'il faut être circoncis et garder la loi, (auxquels nous n'avons donné aucun ordre,) il nous a semblé bon, 25 étant tous d'accord, de choisir parmi nous des hommes et de les envoyer vers vous avec nos bien-aimés Barnabé et Paul, 26 hommes qui ont exposé leurs vies pour le nom de notre seigneur Jésus Christ. 27 Nous avons donc envoyé Judas et Silas, qui vous annonceront de bouche les mêmes choses. 28 Car il a semblé bon au Saint Esprit et à nous de ne mettre sur vous aucun autre fardeau que ces choses-ci qui sont nécessaires : 29 qu'on s'abstienne des choses sacrifiées aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication. Si vous vous gardez de ces choses, vous ferez bien. Portez-vous bien.

  • Pourquoi deux frères de Jérusalem seront-ils envoyés à Antioche, accompagnant ainsi Paul et Barnabé ? Deut.17:6.
  • Examinons la lettre que porteront à Antioche Judas et Silas (Vers.24-28). S’agit-il, dans les préceptes requis, les points cités dans la lettre, d’un accommodement minimaliste de la loi qu’ils auraient établis, ou d’une claire direction spirituelle conforme aux Ecritures ?

Les croyants avaient été bouleversés par cette intervention de croyants juifs qui ne pouvaient voir les frères d’entre les nations libres quant à la loi de Moïse. La lettre le souligne fortement, tandis que les frères de Jérusalem s’empressent à apporter un véritable apaisement.
 
Si globalement les préceptes sont évidents, ils sont en outre clairement établis dans la Bible, dès le livre de la Genèse, hors du contexte de l’Alliance d’Israël, hors du don de la Loi, comme des préceptes donnés pour tous les hommes ; il est naturel qu’ils se retrouvent dès lors dans le texte de la Loi, sans pour autant être signes de l’Alliance, étant attachés à la condition de tout homme. Le signe de l’Alliance avec Abraham est de fait la circoncision. Ainsi fut conclue la discussion à propos de la Loi et de la circoncision. Les croyants d’entre les nations avaient à reconnaître pleinement leur condition d’hommes devant Dieu,
s’abstenant des choses sacrifiées au idoles, car si les idoles ne sont rien (1 Cor.8:4), elles fournissent le cadre de pratiques niant le Créateur, et il est écrit : "Au commencement Dieu créa les cieux et la terre" (Genèse 1:1) ;
s’abstenant de consommer du sang ou la viande d’animaux morts par étouffement, le sang n’étant alors pas été répandu, car la vie appartient à Dieu : "Seulement, vous ne mangerez pas la chair avec sa vie, c'est-à-dire son sang" (Genèse 9:4-6) ;
s’abstenant de toute fornication, car Dieu a donné clairement le cadre de l’union entre un homme et une femme: "C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils seront une seule chair" (Genèse 2:24).

Nous pouvons comprendre la grande avancée qui se manifeste parmi les croyants dans la compréhension des desseins de Dieu, lesquels sont pour tous les hommes, alors que la conscience de l’Alliance avait peu à peu pris le pas sur le service attendu du peuple choisi, serviteur de Dieu servant de signe par les pratiques rituelles attachées à la Loi, en vue de faire briller la grâce de Dieu dans le monde… Ce peuple choisi auquel le prophète rappelle, les encourageant à quitter leur terre d’exile pour rétablir le sanctuaire à Jérusalem : "Et toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j'ai choisi, semence d'Abraham mon ami, toi que j'ai pris des bouts de la terre et appelé de ses extrémités, et à qui j'ai dit : Tu es mon serviteur, je t'ai choisi et je ne t'ai pas rejeté..." (Ésaïe 41:8-9).

 
Le retour à Antioche – 15:30-35

Nous pouvons imaginer l’attente des chrétiens à Antioche, tant ceux issu des nations que les Juifs ayant compris le dessein de Dieu. Combien de semaines ont-ils dû attendre, alors que peut-être les débats se poursuivaient-ils, car l’homme est l’homme…

30 Eux donc ayant été congédiés, vinrent à Antioche, et ayant assemblé la multitude, ils remirent la lettre. 31 Et l'ayant lue, ils se réjouirent de la consolation. 32 Et Judas et Silas qui eux aussi étaient prophètes, exhortèrent les frères par plusieurs discours et les fortifièrent. 33 Et après avoir séjourné là quelque temps, ils furent renvoyés en paix par les frères vers ceux qui les avaient envoyés. 35 Et Paul et Barnabé séjournèrent à Antioche, enseignant et annonçant, avec plusieurs autres aussi, la parole du Seigneur.


Pouvons-nous comprendre la joie que leur apporta cette lettre, et les moments heureux qu’ils passèrent jouissant de la parole adressée par Juda et Silas. Ils avaient compris la grâce que d’aucuns étaient venus perturber, mais maintenant ils sont confirmés dans leur foi ! Sans doute d’autres croyants judaïsants apporteront encore du trouble à propos de cette même question de la Loi, mais une lettre était écrite, un double témoignage était donné, la lettre écrite et les deux témoins.
 
Mais d’autres docteurs judaïsants iront un peu plus tard jusqu’en Galatie, parmi ces assemblées établies lors du premier voyage de Paul, apportant un bouleversement tel que Paul aura à leur adresser une lettre, cinq ans après la grande réunion de Jérusalem ; une lettre de douleur et de mise en garde, disant notamment : "Je m'étonne de ce que vous passez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, à un évangile différent, qui n'en est pas un autre ; mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent pervertir l'évangile du Christ… Ô Galates insensés, qui vous a ensorcelés, vous devant les yeux de qui Jésus Christ a été dépeint, crucifié ?" (Galates 1:6-7, 3:1).
 
Le "légalisme judaïsant" a fait place, au cours de l’histoire, à un légalisme proprement chrétien disant qu’il faut "faire" pour acquérir le salut, brisant ainsi l’élan de la reconnaissance envers Dieu, annulant la puissance de la croix (Rom.1:16) et asservissant les âmes… Mais la vérité demeure, le croyant "fait des œuvres" librement et joyeusement parce qu’il a reçu la vie éternelle, non pas en vue de l’obtenir, c’est bien ce qu’écrit Jacques, tout occupé de la vie des croyants : "Montre-moi ta foi sans œuvres, et moi, par mes œuvres, je te montrerai ma foi" (Jacques 2:18).

 

 
 
 
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20:00 Publié dans Actes 13 à 16, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 15:36 Deuxième voyage de Paul (1/4)


 

DEUXIEME VOYAGE MISSIONNAIRE
Actes 15:36-18:22

 
Peu de jours après être revenus à Antioche, Paul a hâte de revoir les communautés de croyants assemblées au cours du premier voyage. Un différend avec Barnabé se conclut par le départ de celui-ci vers Chypre, avec son neveu, tandis que Paul, accompagné de Silas (en grec Sylvain) repart pour l’Asie Mineure.

35 Et quelques jours après, Paul dit à Barnabé : Retournons maintenant visiter les frères par toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir comment ils vont. 36 Et Barnabé se proposait de prendre avec eux Jean aussi, appelé Marc. 37 Mais Paul trouvait bon de ne pas prendre avec eux un homme qui les avait abandonnés dès la Pamphylie et qui n'était pas allé à l'œuvre avec eux. 38 Il y eut donc entre eux de l'irritation, en sorte qu'ils se séparèrent l'un de l'autre, et que Barnabé, prenant Marc, fit voile pour Chypre.
 
  • Le différend entre Paul et Barnabé engendra-t-il quelque méfiance entre les personnes ou seulement cette décision ponctuelle ? 1 Cor.9:6, Col.4 :10, 2 Tim.4 :11, 1 Pier.5:13.
Dans des lettres de Paul, écrites par après, nous voyons l’estime dans laquelle Barnabé est tenu et même, concernant Marc, la reconnaissance de son zèle, alors qu’au commencement il avait manqué de courage. Nous voyons Marc appelé par Paul, dans les termes les plus heureux, lors de son dernier emprisonnement, écrivant : "il m'est utile pour le service" (2 Tim.4:11). Et quant à Barnabé, il faudra toujours se rappeler de ce surnom de Barnabé, fils de consolation (Actes 4:36), et de la grâce émanant de cet homme, une grâce prompte à prendre encore avec lui son neveu Marc malgré la défaillance de celui-ci. Mais dans ces jours, les deux serviteurs vont chacun de leur côté ; et l’on peut penser à la difficulté que ce fut tant pour l’un que pour l’autre, d’autant que Paul a bénéficié de la sollicitude et de la confiance de Barnabé (Actes 9:27, 11:25).

39 Mais Paul, ayant fait choix pour lui de Silas, partit, après avoir été recommandé à la grâce du Seigneur par les frères. 40 Et il parcourait la Syrie et la Cilicie, fortifiant les assemblées. Et il arriva à Derbe et à Lystre.
 
Paul et Silas font ce voyage par terre pour visiter en chemin la Syrie et la Cilicie d’où Paul est originaire, encourageant les assemblées qui se sont développées au fil des années, sans doute par le rayonnement de l’assemblée d’Antioche de Syrie. Ils en arrivent alors au sud de la Galatie, visitée trois ans auparavant.
 
A Derbe, Paul et Silas prennent avec eux Timothée, et ensemble circulent dans la région ouest de l’Asie mineure, leur chemin se fermant dans une contrée pour s’ouvrir en une autre, jusqu’à ce que Paul eût la vision d’un homme macédonien disant : "Passe en Macédoine et aide-nous" (Actes 16:9). Ce fut alors la traversée de la Mer Egée et l’arrivée à la ville de Philippes, capitale de Macédoine, l’accueil de Lydie qui les reçut dans sa maison et une nuit en prison qui conduisit à la conversion du geôlier. De là, le groupe se rend à Thessalonique puis Bérée. En raison de difficultés faites par des Juifs, Paul, laissant ses collaborateurs, s’en va seul à Athènes ; il y sera présent, tant à la synagogue que dans les places publiques, discutant avec des philosophes. Il y prononce aussi le discours à l’Aréopage, partant du "dieu inconnu". Ensuite Paul se rend à Corinthe où il fait la connaissance d’Aquilas et Priscilla qui l’accueillirent dans leur foyer. C’est alors que Paul retrouve ses compagnons d’œuvre, enfin descendus de Macédoine.
 
Paul demeure à Corinthe une année et demie, jusqu’à ce que le petit groupe prenne le chemin du retour vers la Syrie. Aquilas et Priscilla les accompagnent jusqu’à Éphèse où Paul fait un discours dans la synagogue. Laissant ces deux à Éphèse, ils poursuivent alors vers Jérusalem avant de remonter à Antioche en Syrie d’où ils étaient partis quelques trois ans plus tôt.

 
Timothée accompagne Paul et Silas – 16:1-5

Timothée, de Derbe (Actes 20:4), est toujours à l’œuvre avec Paul lorsque Luc écrit ce livre des Actes ; et nous pouvons penser qu’il fut connu de Théophile, vu que l’auteur expose ici comment il entra dans le service de l’évangile.

35 Et quelques jours après, Paul dit à Barnabé : Retournons maintenant visiter les frères par toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir comment ils vont. 36 Et Barnabé se proposait de prendre avec eux Jean aussi, appelé Marc. 37 Mais Paul trouvait bon de ne pas prendre avec eux un homme qui les avait abandonnés dès la Pamphylie et qui n'était pas allé à l'œuvre avec eux. 38 Il y eut donc entre eux de l'irritation, en sorte qu'ils se séparèrent l'un de l'autre, et que Barnabé, prenant Marc, fit voile pour Chypre. 39 Mais Paul, ayant fait choix pour lui de Silas, partit, après avoir été recommandé à la grâce du Seigneur par les frères. 40 Et il parcourait la Syrie et la Cilicie, fortifiant les assemblées. Et il arriva à Derbe et à Lystre.
 
16 
1 Et voici, il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d'une femme juive croyante, mais d'un père grec, 2 lequel avait un bon témoignage des frères qui étaient à Lystre et à Iconium. 3 Paul voulut que celui-ci allât avec lui, et l'ayant pris, il le circoncit, à cause des Juifs qui étaient dans ces lieux-là ; car tous, ils savaient que son père était Grec. 4 Et comme ils passaient par les villes, ils leur remirent pour les garder, les ordonnances établies par les apôtres et les anciens qui étaient à Jérusalem. 5 Les assemblées donc étaient affermies dans la foi et croissaient en nombre chaque jour.
  • Pourquoi fut-il opportun que Timothée soit circoncis, alors qu’il est le fils d’un homme des nations ? Comp. Gal.2:3.
La question touchant la judéité de Timothée était délicate. En effet, à cette époque, la judéité était reconnue suivant l’ascendance patrilinéaire (Esdras 10:3,10-11), or le père de Timothée était Grec, donc a priori non reconnu comme Juif. La reconnaissance de l’ascendance matrilinéaire ne fut établie, semble-t-il qu’après la destruction du Second Temple en l’an 70. Cependant, Timothée, non-juif en raison de son père, fut assurément élevé par sa mère dans le respect des Écritures (2 Tim.2:5), ce qui faisait ainsi de lui un Juif ; dès lors, le fait de n’être pas circoncis pouvait entraîner des difficultés parmi les Juifs, attisant cette idée fausse que Paul s’éloignerait de la Loi. Paul tint donc compte de la situation, tout en ayant de sérieuses convictions relativement à ce symbole de la judaïté : "Car en effet la circoncision est profitable si tu accomplis la loi ; mais si tu es transgresseur de la loi, ta circoncision est devenue incirconcision" (Rom.2:25). Il est à cet égard bien en phase avec les prophètes d’Israël, lesquels faisaient bien la différence entre les actes cérémoniels et la réalité qu’ils devaient représenter (Jérémie 4:4, 9:25).
 
En chemin, les apôtres font part des conclusions de la grande réunion de Jérusalem (Actes 15:24-29), les assemblées étant ainsi rassurées et fortifiées, quoique des pressions nouvelles ne manqueront pas de se manifester trois ou quatre années plus tard, Paul se trouvant alors dans la nécessité de leur adresser une sérieuse mise en garde : "Ô Galates insensés, qui vous a ensorcelés ?" (Gal.3:1).

 
L'appel de la Macédoine – 16:6-15

Du cœur de l’Asie mineure, le petit groupe se dirige vers l’ouest. Rencontrant des obstacles, ils les acceptent sans forcer, retenant de ces faits une indication à éviter temporairement une contrée pour s’engager dans un autre, jusqu’au moment où une vision particulière va conduire ce petit groupe au-delà de la mer Egée, en Macédoine. C’est ici la première indication de la présence de Luc aux côtés de l’apôtre ; une présence qui dura de nombreuses années, Luc se tenant à ses côtés aussi lors des deux années de résidence surveillée de Paul à Rome, mais encore au-delà, lors de la seconde incarcération de l’apôtre, celle qui le conduira au martyre (Actes 28:30, 2 Tim.4:11).

6 Et ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie, ayant été empêchés par le Saint Esprit d'annoncer la parole en Asie ; 7 et étant venus jusqu'en Mysie, ils essayèrent de se rendre en Bithynie, mais l'Esprit de Jésus ne le leur permit pas. 8 Mais ayant passé par la Mysie, ils descendirent dans la Troade. 9 Et Paul vit de nuit une vision : un homme macédonien se tenait là, le priant et disant : Passe en Macédoine et aide-nous. 10 Et quand il eut vu la vision, aussitôt nous cherchâmes à partir pour la Macédoine, concluant que le Seigneur nous avait appelés à les évangéliser. 11 Quittant donc la Troade, nous fîmes voile, tirant droit sur Samothrace, 12 et le lendemain à Néapolis, et de là à Philippes, qui est la première ville du quartier de la Macédoine, et une colonie ; et nous séjournâmes quelques jours dans cette ville.
 
13 Et le jour du sabbat, nous sortîmes hors de la porte et nous nous rendîmes au bord du fleuve, où l'on avait coutume de faire la prière ; et, nous étant assis, nous parlions aux femmes qui étaient assemblées. 14 Et une femme nommée Lydie, marchande de pourpre de la ville de Thyatire, qui servait Dieu, écoutait ; et le Seigneur lui ouvrit le cœur pour qu'elle fût attentive aux choses que Paul disait. 15 Et après qu'elle eut été baptisée ainsi que sa maison, elle nous pria, disant : Si vous jugez que je suis fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et demeurez-y. Et elle nous y contraignit.
  • Comment Paul et ses compagnons analysent-ils les obstacles qu’ils rencontrent lorsqu’ils pensent se rendre en Asie, la région d’Éphèse et en Bythinie, sur la côte de la Mer Noire ?
  • Quel est l’état d’esprit de Paul pour qu’une semblable vision puisse lui avoir été donnée ?
  • Que fit-il qu’ils se rendirent pour commencer à Philippes, passant outre l’île de Samothrace et la ville portuaire de Neapolis ?
Des provinces sont fermées, telle l’Asie ce pays autour d’Éphèse, le travail s’y fera en son temps, mais Paul et ses compagnons ne forcent pas, acceptant qu’un plus grand qu’eux les mène Lui-même dans son propre travail ; ils sont les ouvriers, et Lui est le maître qui les conduit par son Esprit. S’ils sont engagés, consacrés à l’œuvre, et s’ils ont des idées d’où se rendre, leur plan de travail est composé par le "Seigneur de la moisson" (Mat.9:38). Et si Paul peut recevoir ainsi cette indication de se rendre en Macédoine, ce ne peut qu’être dans un état de prière, réfléchissant devant Dieu, car ce n’est pas dans l’indifférence ou la légèreté que cela arrive ; il y a une préparation de l’âme. Et le Seigneur pouvait confier une telle mission à son serviteur, car Il le connaissait, l’homme était prompt à avancer, ne remettant pas au lendemain…
 
Quoique nous ne devions pas épiloguer sur ce fait, dans cette circonstances les vents ont été bien favorables, le navire tirant droit devant pour atteindre les rives de la Macédoine. Le chemin s’ouvre, magistralement… mais pour le voir ouvert, il a fallu qu’ils s’y engagent ! Nous savons que des vents contraires, et une terrible tempête, furent rencontrés en d’autres circonstances et que cela aussi eût des résultats remarquables. Le petit groupe est en route, ayant au cœur non de fonder un établissement religieux, mais d’aider les Macédoniens dans leur quête vers Dieu, selon l’appel entendu en vision : "Aide-nous !".
 
Débarquant au port de Neapolis, le petit groupe se presse jusqu’à Philippes, une colonie romaine occupée notamment par des vétérans de l’armée romaine. Dans cette ville se trouve une communauté juive sans disposer là d’une synagogue, mais elle se réunissait "au bord du fleuve" pour la prière. C’est là que les apôtres se rendent donc, et là que Lydie ouvrit son cœur au Seigneur et ouvrit aux serviteurs de Dieu sa maison avant d’y recevoir la jeune assemblée qui ne tardât pas à se former.
 
Il est intéressant de comparer Lydie à Corneille. Il y avait dans ces deux personnes une réelle crainte de Dieu. L’une était juive ou prosélyte, l’autre est un homme des nations… Mais leur crainte de Dieu indique cette bonne terre, préparée, des personnes prêtes à recevoir la parole du Christ pour qu’ils connaissant la réponse que Dieu apporte à leur désir de Lui plaire, comme nous le lisons dans ce récit : "Par la foi, Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît pas la mort ; et il ne fut pas trouvé, parce que Dieu l’avait enlevé ; car, avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu" (Héb.11:5).

 

 
 
 
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15:00 Publié dans Actes 13 à 16, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric

Actes 16:16 Deuxième voyage de Paul (2/4)


 

La servante pythonisse – 16:16-24

Une femme qui crie dans la rue : "Ces hommes sont les esclaves du Dieu Très-haut !" Voilà bien une belle collaboration de la part d’une personne si loin de la foi ! Mais non, cette femme était loin de manifester la confiance en Dieu, étant animée d’un esprit tel la Pythie de Delphes, déclarant des oracles au nom d’Apollon, le dieu de la divination. Une pythonisse ici, un faux prophète juif là, ce n’est pas la première fois que les apôtres sont confrontés à ce genre de personnes, et ils sont conscients de la confusion que cela peut entraîner pour les foules ; ainsi, après un temps de patience, Paul réagit, mais ce ne fut pas sans conséquences.

16 Or il arriva que, comme nous allions à la prière, une servante qui avait un esprit pythonique et qui, en prophétisant, procurait à ses maîtres un grand gain, vint au-devant de nous. 17 Et marchant après Paul et nous, elle criait, disant : Ces hommes sont les esclaves du Dieu Très-haut, qui vous annoncent la voie du salut. 18 Et elle fit cela pendant plusieurs jours. Mais Paul, affligé, se retourna et dit à l'esprit : Je te commande au nom de Jésus Christ de sortir d'elle. Et à l'heure même il sortit. 19 Mais ses maîtres, voyant que l'espérance de leur gain s'en était allée, ayant saisi Paul et Silas les traînèrent dans la place publique devant les magistrats. 20 Et les ayant présentés aux préteurs, ils dirent : Ces hommes-ci, qui sont Juifs, mettent tout en trouble dans notre ville 21 et annoncent des coutumes qu'il ne nous est pas permis de recevoir ni de pratiquer, à nous qui sommes Romains. 22 Et la foule se souleva ensemble contre eux ; et les préteurs, leur ayant fait arracher leurs vêtements, donnèrent l'ordre de les fouetter. 23 Et leur ayant fait donner un grand nombre de coups, ils les jetèrent en prison, en commandant au geôlier de les garder sûrement. 24 Celui-ci, ayant reçu un tel ordre, les jeta dans la prison intérieure et fixa sûrement leurs pieds dans le bois.
  • Qu’est-ce qui se trouve derrière cette manifestation de la servante à l’esprit pythique ? Mat.6:24, Actes 19:24-25.
  • Quelle est la crédibilité des accusations menées contre Paul et Silas, touchant le désordre qu’ils auraient provoqué ?
Sur la simple déposition d’un notable qui se voyait défait d’une source de revenus bien douteuse, Paul et Silas sont jetés en prison. Pour ce notable, le mensonge de la pythonisse, sa servante, reflétait l’ordre dans la ville, alors qu’elle était avant tout une source de revenus ; et, dans sa perfidie, accusant les apôtres, il glisse le fait qu’ils sont juifs. Ceci reflète les limites du support dont les Juifs jouissaient dans l’empire, leur pratique non idolâtre était tolérée, mais un Juif ne pouvait porter atteinte aux privilèges d’un Romain… Et les apôtres sont battus…

 
Le geôlier de Philippes – 16:25-40

Paul et Silas sont donc en prison, les pieds assujettis aux fers. Une scène remarquable à laquelle les autres prisonniers étaient attentifs : au cœur de la nuit les deux sont à prier et chanter les louanges de Dieu !

25 Or sur le minuit, Paul et Silas, en priant, chantaient les louanges de Dieu ; et les prisonniers les écoutaient. 26 Et tout d'un coup il se fit un grand tremblement de terre, de sorte que les fondements de la prison furent ébranlés ; et au même instant toutes les portes s'ouvrirent, et les liens de tous furent détachés. 27 Et le geôlier, s'étant éveillé et voyant les portes de la prison ouvertes, tira son épée et allait se tuer, croyant que les prisonniers s'étaient enfuis. 28 Mais Paul cria à haute voix, disant : Ne te fais point de mal, car nous sommes tous ici. 29 Et ayant demandé de la lumière, le geôlier s'élança dans la prison, et tout tremblant il se jeta aux pieds de Paul et de Silas. 30 Et les ayant menés dehors, il dit : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? 31 Et ils dirent : Crois au seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta maison. 32 Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu'à tous ceux qui étaient dans sa maison. 33 Et il les prit en cette même heure de la nuit, et lava leurs plaies ; et sur-le-champ il fut baptisé, lui et tous les siens. 34 Et il les fit monter dans sa maison, et fit dresser une table ; et croyant Dieu, il se réjouit avec toute sa maison.
  • Comment répond-on nous à cette question du geôlier s’écriant : "Que faut-il que je fasse pour être sauvé ?"
  • La foi du geôlier était-elle le garant du salut de toute sa maison ? Autrement dit, quelqu’un pourrait-il par sa foi voir d’autres que lui sauvés du simple fait de sa foi à lui ? Jean 3:16.
Paul annonce bien que toute sa maison due geôlier sera sauvée. Celui-ci, stupéfié par le comportement de Paul et Silas, les introduit chez lui ; la parole y a est annoncée, et nous voyons la joie qui touche chacun dans cette maison. Ainsi la parole annoncée par Paul s’est trouvé accomplie, car chacun, dans la maison, a eu foi dans la parole de la grâce.
 
Dès le matin, un avis de "non-lieu" est déclaré au prétoire, et des huissiers sont envoyés pour que Paul et Silas soient relâchés. Une libération si discrète ne pouvait se faire, alors que Paul et Silas avaient été battus publiquement … Paul déstabilise les magistrats en faisant savoir qu’il était Romain et ne pouvait dès lors être traité comme il l’avait été.

35 Et le jour étant venu, les préteurs envoyèrent les licteurs, disant : Relâche ces hommes. 36 Et le geôlier rapporta ces paroles à Paul, disant : Les préteurs ont envoyé afin que vous soyez relâchés ; sortez donc maintenant, et allez-vous-en en paix. 37 Mais Paul leur dit : Après nous avoir fait battre publiquement, sans que nous fussions condamnés, nous qui sommes Romains, ils nous ont jetés en prison ; et maintenant ils nous mettent dehors en secret ! Non certes, mais qu'ils viennent eux-mêmes et qu'ils nous mènent dehors ! 38 Les licteurs rapportèrent ces paroles aux préteurs ; et ils eurent peur, ayant appris qu'ils étaient Romains. 39 Et ils vinrent et les prièrent de se rendre à leur vœu, et les ayant menés dehors, leur demandèrent de sortir de la ville. 40 Et étant sortis de la prison, ils entrèrent chez Lydie ; et ayant vu les frères, ils les exhortèrent et partirent.
  • Pourquoi Paul n’accepte-t-il pas une libération si discrète ?
  • Et par contre, pour quelle raison souscrit-il au vœu des magistrats en quittant la ville si rapidement ?
Nous pouvons bien penser que réparation ait été réclamée non pour la satisfaction personnelle des apôtres eux-mêmes, mais en vertu du tort fait à la parole de l’évangile ; il devait être public qu’il n’y avait aucun motif que justifiât leur emprisonnement. Ceci étant, Paul et Silas ne voulant provoquer de troubles se rendent à leur souhait en ne prolongeant pas leur séjour à Philippes. Nous pouvons lire dans ces lignes le souci pour la crédibilité du message qu’ils annoncent, le support dans l’adversité lorsqu’ils sont en prison, la constance dans leur engagement quand ils parlent au geôlier et, pour finir, leur souci de ne pas apporter de trouble dans la ville…

 

 
 
 
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14:00 Publié dans Actes 13 à 16, ACTES DES APOTRES | Commentaires (0) | Eric