20/06/2013

Jacques 1:1-18 - La foi mise à l'épreuve


 

L'épître de Jacques

Montre-moi ta foi sans œuvres,
et moi, par mes œuvres, je te montrerai ma foi.
Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien :
les démons aussi croient, et ils frissonnent.

Jacques 2:18-19


Jacques, le frère du Seigneur (Gal.1:19, Mat.13:55 et Marc 6:3) avait une charge importante parmi les chrétiens à Jérusalem. Nous le voyons intervenir avec autorité dans la grande question de la Loi concernant les croyants non Juifs (Actes 15:13) et cité par Paul comme étant une colonne dans l’assemblée (Gal.2:9). Il s’adresse ici aux Juifs de la diaspora ayant reçu le Messie.
 
La préoccupation de Jacques est avant tout pastorale. Il n’est pas question pour lui de poser à nouveau les fondements de la foi, mais de rappeler ce qui plait au Seigneur dans la marche pratique, autrement dit comment la foi s’exprime en vérité. Et il nous fait bien comprendre que « croire » n’est pas caractérisée par l’adhésion intellectuelle à une doctrine, fût-elle juste, mais par l’adhésion effective à l’enseignement reçu et l’engagement dans une marche pratique répondant à l’attente du Créateur, manifestant ainsi la réception effective de la vérité révélée. La foi s’exprime ainsi par l’entrée volontaire d’un homme dans la mission assignée à l’humanité par son Créateur, confirmée d’une manière particulière au peuple qu’Il a choisi pour être porteur du message de Dieu, et annoncée aujourd’hui à tous les hommes.
 
En d’autres mots, « croire ou ne pas croire » pouvait être un sujet de débat entre les Juifs, ou plus généralement entre les hommes, mais la foi est autre, elle est adhérence à la parole de Dieu, et engagement à la mettre en pratique, parce que l’on sait que tel est « le » chemin.
 
Jacques entre ainsi dans la ligne directe des prophètes, insistant sur la vie pratique qu’induit la reconnaissance de la parole de Dieu, selon ce qu’a exprimé par exemple le prophète Michée, disant : « Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ? » (Michée 6:8).
 
Dans son objectif exhortatif, Jacques aborde la question des œuvres non pour altérer cette réalité que l’homme ne peut être sauvé par ses œuvres, par ses mérites, mais pour souligner ce qu’est la véritable foi, celle qui plaît à Dieu, laquelle n’est pas du domaine des croyances ou des débats d’idées, mais de l’adhésion effective à la parole de Dieu dans un engagement à vivre pour Lui plaire.
 
Les recommandations pratiques se trouvent dans ces pages sous un triple éclairage :
à commencer comme manifestation de la foi (1:16-2:26),
ensuite sous l’angle de la sagesse (3:1-4:17),
et enfin dans la perspective du retour du Seigneur (5:1-20).

 
1:1  Adresse

L’épître est adressée à ceux de la dispersion. Nous pouvons dès lors comprendre qu’il s’agit d’un message aux juifs de la diaspora qui se sont tournés vers le Messie.

1    1  Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ, aux douze tribus dans la dispersion, salut!

Jacques adresse à « ses frères bien-aimés », en termes à la fois affectueux et sévères, une série de mises en garde, et fait un appel à leur réflexion personnelle… Et c’est bien ainsi qu’il faut lire l’épître, car chaque croyant est impliqué ; nous avons à nous demander en quelle mesure ces exhortations nous concernent… Et en tirer des conclusions pratiques.

 
1:2-18  La foi mise à l’épreuve

1:2-8  Le chemin du croyant

Dans cette épître, pas de doctrine, pas de mention du nouvel homme opposé au vieil homme – cet enseignement n’est pas nié, mais ce qui occupe Jacques, c’est l’existence de marques pratiques d’une vie de foi ! Et, en effet, si j’ai besoin pour moi-même des enseignements montrant combien je suis libre – il faut trouver là les encouragements, la réponse à des inquiétudes personnelles peut-être (Rom.7:24) – je ne peux me monter la tête par la réalité doctrinale ! Ce n’est pas là la profession chrétienne ! Ce qui compte, c’est la vie pratique ! Et pour cela Jacques entre directement dans le sujet, et il le fait comme un homme averti, avec autorité, sans concession à la faiblesse pourrions-nous dire…

2 Estimez-le comme une parfaite joie, mes frères, quand vous serez en butte à diverses épreuves, 3 sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. 4 Mais que la patience ait son œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, ne manquant de rien. 5 Et si quelqu’un de vous manque de sagesse, qu’il demande à Dieu qui donne à tous libéralement et qui ne fait pas de reproches, et il lui sera donné ; 6 mais qu’il demande avec foi, ne doutant nullement ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et jeté çà et là ; 7 or que cet homme-là ne pense pas qu’il recevra quoi que ce soit du Seigneur : 8 il est un homme incertain dans ses pensées, inconstant dans toutes ses voies.

  • La foi est-elle un chemin de facilité ? Parmi la multitude d’illustrations, nous pouvons lire 2 Cor.8:1-2 et 1 Pier.4:12.
  • Pensons-nous que les épreuves soient particulièrement envoyées sur les chrétiens ? (Rom.8:20-25).
  • Que produit l’épreuve sur le croyant, qu’elle soit une difficulté commune aux hommes, ou une peine endurée à cause de la foi? (2 Tim.3:17, Hébr.6:1, 1 Pier.5:9-10).
  • « Ne manquant de rien ! » écrit Jacques. Que veut-il dire par cette assertion ?
  • Un croyant peut-il s’appuyer seulement sur la sagesse d’autrui, s’en référer à un autre homme qui le dirigerait pas à pas ? (Rom.14:12).
Ainsi, Jacques entre directement dans le vif du sujet. Le croyant est pour ainsi dire mis au pied du mur pour passer, s’il y avait tendance, des proclamations de foi à l’examen de lui-même, regardant s’il est en mesure de montrer sa foi dans les faits. Dans les circonstances communes aux hommes, ou dans l’opprobre pour le nom de Christ, sa confiance doit se manifester dans la pratique de la vie ! Ce qui est autre chose, une autre vie, que de poursuivre son chemin tranquillement, fort de certitudes factices et d’assurances non étayées… C’est pourquoi Jacques écrit plus loin : « Bienheureux l’homme qui endure l’épreuve » (Jacq.1:12).
 
« Ne manquant de rien ! » Il s’agit ici, manifestement, des vertus spécifiquement chrétiennes, et nous voyons ici les trois thèmes de l’épître :
Patience : « Que la patience ait son œuvre parfaite ! »
Sagesse : « Si quelqu’un manque de sagesse… »
Foi : « Qu’il demande avec foi… »
« Demander la sagesse. » Nous trouvons au Livre d’Ésaïe ce que représente la sagesse pour un homme juif nourri de la Parole de Dieu. Évoquant le Messie qui devait venir, Ésaïe le présente tel qu’il devait paraître, rempli de sagesse : « L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel. » (Ésaïe 11:2). Ceci nous permet d’approcher ce que sagesse veut dire dans le cadre de la foi :
Sagesse et intelligence : la marche chrétienne. Job 38:36, Prov.2:6, Psaume 111:10, Éph.1:8, Col.1:9, Jacq.3:13, Apoc.13:18.
Conseil et force : le discernement et la force pour agir : 2 Tim.1:7.
Connaissance et crainte de Dieu : la connaissance de Dieu et la volonté de chercher à Lui plaire. Éph.1:17, 3:19, 4:13, Phil.3:8, Col.1:10, 2 Pier.1:2-3, 3:18, 1 Jean 5:20.

1:9-12  Endurer dans la patience

Nous voici placés devant une source très commune de difficultés que le croyant est appelé à vivre dans la foi ; il s’agit des inégalités sociales ! Voilà bien une réalité du monde qu’aucun courant social ne peut gommer, quoique, dans bien des civilisations, ces écarts de classe se soient atténués. Si nous devons le considérer dans la situation de l’époque, nous avons aussi à regarder au monde d’aujourd’hui où la misère ravage les deux tiers de l’humanité… Jacques jugeait nécessaire d’y faire allusion car ces écarts sociaux doivent se vivre, parmi les chrétiens, en des cercles de foi où il est parlé de l’égalité des hommes. Devant Dieu il n’y a pas de différence, et pourtant il faut les accepter ici-bas… Dès les premiers jours de l’assemblée chrétienne, à Jérusalem, des questions sociales s’étaient manifestées, souvenons-nous de l’importance que prit la désignation des serviteurs chargés de l’assistance aux démunis (Actes 6:1-6). Jacques aborde ces questions tout en élevant les pensées.

9 Que le frère de basse condition se glorifie dans son élévation, 10 et le riche dans son abaissement, car il passera comme la fleur de l’herbe. 11 Car le soleil s’est levé avec sa brûlante chaleur et a séché l’herbe, et sa fleur est tombée, et la grâce de sa forme a péri : ainsi aussi le riche se flétrira dans ses voies.
  • En quoi pouvons-nous comprendre que le frère de basse condition soit élevé ?
  • Et comment le croyant doit-il considérer l’homme qui l’emploie à son service ? Et si le maître est croyant ? 1 Tim.6:1-2.
  • Et le riche dans les choses de ce monde, qu’en est-il de lui, de ses richesses ? Voir la source de l’expression de Jacques au Livre d’Ésaïe 40:6-8 et le passage parallèle de Pierre 1 Pier.1:24-25). Lire aussi Ecclésiaste 6.
Voici donc une allusion claire au fait que la situation sociale constitue une épreuve pour la foi permettant aux uns et aux autres de se positionner face aux « biens meilleurs et permanents » (Hébr.10:34). Ceci est un réel test pour le croyant ! Lisons également Hébr.13:16 et 1 Jean 3:17 et surtout l’enseignement de Paul à cet égard en 1 Tim.6:6-12.
 
Et, revenant au thème général de l’épreuve, ou du test de la foi comme nous pouvons le lire, Jacques conclut par une sentence forte, lourde de sens :

12 Bienheureux est l’homme qui endure l’épreuve ; car, quand il aura été manifesté fidèle par l’épreuve, il recevra la couronne de vie, qu’Il a promise à ceux qui l’aiment.

  • Que veut dire Jacques en évoquant une couronne ? Lire 1 Cor.9:24 et 2 Tim.2:5, et encore Phil.3:14 et les lettres aux sept assemblées en Apocalypse 2 et 3, en particulier Apoc.2:10.
  • Qu’évoque pour nous cette expression « ceux qui l’aiment » ? Quelle est la relation entretenue avec Dieu par l’homme qui « aime Dieu » ? Pourquoi peut-il en être ainsi ? Voir notamment Rom.8:28, 1 Cor.2:9, Éph.6:24, 2 Tim.4:8, Jacq.1:12 et 2:5, Apoc.3:19 et Jean 15:2.
Ces questions sont simples, mais ouvrent un champ de réflexion si large pour lequel nous pouvons examiner les Écritures. Celles-ci nous présentent des modèles remarquables, depuis le début, avec Abraham quittant son pays et sa famille (Genèse 12:1) et appelé « ami de Dieu » (Jac.2:23) jusqu’à ces croyants dont Dieu fit « son trésor particulier » (Malachie 3:16-17) en passant par des hommes de Dieu comme Jérémie le prophète, pour aboutir aux paroles de Pierre (2 Pierre 1:11) et celles adressées, au Livre de l’Apocalypse, à l’assemblée à Philadelphie (Apoc.3:10-12).
 
« Promise à ceux qui l’aiment ! »  Rappelons-nous la parabole des talents, et le contre-exemple de celui qui ne fit rien de son talent car il avait une certaine idée de Dieu, disant : « Maître, je te connaissais, que tu es un homme dur, moissonnant où tu n'as pas semé et recueillant où tu n'as pas répandu » (Matt.25:24). Voici qui est tout à l’opposé de la foi, autrement dit l’antithèse de l’adhésion au plan rédempteur de Dieu, et cela de la part de quelqu’un qui croit que Dieu est, comme Jacques explique plus loin (Jacq.2:19) ! Un tel homme refuse l’entrée dans la vie, la véritable vie. Voyons par contre ce qui est dit de « ceux qui l’aiment », outre Jacq.1:12 et 2:5, Rom.8:28, 1 Cor.2:9, Éph.6:24, 2 Tim.4:8, 1 Jean 5:1, Apoc.9:19 et Jean 15:2.
 
La question n’est pas ici celle d’un débat théologique sur la rédemption, mais d’une démarche tout à fait pratique touchant le choix de vie qui est profitable, comme il était déjà écrit : « j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives… » (Deut.30:19).

1:13-15  Mis à l’épreuve

Lorsque Jacques met en avant, comme épreuve, la condition sociale, nous avons compris que la simple vie de tout homme est « mise à l’épreuve de la foi ». Bien évidemment elle le sera particulièrement lorsque de grandes souffrances surviennent, mais déjà les simples actes de la vie d’un homme rendent compte du chemin qu’il a pris. Et Jacques ajoute à cela une autre réalité, très importante en fait, à savoir la compréhension des difficultés qui surviennent, car la mise en cause de Dieu par l’homme est fréquente, et il faut couper cours à un processus mental déresponsabilisant pour celui qui s’y livre.

13 Que nul, quand il est éprouvé, ne dise : Je suis tenté par Dieu ; — car Dieu ne peut être tenté par le mal, et lui ne tente personne. 14 Mais chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ; 15 puis la convoitise, ayant conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort.
  • Les « tentations », l’envie de faire ce que l’on sait devoir ne pas faire… Quand un choix doit être fait, qu’est-ce qui peut altérer le jugement et écarter quelqu’un du meilleur chemin ? Lire aussi Genèse 3:6 et 1 Jean 2:15-17. Voir 1 Cor.10:12-13, 1 Tim.6:9, 1 Pier.1:6 et 2 Pier.2:9.
Ainsi, dire « Je suis tenté par Dieu » est le fruit de l’affabulation d’un esprit exalté, faussement mystique ! Cette parole concerne, de fait, toute exaltation hors de propos. Cette mise en garde est bien nécessaire pour que le croyant demeure sobre dans sa réflexion. Lisons 1 Thes.5:8, Tite 2:1-8, 1 Pier.1:13, 5:8. Ainsi comprenons-nous que le chrétien doit manifester le calme bon sens d’un esprit réfléchi, nourri de la Parole de Dieu… Il y a des combats, cela ne peut être nié, voyons Romains 6 et 7 ; mais il y a aussi des ressources, comme nous le lisons notamment en Éph.6:10-18.

1:16-18  Un homme nouveau !

Nous voyons ainsi la préoccupation de Jacques quant à la vie pratique des chrétiens. Il y reviendra plus largement dans la suite de sa lettre. Mais achevant l’introduction de sa lettre, il lui fallait élever le regard du lecteur au niveau du plan divin sans lequel rien ne pourrait tenir de ce qu’il venait d’exprimer.

16 Ne vous égarez pas, mes frères bien-aimés : 17 tout ce qui nous est donné de bon et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières, en qui il n’y a pas de variation ou d’ombre de changement. 18 De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité, pour que nous soyons une sorte de prémices de ses créatures.
  • Le chemin présenté à l’homme est-il le fruit de sa propre réflexion, de quelque développement philosophique sur la manière de vivre ?
  • Qu’est-ce qui pourrait conduire le croyant dans l’égarement ? Col.2:4,8,16…, Éph.4:14, 1 Jean 2:26, Apoc.2:20.
  • Quel est le but de Dieu tandis qu’il fit connaître sa parole, « la parole de vérité » ? Lire Rom.6:4, 2 Cor.5:17, Gal.6:15, Éph.2:15, 4:24 et Jean 3:5-8.
Encore sur la terre, dans ses circonstances d’homme, le croyant est donc un signe d’une réalité transcendante, une nouvelle humanité où tout sera paix et bonheur ! Pierre parle de régénérations (1 Pier.1.23), et c’est de fait la même chose ! Cela est aussi soulignée par Paul : « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor.5.17, voir aussi Gal.6.15). Ce n’est pas une théorie : si je suis chrétien, j’ai une nouvelle vie, de nouvelles aspirations et cela devrait se manifester… voilà la question engagée par Jacques. Mais suis-je véritablement entré dans cette nouvelle vie ? Voilà ce que seule la pratique pourra démontrer.
 
L’apôtre entre maintenant dans le vif du sujet, développant ces pensées ramassées dans l’introduction qui s’achève. Il le fait en présentant les grands principes de la vie de foi et leur manifestation dans la vie.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Jacques 1:19-2:26 - La marche de la foi


 

1:19-2:26  La Marche de la Foi

Ayant souligné que les croyants sont comme des prémices d’une nouvelle humanité, des « prémices de ses créatures », Jacques poursuit en une description de cette nouvelle manière de vivre. Et dans son exposé nous trouvons des choses anciennes, la sagesse transmise depuis nombre de générations, et des choses nouvelles (Matt.13:52), parlant notamment de « la loi de la liberté », écho aux enseignements apostoliques établissant le bonheur qu’apporte le pardon acquis, en justice, par Christ à la Croix. (Rom.8:31, Gal.5:1, 2 Cor.3:17, 1 Pier.2:16).
 
Il y a dans cette « loi de la liberté » beaucoup de choses à dire. Et nous pouvons commencer par la Croix afin de comprendre ce que cela signifie. Pensons ! Beaucoup apprennent qu’ils doivent se rendre agréables à Dieu en vue d’être aimé de Lui ! Et que nous dit la première parole de la Croix, « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23:34), et nous y apprenons que l’amour de Dieu est là pour tous, et pour le méchant… Et ce n’est qu’un début de méditation. Il faut poursuivre cette réflexion personnellement et comprendre que le croyant, dès la Croix, sait qu’il est libéré de toutes ses entraves pour marcher avec Dieu. Ceci pouvait toutefois était déjà pressenti en quelque mesure par les Israélites.
 
En effet, ne pouvait-il pas comprendre cet appel lorsqu’ils considéraient l’appel d’Abraham : « Va pour toi, hors de ton pays, de ta parenté, de la maison de ton père » (Genèse 12:1). Le croyant prend alors la mesure de son appel à vivre : « Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta semence » (Deut.30:19), comprenant qu’il est libre de prendre sa vie en main, et qu’il est d’ailleurs invité à le faire… Et cela pour répondre à cette injonction à porter du fruit, le fruit du sarment attaché au Cep (Jean 15:1). Et s’il se sent retenu, limité, s’il s’écrie : « Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? », il en saisit immédiatement la réponse de grâce et exprime cette délivrance : « Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur… Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus ; car la loi de l'Esprit de vie dans le christ Jésus, m'a affranchi de la loi du péché et de la mort » (Rom.7:24-8:2).


 
1:19-27  Principe : Ecouter et mettre en pratique

Et nous ne sommes pas ici, par la plume de Jacques, devant des charges missionnaires, des œuvres dont on parle, mais devant la vie, tout simplement, la vie d’hommes et de femmes dans leur modeste simplicité… Et pourtant liée étroitement à la transcendance de Dieu, inscrite en profondeur dans le projet de Dieu pour l’humanité. Accomplir dans le quotidien ce qui est juste devant Dieu, tel est le propos ! Jacques reviendra au cours de sa lettre sur ce qu’est accomplir la « justice de Dieu » (vers.20), comme nous le trouvons aussi dans divers textes des commencements (Rom.6:22, Gal.5:22, Éph.5:9, Phil.1:11, Col.1:10, Hébr.12:11).

19 Ainsi, mes frères bien-aimés, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère ; 20 car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. 21 C’est pourquoi, rejetant toute saleté et tout débordement de malice, recevez avec douceur la parole implantée, qui a la puissance de sauver vos âmes. 22 Mais mettez la parole en pratique, et ne l’écoutez pas seulement, vous séduisant vous-mêmes. 23 Car si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui considère sa face naturelle dans un miroir ; 24 car il s’est considéré lui-même et s’en est allé, et aussitôt il a oublié quel il était. 25 Mais celui qui aura regardé de près dans la loi parfaite, celle de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais un faiseur d’œuvre, celui-là sera bienheureux dans son faire. 26 Si quelqu’un pense être religieux et qu’il ne tienne pas sa langue en bride, mais séduise son cœur, le service religieux de cet homme est vain. 27 Le service religieux pur et sans tache devant Dieu le Père, est celui-ci : de visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, de se conserver pur du monde.

  • Quelle paraît être la première chose à faire pour le croyant ? Lisons 1 Samuel 3:10, Job 42:4, Jérémie 13:15…
  • Et pourquoi écouter ? Matt.7:24-27, Jean 13:17. Voyons aussi dans la Loi, les Psaumes et les Prophètes… Deut.30:14, Psaume 37:3, Ésaïe 56:1.
  • Que dit Jacques de ceux qui s’arrêtent aux discours, qui se contentent de paroles, de débats ? Lire aussi 2 Pier.2:18, 1 Tim.6:20, 2 Tim.2:16.
  • Que veut donc dire Jacques, lorsqu’il parle de « regarder de près dans la loi parfaite » ? Matt.5:17.
« Mais mettez la parole en pratique, et ne l’écoutez pas seulement, vous séduisant vous-mêmes » Ceci met à terre toute prétention ! La connaissance du chemin n’est pas la marche… Que de doctrines élevées, de figures et de types sur lesquels on peut disserter, alors que simplement il nous faut nous aimer les uns les autres … « Considérer sa face naturelle dans un miroir »… L’ironie de cette expression devrait nous empêcher d’oublier la leçon…
 
« Mais celui qui aura regardé de près dans la loi parfaite… » « Parfaite », c’est-à-dire « accomplie »… Ne serait-ce pas de cela que parlait le Seigneur en disant : « Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (Matt.5:17) ? La Loi a été donnée par l’intermédiaire de Moïse (Jean 1:17, Rom.10:5) et par la suite, les prophètes ont compris et annoncé la rédemption (Michée 7:19), montrant ainsi que la Loi ne pouvait amener une âme à « mériter » l’avenir promis, non que la Loi soit faible en elle-même (Ésaïe 45:21), mais l’homme est marqué par son incapacité à répondre parfaitement à ses exigences (Rom.8:3). Et à la fin de ces temps, Jésus a parlé, et la vérité a été pleinement déployée, et en particulier « comment » Dieu répond avec justice au paradoxe énoncé si longtemps auparavant : « Éternel, l'Éternel ! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité, gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l'iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent… » (Exode 34:6-7)
 
A la croix, la révélation est achevée, complète, et le croyant est placé devant une loi parfaite, complètement révélée. Ceci étant, il n’est pas conduit à raisonner, mais à vivre dans cette liberté dont il a maintenant conscience, et cela dans les actes de tous les jours, avec sagesse… Jacques présente alors des principes de vie, et en particulier l’attention aux petits et aux faibles.

 
2:1-26  La pratique de la foi

En ce monde, le statut social détermine les comportements, et Jacques l’a évoqué déjà en introduction comme un fait pouvant mettre la foi à l’épreuve (Jacq.1:9-11). Et il partira d’attitudes bien communes à l’égard des disparités sociales pour apporter un autre enseignement, touchant la considération particulière que le monde manifeste envers les grands, les riches, les puissants… Rien de cela ne devrait se trouver parmi les chrétiens… Rien n’a changé ! De telles exhortations se trouvent déjà dans la Loi et les Prophètes (Deut.1:17,10:17, Psaume 82:2, Prov.28:21, Malachie 2:9). Ces considérations pratiques nous amènent à ce que Jacques appelle « la loi royale »

2:1-13  Aimer son prochain comme soi-même

Jacques part donc d’une scène fort commune, telle qu’elle peut se passer en tout lieu où des croyants se rassemblent – car tel est le seul sens, à l’époque, du terme « synagogue » ou, en hébreu, Beth Knesset ou « maison de l’assemblée ». A la suite de quoi il conduit le lecteur à réfléchir sur les rapports communs entre les hommes (vers.5) pour apporter la conclusion qui s’impose (vers.8-9) et aborder alors une réflexion plus générale (vers.10-12).

2    1 Mes frères, n’ayez pas la foi de notre seigneur Jésus Christ, seigneur de gloire, en faisant acception de personnes. 2 Car s’il entre dans votre synagogue un homme portant une bague d’or, en vêtements éclatants, et qu’il entre aussi un pauvre en vêtements sales, 3 et que vous regardiez vers celui qui porte les vêtements éclatants, et que vous disiez : Toi, assieds-toi ici à ton aise; et que vous disiez au pauvre : Toi, tiens-toi là debout ; ou : Assieds toi ici au bas de mon marchepied ; 4 n’avez-vous pas fait une distinction en vous-mêmes, et n’êtes-vous pas devenus des juges ayant de mauvaises pensées ?
 
5 Ecoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres quant au monde, riches en foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? 6 Mais vous, vous avez méprisé le pauvre. Les riches ne vous oppriment-ils pas, et ne sont-ce pas eux qui vous tirent devant les tribunaux ? 7 Ne sont-ce pas eux qui blasphèment le beau nom qui a été invoqué sur vous ? 8 Si en effet vous accomplissez la loi royale, selon l’écriture : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » [Lévitique 19:18], vous faites bien ; 9 mais si vous faites acception de personnes, vous commettez le péché, et vous êtes convaincus par la loi comme transgresseurs.
 
10 Car quiconque gardera toute la loi et faillira en un seul point, est coupable sur tous. 11 11 Car celui qui a dit : « Tu ne commettras pas adultère », a dit aussi : « Tu ne tueras pas ». Or si tu ne commets pas adultère, mais que tu tues, tu es devenu transgresseur de la loi. 12 12 Ainsi parlez, et ainsi agissez comme devant être jugés par la loi de la liberté ; 13 13 car le jugement est sans miséricorde pour celui qui n’a pas usé de miséricorde. La miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement.

  • Un homme riche, un homme pauvre ! Quelle est la différence devant Dieu ? Rom.2:11, Éph.6:9, Col.3:25, 1 Pier.1:17.
  • Pourquoi la loi citée, lue en Lévitique 19:18, est-elle appelée « royale » ? Considérons ce qu’en dit un scribe d’entre les Juifs (Matt.12:28-34) et les autres écrits néo-testamentaires (Rom.13:9, Gal.5:14).
  • Que dire des riches ? Il s’agit ici, à l’évidence, des choses du monde, comme nous pouvons le voir par exemple en Démétrius à Éphèse (Act.19:23-41).
  • Dans quelle catégorie se place l’homme, le croyant, qui fait acception de personnes ? Ceci à partir d’une circonstance que l’on qualifierait généralement de mineure (vers.1-4,9)…
  • Que comprendre du jugement évoqué ? Lire la parabole du serviteur sans pitié, Matt.18:21-35, et aussi 2 Cor.5:10.
Dieu connaît ce qui est dans l’homme, dans tout homme. Et Il est miséricordieux… Ceci étant, il y a un chemin pour l’homme, une voie qui plaise à Dieu, un manière de vivre qui exprime ce qui est attendu d’un homme… La parabole du serviteur impitoyable (Matt. 18:21-35) est sévère, comme l’est la pensée exprimée par Jacques, l’un et l’autre sont bien loin de « gommer » la responsabilité de l’homme devant Dieu ! Et pour nous, pouvons-nous penser qu’un homme saisi de la grâce de Dieu, pénétré de la miséricorde qu’il goûte pour lui-même, puisse lui-même manquer de miséricorde, être impitoyable avec ses proches, alors qu’il saurait de quoi il est lui-même pardonné, et goûterait la bénédiction qui repose sur lui par la grâce ? Cette question est posée, forte et claire, par Jacques. Certes,les apparences peuvent nous tromper dira Paul à Timothée, en ajoutant : « Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens » (2 Tim.2:19) et déjà au cours du ministère de Jésus, des hommes le suivirent un temps mais se retirèrent (Jean 6:66). Ils suivirent le Seigneur en gardant à l’esprit leurs propres pensées, leurs propres désirs, sans être saisis par le message de la grâce…

214-26  Faire des œuvres de foi

Reprenant encore la question des disparités sociales, Jacques avance dans la réflexion touchant la mise à l’épreuve de la foi, de l’adhésion à Dieu. Que sert de « dire, proclamer, affirmer » ? Est-ce cela qui emporte l’approbation de Dieu ? Est-ce cela qui sauve ? Les disputes de mots semblaient déjà bien fréquentes dans les rassemblements chrétiens du commencement. Et il faut bien réaliser qu’une vie occupée de discussions doctrinales est une vie de vanité, une vie stérile. Il faut lire les exhortations à Timothée à ce sujet (1 Tim.1:5-7 et 2 Tim.2:14). Aussi Jacques prend les lecteurs à témoin, et continue à les faire réfléchir…

14 Mes frères, quel profit y a-t-il si quelqu’un dit qu’il a la foi, et qu’il n’ait pas d’œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? 15 Et si un frère ou une sœur sont nus et manquent de leur nourriture de tous les jours, 16 et que quelqu’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et rassasiez-vous, — et que vous ne leur donniez pas les choses nécessaires pour le corps, quel profit y a-t-il ? 17 De même aussi la foi, si elle n’a pas d’œuvres, est morte par elle-même. 18 Mais quelqu’un dira : Tu as la foi, et moi j’ai des œuvres. Montre-moi ta foi sans œuvres, et moi, par mes œuvres, je te montrerai ma foi. 19 Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien : les démons aussi croient, et ils frissonnent. 20 Mais veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est morte ? 21 Abraham, notre père, n’a-t-il pas été justifié par des œuvres, ayant offert son fils Isaac sur l’autel ? 22 Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres ; et par les œuvres la foi fut rendue parfaite. 23 Et l’écriture a été accomplie qui dit : « Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice » [Genèse 15:6] ; et il a été appelé ami de Dieu. 24 Vous voyez qu’un homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement. 25 Et pareillement Rahab aussi, la prostituée, n’a-t-elle pas été justifiée par les œuvres, ayant reçu les messagers et les ayant mis dehors par un autre chemin ? 26 Car comme le corps sans esprit est mort, ainsi aussi la foi sans les œuvres est morte.

  • Lisons bien la question en tête de ce passage. L’opposition se trouve-t-elle entre la foi et les œuvres ? Ou plutôt entre « dire qu’on a la foi » et « manifester des œuvres » ? Vers.17,20,26.
  • La foi affirmée sans qu’elle ne se manifeste ! Comment est-elle appréciée ? Lire Jean 15:1-6 et Ézéchiel 15:1-8. Nous pouvons lire encore la parabole des talents (Matt.25:14-30, Luc 19:12-27).
  • La foi se situe-t-elle au niveau de l’intellect, croire ou ne pas croire que Dieu est ? Lire les deux exemples cités où la foi est illustrée par des actions qui la manifestent (Genèse 22 et Josué 2). Lire Hébreux 11:17-19 et 31.
Une proclamation de foi sans manifestation, sans que la vie pratique ne le montre, est une foi morte, comme il en est du figuier qui ne portait pas de fruit (Luc 13:6-9). La doctrine est là pour soutenir la foi, mais elle n’est pas une fin en soi : « Enfants, que personne ne vous égare : celui qui pratique la justice est juste, comme lui est juste ». (1 Jean 3:7).
 
Ainsi donc, nous pouvons conclure, comme le faisait Habacuc déjà, cinq siècles avant la Lettre de Jacques, que « le juste vivra par sa foi » (Habacuc 2:4, repris en Rom.1:17, Gal.3:11 et Hébr.10:38), en soulignant, afin de ne pas nous égarer, qu’il s’agit de « vie » et donc d’une foi qui est manifeste par la réalité des actes posés ! Et nous pouvons rappeler encore cette parole incontournable : « l'homme n'est pas justifié sur le principe des œuvres de loi… sur le principe des œuvres de loi nulle chair ne sera justifiée. » (Gal.2:16).
 
Bénissons notre Dieu pour sa miséricorde et la clarté du message qu’Il nous adresse par les Écritures ! Adhérer au message de Dieu, et à son projet pour l’homme, pour y marcher, comme Abraham « s’en alla pour lui-même… » Voilà la démarche du racheté de Dieu.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Jacques 3:1-4:17 - La Sagesse de la Foi


 

3:1-4:17  La Sagesse de la Foi

Un nouveau sujet est maintenant amené, du fait de la mise en contraste entre l’affirmation de la foi, et la réalité de la foi démontrée par des actes… Ce ne sont pas les développements doctrinaux, utiles certes, qui comptent, mais la pratique qu’ils soutiennent.
 
La sagesse ! Voilà la préoccupation centrale de Jacques, à savoir « que les croyants marchent avec sagesse ! » Et pour introduire ces exhortations, il met en évidence le danger de discuter sur des questions de mots, de doctrine, chacun pouvant être tenté d’y aller de son opinion personnelle… Et certes, cela peut un peu se comprendre, vu le temps, vu les inévitables questions relatives à la Loi de Moïse et, à l’accueil de croyants d’entre les nations comme nous le voyons à propos de Corneille (Actes 11:1-18) et dans cette page si importante de la grande réunion de Jérusalem (Actes 15:6-29). Mais si cela paraît difficile à éviter, il n’en demeure pas moins vrai que cette préoccupation peut conduire le croyant à passer à côté de la vraie vie… C’est aussi ce dont parle Paul à Timothée (2 Tim.4:3).

 
3:1-12  Avertissement : Contrôler ses paroles

Premier élément concernant les « docteurs », ceux même qui ont reçu un don à cet égard, comme il en est de Jacques. Remarquons qu'il écrit « nous » en parlant des docteurs (Jacq.3:1), et d'ailleurs nous le voyons à l’œuvre avec bonheur dans une décision importante en Actes 15:13-21. Il y a assurément des croyants ayant reçu un discernement tel qu’ils sont reconnus comme « docteurs » ou « maîtres », ou « enseignants », mais il ne s’agit pas de titre ou de fonction que l’on peut s’arroger… Celui qui enseigne n’est-il pas d'autant plus responsable quant à la mise en pratique de son enseignement ?

3    1 Ne soyez pas beaucoup de docteurs, mes frères, sachant que nous en recevrons un jugement plus sévère ; 2 car nous faillissons tous à plusieurs égards. Si quelqu’un ne faillit pas en paroles, celui-là est un homme parfait, capable de tenir aussi tout le corps en bride. 3 Voici, nous mettons les mors des chevaux dans leurs bouches, pour qu’ils nous obéissent, et nous dirigeons çà et là leur corps tout entier. 4 Voici, les navires aussi, qui sont si grands et qui sont poussés par des vents violents, sont dirigés çà et là par un très petit gouvernail, où que ce soit que le veuille l’impulsion de celui qui les gouverne. 5 Ainsi aussi la langue est un petit membre et elle se vante de grandes choses. Voici, un petit feu, quelle grande forêt allume-t-il ! 6 Et la langue est un feu. La langue, un monde d’iniquité, est établie parmi nos membres ; c’est elle qui souille tout le corps, et enflamme tout le cours de la nature, et est enflammée par la géhenne. 7 Car toute espèce de bêtes sauvages et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins, se dompte et a été domptée par l’espèce humaine ; 8 mais pour la langue, aucun des hommes ne peut la dompter : c’est un mal désordonné, plein d’un venin mortel. 9 Par elle nous bénissons le Seigneur et Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à la ressemblance de Dieu ; 10 de la même bouche procède la bénédiction et la malédiction. Mes frères, il ne devrait pas en être ainsi. 11 Une fontaine fait-elle jaillir par une même ouverture le doux et l’amer ? 12 Mes frères, un figuier peut-il produire des olives, ou une vigne, des figues ? De l’eau salée ne peut pas non plus faire de l’eau douce.

  • Qu’est la langue, la parole, relativement à l’homme tout entier ? Sur quoi Jacques porte-t-il l attention de ses lecteurs ?
  • Deux images sont choisies par Jacques, l’une positive, l’autre négative : le gouvernail et le feu. Que dit Jacques au croyant touchant la « langue » ? Qui seul peut la contrôler – pour se contrôler tout entier ?
  • Chacun n’est-il pas placé devant sa propre responsabilité quant aux paroles qu’il prononce ? Vers.9. Lire aussi Éph.4:29,5:4, Col.4:6.
  • Sur quoi Jacques revient-il à la fin du passage ? Pourquoi ? Matt.7:17-18, Luc 6:43-44, Jacq.2:14 et suiv.
L’enseignement de Jacques était bien présent à l’esprit de ses lecteurs. Nous trouvons des passages fort sérieux dans les Évangiles (Matt.15:10-11), et des exhortations sont aussi adressées par Paul (Éph.4:29). Ceci est une mise en garde majeure, assurément, et qui concerne le comportement général d’un homme, d’un croyant. Elle introduit un exposé bref et magistral de ce qu’est la sagesse selon Dieu. « L'homme sage de cœur sera appelé intelligent, et la douceur des lèvres accroît la science » (Prov.16:21).

 
3:13-18  Principe : La douceur de la sagesse

Un paragraphe fort important s’ouvre maintenant, exposé d’un principe général qu’il convient de considérer avec attention pour comprendre ce que douceur veut dire, « la douceur de la sagesse ». L’apôtre Paul en a parlé (Phil.4:5), et nous voyons, dans sa vie et ses écrits, que douceur n’est pas mollesse, et d’ailleurs nous le voyons dans l’exemple des prophètes d’Israël, à commencer par Moïse dont il est écrit qu’il était « très doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre » (Nombres 12:3). Et que dire du Seigneur lorsqu’il chassât les marchands du temple ? Ce geste très fort n’est-il pas produit par sa douceur envers les pauvres qui venaient adorer à Jérusalem et dont profitaient des marchands peu scrupuleux ?

13 Qui est sage et intelligent parmi vous ? Que par une bonne conduite il montre ses œuvres avec la douceur de la sagesse. 14 Mais si vous avez une jalousie amère et un esprit de querelle dans vos cœurs, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. 15 Ce n’est pas là la sagesse qui descend d’en haut, mais une sagesse terrestre, animale, diabolique. 16 Car où il y a de la jalousie et un esprit de querelle, là il y a du désordre et toute espèce de mauvaises actions. 17 Mais la sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite paisible, modérée, traitable, pleine de miséricorde et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie. 18 Or le fruit de la justice, dans la paix, se sème pour ceux qui procurent la paix.

  • Des hommes sages et intelligents ! Deut.1:13, Psaume 111:10, Prov.1:5, 18:15
  • La douceur est-elle dans les paroles ou dans les actes ? Envisageons la scène des marchands du temple (Marc.11:15-16, Jean 2:14-16), la fermeté de Moïse (Exode 32:19), ou encore les paroles fortes prononcées par Paul (Gal.3:1).
  • La vraie sagesse vient d’En-Haut ! Que penser de cette affirmation ? Jacq.1:5, et aussi Prov.8:12,22-36.
  • Il vaut la peine de s’arrêter sur chacun des huit caractères cités de la sagesse, car ils permettent de comprendre ce que sagesse selon Dieu veut dire…
  • Ne peut-on pas trouver à la fin de ce passage la réponse à la question posée au début : « Qui est sage et intelligent parmi vous ? » et trouver la synthèse de tout cet enseignement ? Lire aussi Matt.5:9.
Cette conclusion nous interpelle, car elle lie directement la vie du croyant à la pensée de Dieu, et à son plan de grâce. Entre nombre passages, nous lisons : « Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement… » (1 Thes.5:23) et nous nous souvenons que tel est le vœu prononcé si souvent dans les épîtres. Ceux qui procurent la paix sont reconnus comme marchant avec Dieu – appelés Fils de Dieu – et jouissent ainsi des fruits de leur propre justice…

 
4:1-5:6  Des écueils dans la vie du chrétien

Les propos que nous dirions « idylliques » qui précèdent ne reflètent pas l’état général des rassemblements chrétiens, car très vite le nombre de chrétiens s’accroissant, il se sont trouvés des hommes dont les motifs n’étaient pas purs, certains suivant le mouvement sans profond engagement. Bref, le premier amour s’était refroidi (Apoc.2:4). Aussi, loin de s’arrêter à présenter des principes, Jacques, esprit réaliste et pratique, évoque en termes extrêmement forts les écueils rencontrés. Cette violence de l’expression le rapproche de prophètes d’Israël, tels Osée ou Jérémie.
 
Les mots que nous qualifierions sans doute d’excessifs font paraître la grande crainte de débordements que les comportements constatés peuvent induire… Et qui pourrait nier aujourd’hui la pertinence de ces propos au vu de l’histoire de la chrétienté au cours des siècles qui suivirent ? Mais aussi, qui pourrait évoquer un échec, alors que les apôtres ont communiqué les paroles de Jésus disant à l’avance que l’ivraie se mêlerait au bon grain ? (Matt.13:25-30).

4:1-12  Parler l’un contre l’autre

Remarquons que, comme au paragraphe précédent, Jacques pose une question et termes forts pour n’apporter la réponse qu’en finale. Et ici, nous voyons au regard de ce petit commencement dans le manque de sagesse, les termes forts avec lesquels Jacques en parle. Certes, le style est imagé, car nous aurions difficile à penser que Jacques ait pu anticiper ce qui se passa dans la chrétienté quelques siècles plus tard, mais nous voyons se profiler une réalité bien commune, une double vie en quelque sorte, la piété extérieure et un mode de vie qui n’est pas transformé par la foi ! C’était déjà la situation rencontrée par le prophète Osée (Osée 6:4-6).

4    1 D’où viennent les guerres, et d’où les batailles parmi vous ? N’est-ce pas de cela, de vos voluptés qui combattent dans vos membres ? 2 Vous convoitez, et vous n’avez pas ; vous tuez et vous avez d’ardents désirs, et vous ne pouvez obtenir ; vous contestez et vous faites la guerre ; vous n’avez pas, parce que vous ne demandez pas ; 3 vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, afin de le dépenser pour vos voluptés.
 
4 Adultères, ne savez-vous pas que l’amitié du monde est inimitié contre Dieu ? Quiconque donc voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu. 5 Ou pensez-vous que l’écriture parle en vain ? L’Esprit qui demeure en nous, désire-t-il avec envie ? 6 Mais il donne une plus grande grâce. C’est pourquoi il dit : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » [Prov.3:34]
 
7 Soumettez-vous donc à Dieu. Résistez au diable, et il s’enfuira de vous. 8 Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs, et purifiez vos cœurs, vous qui êtes doubles de cœur. 9 Sentez vos misères, et menez deuil et pleurez. Que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. 10 Soyez humbles devant le Seigneur, et il vous élèvera.
 
11 Ne parlez pas l’un contre l’autre, frères. Celui qui parle contre son frère ou qui juge son frère, parle contre la loi et juge la loi. Or si tu juges la loi, tu n’es pas un observateur de la loi, mais un juge. 12 Un seul est législateur et juge, celui qui peut sauver et détruire ; mais toi, qui es-tu qui juges ton prochain ?

  • Que voyons-nous dans les premiers versets de ce passage touchant une certaine double vie ? Et quel sens a la prière ?
  • Pourquoi Jacques parle-t-il d’adultères ? Comp. Osée 2:1-7 et lire 2 Cor.11:2, Éph.5:25-30, Apoc.19:7.
  • Le chrétien peut-il vaincre et marcher avec Dieu ? Rom.7:24-8:10, 16:12, Éph.6:13-18.
  • Quelle est la réponse à la question posée au commencement du passage ? Et, inversement, à quoi peut conduire le fait de « parler l’un contre l’autre » ?
  • Et que dire de l'humilité requise devant Dieu, suite de l'exhortation du verset 6 ? Lire Psaume 149:4, Ezéchiel 17:24, Matt.18:4,23:12.
« Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. » Voici un chemin toujours accessible, mais l’empruntons-nous ? Quel bonheur lorsque nous pouvons goûter que Dieu est avec nous, selon sa promesses… et selon son plus grand désir ! « Jésus répondit et lui dit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14:23).

4:13-17  Marcher sans Dieu dans la vie

Oui, un croyant peut vivre dans une certaine piété, fréquenter des services religieux, tout en marchant de fait sans Dieu. Qui pourrait nier que la référence à Dieu est souvent oubliée dans bien des décisions dans la vie… Aussi Jacques se doit d’en parler !

13 À vous maintenant, qui dites : Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ou telle ville, et nous y passerons une année, et nous trafiquerons et nous gagnerons, 14 vous qui ne savez pas ce qui arrivera le jour de demain ? car qu’est-ce que votre vie ? car elle n’est qu’une vapeur paraissant pour un peu de temps et puis disparaissant – 15 au lieu de dire : Si le Seigneur le veut et si nous vivons, nous ferons aussi ceci ou cela. 16 Mais maintenant vous vous glorifiez dans vos vanteries. Toute jactance pareille est mauvaise. 17 Pour celui donc qui sait faire le bien et qui ne le fait pas, pour lui c’est pécher.

  • Un homme maîtrise-t-il complètement son avenir ? Lire les Psaumes 90 et 144.
  • En évoquant la précarité de la vie, les incertitudes, Jacques veut-il conduire le croyant sur un chemin de fatalisme ?
  • Et à ceux qui ont des projets, que leur dit-il en conclusion de ce court paragraphe ?
Loin de penser à un quelconque fatalisme, Jacques indique qu’il faut demeurer modeste en avançant, en accomplissant ce que nous pensons bien d’accomplir. Cette dynamique de la vie répond à l’acte créateur de Dieu (Genèse 1:28,9:1) et ne change pas face aux perspectives de l’éternité. Mais c’est dans la manière d’appréhender les choses de la vie que la foi en Dieu, la confiance devrions-nous dire ici, se manifeste.

 

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Jacques 5:1-18 - La Patience de la Foi


 

5:1-18  La Patience de la foi

Ces pensées touchant les projets d’un homme à propos des nécessités de la vie en ce monde, telles que nous venons de le lire, ramènent Jacques sa préoccupation à l’égard de ses « bien-aimés frères ». Le croyant doit vivre au sein d’un monde qui connaît une réelle cause de désastre qui contribue largement à la souffrance des hommes, « la création a été assujettie à la vanité, non de sa volonté, mais à cause de celui qui l'a assujettie » (Romains 8:20).

 
5:1-6  Situation : L’injustice du monde

Assurément l’exploitation des plus faibles dans la société est une chose abominable devant Dieu. Les prophètes en ont témoigné bien souvent, avant comme après l’exil à Babylone Jérémie 22:13, Ézéchiel 22:29, Néhémie 5.1-5). Jacques en parle en des termes extrêmes, sans doute, mais l’histoire et l’actualité nous montrent que ces mots, dans leur violence même, ont toute leur place ; non pas comme une expression emphatique, mais un constat bien réaliste hélas !

5     1 À vous maintenant, riches ! Pleurez en poussant des cris, à cause des misères qui vont venir sur vous. 2 Vos richesses sont pourries et vos vêtements sont rongés par les vers ; 3 votre or et votre argent sont rouillés, et leur rouille sera en témoignage contre vous et dévorera votre chair comme le feu : vous avez amassé un trésor dans les derniers jours. 4 Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs et duquel ils ont été frustrés par vous, crie, et les cris de ceux qui ont moissonné sont parvenus aux oreilles du Seigneur Sabaoth. 5 Vous avez vécu dans les délices sur la terre, et vous vous êtes livrés aux voluptés ; vous avez rassasié vos cœurs comme en un jour de sacrifice ; 6 vous avez condamné, vous avez mis à mort le juste : il ne vous résiste pas.

  • Que valent les richesses de ce monde au regard de l’avenir attendu par le croyant ? Lisons les enseignements du Seigneur (Luc 12:13-34, 16:19-31), voyons ce qui est dit de Jésus lui-même (2 Cor.8:9) et considérons des enseignements pratiques (1 Tim.6).
  • Le Seigneur est-il insensible aux souffrances des pauvres ? Psaumes 9:18 et 72:12-13, Ésaïe 3:14-15, Zacharie 11:7-11.
  • Jusqu’où peut aller l’abus du pouvoir de l’argent, même dans l’enceinte de la chrétienté ? Apoc.2:13. Et quelle en est la fin ? Apoc.18.
Ce passage présente bien une certaine difficulté, car Jacques parlant à des chrétiens, jette cette invective à l’égard de riches, comme il s’en trouve, qui possèdent le monde et font ce qu’ils veulent des hommes qui subissent leur loi. Cette forme de discours est fréquente parmi les prophètes, lesquels, dans des invectives violentes, prononcent des paroles de malédiction à l’égard de personnes qui ne peuvent les entendre, pour que leur auditoire, des croyants, reçoivent un encouragement, une consolation. Nous lisons de telles paroles aux moments paroxystiques du désastre d’Israël. Ésaïe comme Jérémie ont ainsi prononcé des paroles à l’égard des envahisseurs et de tous les ennemis, voyons notamment Ésaïe 15 à 23 et Jérémie 46 à 51.
 
L’invective de Jacques est écrite en vue de conforter les croyants. Au regard de ses richesses inaliénables (Matt.6:19-21), ne souscrit-il pas à cette parole de Paul : « Or la piété avec le contentement est un grand gain » (1 Tim.6:6). Ainsi, après avoir parlé de la vie dans la confiance en Dieu (Jacq.4:13-17), l’auteur est conduit à dire à ces mêmes personnes ce qui arrivera à ceux qui s’appuient sur leurs richesses (au sens propre ou figuré) pour encourager les disciples qui éprouvent les difficultés dans leur chemin au sein d’un monde marqué par l’injustice.
 
Asaph, le Psalmiste, médita de cette injustice qui ravage le monde. Il éprouva une grande peine dans cette observation de la société qui l’entourait, mais au bout de sa méditation, il a considéré la fin… l’heure où chacun doit rendre des comptes (Psaume 73:2-3 et 16-19, Jérémie 17:10, Rom.14:12). Pour clôturer son épître, Jacques indique la voie : marcher avec patience !

 
5:7-8  Principe : Regarder à la venue du Seigneur

« Regarder la fin », tel fut le réflexe salutaire d’Asaph dans sa douloureuse méditation… (Psaume 73). Et telle est la conclusion de Jacques concernant l’injustice qui règne en ce monde, et la vie qu’il convient d’y manifester. Paul enjoint à la même démarche les croyants de Thessalonique soumis à l’opprobre, voire la persécution (2 Thess.2).
 
La première venue du Messie d’Israël ne pouvait apporter la paix en ce monde, le Seigneur l’a dit lui-même (Matt.10:34-36), car celle-ci ne viendra qu’en un jour de jugement dont les prophètes ont parlé (voir notamment Zacharie 12 et 13). Mais le chrétien attend la venue du Seigneur, comme le laboureur « attend le fruit précieux de la terre »…

7 Usez donc de patience, frères, jusqu’à la venue du Seigneur. Voici, le laboureur attend le fruit précieux de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il reçoive les pluies de la première et de la dernière saison. 8 Vous aussi, usez de patience; affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche.

  • Qu’est cette venue du Seigneur pour le croyant aujourd’hui ? Jean 14:1-3, 1 Thes.4:13-18, 1 Cor.15:51-53, 1 Jean 3:1-3.
  • Qu’ajoute à la parole de Jacques la mention de « précieux » pour le produit de la terre ?
  • Est-il évident d’être paisible, rempli de  l’espérance ?
Le laboureur a semé sa semence, et il attend les pluies de la première saison, celles de la germination, et ensuite les pluies assurant la croissance et contribuant ainsi à la maturité… Sans que Jacques ne poursuive sur ce parallèle, nous pouvons bien réfléchir à cette attente du laboureur, à l’état d’esprit que requiert cette activité professionnelle où l’on travaille et confie à la terre un espoir dont on ne verra le résultat que des mois plus tard, un résultat, au reste, soumis à bien des aléas.
 
Mais pour l’avenir du racheté, point d’aléas, les enseignements sont formels, voyons 1 Jean 3:1-3. La foi peut être vacillante, c’est pourquoi Jacques parle « d’affermir nos cœurs », ce qui est une exhortation bien fréquentes dans les épîtres (1 Cor.16:13, Phil.2:12,Col.1:23, Hébr.6:18, 2 Pier.1:19). Mais l’avenir ne repose pas sur la foi, mais sur la puissance du Seigneur. Et Il a promis disant « Je reviendrai ! » (Jean 14:1-3)…

 
5:9-20  L'exercice de la patience

Cette parution devant le Seigneur, « la bienheureuse espérance » (Tite 2:13) a des incidences pratiques bien évidentes, car « car il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu'il aura fait, soit bien, soit mal » (2 Cor.5:10). Ainsi Jacques évoque des aspects importants de la vie effective du croyant. Une vie qui est avant tout personnelle, mais aussi dans l’attention aux croyants avec lesquels nous faisons un bout de chemin.

59-11  Marcher dans la piété

La foi est une question personnelle d’abord, car la relation à Dieu ne se vit pas par procuration, comme l’exprima déjà Habacuc, en disant : « le juste vivra par sa foi » (Habacuc 2:4) et comme aussi Paul le souligne en regardant à la séance devant le Seigneur : « Chacun de nous rendra compte pour lui-même à Dieu » (Rom.14:12). Aussi Jacques adresse-t-il quelques préceptes de vie essentiels, non pour en attendre d’autrui la pratique, mais pour les vivre soi-même, selon qu’il est écrit : « Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites ». (Jean 13:17)

9 Ne murmurez pas les uns contre les autres, frères, afin que vous ne soyez pas jugés : voici, le juge se tient devant la porte. 10 Mes frères, prenez pour exemple de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. 11 Voici, nous disons bienheureux ceux qui endurent l’épreuve avec patience. Vous avez ouï parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin du Seigneur, savoir que le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux.

  • Que représentent les murmures, sont-ils compatibles à une vie à mener « dans la lumière » ? Lire Éph.5:8.
  • En évoquant les prophètes, et sans doute ceux d’Israël, nous voyons leur vie. Que fit le Seigneur pour Élie découragé ? 1 Rois 19.
  • L’histoire de Job est une récit édifiant pour nous montrer la douleur d’un homme, d’un homme pieux… Qu’indique ce livre relativement au regard de Job sur Dieu, à la fin, et quant au regard de Dieu sur l’homme ? Job 42.
Les ressentiments peuvent engendrer murmures à l’insu de la personne concernée… Ce sont des agissements de l’ombre, alors que le croyant est appelé à vivre dans la lumière ! Et n’est-il pas écrit : « C'est pourquoi toutes les choses que vous avez dites dans les ténèbres seront entendues dans la lumière, et ce dont vous avez parlé à l'oreille dans les chambres sera publié sur les toits ». (Luc 12:3) Et Pierre ajoute : « Car le temps est venu de commencer le jugement par la maison de Dieu » (1 Pier.4:17).
 
Que faire dans les circonstances où nous pourrions être enclins à murmurer ? Comment agir ? Là encore, c’est la foi qui doit paraître lorsqu’une difficulté survient. Jacques y revient (Jacq.1:12), et la leçon de Job est là pour nous montrer que les peines des hommes peuvent se prolonger, et les « pourquoi » monter vers Dieu, mais une réponse est donnée à la fin. Ce livre est un encouragement à la patience.

512-15  Attitude de vie

Comment se comporter vis-à-vis d’autrui, dans ce monde où les difficultés entre les hommes ne manquent pas ? Jacques n’épuise pas le sujet, mais il l’aborde en deux points importants : répondre à des accusations ou être sommé de rendre témoignage d’une part, et subir la maltraitance ou d’autres maux…

12 Mais avant toutes choses, mes frères, ne jurez pas, ni par le ciel, ni par la terre, ni par aucun autre serment ; mais que votre oui soit oui, et votre non, non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. 13 Quelqu’un parmi vous est-il maltraité, qu’il prie.
 
  Quelqu’un est-il joyeux, qu’il chante des cantiques.
14 Quelqu’un parmi vous est-il malade, qu’il appelle les anciens de l’assemblée, et qu’ils prient pour lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; 15 et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné.

  • En cas d’opposition ou d’accusation, quelle attitude avoir ? Et sur qui s’appuyer ?
  • Pourquoi un jugement avec imprécation conduirait-il à un jugement ?
  • Et l’état intérieur d’une âme ! Considérer deux états mis ici en opposition. Vers. 13b et 14.
  • Comment réagir au bonheur que l’on goûte ? Et comment entretenir cette joie ? Éph.5:19 et Col.3:16.
  • Le croyant découragé doit-il rester seul, souffrir seul, sans être entouré ?
Ainsi nous sommes placés devant un chemin de simplicité. Garder la simplicité de parole vis-à-vis des hommes – « que votre oui soit oui » ? et se tourner vers Dieu pour avoir du secours, pour tenir ferme sans découragement. Comment, en effet, vivre sans crainte en ce monde ? La réponse est simple : s’en remettre au Tout-Puissant.
 
Jacques met ensuite en opposition deux états : « Quelqu’un est-il joyeux… Quelqu’un est-il malade ». Pour le premier état, il convient de se souvenir de la source de la paix dans l’âme (Jean 15:11), mais cette joie peut se voiler, et l’âme rencontrer la lassitude, se trouver dans un état moral dépressif. Cette lassitude morale profonde peut avoir été causée par un sentiment de culpabilité ; ce sont des choses qui arrivent (Michée 6:13 et Ésaïe 33:20-24)… Alors il faut de l’aide, une compassion exprimée… mais pas par n’importe qui ! Car il faut que ceux qui viennent apporter leur soutient soient remplis de sagesse et d’expérience. Ce que nous lisons n’a rien de liturgique, de rituel, mais il s’agit d’un acte pratique de support, de soutient selon une pratique commune aux Juifs de cette époque. Comme nous voyons Job découragé recevant la visite de ses amis… Certes, il aurait mieux été que les trois amis soient empreints d’une vraie sagesse, mais nous voyons intervenir un quatrième, un sage, Elihu, qui contribua au relèvement moral de Job. Une histoire édifiante (Job 32).

516-20  La relation à autrui

Jacques poursuit ce développement, l’étendant aux rapports entre les hommes, et plus particulièrement entre ceux qui « marchent ensemble », ainsi que nous comprenons le début de ce paragraphe. « Quelqu’un est-il malade… » évoquait-il, et nous voyons ici : « en sorte que vous soyez guéris ». Plus question d’anciens toutefois, mais de l’attitude de tous les « frères » (Jacq.1:2), les uns envers les autres, selon que nous lisons par ailleurs : « chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres » (Phil.2:4).

16 Confessez donc vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre, en sorte que vous soyez guéris : la fervente supplication du juste peut beaucoup. 17 Élie était un homme ayant les mêmes passions que nous, et il pria avec instance qu’il ne plût pas, et il ne tomba pas de pluie sur la terre durant trois ans et six mois; 18 et il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit.
 
19 Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’égare de la vérité, et que quelqu’un le ramène, 20 qu’il sache que celui qui aura ramené un pécheur de l’égarement de son chemin, sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés.

  • Quelle est l’attitude active à manifester relativement à ceux qui nous entourent ? Quel gage du résultat Jacques donne-t-il ?
  • Cette attitude se limite-t-elle à ceux qui, à nos yeux, sont sur le bon chemin ? Lire aussi Hébr.4:1.
  • Comment comprendre qu’un croyant puisse avoir un tel impact sur autrui ?
Avant d’en arriver à un état de maladie, de dépression comme nous venons de le lire, il y a un chemin précieux… et qui est le seul chemin salvateur dans la vie en communauté… L’exemple d’Elie est à lire dans le sens que Dieu écoute la parole d’un homme fidèle (1 Rois 18).
 
Et le cercle de l’attention d’un croyant s’élargit à ceux qui paraissent s’égarer (Hébr.4:1), mais plus encore, à l’homme incrédule que l’on côtoie. Et s’il est un seul Dieu sauveur, si l’homme ne peut sauver quiconque (Psaume 49:8, Marc 10:27), Jacques souligne l’attribution du résultat de l’œuvre de Dieu à celui qui est aura été en quelque mesure l’intermédiaire, le témoin…

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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Réflexions sur l'épître de Jacques


 

Réflexions

Une lette incisive

Nous pouvons être frappés par la fin abrupte de cette épître qui a conduit le lecteur à l’examen de sa propre foi, à l’observation de ses priorités dans la vie, de sa relation à Dieu, de sa relation à autrui, aux croyants qui l’entourent, à ceux qui sont en danger de s’écarter, et enfin aux hommes qui sont sur un chemin d’égarement…
 
Jacques a ici des accents prophétiques. Nous voyons combien un prophète comme Osée lui est familier, tant il s’exprime avec cette même force, avec violence même en quelques passages, mettant en garde les croyants afin qu’ils ne soient pas seulement adhérents à un courant de doctrine.

Une préoccupation majeure

La quête majeure de Jacques est de voir les croyants maîtriser leur propre vie, assumer une vie d’hommes et de femmes adultes dans leur adhésion au Christ, « accomplis » comme il est écrit ailleurs (2 Tim.3:17, 1 Pierre 5:10, Jacq.1:4). Et ainsi il leur adresse des paroles fortes leur enjoignant à s’assumer, se maîtriser, avoir une attitude responsable sans laisser-aller (1:6b,13,19, 3:13…), sans jugements hâtifs (2:1), et fuyant les vanités pour s’attacher à ce qui est la vraie vie (1:9-12, 4:1-17).
 
La foi, nous dit Jacques, est l’attachement à un tronc produisant la sève qui se manifeste dans les fruits, tel est le message essentiel, bien dans la ligne de l’enseignement du Seigneur lui-même : « Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel a perdu sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée ». (Matt.5:13-14). Et ainsi le lecteur est placé devant ses propres responsabilités, et qu’il ne dise pas que ses difficultés viennent de Dieu ! (Jacq.1:13). La grâce qui est faite au croyant est de pouvoir marcher dans la foi, avec sagesse et patience… assumant sa propre vie devant Dieu.

Une seule foi, avant comme après la Croix

Cette épître place sous notre regard une réalité intangible : la tradition de la foi est une, en quelque période qu’on la considère. La foi d’Abraham nous est donnée en exemple tandis que les prophètes l’ont illustrée au cours des siècles par leur vie et leur enseignement, tandis que le Livre des Psaumes en exprime la substance. Regardant aux rites particuliers du Temple décrits au Livre du Lévitique, nous y trouvons un rôle majeur, mais temporaire, car ils soulignent les faces diverses de la foi, cette foi au Dieu UN, le Dieu créateur et aussi juge suprême des actions des hommes. Le point central de la révélation que Dieu fit de lui-même, dès ces temps reculés, a été la rencontre de sa miséricorde et de la justice (Exode 34:6-7, Psaume 85:10). Les prophètes n’ont cessé d’évoquer le pardon de Dieu (Ésaïe 1:18, Michée 7:19). L’auteur du Livre de Job, pour citer un exemple, exprime la foi en la rédemption (Job 19:25, et les Psaumes soulignent de façon répétée la grâce de Dieu, seul fondement de la réconciliation de l’homme avec Dieu, seul chemin pour être mis à l’abri du jugement (Psaume 32:1-2). Cette grâce évoquée dès les premières pages de la Bible a été pleinement révélée au temps voulu de Dieu (Hébreux 1 et Jean, l’évangéliste, déclare avec force que l’attente des croyants se trouve dans la personne de Jésus, le Messie annoncé, disant : « La loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1:17).
 
Les croyants d’avant le Messie l’attendaient avec patience, l’image nous en est donnée en Nathanaël à l’abri de son figuier (Jean 1:49, Luc 21:29-30). Lorsque le Messie parut (Hébr.7:14), lumière au milieu des ténèbres (Ésaïe 9:2, Matt.4:16), la foi fit bien évidemment référence au Messie connu, et non plus attendu. Et dans la continuité de la foi, les chrétiens d’entre les Juifs poursuivirent leur pratique, la fréquentation du Temple, se retrouvant aussi dans leurs synagogues, tout en ayant des rencontres, des agapes (Jude 12), réunissant chrétiens juifs et non-juifs d’une localité. Et rapidement, sans loi exprimée, un jour a été mis à part pour la « fraction du pain » (Actes 2:42, 20:7, 1 Cor.11:26), le jour de la résurrection du Seigneur.
 
La Croix marque donc un tournant majeur dans l’histoire de la foi, mais n’altère pas son caractère, à savoir la conviction d’une dette envers le Créateur, et la confiance en la ressource de la grâce. Ainsi, lorsque Paul doit combattre les influences judaïques parmi les chrétiens de Galatie, il ne combat pas la foi de ses pères, mais la déviation opérée dans la pratique religieuse d’une fraction importante de son peuple, une grave déviation qui plaçait au sommet de la piété l’application de lois et de préceptes, alors que tout l’enseignement des prophètes était tourné vers la confiance en Dieu, la conviction de sa miséricorde (Ésaïe 30:15). Paul le déclare sans ambages : il y a une seule foi, comme il y a un seul Dieu (Éph.4:5-6). Si d’aucuns ont pensé trouver une opposition entre l’épître de Jacques et les écrits de Paul touchant l’impossibilité du salut par des œuvres, il faut se garder de cette analyse, car il n’y a d’opposition, redisons-le, qu’entre l’idée qu’un homme puisse être réconcilié avec Dieu par ses propres mérites, et le fait que Dieu seul peut déclarer juste un homme (Marc 10:27, Psaumes 32:1, 49:7-8). Et Dieu « déclare juste » tout homme qui adhère à sa parole de grâce, aujourd’hui, comme il en était aux temps d’avant la Croix (Rom.3:28, Psaume 32:1, Ésaïe 33:24). Ce qui était un mystère reçu par les croyants d’avant la croix, est pleinement révélé à Gogotha ; la Croix a déployé la justice de Dieu et rendu visible le fondement de sa miséricorde, selon cette parole annoncée cinq siècles plus tôt : « Il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris » (Ésaïe 53:5).
 
Ainsi l’épître de Jacques trouve parmi les écrits néo-testamentaires une place essentielle, car elle constitue un témoignage majeur à l’unicité de la foi en quelque époque qu’elle se soit vécue. Et Jacques déploie de façon succincte et forte le véritable caractère de la foi qui est adhésion au plan de Dieu dans l’obéissance à sa parole, et donc dans la praxis, la vie pratique du croyant.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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1 Pierre 1:1-12 - Bénédictions des croyants


 

Première épître de Pierre
 
Le Dieu de toute grâce...
vous rendra lui-même accomplis, vous affermira
et vous établira sur un fondement inébranlable !
(5:10)

 
Après son service particulier, ayant été choisi par le Seigneur pour ouvrir le cercle de la foi aux nations (Matt.16:19), ce qu’il établit avec autorité pour les Samaritains d'abord (Actes 8:14-17) et les gens des nations ensuite par le baptême de Corneille (Actes 10:44-48), Pierre œuvre à Jérusalem, se déclarant lui-même « ancien parmi les anciens » (5:1). Mais aussi il voyage. Il est allé à Antioche (Gal.2:11), grande ville à la rencontre des voies conduisant d’Asie Mineure en Mésopotamie et en Syrie-Palestine. Il se trouve maintenant à Babylone où il y avait alors une très importante communauté juive, parmi lesquels nombre ont reconnus le Messie (5:13).
 
Marc, le neveu de Barnabas l'y a rejoint, venant de Rome où il se trouvait avec Paul (Col.4:10). Sylvain, ou Silas (5:12-13) s’y trouve également. Il s’agit de ce fidèle qui fut envoyé avec Paul par l’assemblée de Jérusalem à la suite de la grande réunion où fut considérée la question de l’application de la Loi par les chrétiens non juifs (Actes 15:22-27). Par la suite il fut compagnon d’œuvre de Paul (Actes 15:40), l’ayant accompagné jusqu’à Corinthe (Actes 18:5 et 2 Cor.1:19).
 
Evoquant le séjour de Pierre à Antioche, où il rencontra Paul et se trouva dans une situation contestable (Gal.2:11-16), nous lisons tout au long des Actes des Apôtres leur reconnaissance mutuelle, jusqu’à cette parole de Pierre reconnaissant la sagesse de Paul, en sa seconde épître (2 Pier.3:15-16).
 
L’adresse de l’épître nous donne à penser que Pierre aurait circulé parmi ces rassemblements de croyants dans ces diverses provinces d’Asie Mineure. Son séjour à Antioche aurait pu en être les prémices.
 
Quinze ans auparavant, entre les années 46 et 48, Paul parcourait cette vaste région, annonçant le Messie et prêchant l’Évangile. Les courants judaïsants ont eu difficile à accepter que des gens des nations, introduits dans les rassemblements de chrétiens, puissent ne pas être astreints à la pratique de tous les éléments de la Loi de Moïse. Il s’ensuit la grande réunion de Jérusalem dont nous lisons le compte rendu en Actes 15 et un rappel en Gal.2:9. Par la suite, Pierre, à Antioche, se trouva en difficulté du fait de réserves faites par des chrétiens d’entre les Juifs à l’égard de ceux d’entre les nations, Paul évoquera son intervention à son encontre (Gal.2:11-13).
 
Mais le courant judaïsant n’a pas désarmé, et quelques années plus tard, il faillit vaincre, ce qui donna lieu, vers l’an 55, à cette lettre vigoureuse de Paul, l’épître aux Galates. « Ô Galates insensés, qui vous a ensorcelés, vous devant les yeux de qui Jésus Christ a été dépeint, crucifié au milieu de vous ? » (Gal.3:1).
 
Nous devons bien comprendre que la tradition séculaire de la foi dans le cadre de la Loi de Moïse, et les évolutions du judaïsme des cent dernières années, tournées davantage vers une certaine lecture de la Loi complétée de quantités de prescriptions prenant le pas sur l’enseignement des grands messages prophétiques, ont forgé les esprits de générations. Il n’est en effet pas aisé de passer d’une religion devenue légaliste, bien éloignée de l’esprit des prophètes, à ce que Jacques appelle « la Loi de la liberté » (Jacq.1:25, 2:12)  un passage qui peut être bien difficile pour des personnes sincères et fidèles à leurs convictions. Aussi Pierre, dans le souvenir des difficultés qu’il a lui-même côtoyées, souligne que ce grand fait de l’Évangile, la bonne nouvelle, est l’accomplissement du message des prophètes. Cela était absolument nécessaire pour qu’ils vivent leur nouvel état de chrétiens au milieu des nations, dans la joie de la foi, car sans cela ils n’auraient pas la force de persévérer. « La joie de l'Éternel est votre force » (Néhémie 8:10).

 
1:1-12  Prologue

 
Cette première lettre de Pierre, probablement dictée à Silvain (5:12), est adressée aux croyants juifs de diverses contrées d’Asie Mineure (1:1), région évangélisée par Paul lors de son premier voyage. Pierre y était connu ­­– souvenons-nous de son passage à Antioche – et venait peut-être de les quitter tandis qu’il se trouvait à Babylone. Il leur adresse un appel à croître dans la foi, dans la pensée de rendre ainsi à Dieu le culte d'une vie selon sa volonté dans les différentes sphères où se meuvent les hommes, la vie publique comme la vie domestique.

 
1:1-2  Adresse

 
Pierre, apôtre de Jésus Christ, s’adresse manifestement aux Juifs qui se sont tournés vers le Messie et vivent leur foi parmi des chrétiens des nations. Ces jeunes assemblées avaient connu en leur commencement de fortes pressions de la part de docteurs judaïsants qui pensaient devoir soumettre tous les croyants aux rites et pratiques de la Loi de Moïse. Ce courant légaliste occasionna la grande réunion de Jérusalem (Actes 15:1-31) et, plus tard, ces pressions reprenant, rendit nécessaires l’envoi de l’épître aux Galates. Une petite dizaine d’années plus tard, Pierre leur écrit à son tour. A lecture de cette lettre, nous pouvons penser que la question de la pratique de la Loi semblait réglée. L’épître est tournée avant tout sur la vie pratique journalière des fidèles.
 
L’adresse de la lettre, est déjà occasion de souligner de façon forte et brève ce qu’est un chrétien, sa relation à Dieu et le sens de sa foi !
 
1   1 Pierre, apôtre de Jésus Christ, à ceux de la dispersion, du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l’Asie et de la Bithynie, qui séjournent parmi les nations, 2 élus selon la préconnaissance de Dieu le Père, dans la consécration de l’Esprit, pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ : Que la grâce et la paix vous soient multipliées !
  • A qui s’adresse donc l’apôtre ? Qu’est-ce que cette « élection » ? Lisons Matt.20:1-16, 22:1-14. Examiner la distinction faite dans ces passages entre l’appel et l’élection. Lire aussi Éph.1:4.
  • Qui sont les chrétiens ? Pierre circonscrit en trois ou quatre propositions la réponse à cette question (1:2). Comparons avec l’adresse de la seconde épître (2 Pier.1:1).
  • Que signifie la préconnaissance de Dieu ? Lire Rom.8:29-30.
  • Quelle est l’opération de l’Esprit de Dieu ? Jean 3:6, Joël 2:28-29, Actes 2:17-18, 10:47.
  • Qu’est-ce que l’obéissance de Jésus-Christ ? Jean 3:36, Rom.1:5, 15:18, 16:26, Hébr.5:9.
  • Que signifie “l’aspersion du sang de Jésus-Christ” ? Lisons le rite de la fête du Grand Pardon (Lévitique 16).
La question de « l’élection » est un point qu’il convient d’aborder avec attention, car pour un lecteur rapide, elle pourrait paraîtrait réduire ou même annuler la responsabilité de l’homme devant son Créateur. Disons directement que nul n’est « prédestiné au salut », car la prédestination à être réconcilié avec Dieu serait un déni tout à la fois de la responsabilité de l’homme et de la justice de Dieu. Lorsque nous lisons « Car il y a beaucoup d’appelés,mais peu d’élus » (Matt.20:16 et 22:14), nous voyons que l’appel est adressé le plus largement, cette universalité de l’appel est d’ailleurs soulignée par Paul (1 Tim.2:3-4). Mais face à cet appel de tous les hommes, chacun, dans le cadre de ce qu’il peut connaître de Dieu (Rom.1:19), est responsable de l’acceptation de la grâce (Jean 3:16), selon que nous le lisons déjà en Ésaie 53:4-5. La souveraineté soulignée en Exode 33:19 intervient en ce que Dieu a « choisi » d’introduire dans sa présence tous ceux qui ont répondu positivement à son appel de grâce. Ceux-là sont couverts par le sacrifice de la croix (Psaume 32:1 et Rom.4:7) accompli pour tous les hommes.
 
La préconnaissance de Dieu est le fait évident que Dieu connaît à l’avance ceux qui croiront. En effet, la capacité de Dieu de connaître tout à l’avance est un attribut essentiel et incontournable de Celui qui a créé le monde, et qui a donc créé le temps. Lui-même n’est pas sujet à ce qu’Il a créé, selon que nous lisons : « JE SUIS CELUI QUI SUIS » (Exode 3:14). Et Il connaît la fin d’une chose avant son commencement (Ésaïe 46:9-10, Psaume 90:4).
 
Revenant maintenant au fidèle, nous lisons qu’il est « mis à part » ou « consacré » – d’autres traduisent par  sanctifiés », ce qui a rigoureusement le même sens. Il est mis à part pour vivre en nouveauté de vie (Rom.7:6, Jean 3:1-10), une vie dans l’obéissance de la foi. Pierre y revient dans sa lettre (1:13-25). Le moteur de cette nouvelle vie n’est ni la pensée philosophique qui conduirait à une plus grande moralité (Rom.2:1-16), et encore moins une recherche de perfection morale en vue de mériter la vie éternelle, mais une marche dans la conscience d’être réconcilié avec le Créateur et adhérant pleinement au plan de Dieu pour l’homme. Ajoutons que le croyant ne demeure pas sur cette terre pour jouir passivement du ‘salut garanti’ par le sacrifice expiatoire de Christ. En poursuivant sa vie d’homme, il entre véritablement dans l’alliance nouvelle, dans l’obéissance, c’est-à-dire pour obéir à Celui qui l’invite à travailler dans le champ, selon ce qu’il a reçu (Matt.25:15-23), autrement dit à manifester les fruits de sa nouvelle vie (Jean 15:1-5).

 
1:3-9  La bénédiction des croyants

 
Pensons à ces hommes juifs, fidèles aux traditions de leurs pères, qui se trouvent confrontés à une réalité qui déborde le cadre des promesses qui leurs furent faites, et qui sont appelés à détourner leur regard des perspectives terrestres – quoique les promesses envers Israël seront accomplies (Actes 3:21, Rom.11:26, Hébr.4:9) – pour une bénédiction céleste (Éph.1:3).
 
C’est une difficulté pour tout homme de s’ouvrir à des réalités dépassant ses propres traditions (Jean 3:12), surtout quand elles sont vécues avec zèle. Ils pouvaient être induis à douter, à être troublés dans le sentiment d’avoir renié leur identité propre comme peuple choisi par Dieu (Deut.7:6-7), tandis que l’Évangile était reçu parmi les nations. Et ceci d’autant plus que depuis quelques générations, ils furent bien plus préoccupés de prescriptions légales sourcilleuses (Matt.23:23) que des appels vigoureux des prophètes. Ce qui est maintenant devant eux, et que Pierre leur rappelle, est la joie de marcher dans la conscience de l’alliance nouvelle annoncée par les prophètes (Ézéch.16:60) et établie en Jésus-Christ (Marc 14:24). Aussi, Pierre se doit de dresser un tableau précis de la réalité qu’ils ont embrassée.

 
1:3-5  Régénérés et gardés

 
Pierre développe les caractères essentiels de leur héritage céleste en une phrase d’une force toute particulière, leur disant que, dans leur fidélité, dans la foi, en recevant le Messie, ils ont commencé une nouvelle vie ! Et, s’assurant que ses auditeurs soient rendus attentifs aux choses de Dieu, il les conduit dans la louange !
 
3 Béni soit le Dieu et Père de notre seigneur Jésus Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés pour une espérance vivante par la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, 4 pour un héritage incorruptible, sans souillure, inflétrissable, conservé dans les cieux pour vous, 5 qui êtes gardés par la puissance de Dieu par la foi, pour un salut qui est prêt à être révélé au dernier temps.
  • Qu’est-ce qui caractérise ici la régénération, autrement dit la « nouvelle vie » ?
  • Le peuple d’Israël a été choisi par Dieu pour être dépositaire des promesses (Deut.7:6-7, Rom.15:8). Ainsi pensons au contraste entre l’attente du rétablissement d’Israël (Actes 3:21) et cette « espérance vivante » qui est leur part désormais ! Sur quelle réalité elle est fondée ? (1 Cor.15:20).
  • Qu’était l’attente de la descendance d’Abraham « selon la promesse » (Genèse 12:1-3) et quel est désormais l’héritage promis ? Arrêtons-nous sur les quatre caractères qui en sont donnés.
  • Comment est exprimé ce à quoi sont appelés ceux qui ont cru ? 1:5. Lire aussi Rom.14:4, 1 Cor.1:8, Éph.1:13-14…
  • Le salut, la délivrance à venir ! Qu’est-ce que le croyant peut dont attendre ? Lire aussi Rom.8:23, 1 Jean 3:1-3, Jean 17:24…
Régénérés ! Aujourd’hui une nouvelle vie en vertu de la résurrection de Jésus Christ (1 Cor.15:20). Demain la jouissance de l’héritage (Matt.25:34, Rom.8:17, Jacq.2:5), non pas un héritage terrestre mais une vie dans la présence de Dieu (Éph.1:13-14, Hébr.9:15) ! Cette réalité, si nouvelle pour eux, constitue un réel bouleversement des perspectives. Aussi Pierre se doit de souligner l’étendue de la bénédiction apportée par le Messie, tout en attestant en quelques mots que cette perspective nouvelle était bien annoncée par les prophètes (1:10-12). Il n’est pas dans le propos de Pierre de comparer leur attente ancienne et la bénédiction présente – cela constitue le sujet de l’épître aux Hébreux – mais, en vue des exhortations qui suivent, il se devait de rappeler cet avenir et dire comme le Psalmiste : « Les cordeaux sont tombés pour moi en des lieux agréables ; oui, un bel héritage m'est échu » (Psaume 16:6). Ainsi seront-ils remplis de la patience de la foi, prêts à supporter l’opprobre, étant protégés par « le bouclier de la foi » (Éph.6:16).
 
Gardés ! Pierre leur parle alors de leur situation présente. Ils sont « gardés » en vue de ce salut, c’est-à-dire l’entrée dans la jouissance de l’héritage « conservé pour eux…». Voilà ce qui nous introduit dans la pensée de Dieu, lorsqu’Il fondait les mondes, lorsqu’Il créait l’humanité ! L’auteur des Proverbes l’avait déjà compris (Prov.8:23-31) et le Seigneur, avant la croix n’avait-il pas parlé « d’y préparer des places » (Jean 14:3) ? Les apôtres n’ont cessé de le rappeler de diverses manières : « le royaume qui nous est donné, la cité qui nous est préparée…» (1 Thess.2:12, Hébr.11:16, 12:28, 13:14).
 
Et tandis qu’il y a pour eux un héritage, garanti par Dieu, eux-mêmes sont « gardés » ! Deux côtés pour ceci : la « puissance de Dieu » d’une part, et « la foi » de l’autre (1 Tim.1:19). C’est à l’épreuve que se manifeste la confiance en Dieu. Jacques en parle avec force dans sa lettre, et Pierre évoque lui-même cette réalité dans la suite du paragraphe (1:7). Nous pouvons compter sur la vigilance de Dieu, sur ce fait qu’Il a son regard posé sur les siens (Rom.14:4, Jude 24) .

 
1:6-9  Vous vous réjouissez

 
Régénérés, ou entrés dans une nouvelle vie, et gardés ! Il ne s’agit pas d’un discours doloriste, mais bien plutôt de la force que donne la joie d’un cœur rempli d’assurance devant Dieu. Rappelons-nous d’une circonstance de l’histoire d’Israël qui eût lieu quelques dizaines d’années après le retour de l’exil à Babylone. Lorsque la Loi fût lue par Esdras, et exposée clairement pour que chacun comprenne, les auditeurs étaient plongés dans la peine, sentant leurs manquements… Alors Esdras et Néhémie les arrêtent avec force, leur disant « ne menez pas deuil, ne pleurez pas »« »… Et Néhémie ajoute : « Et ne vous affligez pas, car la joie de l'Éternel est votre force » (Néhémie 8:1-10).
 
Comment, en effet, garder le cap dans les combats de la foi s’il n’y a pas une joie ressentie en réalisant la bonté de Dieu ? Voici donc, après ces deux clés que sont « régénérés » et « gardés », la troisième clé du prologue de l’épître : « vous vous réjouissez » !
 
6 Ainsi vous vous réjouissez, tout en étant affligés maintenant pour un peu de temps par diverses épreuves, s’il le faut, 7 afin que l’épreuve de votre foi – bien plus précieuse que celle de l’or qui périt quoiqu’étant soumis à l’épreuve du feu – se trouve être un sujet de louange, de gloire et d’honneur lors de la révélation de Jésus Christ, 8 lequel, quoique vous ne l’ayez pas vu, vous aimez ; et, croyant en lui, quoique maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse, 9 recevant la fin de votre foi, le salut des âmes.
  • Qu’en sera-t-il de chaque croyant devant le Seigneur lorsqu’il paraîtra ? Lire 1:11, Rom.14:10, 1 Cor.3:12-15, 2 Cor.5:10...
  • Quelle est l’attitude fondamentale des croyants auxquels Pierre s’adresse ? Autrement dit, quelle est leur assurance tandis qu’ils parcourent leur chemin dans la foi ? Lire Hébr.11:1, 10:22 et aussi 1 Jean 2:28, 3:19-21, 4:17.
Ils croient en Jésus, le Messie annoncé, et ils reçoivent ce qui était la raison de leur foi, à savoir la réconciliation avec Dieu. Cela est reçu ou accepté comme acquis, selon qu’il leur est donné de comprendre par la Croix ! Ils trouvent leur paix, et leur joie en ce qu’a été accomplie la parole du prophète : « il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris » (Ésaïe 53:5). Ce n’était pas pour eux un hypothétique avenir mais un fait accompli (Jean 19:30). Et cette joie leur donne la force de poursuivre le chemin au travers des diverses circonstances qui pourraient instiller quelque doute !

 
1:10-12  L’annonce des prophètes

 
Des réalités nouvelles, transcendantes ! Ne serait-ce pas en contradiction avec la Loi ? Cette question se posait, tandis que l’Évangile était annoncé. Souvenons-nous des débats qui ont donné lieu à la grande réunion de Jérusalem (Actes 15). Mais Pierre est bien placé pour en parler, lui qui fut le témoin privilégié du don de l’Esprit Saint à Corneille, le Centurion (Actes 10). Aussi Pierre se doit de rappeler que la venue du Messie, et ses souffrances, tout au contraire d’une rupture, accomplissent la parole des prophètes.
 
10 De ce salut, les prophètes qui ont prophétisé de la grâce qui vous était destinée s’en sont informés et enquis avec soin, 11 recherchant quelle époque ou quelles circonstances l’Esprit de Christ qui était en eux indiquait, rendant par avance témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ et des gloires qui suivraient. 12 Et il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils administraient ces choses, qui vous sont maintenant annoncées par ceux qui vous ont annoncé la bonne nouvelle par l’Esprit Saint envoyé du ciel, dans lesquelles des anges désirent de regarder de près.
  • Les prophètes, aux temps de la Loi, ont-ils annoncé un temps tel que le vivaient les auditeurs de Pierre et les croyants jusqu’à ce jour ? Lisons son discours en Actes 2 et Joël 2:28-32, Psaume 16:8-11, 110:1. Voir aussi Zacharie 13:5-7.
  • Les souffrances du Messie, et le fruit récolté. Lire les Psaumes 22, 69, 88, 102, 109, et aussi Esaïe 53:11.
  • Des visions prophétiques pour un jour bien au-delà de la vie des prophètes, un jour qu’ils ne devaient pas connaître de leur vivant ! Lire Zacharie 12 à 14, Osée 2:21, Joël 3:18, Michée 4:6, Sophonie 3:16…
  • Qu’est-ce qui peut ainis étonner les anges dans ce que Dieu opère pour des hommes ? Comment, sans cela, auraient-ils pu connaître la miséricorde divine ? Lire Apoc.5:11-14.
A propos des anges nous ne connaissons pas grand-chose. Mais devrait-il en être autrement ? Il est toutefois une chose que nous apprenons, c’est que la miséricorde divine, l’amour de Dieu leur est connu par le fait de la grâce répandue sur l’humanité, lorsque Jésus s’offrit en sacrifice afin que l’homme puisse être réconcilié avec Dieu, établissant en justice la réalité de cette parole : « mes délices étaient dans les fils des hommes » (Proverbes 8:31).
 
Cette miséricorde devait être établie dans la justice, aussi lisons-nous : « La bonté et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont entre-baisées » (Psaume 85:10). Le Seigneur lui-même affirma qu’il devait en être ainsi lorsque, après la résurrection, il parla aux disciples découragés sur la route d’Emmaüs (Luc 24:25-26). Et en effet, les prophètes ont annoncé les souffrances du Messie, une réalité que le peuple juif avait difficile à percevoir, tant ils attendaient le rétablissement de leur nation. Mais qui aurait pu apporter ce fondement de justice de la nouvelle alliance si la culpabilité de l’homme n’avait pas été visitée en jugement ? La question a été posée plusieurs siècles avant la Croix : « Qu'est-ce que l'homme (Énosh, homme mortel), que tu te souviennes de lui, et le fils de l'homme (Adam), que tu le visites ? » (Psaume 8:4).
 
Dans la Loi, la nécessité de l’expiation était rendue avec force par divers sacrifices (Lévitique 1 à 6) et d’une manière toute particulière lors de la fête du Grand Pardon (Lévitique 16 et 23:26-32) tandis que des prophètes exprimèrent clairement l’engagement du Serviteur, du Messie, prenant devant Dieu la place des coupables (Ésaïe 52:13-53:12). Le Livre des Psaumes rend compte de la conscience des souffrances du « Serviteur parfait ». Ainsi voyons-nous que dans ces temps d’avant la Croix, des fidèles avaient conscience de la nécessité d’une telle œuvre de rédemption. Pour n’en citer qu’un, lisons le Psaume 22…

 

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1 Pierre 1:13-2:10 - La vie chrétienne


 

1:13-3:7  La vie chrétienne

 
Régénérés, gardés et ayant des motifs majeurs pour se réjouir… Une espérance vivante, un héritage assuré ! Les bases de la foi sont ainsi établies et apportent des conséquences évidentes quant à la qualité attendue de la marche du chrétien.

 
1:13-25  Une marche sainte

 
Pour tout homme, en tout temps et en tout lieu, la grande question est d’entrer dans la pensée de Dieu en vivant sa vie en harmonie avec ce qui est attendu d’un homme. Car il est une créature de Dieu venue à la vie pour plaire à son Créateur. C’est ce que Pierre soulignera en faisant référence à la Loi de Moïse, tout en soulignant qu’il y a un avant et un après la Croix.

 
1:13-16  Enfants d’obéissance

 
La pleine grâce de Dieu étant révélée (Jean 1:17), celle-ci doit être à l’esprit du croyant, autrement dit « être une ceinture pour ses reins » comme le dit Pierre, guide de sa marche pratique – la ceinture portée aux reins est la pièce vestimentaire associée à la marche – dans la conscience de la bénédiction.
 
13 C’est pourquoi, ayant ceint les reins de votre entendement (ses facultés mentales) et étant sobres, espérez parfaitement dans la grâce qui vous sera apportée à la révélation de Jésus Christ, 14 — comme des enfants d’obéissance, ne vous conformant pas aux désirs que vous aviez autrefois dans votre ignorance ; 15 mais, comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ; 16 parce qu’il est écrit : « Soyez saints, car moi je suis saint » [Lévitique 19:2].
  • Pourquoi mobiliser ainsi ses facultés mentales, pour traduire ainsi l’image du début du 1:13 ? Lire 1 Jean 3:3.
  • Pourquoi l’âpôtre exhorte-t-il à demeurer sobre ? En quoi le croyant risquerait-il de quitter cette sobriété ? Col.2:18-19, 2 Pier.2:18, Jude 16.
  • Sans négliger tant de motifs pour vivre, ainsi que l’apôtre y exhorte, que met-il au centre de la motivation à cette vie  ? 1:16.
« Soyez saints, car moi je suis saint ! » Cette motivation touche aux fondements de la vie, et est liée à la « relation à Dieu », en quelque période que vive le croyant, après la Croix comme il en était avant. La vie chrétienne n’est pas fondamentalement différente de la vie du croyant dans d’autres temps ! En effet, la foi n’est pas une question de temps ou de période, mais de vie sous le regard de Dieu, de confiance en Dieu, d’adhésion à sa parole… La venue de Jésus a achevé la révélation de Dieu et déployé au regard de la foi l’étendue de sa grâce, donnant ainsi des motifs puissants pour la marche dans la foi, mais sans en changer le caractère. Notons aussi que cette injonction ne se présente pas comme un commandement absolu, mais comme l’évidence d’une conduite responsable, cohérente avec la profession de la foi… Guider son esprit, tenir en bride nos pensées, c’est ce qu’évoque la ceinture.
 
Ajoutant cette parole « espérez parfaitement ! », l’accent est mis sur l’espérance, apportant dans ce cadre une instruction majeure. Je puis proclamer la venue du Seigneur, l’établir comme doctrine, mais en s’arrêtant là, serai-je un serviteur qui accomplit son service fidèlement, sachant que son maître peut venir d’un moment à l’autre : « Bienheureux est cet esclave-là que son maître, lorsqu’il viendra, trouvera faisant ainsi » (Matt.24:46). La sagesse n’est pas de dire que l’on attend Sa venue, mais d’accomplir son propre service, sachant qu’Il vient !

 
1:17-21  Le prix du rachat

 
Pierre poursuit alors en fixant le regard sur le prix payé pour que nous jouissions d’une telle part ! Puisque nous estimons que Dieu est un Père pour nous…
 
17 Et si vous invoquez comme père celui qui, sans acception de personnes, juge selon l’œuvre de chacun, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre séjour ici-bas, 18 sachant que vous avez été rachetés de votre vaine conduite qui vous avait été enseignée par vos pères, non par des choses corruptibles, de l’argent ou de l’or, 19 mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache, 20 préconnu dès avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps pour vous, 21 qui, par lui, croyez en Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts et lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance fussent en Dieu.
  • La conduite enseignée par les pères ! Pourquoi est-elle déclarée vaine ? Comparons Éph.4:17. Notons qu’il ne peut être question de mauvais comportements, mais de la poursuite d’un chemin qui ne peut mener à un résultat en lui-même. Lire Hébr.7:18-19 et Marc 7:13.
  • Que nous indique cette parole: « un agneau préconnu avant la fondation du monde » ? Lire Genèse 22:8.
Ainsi, avant que les mondes fussent formés, le plan de la rédemption était décrété ! Et en vérité, il n’aurait pu en être autrement, car pour Dieu il n’y a pas de temps qui s’écoule… Nous voyons là que jamais il n’y eût d’altération du plan divin. L’homme fut placé dans diverses circonstances, introduit dans diverses alliances, afin qu’il apprenne que seule la grâce de Dieu peut l’amener à une relation vécue avec Lui. C’est ce que manifeste l’œuvre de Jésus, et son message de bonne nouvelle, mais c’est aussi ce que des hommes de foi ont pressenti au cours des siècles d’avant la Croix, comme nous le lisons dans le récit de la ligature d’Isaac : « Et Abraham dit : Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste » (Genèse 22:8). Nous le lisons également en Ésaïe 53 et au Psaume 32.

 
1:22-25  Une nouvelle vie

 
Réconcilié avec Dieu, introduit dans une nouvelle relation avec Lui, le croyant commence pour ainsi dire une nouvelle vie. Et il est appelé à refléter quelque chose de Dieu dans sa marche, à commencer par l’essentiel, à savoir aimer car, en effet, la pensée de Dieu est une pensée d’amour. N'est-il pas écrit : « mes délices étaient dans les fils des hommes » (Prov.8:31). Et le Seigneur n’a-t-il pas enseigné que « aimer Dieu et son prochain est la somme de la Loi » (Marc 12:29-31, 1 Cor.13:1).
 
22 Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment, d’un cœur pur, 23 vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu : 24 parce que « toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe : l’herbe a séché et sa fleur est tombée, 25 mais la parole du Seigneur demeure éternellement » [Ésaïe 40:6-8]. Or c’est cette parole qui vous a été annoncée.
  • Comment le croyant entre-t-il dans une nouvelle vie ? Considérer cette semence, ce qu’elle produit. Luc 8:5-15.
  • Que signifie le passage du livre d’Esaïe cité ? Lire Ésaïe 40:1-11, Psaume 37:1-11 et Jacq.1:10.
Pierre revient ainsi aux questions de l’obéissance de la régénération (1:3) pour faire ressortir le caractère essentiel de la nouvelle vie, s’empressant aussitôt de souligner le contraste absolu entre la vie humaine telle qu’elle paraît, et ce que Dieu établit pour les rachetés. Ceux-ci sont appelés à entrer dans l’accomplissement du plan de Dieu, conçu avant la fondation du monde pour que soit manifestée éternellement la gloire de sa grâce (Éph.1:3-9), introduisant les rachetés dans l’héritage promis (1:3-5).

 
2:1-10  Croissance et service chrétien

 
Après avoir mis en avant la marche personnelle attendue, expression concrète de la foi et du fait d’être dans une relation de confiance avec Dieu – « Soyez saints, car moi je suis saint » (1:16) – Pierre présente une autre dimension de la vie du croyant, celle qui exprime l’adhésion de celui-ci au plan divin, et l’entrée dans les réalités éternelles. La conscience de l’héritage « conservé dans les cieux » (1:4) élève son âme dans la conscience de sa position devant Dieu et le conduit au service sacerdotal.
 
Il est bien sûr que la vie du chrétien est premièrement une vie d’homme ou de femme avec toutes ses contraintes terrestres, vécue dans le soucis de plaire à Dieu, mais cette vie en apparence commune se distingue par les motifs qui l’animent et qui touchent à la grande réalité de l’Alliance établie pour les hommes (Marc 14:24).

 
2:1-8  Des pierres vivantes

 
L’entrée dans l’Alliance n’est pas un fait extérieur au croyant ou une assurance sur laquelle il se repose tranquillement. Il s’agit d’un engagement vital, et d’une route sur laquelle il s’engage, semblable à Abraham lequel, jouissant de la promesse (Genèse 12:1-3), parcourt le pays promis (Genèse 13:17). Aussi, Pierre met en opposition deux chemins qui s’opposent. L’un est à rejeter tandis que l’autre est à poursuive (Deut.30:19, 1 Tim.6:11 et 2 Tim.2:22) en vue de croître dans la foi.
 
2   1 Rejetant donc toute malice et toute fraude, et l’hypocrisie et l’envie, et toutes médisances, 2 désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait spirituel, 3 afin que vous croissiez par lui à salut, si toutefois vous avez goûté que le Seigneur est bon ; 4 duquel vous approchant comme d’une pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse auprès de Dieu, 5 vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle, une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ. 6 Parce qu’on trouve dans l’écriture : « Voici, je pose en Sion une maîtresse pierre de coin, élue, précieuse ; et celui qui croit en elle ne sera point confus » [Ésaïe 28:16]. 7 C’est donc pour vous qui croyez, qu’elle a ce prix. Mais pour les désobéissants, « la pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, celle-là est devenue la maîtresse pierre du coin » [Psaume 118:22], 8 « et une pierre d’achoppement et un rocher de chute » [Ésaïe 8:14] ; ceux-ci, étant désobéissants à la parole s’y achoppent, ce à quoi ils ont été destinés.
  • Quels sont les objectifs présentés par Pierre dans ce passage ? vers.3 et 5.
  • Dans quel état le croyant peut-il “croître” dans la foi ?Nous trouvons bien évidemment les choses qu’il fuit, mais aussi lui faut-il un motif pour désirer cette croissance (2:3). Lire aussi Psaume 1:1-2, 4:7, 43:4, 119:162 et tant d’autres expressions. Voir aussi la joie des prophètes, par exemple en Jér.15:16.
  • Que peut donc signifier cette expression “croître à salut” ? Lire Rom.16:25, Phil.2:12, Col.1:10,2:7, 2 Pier.1:10,12 et 1 Jean 2:14.
  • Le Messie rejeté par les hommes ! Lire Psaume 118:22 qui évoque la joie de celui qui “a goûté la bonté du Seigneur”, ce qu’exprime le Psaume 118. Lire à propos du rejet du Messie Daniel 9:26 et Zacharie 13:5-6.
  • Qu’est ce que la” pierre angulaire” ? Lire Eph.2:19-22.
  • Pourquoi l’apôtre prend-il, à la suite du prophète, la figure de la “pierre”, pour Christ d’une part et pour les croyants de l’autre ? Esaïe 28:16-29 passe de l’image du bâtisseur à celui du cultivateur, présentant l’oeuvre de Dieu pour et dans l’homme.
  • La pierre vivante, Christ, a-t-elle le même prix pour tous ? Et qu’en est-il alors de ceux qui ne Le reçoivent pas ? Lire Jean 12:48, 2 Pier.3:7.
Goûter que le Seigneur est bon ! Voilà indéniablement le début du chemin. Il est tout à l’inverse de l’idée que l’homme se fait de Dieu prêt à précipiter l’homme dans le malheur, à moins qu’il ne sorte de son chemin par une vie de repentir. ouvenons-nous de la parabole des talents, et en particulier de cet homme qui dit : « Maître, je te connaissais, que tu es un homme dur, moissonnant où tu n'as pas semé et recueillant où tu n'as pas répandu » (Matt.25:24). Pensons au chemin qu’il prit et à l’issue de sa voie. Ce n’est pas d’avantage la proclamation de l’amour de Dieu, mais en vérité la joie dans la connaissance de la bonté de Dieu (Psaume 118, Luc 10:39),voici le moteur et la force disaient Esdras et Néhémie (Néh.8:10).
 
Ainsi, en croissant dans la connaissance de Dieu, le fidèle est affermi dans sa marche, attaché au chef, établi comme une pierre vivante alignée sur la pierre d’angle, guide du bâtisseur !
 
Duquel vous approchant… Ce paragraphe nous fait avancer dans un domaine d’une richesse insondable ! Nous approcher de Dieu, c’est un thème majeur de l’Épître aux Hébreux (4:16, 7:19, 10:22, 11:6).
 
Des pierres vivantes ! Pierre ne peut oublier ce que le Seigneur lui a dit, cette parole s’adressant à tout (Matt.16:18). Chaque fidèle est une pierre ayant reçu la vie et participant ainsi au service de Dieu (1 Thess.1:9, Phil.1:11…). Mais si les uns ont la vie, d’autres, étant aussi invités à la vie (Deut.30:19, 1 Tim.2:4), demeurent dans la désobéissance, ce qui a comme issue ultime le jugement de Dieu par la parole même qu’ils ont rejetée (Jean 6:36, 12:48, 2 Pier.3:7).

 
2:9-10  Messagers de la lumière

 
Nous lisions : « Offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu » (2:5) ! De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qu’un chrétien peut offrir à Dieu ? Quel sacrifice peut-il apporter ? De sacrifice il n’est question dans les textes apostoliques que dans trois expressions, l’une évoquant l’engagement dans le service (Rom.12:1), la seconde la louange adressée à Dieu (Hébr.13:5) et la troisième les libéralités (Hébr.13:6 et Phil.4:18). Pierre, ainsi ne parle pas de sacrifice, mais expose avec clarté le but de sa présence sur la terre …
 
9 Mais vous, vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis, pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière ; 10 vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde.
  • Comment sont ici considérés les croyants, collectivement ? Comparer Osée 1:10, 2:23.
  • Et quel est leur rôle, leur fonction ici ? Comparer Esaïe 43:20.
Nous le voyons, ceci dépasse le cadre déjà fort heureux d’une vie honorable (2:12, 2 Cor.9:8, 1 Tim.2:10, 6:18, Hébr.10:24). Paul exhorte : « que les nôtres aussi apprennent à être les premiers dans les bonnes œuvres » (Tite 3:14). Mais il a plus, un service particulier ! Dieu nous garde afin qu’il se trouve des témoins de sa grâce sur la terre (Rom.10:14, 1 Thess.1:9). Cette mention de la lumière rappelle au racheté d’être porteur de cette lumière (Mat.5:14, Rom.13:12, Éph.5:8).

 

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1 Pierre 2:11-3:7 - Marcher en nouveauté de vie (1/2)


 

2:11-4:9  Marcher en nouveauté de vie

 
Les réalités spirituelles, l’héritage céleste, la réconciliation avec Dieu ont comme incontournable corollaire une manière de vivre cohérente. Une marche en relation avec ce que Dieu attend de tout homme.

 
2:11-12  Introduction

 
L’attente d’un avenir radieux fait du croyant un homme qui ne fait que passer, un homme dont le pays est ailleurs, et qui vit temporairement en une terre étrangère…
 
11 Bien-aimés, je vous exhorte, comme forains et étrangers, à vous abstenir des convoitises de la chair, lesquelles font la guerre à l’âme, 12 ayant une conduite honnête parmi les nations, afin que, quant aux choses dans lesquelles ils médisent de vous comme de gens qui font le mal, ils glorifient Dieu au jour de la visitation, à cause de vos bonnes œuvres qu’ils observent.
  • Qu’est-ce qui fait du racheté un étranger en ce monde? Lire Phil.3:20 et Éph.2:19.
  • Les convoitises ! Comment sont synthétisés ces désirs qui font mouvoir les hommes ? Lire 1 Jean 2:16 et Genèse 3:6.
  • Les croyants sont-ils toujours estimés par leurs prochains ?
Ce qui est différent dérange et génère calomnies et provocations, mais c’est au croyant de marcher droit ! Celui-ci est observé attentivement, mais cela ne veut pas dire qu’il est forcément apprécié quand il est fidèle, et encore moins complimenté pour sa conduite… Mais il y a un jour ou tout sera manifesté (Luc 12:3).

 
2:13-3:7  Les sphères de relations sociales

 
Ces principes de vie trouvent leur champ d’application dans les trois sphères essentielles de la vie : la vie publique, le cadre du travail et la famille.

 
2:13-17  La vie publique

 
L’ordre humain, dans son principe, est voulu de Dieu et reconnu dans la famille de la foi aussi loin dans le passé qu’on puisse en avoir un témoignage. Le récit touchant Noé se termine par l’expression de l’Alliance que Dieu fit avec l’homme. Une des lois de cette alliance induit l’établissement d’une autorité judiciaire (Genèse 9:6), laquelle rend compte du fait que Dieu a confié l’ordre humain à l’homme, ce que nous lisons aussi dans les mots échangés entre Jésus et Pilate (Jean 19:11). La soumission aux autorités s’impose donc au chrétien, mais, quel est le motif supérieur qui doit l’animer ?
 
13 Soyez donc soumis à tout ordre humain pour l’amour du Seigneur, soit au roi comme étant au-dessus de tous, 14 soit aux gouverneurs comme à ceux qui sont envoyés de sa part pour punir ceux qui font le mal et pour louer ceux qui font le bien; 15 car c’est ici la volonté de Dieu, qu’en faisant le bien vous fermiez la bouche à l’ignorance des hommes dépourvus de sens, 16 comme libres, et non comme ayant la liberté pour voile de la méchanceté, mais comme esclaves de Dieu. 17 Honorez tous les hommes ; aimez tous les frères; craignez Dieu ; honorez le roi.
  • Quel est le motif essentiel de la soumission aux autorités et du respect des lois ?
  • Cette soumission est-elle crainte ou peur ? Voyons des exemples dans la vie de Paul : Act.16:25-26, 23:5.
Ainsi, le motif de l’action est réellement transcendant, bien à l’opposé d’un sentiment de contrainte ou de peur, mais une disposition assumée librement, car le fait d’un ordre humain répond à la pensée de Dieu pour l’humanité. Et ceci même lorsque le pouvoir ne reflète pas la justice, comme nous le voyons au prétoire de Pilate (Jean 19:11). Et cette dissociation du pourvoir judiciaire et de la justice conduit à cette parole touchant l’avenir messianique : « Le jugement retournera à la justice » (Psaume 94:15).

 
2:18-25  Patrons et employés

 
La position des domestiques, au sens le plus général de salarié, voire d’esclave, suscite chez Pierre une réflexion plus large, plus profonde. La situation inférieure, subie jour après jour, dans ces temps où le maître avait pratiquement droit de vie et de mort, peut être lourde à endurer, et ainsi l’apôtre multiplie les raisons de poursuivre avec patience, et il présente Jésus comme modèle. Nous pouvons aussi lire un passage tout à fait remarquable en introduction des termes de la Loi de Moïse, immédiatement après les termes de Décalogue, le texte touchant le serviteur « qui ne veut pas sortir libre » (Exode 21:2-6).
 
18 Vous, domestiques, soyez soumis en toute crainte à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont fâcheux; 19 car c’est une chose digne de louange, si quelqu’un, par conscience envers Dieu, supporte des afflictions, souffrant injustement. 20 Car quelle gloire y a-t-il, si, souffletés pour avoir mal fait, vous l’endurez ? mais si, en faisant le bien, vous souffrez, et que vous l’enduriez, cela est digne de louange devant Dieu, 21 car c’est à cela que vous avez été appelés ; car aussi Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces, 22 « lui qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude » [Ésaïe 53:9] ; 23 qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement; 24 qui lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin qu’étant morts aux péchés, nous vivions à la justice ; « Par la meurtrissure duquel vous avez été guéris » [Ésaïe 53:5] ; 25 car vous étiez errants comme des brebis, mais maintenant vous êtes retournés au berger et au surveillant de vos âmes.
  • Quel est le motif de la soumission au maître, patron, directeur ? Lire aussi Éph.6:5-8, Col.3:22-26, 1 Tim.6:1, Tite 2:9-15.
  • Jusqu’où est allée la soumission du Seigneur, modèle absolu du Serviteur ? Lire Ésaïe 52:13-53:12, Zacharie 13:5-7.
  • A quelle réalité pour chaque racheté conduit la réflexion de Pierre relativement à sa relation avec le Seigneur ? 2:25. Lire Ésaïe 40:11, Ézéchiel 34:12, Zacharie 13:7, Jean 10:11,16.
Ainsi l’apôtre détourne nos regard de l’humble position du serviteur, bien souvent difficile à supporter avec un cœur paisible, à la vue réconfortante des soins du berger ! Et quel chemin nous propose-t-il pris ? Se nourrir de la Parole de Dieu et se souvenir du chemin de Jésus !

 
3:1-7  La vie conjugale

 
Pierre s’adresse maintenant aux croyants mariés. La foi est personnelle, comme l’est la responsabilité de tout homme ou femme devant Dieu. Il se fait aussi qu’une épouse ou un époux se soit tourné vers le Christ sans que le conjoint n’ait pris le même chemin.
 
3   1 Pareillement, vous, femmes, soyez soumises à vos propres maris, afin que, si même il y en a qui n’obéissent pas à la parole, ils soient gagnés sans parole, par la conduite de leurs femmes, 2 ayant observé la pureté de votre conduite dans la crainte, 3 — vous, dont la parure ne doit pas être une parure extérieure qui consiste à avoir les cheveux tressés et à être paré d’or et habillé de vêtements élégants, 4 mais plutôt la parure du cœur, l’être intérieur, dans l’incorruptibilité d’un esprit doux et paisible qui est d’un grand prix devant Dieu ; 5 car c’est ainsi que jadis se paraient aussi les saintes femmes qui espéraient en Dieu, étant soumises à leurs propres maris, 6 comme Sara obéissait à Abraham, l’appelant seigneur [Genèse 18:12], de laquelle vous êtes devenues les enfants, en faisant le bien et en ne craignant aucune frayeur.
7 Pareillement, vous, maris, demeurez avec elles selon la connaissance, comme avec un vase plus faible, c’est-à-dire féminin, leur portant honneur comme étant aussi ensemble héritiers de la grâce de la vie, pour que vos prières ne soient pas interrompues.
  • Comment doit vivre une épouse dans la situation où son mari ne s’est pas tourné vers le Christ ? Quel est le témoignage de foi plus fort que les discours ? Lire aussi 1 Cor.7.
  • Qu’est-ce qui doit caractériser une épouse chrétienne, dans son port extérieur, et dans son comportement ? 1 Tim.2:9.
  • Les places respectives du mari et de son épouse dans le foyer sont-elles déterminées par la parole de Dieu ?
  • Qu’apporte la vie conjugale vécue dans la sagesse, suivant le chemin enseigné de Dieu ? 3:7.
« La parure du cœur » qui vient de l’âme et de la vie nouvelle qui l’anime ! Nous voyons ce caractère doux et paisible comme signe essentiel de la foi : « Que par une bonne conduite il montre ses œuvres avec la douceur de la sagesse » (Jacq.3:13). Combien grande est la paix vécue dans une maison où règne cet esprit ! Et par contre, comment vivre avec Dieu si cette paix n’est pas réalisée ?

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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1 Pierre 3:8-4:11 - Marcher en nouveauté de vie (2/2)


 

3:8-22  La loi de la liberté

 
Après ces exhortations particulières, l’apôtre revient aux principes de vie du chrétien, et de fait au principe de vie qui sont ceux des croyants en Dieu en tous temps.

 
3:8-12  Principes d’une vie heureuse

 
Tout d’abord des paroles générales, les dispositions positives à manifester positivement.
 
8 Enfin, soyez tous d’un même sentiment, sympathisants, fraternels, compatissants, humbles, 9 ne rendant pas mal pour mal, ou outrage pour outrage, mais au contraire bénissant, parce que vous avez été appelés à ceci, c’est que vous héritiez de la bénédiction ; 10 « car celui qui veut aimer la vie et voir d’heureux jours, qu’il garde sa langue de mal, et ses lèvres de proférer la fraude ; 11 qu’il se détourne du mal et qu’il fasse le bien; qu’il recherche la paix et qu’il la poursuive ; 12 car les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont tournées vers leurs supplications ; mais la face du Seigneur est contre ceux qui font le mal » [Psaume 34:12-16].
  • Arrêtons-nous sur les qualités à développer pour la vie avec nos proches. 3:8-9. Lire Gal.5:22-23, Col.3:12, Tite 3:2...
  • Le Psaume 34 exprime des pensées de sagesse qui ne peuvent être oubliées ! Il présente trois règles de vie fort simples, et évidentes. Lisons aussi Jacq.3:2-11; Rom.12:9-21, 1 Thes.5:15-22, Rom.14:19, 2 Tim.2:22.
Cet extrait du Psaume 34 est à méditer, à mémoriser… Un passage à encadrer : « Celui qui veut aimer la vie…». Nous trouvons ici non une loi, au sens strict du terme, mais un conseil, une parole de sagesse comme on en trouve au Livre des Proverbes, par exemple Prov.22:8-12. Il n’y a pas de jugement ici, mais le rappel que ce qu’un homme sème, il le récolte… « Que votre douceur soit connue de tous les hommes » (Phil.4:5).

 
3:13-16  Et si l’on nous fait souffrir…

 
La paix avec tous les hommes ne dépend pas seulement du croyant ! Paul le dit bien lorsqu’il parle de vivre en paix, soulignant : « s'il est possible, autant que cela dépend de vous » (Rom.12:18). Le fait général est que la paix peut être vécue avec nos proches, qu’ils soient croyants ou non (3:13), mais comment réagir aux suspicions, aux critiques, aux calomnies ?
 
Ésaïe le prophète, dans un temps où la guerre s’annonçait, engage ceux qui l’écoutent à ne pas réagir comme les hommes réagissent, par des comportements terrestres. Mais dans la foi en Celui qui a le pouvoir de protéger, de délivrer (Ésaïe 8:9-17).
 
13 Et qui est-ce qui vous fera du mal, si vous êtes devenus les imitateurs de celui qui est bon ? 14 Mais, si même vous souffrez pour la justice, vous êtes bienheureux ; « et ne craignez pas ce qu’ils craignent, et ne soyez pas troublés, 15 mais sanctifiez le Seigneur le Christ dans vos cœurs » [Ésaïe 8:12-13] ; et soyez toujours prêts à répondre, mais avec douceur et crainte, à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous, 16 ayant une bonne conscience, afin que, quant aux choses dans lesquelles ils médisent de vous comme de gens qui font le mal, ceux qui calomnient votre bonne conduite en Christ, soient confus. 17 Car il vaut mieux, si la volonté de Dieu le voulait, souffrir en faisant le bien, qu’en faisant le mal.
  • Quelles sont les armes du croyant face à l’opposition ? 3:15. Comment être préparé de telle manière à avoir une réaction appropriée ? Éph.6:15.
  • Qu’est-ce qui donne de la force dans l’adversité ? 3:16, 1 Tim.1:5, Hébr.13:18.
La parole citée, du prophète Ésaïe, montre bien que les bases de la confiance du croyant, qu’il soit dans la foi au Christ, ou qu’il vécut avant sa venue sur la terre. « Le juste vit de sa foi » (Habacuc 2:4) et veille à la qualité de sa marche afin de résister lorsque viennent des jours mauvais (Éph.6:13). Et il est conduit à faire le bien, quelles que soient ses circonstances.

 
3:17-22  Une bonne conscience

 
Pierre poursuit alors en tournant le regard du lecteur sur le Christ, lui qui a souffert de la part des hommes, et s’il ne s’étend pas sur le support de ceux qui lui faisaient du mal (Luc 23:24), il montre le fruit de son œuvre !
 
18 Car aussi Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu, ayant été mis à mort en chair, mais vivifié par l’Esprit, 19 par lequel aussi étant allé, il a prêché aux esprits qui sont en prison, 20 qui ont été autrefois désobéissants, quand la patience de Dieu attendait dans les jours de Noé, tandis que l’arche se construisait, dans laquelle un petit nombre, savoir huit personnes, furent sauvées à travers l’eau ; 21 or cet antitype vous sauve aussi maintenant, c’est-à-dire le baptême, non le dépouillement de la saleté de la chair, mais la demande à Dieu d’une bonne conscience, par la résurrection de Jésus Christ, 22 qui est à la droite de Dieu (étant allé au ciel), anges, et autorités, et puissances lui étant soumis.
  • Quel est le but de souffrance de Christ pour nous ? 3:18, Jean 14:1-3.
  • Que nous fait comprendre le récit du déluge au sujet du salut des hommes d’avant la Croix ? Nous y voyons d’une part Noé et sa famille, montés dans l’arche, et de l’autre les “esprits qui aujourd’hui sont en prison”.
  • Quel est l’acte spirituel de celui qui passe par les eaux du baptême ? Rom.6:4, Col.2:12.
Nous comprenons bien la situation des hommes d’aujourd’hui, tandis que l’Évangile est annoncé et, que la Croix est prêchée, « car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais à nous qui obtenons le salut elle est la puissance de Dieu » (1 Cor.1:18). Mais qu’en est-il du salut des hommes d’avant la Croix ? A eux aussi il fût prêché. Souvenons-nous de ce fait que Christ est la Parole de Dieu (Jean 1:1), ainsi Pierre peut écrire que Christ (avant son incarnation), étant allé, a prêché par son Esprit. Et le récit nous fait voir Noé construisant l’arche, annonce de fait du jugement à venir. Ainsi est-il nommé par Pierre : « Prédicateur de justice…» (2 Pier.2:5). Ce récit nous montre donc que les hommes sont responsables du message d’avertissement et de l’appel de grâce qui leur est adressé, la Parole (Jean 1:1) leur étant donné à connaître par des hommes conduits par l’Esprit. Ceux qui reçoivent le message, en figure ici Noé et sa famille (Hébr.11:7), sont introduits dans une alliance avec Dieu (Genèse 9:1,11). Ceux qui ne reçoivent pas la Parole sont appelés « désobéissants » (3:20) et à leur mort, la mort du corps, leur « esprit est en prison » attendant le jugement (Apoc.20:12).
 
L’enseignement du Déluge introduit enfin un autre passage, à savoir le baptême. Le baptême ne change pas l’homme ; celui-ci demeure homme avec ses faiblesses, son incapacité personnelle à la perfection, autrement dit il n’est pas « dépouillé de la saleté de la chair » dit Pierre. Mais l’homme qui est baptisé exprime, dans ce geste symbolique, sa demande à Dieu d’une bonne conscience, ayant reçu la parole de la grâce, selon qu’il est écrit : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême, pour la mort, afin que comme Christ a été ressuscité d'entre les morts par la gloire du Père, ainsi nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Rom.6:4). Par le baptême il atteste sa confiance dans le pardon de Dieu, et sa réception consécutive d’une bonne conscience devant Dieu ; il est déchargé (Ésaïe 53:5, Matt.11:28), et ainsi libéré de telle manière qu’il a acquis, en vertu de l’œuvre de Christ (Ésaïe 53:5), le droit d’entrer dans la présence de Dieu (3:18, Hébr.10:19-22).

 
4:1-11  Une nouvelle manière de vivre

 
Nous pourrions nous demander ce qui distingue le chrétien d’un autre homme de bonne volonté, et sans doute pourrions-nous constater peu de différence. Mais il en est une, majeure, c’est la motivation de ses actions, de sa vie. Paul l’exprime clairement en Romains 6:4-6, comme nous l’avons lu plus haut dans cette lettre de Pierre.

 
4:1-6  Choses à fuir

 
Le Christ a souffert lui-même pour régler cette question de la vie des hommes, attestant ce que représente une vie de désordre comme nous la voyons dépeinte ci-après, et régler la question de la culpabilité de l’homme devant Dieu. Alors, nous attachant à Lui, pourrions-nous poursuivre dans un chemin qui le conduisit à la Croix, lui en qui il n’y a pas de péché, mais qui se chargea de notre dette afin de l’apurer ?
 
4   1 Christ donc ayant souffert pour nous dans la chair, vous aussi, armez-vous de cette même pensée, que celui qui a souffert dans la chair s’est reposé du péché, 2 pour ne plus vivre le reste de son temps dans la chair pour les convoitises des hommes, mais pour la volonté de Dieu. 3 Car il nous suffit d’avoir accompli, dans le temps déjà écoulé, la volonté des nations, alors que nous marchions dans la débauche, les convoitises, l’ivrognerie, les excès dans le manger et le boire et les criminelles idolâtries, 4 en quoi ils trouvent étrange que vous ne couriez pas avec eux dans le même bourbier de corruption, vous disant des injures ; 5 et ils rendront compte à celui qui est prêt à juger les vivants et les morts. 6 Car c’est pour cela qu’il a été évangélisé à ceux aussi qui sont morts, afin qu’ils fussent jugés, selon les hommes, quant à la chair ; et qu’ils vécussent, selon Dieu, quant à l’esprit.
  • Que faut-il garder à l’esprit pour fuir les convoitises qui sont si communes parmi les humains ? Comp. 1 Jean 2:15-17.
  • A quoi un croyant est-il exposé lorsqu’il marche véritablement dans la voie ainsi tracée ?
  • Qu’en fut-il, à cet égard, pour les croyants qui ont précédé en ce monde ?
Ainsi, si le croyant marche aujourd’hui ayant sa référence en Christ, les croyants d’avant la Croix ont connu une part réellement comparable, assurés du pardon de Dieu en justice, mais ne sachant pas jusqu’où allait conduire l’amour de Dieu. Ils avaient entendu et reçu le message de Dieu, et s’attendaient à sa miséricorde (Exode 33:19) et pour cela marchaient pour Lui plaire, ce qui les rendait suspects à ceux qui les regardaient. « Ils trouvent étrange. Oui, c’est ainsi que vont les choses ! Se tenir à l’écart de la corruption, et survient alors l’incompréhension, et ensuite les insultes… ceci allant parfois jusqu’à une réelle persécution (Hébr.11:35-38).

 
4:7-11  Choses a poursuivre

 
Fuir certaines pratiques et en poursuivre d’autres ! Paul parle également en ces termes (1 Tim.6:11 et 2 Tim.2:22). Et tant Paul que Pierre évoquent ce grand fait qu’ils vivent « la fin des siècles » (1 Cor.10:11, Marc 1:15), c’est-à-dire qu’il n’y a plus de nouvelle période dans la vie de l’humanité, et donc plus de nouvelle révélation, jusqu’à l’établissement du règne messianique.
 
7 Mais la fin de toutes choses s’est approchée ; soyez donc sobres et veillez pour prier ; 8 mais, avant toutes choses, ayant entre vous un amour fervent, car l’amour couvre une multitude de péchés ; 9 étant hospitaliers les uns envers les autres, sans murmures. 10 Suivant que chacun de vous a reçu quelque don de grâce, employez-le les uns pour les autres, comme bons dispensateurs de la grâce variée de Dieu. 11 Si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme oracle de Dieu; si quelqu’un sert, qu’il serve comme par la force que Dieu fournit, afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus Christ, à qui est la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen.
  • Quel est l’argument ultime de Pierre pour présenter son exhortation ? Comp. Rom.13:11, 1 Cor.7:29, 1 Thes.4:15, Hébr.10:25, 1 Jean 2:18.
  • Qu’entend Pierre par la sobriété ? 1:13, 4:7, 5:8. Lire aussi 1 Thes.5:6-8.
  • Que veut dire Pierre lorsqu’il affirme que l’amour couvre une multitude de péchés ? Lire Prov.10:12 et Jacq.5:19-20.
  • Chaque croyant a-t-il reçu un don, un talent ? Comp. 1 Cor.12, Éph.4:7, 1 Thes.5:11. Et comment doit-il l’employer, et à quelle fin ? 4:10-11.
  • Le serviteur travaille-t-il pour sa propre gloire ? 4:11.
« Mais la fin de toutes choses est proche…» Certes, cette fin était, pour nous qui regardons les années passées, loin du temps où Pierre écrivait, mais le temps avance inexorablement ! Il est salutaire de ne pas oublier la proximité de ce temps où nous serons devant Dieu, d’autant plus que sur le plan individuel il en est toujours ainsi (Rom.13:11).
 
La foi se manifeste ainsi par la sobriété, un amour fervent, et l’attention les uns aux autres, et un service mutuel suivant ses propres talents. Paul s’étend sur cette question en 1 Cor.12 à 14, quant à Pierre, il met ici la barre au plus haut, déclarant le but ultime de la marche du chrétien, à savoir « servir » selon la force qu’il reçoit d’En Haut, afin que Dieu soit glorifié par le Nom de Jésus. Suit alors cette doxologie prononcée à la gloire du Seigneur.

 

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1 Pierre 4:12-5:14 - Dernières exhortations


 

4:12-5:11  Dernières exhortations

 
Pierre paraît avoir terminé sa lettre par la doxologie du verset 4:11, mais il revient encore sur cette question des épreuves du chemin. Sensible aux difficultés endurées par les croyants, il leur rappelle encore que cela est inéluctable (4:12-19), les encourageant à veiller les uns sur les autres, adressant en particulier un mot aux anciens dans les communautés, ainsi qu’aux plus jeunes (>5:1-7) pour conclure en un regard sur l’éternité bienheureuse qui est la part assurée dont ils jouiront après avoir parcouru leur route d’ici-bas (5:8-11). Il revient ainsi au thème de l’introduction (1:3-4).

 
4:12-19  Face à l’épreuve

 
Nous lisions plus haut : « Mais, si même vous souffrez pour la justice, vous êtes bienheureux » (3:14). Pierre revient sur cette question pour la développer, et montrer à ses lecteurs qu’il n’y a là rien d’extraordinaire dans un monde qui vit sans Dieu et ne reçoit pas sa Parole, comme il ne reçut pas le Seigneur.
 
12 Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le feu ardent qui est au milieu de vous, qui est venu sur vous pour votre épreuve, comme s’il vous arrivait quelque chose d’extraordinaire ; 13 mais, en tant que vous avez part aux souffrances de Christ, réjouissez-vous, afin qu’aussi, à la révélation de sa gloire, vous vous réjouissiez avec transport. 14 Si vous êtes insultés pour le nom de Christ, vous êtes bienheureux, car l’Esprit de gloire et de Dieu repose sur vous : de leur part, il est blasphémé, mais quant à vous, glorifié. 15 Mais que nul de vous ne souffre, comme meurtrier ou voleur, ou comme faisant le mal, ou s’ingérant dans les affaires d’autrui; 16 mais si quelqu’un souffre comme chrétien, qu’il n’en ait pas honte, mais qu’il glorifie Dieu en ce nom. 17 Car le temps est venu de commencer le jugement par la maison de Dieu; mais s’il commence premièrement par nous, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de Dieu ? 18 Et si le juste est sauvé difficilement, où paraîtra l’impie et le pécheur ?
19 Que ceux donc aussi qui souffrent selon la volonté de Dieu, remettent leurs âmes en faisant le bien, à un fidèle créateur.
  • La fidélité manifeste d’un chrétien est-elle un facteur de bonne réception par les gens de ce monde ?
  • Que signifie “souffrir comme chrétien” ? A quoi l’apôtre fait-il allusion en disant cela ? Comp. Rom.13.
  • La liberté chrétienne, le pardon dont il est convaincu, est-il compatible avec le laisser-aller ? Lire Rom.6:15.
  • Quelle est la recommandation de Pierre à ceux qui souffrent “comme chrétien” ? 4:19.
La persécution n’est manifestement pas le fait de tous les chrétiens, mais la fidélité du croyant lui fait ressentir une certaine distance, de l’incompréhension (Luc 12:51-53) dans le cercle du voisinage, dans le cadre de son travail, voire au sein de sa famille. Et cela d’autant plus qu’il marche fidèlement, en un chemin par lequel le témoignage est manifeste, dans les actions plutôt que par la prédication ou toute autre forme de manifestation chrétienne ! Car alors les hommes peuvent voir ce qui a du prix pour ce croyant, même s’ils en rejettent le témoignage.

 
5:1-7  Les communautés de chrétiens

 
Ceux qui partagent la même foi se reconnaissent, ils se fréquentent, et dans une certaine mesure forment des communautés de vie, ayant régulièrement des rencontres, célébrant et louant Dieu ensemble, se souvenant du Seigneur dans la célébration de la Cène (Actes 2:42, 20:7, 1 Cor.11:17-29, Luc 22:19-20). Et il se trouve parmi eux des hommes sages chargés de veiller sur le troupeau… (Hébr.13:17)
 
5   1 J’exhorte les anciens qui sont parmi vous, moi qui suis ancien avec eux et témoin des souffrances de Christ, qui aussi ai part à la gloire qui va être révélée : 2 paissez le troupeau de Dieu qui est avec vous, le surveillant, non point par contrainte, mais volontairement, ni pour un gain honteux, mais de bon gré, 3 ni comme dominant sur des héritages, mais en étant les modèles du troupeau ; 4 et quand le souverain pasteur sera manifesté, vous recevrez la couronne inflétrissable de gloire.
5 Pareillement, vous, jeunes gens, soyez soumis aux anciens ; et tous, les uns à l’égard des autres, soyez revêtus d’humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles. 6 Soyez donc humbles sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève quand le temps sera venu, 7 rejetant sur lui tout votre souci, car il a soin de vous.
  • Comment Pierre se présente-t-il dans ce passage ? Evoque-t-il quant à lui-même une forme de prééminence ?
  • Comment est caractérisée la charge d’ancien ? D’autres passages vont nous donner des indications sur cette fonction. Y a-t-il un seul ancien “établi” sur une communauté ? 1 Tim.4:14.
  • Quels sont les trois qualités attendues de ceux qui exercent la charge d’anciens ? Voir aussi 1 Tim.3:1-7, Tite 1:5-9.
  • Quelles sont les choses qui disqualifieraient un croyant du service d’ ancien ?
  • Quel est un caractère attendu du croyant devant Dieu ? Certaines traductions mentionnent “Abaissez-vous” ou encore “humiliez-vous”, mais comment comprendre cette expression, au regard du verset 7 ? Voir également Jacq.4:10 et Phil.2:1-4,14-15. Lire encore Phil.4:4-9.
Ainsi, les anciens veillent sur le troupeau, et Pierre est parmi eux, ancien également (Jean 21:15-17). Remarquons qu’il ne s’agit ni de direction, ni de sacerdoce, et d’ailleurs Pierre ne dit-il pas que tous sont prêtres (5:5,9) ! Ils sont davantage des guides, des aides, sur le modèle de Celui qui est le Berger par excellence, selon l’annonce prophétique (Ézéch.34:12) et l’enseignement du Seigneur lui-même (Jean 10:11-16).

 
5:8-11  Encouragements et louange

 
Pierre en vient maintenant à la fin de sa lettre, et il met en regard la marche du croyant en ce monde et l’avenir glorieux qui l’attend, les éléments mêmes de l’introduction de l’épître (1:3-7).
 
8 Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui il pourra dévorer. 9 Résistez-lui, étant fermes dans la foi, sachant que les mêmes souffrances s’accomplissent dans vos frères qui sont dans le monde.
10 Mais le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le christ Jésus, lorsque vous aurez souffert un peu de temps, vous rendra lui-même accomplis, vous affermira, vous fortifiera, et vous établira sur un fondement inébranlable.
11 À lui la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen.
  • La vie du croyant est-elle un parcours sans combats en lui-même ?
  • A propos ce ceux qui tentent de faire du mal au croyants, lisons Matt.7:15 et 10:16, Luc 10:3 et surtoutActes 20:29-30. Lire aussi 2 Cor.1:6, Éph.6:11-14, Phil.4:1, Col.1:23, 2 Thes.2:15, Hébr.3:6...
  • Le croyant est-il laissé à ses propres ressources pour être maintenus ferme jusqu’au bout ? Qui est le garant de son accession à ce à quoi il est appelé ? 4:10, Éph.4:1, 1 Thes.2:12, 2 Tim.1:9. Lire aussi Rom.8:31-39.
La modestie et la sobriété sont requises. Soyons assurés que l’opposition à la foi n’est pas une fable, mais bien plutôt une réalité avec laquelle il faut compter, et, pour cela, veiller à ne pas s’écarter, ne pas se mettre en danger. Pensons au nombre de fois qu’il est rappelé de tenir ferme, comme Pierre y portera encore l’attention dans sa seconde épître (2 Pier.1:10)
 
« A lui la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen.» La doxologie finale de l’épître ! Elle pourrait nous paraître une simple formule, mais gardons-nous d’oublier que c’est ce qui occupe Pierre en terminant ces pages ! Tout homme est devant Dieu à tout instant, et cela doit conduire à la modestie, mais non à l’écrasement de soi-même. Et ce qui doit être manifeste, c’est sa joie d’être appelé à une telle Alliance établie par Dieu pour l’homme. Cette réalité impose à tout homme d’être conséquent….

 
5:12-14  Salutations

 
Voici achevée cette brève missive que Pierre eût à cœur d’adresser à des chrétiens d’Asie Mineure dont nous pouvons penser qu’il les avait visités avant de se rendre plus loin, à Babylone, où ses soins pastoraux étaient attendus. Il transmet des salutations non sans souligner la confiance qu’il a quant aux chrétiens destinataires de la lettre..
 
12 Je vous ai écrit brièvement par Silvain, qui est un frère fidèle, comme je le pense, vous exhortant et attestant que cette grâce dans laquelle vous êtes est la vraie grâce de Dieu. 13 Celle qui est élue avec vous à Babylone, vous salue, et Marc, mon fils. 14 Saluez-vous les uns les autres par un baiser d’amour. Paix soit à vous tous qui êtes en Christ !
  • La vraie grâce de Dieu ! Il vaut la peine de réfléchir au sens de ces mots, alors que tant de voix s’appliquent à transformer l’enseignement du commencement. Lisons 1 Jean 2:27 et comparons avec Gal.1:8-9, 1 Tim.1:4, 2 Tim.4:4, Tite 1:14....
  • Suivons le parcours de Silvain, ou Silas, un chrétien d’entre les Juifs de Jérusalem qui partit avec Paul et collabora ensuite avec Pierre. 5:12, Actes 15:22 et suivants, jusqu’à 18:5, 2 Cor.1:19, 1 Thes.1:1,2 Thes.1:1.
  • De qui parle Pierre en évoquant “celle qui est élue avec vous” ? Comparons 2 Jean 13.
  • Qu’est-ce que l’élection ? Représente-t-elle une “prédestination au salut” ? Lire 1:3-5, Matt.20:1-16, 22:1-14, Éph.1:4.
Ainsi Pierre termine sa lettre sur la pensée du début, attestant qu’il s’agit là de sa préoccupation essentielle, à savoir les difficultés rencontrées par les fidèles (1:6, 5:10). Celles-ci sont mises en regard de l’avenir heureux auquel ils sont destinés (1:3-5,5:10).
 
Ce faisant, il ne manque pas d'associer les fidèles qui l’entourent au moment où il écrit (5:13). Cette communauté chrétienne de Babylone est appelée « celle qui est élue avec vous », une expression très douce bien dans l’esprit des hommes pétris des relations de Dieu avec l’homme, dans la lignée des prophètes Ésaïe 62:5, Jérémie 2:2, Osée 2:19-20, et aussi 2 Cor.11:2, Éph.5:22-32, Apoc.19:7-8)
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Et, lisant les derniers mots, quel esprit paisible et plein de simplicité devait se manifester parmi les chrétiens des premiers jours ! Et nous ne pouvons nier qu'ils se réjouissaient ainsi, tout en connaissant bien des difficultés, comme nous le lisons bien dans les épîtres. Et c'est à cette paix qu'invite l'apôtre, sont souhait exprimant bien ce que l’on peut attendre de croyants pétris par la grâce magnifique de Dieu.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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